‹ Les origines de l'Université de Douai d'après des documents inéditsChapitre 2 sur 2 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

çaise, l’Artois et le Hainaut, que tous les dignitaires civils et ecclésiastiques du pays désiraient l’érection d’une seconde université; elles entretenaient le gouvernement et les populations dans cette pensée; elles préparaient l'éclosion d’une idée dont les échevins de Douai avait semé le germe vingt ans auparavant.

Lorsque Philippe II fut monté sur le trône d’Espagne, l’établissement d’une seconde université dans les Pays-Bas était bien plus utile, bien plus nécessaire qu’au commencement du règne de Gbarles-Quint. Parmi les étudiants de ces provinces, plusieurs se rendaient à Paris; d’autres, plus nombreux, se faisaient inscrire sur les registres des facultés de Louvain. Mais la plupart de ces derniers, poussés par le désir d’apprendre le français et les langues étrangères, ou d’entendre des professeurs plus savants et plus renommés, finissaient par se diriger vers les universités de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne, et surtout vers celles de la France. Le gouvernement craignait, plus encore que les familles, ces voyages et ce séjour en pays étrangers. Jetés seuls et sans guide au milieu du mouvement que les guerres d’Italie, la renaissance et le protestantisme avaient imprimé à l’Europe, ces jeunes étudiants s’y laissaient aller avec toute la fougue de leur âge. Plusieurs se rendaient dans les universités protestantes de Heidelberg, Iéna, Wittemberg, Strasbourg et Genève; et les autres rencontraient, même en France, parmi leurs professeurs et leurs condisciples, des partisans secrets de la Réforme. Le plus souvent, quand ils rentraient dans les Pays-Bas, c’était pour combattre le gouvernement espagnol; et Philippe II ne rencontra pas , dans ce pays, d’ennemis plus ardents et plus opiniâtres 1.

1 Parmi les jeunes gens des Pays-Bas qui, de i53o à i56o, allèrent étudiera Paris, nous pouvons citer François de Bar et les religieux d’Anchin; Adrien Heccfliet et Jacques Delattre , d’Arras ; Jean Vendeville , de Lille ; Louis Pollet, de Douai-, et les Flamands Jacques de Meyer, Corneille de Schippe et Adrien Scrieke. Parmi ceux qui se rendirent à Louvain, Jean Walter, de Lille; Jean Pennequin, de Douai; Nicolas Fenct, d’Arras; Barthélemy Text or (le Theillier), des environs de Saint-Omer, pour la théologie; Henri Deulin,de Merville; Jean du Hazc, de Tourcoing; Louis Porry, d'Aire, Léonard Gribeval, de Saint-Omer, et Jérôme de France, de l’Artois, pour le droit; Jean Heems, d’Armcntières; Jean Sylvius de Lille, et Jean Foville, de Valenciennes, pour la médecine, etc. etc. Guillaume

Ces considérations et de nombreux passages que nous pourrions citer des lettres de Paul IV et de Philippe II, ainsi que des ouvrages de plusieurs écrivains catholiques ou protestants, établissent de la manière la plus évidente que la fondation de l’université de Douai a eu pour causes principales les dangers dont le protestantisme menaçait la foi, la sécurité publique et la domination espagnole dans les Pays-Bas, la crainte de l’influence et des idées de l’étranger, le désir d’avoir des hommes instruits et habiles à la tête de la contrée, les réclamations des notables et des familles, et enfin, ce n’est pas nous qui oublierons cette dernière cause, les démarches faites par les Douaisiens , de i53i à i56o h

Lindanus, de Dordrecht; Jacques Pamele, évêque de Saint-Omer; André Hypérius, d’Ypres, avaient quitté Louvain pour achever à Paris leurs études théologiques. Les étudiants en droit Viglius, de Zwichem; Boèce Epo , de la Frise; Jacques Rœwarde, de Lesseweghe; André de Backer, de Poperinghe; Jérôme de France et Louis Pollet, avaient demandé une méthode nouvelle aux universités de Padoue ou de Venise, de Dole, de Valence, de Toulouse, d’Orléans ou de Bourges; les médecins, André Vésale,de Bruxelles ; Victor Ghiselinck, d’Ostende; Nicolas Mulier et Jean Alnosius, de Bruges,’ s’étaient dirigés de préférence vers les savantes cités de Bologne et de Padoue. Salamanque et d’autres villes d’Espagne avaient vu dans leurs écoles les étudiants de Louvain Jean Vasœus, Bonaventure de Smet et Jean de Witte, tandis que l’Allemagne avait reçu à Cologne, à Heildelberg, à Iéna et à Wittemherg, Pierre Bert, Nicolas Romœus et François Gomare. André Scott et plusieurs jeunes gens, Juste Lipse, Victor Ghiselinck et Jean Lernout s’étaient associés pour visiter la plupart des universités de l’Europe. (Biographie des Hommes remarquables des Pays-Bas; Aubert le Mir e , Elo<jia virorum illustrium; Bu zelin , Gallo- Flandria; Foppens, Bibliotfieca Belgica. Passim.)

