‹ Les origines de la BibleChapitre 3 sur 7 · TOME LXXIV · texte numérisé non relu

TOME LXXIV

‘ei es s pages paraissent avoir dt ééstou ‘d’anal og ec | fables ta conservées dans les ca dis de Sanc je |

‘pour les dnciours un âge Eole me et qui sont comme : des trous obscurs dans le texte actuel de la Bible; par exemple, : De le rv° chapitre de la Genèse; si analogue aux mythes phéniciens sur . 1 es premiers inventeurs; ce chant de Lamech à ses femmes, pro- : blème des plus singuliers le récit (retouché) sur l'amour des fils de Dieu pour des filles des hommes et sur les géans qui sortent . de ce commerce; l'épisode de l'ivresse de Noé et de la malédienos -tion de Cham ou Chanaan: et la cantilène ethnographique qui s'y rattache; le chapitre x1v dela Genèse, sorte de fenêtre ouverte sur la plus haute antiquité; le chapitre xv du même livre, premier L récit de l'alliance de Fahvé et d'Abram, plein d'énigmes, et où le sacrifice d’Abram est raconté avec une étrange sauvagerie. On peut rapporter à la même source le très curieux chapitre xx de Ja Genèse, contenant l'aventure d'Abraham chez Abimélek; on reconnaît la trace du même document dans ce qui concerne Ismaël, danse récit du sacrifice d'Isaac, puis d’une manière presque continue danse l'histoire d’Isaac, et dans toute cette légende de Jacob, empreinte » d'un cachet si frappant de mythologie, de sublimité grossière, d’idéalisme concret. L'étonnante beauté de cette partie de la Ge nèse vient tout entière du vieux narrateur oublié du x° siècle. Le fleuron du livre était ce charmant roman de Joseph, le plus ancien des romans et le seul qui n’aït pas vieilli. Le plan général et les ‘à parties essentielles de ce délicieux récit existaient dEk, parfaite Fe ment caractérisés, dans la plus ancienne rédaction des dires légen” daires du Nord. 1 EE En quel état la légende de Moïse figurait-elle en ce récit primitif? , . C'estcequ'ilest d'autant plus difficile de conjecturer que nous ne sa=. ie / vons pas au juste si les mentions de Moïse se trouvaient dans le livre. à “58 Légendes patriarcales, ou dans le livre des Guerres de Jahvé dont nous parlerons bientôt, ou dans les deux. Le singulier passages où Iahvé rencontre Moïse dans une des gorges du Si, veut le tuer et ne lâche prise que quand Sippora a circoncis son fils, appartenait sans doute au plus ancien texte. La théophanie du Sinaï était peut-être l’occasion d'un renouvellement de l’alliance de Iahvé et de son peuple. Ge qui est sûr, c’est que le caractère céraunien de” - [ahvé était fortement accusé. La foudre, l'éclair, le nuage sombre; la. tempête, sont déjà, en ces vieilles pages, ea indis- | pensable des apparitions de Iahvé. ï Le livre était essentiellement un livre israélite, dans le séns que ; le schisme des dix tribus avait consacré. Le but qu’on s'y propos . sait était de faire valoir les légendes israélites du Nord, d’ me | ue

le façon Nu Re es don ru ere Joseph, 1e” a père d'Éphraïm et de Manassé, est partout exalté ; Ruben paraît | 4 tentionnellement ménagé. Béthel est, AUX yeux de l’auteur, le vrai des

+ sanctuaire d'Israël, et un récit est RE à établir le devoir qu'ont

| tous les | descendans de Jacob d'y payer la dime. Sichem est le Gt centre de la famille d'Israël. La région transjordanienne de Galaad

je et les déserts du côté de Gérare et de Beërseba avaient leur place

dans les récits du conteur. Le pays de Juda, au contraire, était, ce semble, à peine mentionné. L'auteur affectionnait les légendes lo-

cales ; 1l les connaissait à fond, et, s’il a peu de chose à. dire sur Juda, c'est qu'évidemment il tournait un peu volontairement le dos à ce

pays. Il est difficile de ne pas voir une intention malveillante dans :

la légende de Tamar, où Juda est si complètement sacrifié;-et où la lamille de ce patriarche, censée issue du rapt d’une Chananéenne, est présentée comme souillée par tous les crimes. En religion, les idées de l’auteur étaient très larges. Déjà se dessme l’antipathie

contre les teraphim, les idoles et les amulettes des païens. Mais on

ne remarque aucune tendance vers la centralisation du culte. Les autels à lahvé s'élèvent de tous côtés sans que l’auteur voie là autre chose que le témoignage d’une légitime piété.

Le Livre des légendes israélites a été le commencement de la Bible, surtout de la Bible telle que les poètes et les artistes l’entendent. Les écrits plus anciens du temps de David et de Salomon n'ont

été sauvés que grâce à ces récits uniques, en leur genre, où l’empreinte de la légende populaire est en quelque sorte à fleur de com et auxquels on ne peut comparer que l'Homère des Grecs. Si nous possédions l’œuvre entière du conteur de Béthel ou de Sichem, nous verrions sans doute que, dans son écrit, résida tout le secret de la beauté hébraïque, qui a séduit le monde à légal de la beauté grecque. Get inconnu a créé la moitié de la poétique de l’hu-

manité. Ses récits sont comme un souffle du printemps du monde.

Leur fraîcheur exquise n’est égalée que par leur grandiose crudité. L'homme, quand ces pages étranges furent écrites, vivait encore dans le mythe. Les aperceptions sur le monde divin étaient à l’état . d’hallucination. Les multiples élohim remplissaient l'air, à l’état de souliles mystérieux, de bruits inconnus, de terreurs paniques.

L'homme avait encore avec eux des luttes nocturnes, d’où 1l sor-:

tait blessé. Élohim apparaît triple, et les fils de Dieu ont avec les femmes des embrassemens féconds. La morale est à peine née ; les volontés d'Élohim sont capricieuses, parfois absurdes. On atteint le ciel avec une échelle ou plutôt une pyramide à échelons. Des messagers vont sans cesse de la terre à l’empyrée. Les théophanies et les angélophanies sont fréquentes. Les songes sont des révélations célestes, des visions de Dieu.

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