1 De l’an i55q à 1670, le registre d’immatriculation de l’université de Genève connu sous le nom de Livre du Recteur offre les noms de deux Marnix, de Bruxelles; d’Eustache de La Bussière, d’Arras; de Barthélemy Acquart, de Lille; de Philippe et Jean Ylcrlin, de Valenciennes, et de Philippe Mallard, originaire de la Flandre. Le célèbre jurisconsulte flamand Mathieu Wesembeck puisa les idées du protestantisme à Paris dans l’enseignement de Ramus, et les adopta complètement à Iéna et à Wittemherg; le docteur en droit François Baudoin. d’Arras, fut amené au calvinisme par les relations qu’il cul à Bourges avec Théodore de Bèze et Charles Dumoulin; Boèce Epo se rendit à Genève auprès de Calvin, dont il professa quelque temps les doctrines. Enfin, parmi les ennemis les plus ardents du gouvernement espagnol dans les Pays-Bas, nous trouvons

Après avoir indiqué ces causes, nous avons à rechercher quel lut le véritable inspirateur des démarches faites à Rome, en i55g, pour obtenir l’érection de l’université de Douai. Jusqu’au xvme siècle cet honneur a été laissé a Jean Vendeville, Lillois, qui professa le droit à Louvain d’abord, à Douai ensuite; de nos jours, l’initiative de cette mesure est donnée à Philippe II, et l’on s’accorde à dire que les démarches de i55g ont été faites à l’insu des échevins de Douai. Nous hésitions entre ces deux opinions, quand nous avons trouvé, dans les archives de notre ville, une feuille de papier, sans date et sans signature, couverte de l’une de ces écritures du xvie siècle qui désespèrent parfois les paléographes les plus exercés, et qui portait pour titre : Le premier Project et Sommaire cle la Remonstrance. C’est le résumé d’un mémoire destiné à être présenté au roi d’Espagne, que l’on communique aux échevins de Douai, sans doute pour avoir leur avis. Après avoir développé toutes les raisons favorables à l’établissement de la nouvelle université, l’auteur dit que le gouvernement, tout en l’admettant en principe, hésite à agir, et qu’il sera bon de le laisser offrir de lui-même cette faveur à ses peuples, afin qu’il en puisse espérer plus de reconnaissance 1.

Cette pièce importante nous révèle donc pourquoi le magistrat de Douai n’a plus agi au dernier moment: c’était d’après une sorte d’accord secret avec l’auteur des mémoires présentés au roi. D’un

les professeurs André Hypérius, Nicolas Mulier et Jean Qtho, les ministres Dathenas et Flancius, les ambassadeurs Bonaventure Vulcanius et Josse de Menin, et le sectaire François Gomare,qui, tous d’origine flamande, avaient pris ou développé leurs idées novatrices en religion dans les universités de l’Allemagne ou dans celle de Genève. — (Voir les sources indiquées plus haut.)

1 Lettres d’érection de l’université de Philippe II : bulle de Pie IV, relative au même objet ; premier projet et sommaire de la Remonstrance (présentée an roi au sujet de l’université); lettre des professeurs de l’université de Douai à Philippe II, conservée dans les archives de Douai; mémoires de Viglius et d’Hopperus , publiés dans la collection des Mémoires du xvie siècle, Bruxelles; Séguier, Buxelin, Valider Haeer, op. cit. le protestant Gregorio Leti dans sa Vie de Philippe II. Ce dernier auteur dit que l’université de Douai a été ouverte pour empêcher les jeunes étudiants de se rendre à Genève et à Wesel, et que Guillaume de Nassau l’appelait un nouveau séminaire de papistes.

autre côté, nous y voyons que Philippe 11 ne pouvait se décider à fonder cette seconde université et qu’il élait nécessaire de lui faire comprendre Futilité de cette mesure. Dans cette affaire, l’initiative ne part donc point du roi d’Espagne; selon nous, elle doit être accordée à Jean Vendeville. Zoès, le biographe de ce professeur de Louvain, les historiens Valère-André, Sander, Buzelin, de Raysse, Foppens, sont unanimes pour lui faire jouer le rôle principal dans cette question , et tout nous prouve que le premier project et sommaire de la Bemonstrance dont nous venons de parler est le résumé de l’un des mémoires que Jean Vendeville (nous le savons par son biographe) présenta au roi pour le déterminer à fonder une université à Douai b Je sais que l’on a dit que ces mémoires, envoyés de la Flandre par un professeur, ne pouvaient avoir aucune influence sur les décisions du puissant monarque qui, du fond de l’Escurial, gouvernait l’Espagne, l’Europe, le nouveau monde. Nous croyons qu’il y a, dans cette opinion, une appréciation tout à fait fausse du caractère de Philippe II. M. Mignet, dans l’ouvrage qui a pour titre Antonio Perez et Philippe il , a dit de ce prince: «Il consultait beaucoup, hésitait « longtemps et décidait tard; contrairement à Charles-Quint, qui « agissait par lui-même, il se décidait d’après l’opinion des autres. » D’un autre côté, la lecture de l’importante collection des Papiers d’Etat du cardinal Granvelle prouve évidemment que, excepté l’inquisition espagnole, toutes les mesures importantes adoptées à cette époque dans les Bays-Bas ont été inspirées par le cardinal gouverneur, le président Viglius de Zwichem, le conseiller PIopperus, et quelques autres personnages qui envoyaient des mémoires au roi. Dans la question si délicate et si difficile des quatorze nouveaux évêchés, l’initiative appartient au professeur de Louvain Ruard Tapper1 2. Pourquoi donc Jean Vendeville, professeur

1 Archives de ta ville de Douai, Le premier Project et Sommaire de la Remonstrance.

2 Zoès dit positivement: «Scriptum de minuendis hæresibus ad Viglium mi- «sit.. . Duacensis etiam univcrsitatis erectio consiliis ejus opus fuit, adjunclis «etiam rationibus oh quas hoc laciendum esse existimaret nccessario. . . Cujus « consilii gratia, ea universitatc) jam benclicio regis crccta, . . » ( VitaJoannis

de la même université, qui envoya au roi des mémoires à l’occasion d’affaires beaucoup plus importantes, n’aurait-il point pu avoir la même influence dans l’affaire de l’université ? De tout cela nous croyons pouvoir conclure que l’on a fait la part trop grande à Philippe II, et que Jean Vendeville, d’accord avec le magistrat, a eu l’initiative première dans les démarches de i55g. Une étude sérieuse des archives contribue toujours à faire jaillir la lumière et la vérité, à rendre à chacun son rôle et sa place, et à distribuer entre tous la récompense et la gloire : cuique suum.

Les conseils et les raisons dont nous venons de parler déterminèrent enfin le fds de Charles-Quint à demander au Saint-Siège l’érection d’une seconde université dans les Pays-Bas. Jean Richebé, prévôt de Notre-Dame d’Arras et agent diplomatique de Charles-Quint et de Philippe II auprès du Saint-Siège, fut chargé de s’occuper de cette affaire; et un bref érigea l’université de Douai, en date du ier août i55g. Mais le pape Paul IV, qui l’avait donné, étant mort dix-huit jours plus lard, la publication des lettres apostoliques fut retardée jusqu’après l’élection de son successeur, qui n’eut lieu que le 2 5 décembre. Le nouveau pontife, Pie IV, fit expédier les bulles, le 6 janvier i56o. C’est le prévôt d’Arras, Jean Ricliebé, qui avait pressé l’affaire; aussi les échevins de Douai lui firent écrire pour le remercier « des bons et fidèles de- « voirs par luy faicls, et promettre quelque gracieux pot de vin. » Nous citons ces détails parce que les services rendus par Jean Richebé et même son nom ont été, jusqu’aujourd’hui , complètement laissés dans l’oubli l.

Le gouvernement espagnol montra fort peu d’empressement à user de l’autorisation donnée par le Saint-Siège. En effet, ce fut seulement vers le mois de septembre i56o que le président Viglius fit connaître l’arrivée des bulles au conseiller de la ville,

Vendvillii, auctore Zoes, p. i.) Sander n’est pas moins explicite : «Joannes Vend- « villius suasor et auctor fuit régi Philippo ut novam Duaci academiam aperi- «ret. (Rayssius, Belgica christiuna , p. 278; Valère-André, Fasli Lovanienses, pr 192 ; Foppens, Bibliotheca Belgica.)

1 Aubert le Mire, Elogia virorum illustrium. Hopperus , Tapperus.

Jérôme de France, qui s’était rendu à Bruxelles pour une autre affaire h

Lorsque les échevins eurent appris cette importante nouvelle, ils convoquèrent une assemblée des notables de la cité; il fut décidé que l’on emploierait tous les moyens propres à assurer et à activer l’érection de l’université dans la ville de Douai. Des députations envoyées aux évêques d’Arras et de Cambrai, aux abbés de Marchiennes, d’Ancbin , de Saint- Amand , de Vicogne , d’Hasnon et de Mont-Saint-Eloi, annoncèrent l’octroi des lettres d’érection dans toute la contrée et contribuèrent à faire agir des influences puissantes. Néanmoins il fallut encore bien des démarches, bien des voyages à Bruxelles et à Malines. Durant ces nouvelles négociations, le savant et habile conseiller-pensionnaire Jérôme de France rendit les services les plus signalés, et il fut secondé par François Richardot, évêque d’Arras, et par le docteur en droit Louis Porry, doyen de Saint-Amé 1 2. Enfin toutes les difficultés s’aplanirent, et l’installation de l’université fut fixée au 5 octobre l5Ô2 3.

Ce fut une fête solennelle. Les docteurs, les étudiants et les olïiciers de l’université furent reçus à l’entrée de la ville par le gouverneur de la province, Jean de Montmorency, les échevins, la noblesse, et à l’entrée de l’église Notre-Dame par tout le clergé séculier et régulier. De cette église, le cortège partit processionnellement; en tête marchaient * après des clairons et des hautbois, les corps de métiers, gonfanons déployés et torches allumées , les archers et les canonniers delà milice communale portantleurs enseignes et leurs armes, les pèlerins de Saint-Jacques et de Jérusalem avec leurs insignes; puis les dominicains et les trinitaires, le clergé des paroisses et les chanoines « s’avançant en très-bel

1 Archives de la ville de Douai : liulle de Paul IV et de Pie IV ; lettres patentes de Philippe II ; instructions données par les échevins à Jérôme de France, en date du 2 avril i562; lettre adressée par les échevins à Jean Richebé, le 20 mai 1 563.

2 Archives de la ville de Douai , Registre aux Consaux, fol. 1 1 5 et 128.

3 Archives de la ville de Douai , Registre ail Compte du Domaine, 1 56o à 1 502 , fol. 118, 119, 123, 128, 211.

«ordre, avec châsses et plusieurs corps saintz, chantant himmes « et louenges à Dieu de bonne dévotion ; derrière plusieurs ab- « bés et prélats, le révérendissime évesque d’Arras portoit l’ado- «< rable Eucharistie; et il esloit suivi du nouveau recteur Walerand « Hangouart, orné d’un chaperon rouge fourré d’ermine, des doc- « leurs, du gouverneur, du bailli, des échevins et d’une foule « immense. Sur le grant marché, continuent les auteurs contem- « porains, monseigneur le Révérendissime, mettant bas laRemons- «< trance, monta en un certain théastre et cheze, eut une oraison « en langue franchoise par laquelle il tira les cœurs de tous en telle «admiration que chacun disoit n’avoir ouy jamais homme tant «bien et disertement haranguer, ainsi que tu poulras voir chez « les libraires si tu désires. » Après ce discours, l’on alla entendre la sainte messe dans la collégiale Saint-Amé et recevoir la bénédiction du Saint-Sacrement dans la collégiale Saint-Pierre. « Et le «triomphe solennel s’alla terminer après le midy en la maison « de ville par un banquet royal. » Le lendemain, vers huit heures du matin, monseigneur d’Arras inaugura les cours « par une orai- « son en langue latine, et, après disner, le conseiller de la ville « fit ses debvoirs de harenguer au nom du sénat, lequel fut ouy « très-volontiers, tant pour son bien dire que pour les choses rares « et exquises qu’il apporta. » Et durant huit jours il y eut ainsi des discours publics, qui se succédèrent. Un poète latin, Jean Sylvius, de Valenciennes, invoqua les muses de l'Hélicon et du Parnasse pour chanter la fête en cent soixante et douze hexamètres; et un Douaisien, Marc Lefebvre, composa une comédie allégorique, dans laquelle on voyait figurer le conseil royal, l’université, la science, l’étudiant et l’ignorant1.

L’université de Douai était fondée et autour d’elle allaient se grouper six collèges etdix-sept séminaires pour des boursiers et des religieux; bientôt, deux à trois mille élèves allaient venir chaque année lui demander l’instruction. En i 793, cette œuvre des siècles, a été détruite; mais, il y a dix ans, un décret impérial a rendu

1 Martin l’Hermite, Histoire des saints de la province de Lille , Douai, Orchies , etc. Archives de la ville. Registre ail Compte du Domaine, 1 5 6 2 .

à la ville de Douai sa faculté des lettres. Depuis i8o4, cette ville ne cesse de réclamer aussi la restauration de sa faculté de droit; douze fois elle l’a demandée aux divers gouvernements qui se sont succédé en France, et en ce moment encore elle adresse une nouvelle supplique. Espérons que, comme au xvie siècle, ses démarches finiront par être couronnées de succès; et que, dans sa haute sollicitude pour les besoins intellectuels de nos départements du nord, l’empereur Napoléon III accomplira la promesse formelle d’une faculté de droit, faite par Napoléon Ier, au commencement de ce siècle, à la patrie de l’auteur du Répertoire de jurisprudence.

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