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Les origines de la civilisation [microforme]

Dans mon ouvrage sur l'Homme avant l'histoire, j'ai consacré plusieurs chapitres à la description des sauvages modernes, parce “que les armes et les instruments qu’emploient aujourd'hui les races inférieures servent à nous expliquer l’usage de ceux qu’on & décou- “verts dans les anciens tumuli, ou dans différentes couches de terlrains; parce qu’en outre connaître les sauvages modernes et leur “mode de vie nous permet de comprendre avec plus de certitude les “mœurs et les coutumes de nos premiers ancêtres.

: Dans le présent volume, basé sur une série de conférences faites à MJ’Institution royale dans le printemps de 1855, je me propose de “décrire plus particulièrement l'état social et intellectuel des sau- “vages, leur système de mariage et de parenté, leur religion, à leur langage, leur caractère moral et leurs lois. J'espère publier plus dard cette partie de mes conférences qui a trait à leurs habitations, “leurs vêtements, leurs embarcations, leurs instruments, etc. La … nature même des sujets que j'ai à traiter dans le volume que je présente au public me force à expliquer bien des idées, à citer bien des 3 faits, qui nous semblent horribles, et cela se présente si souvent que, # si je les cite sans commentaire, ou sans exprimer une désapprobation, c’est crainte de fatiguer mes lecteurs par des répétitions sans nombre. Ces remarques s’appliquent surtout aux chapitres sur le mariage et sur la religion. Je me suis donc contenté de raconter, car M si j'avais exprimé mes sentiments dans quelques cas, mon silence, 4} autre part, aurait pu être pris pour de l'indifférence ou même pour une approbation.

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Montesquieu (1) commence son grand ouvrage en s’excusant qu’une partie traite de la religion. Comme il le dit si bien : « On peut juger parmi les ténèbres celles qui sont les moins épaisses, et parmi les abtmes ceux qui sont les moins profonds; ainsi on peut chercher entre les religions fausses celles qui sont les plus conformes au bien de la société; celles qui, quoiqu’elles n’aient pas l’effet de mener les hommes aux félicités de l’autre vie, peuvent le plus con. tribuer à leur bonheur dans celle-ci, Je n’examinerai donc les diverses religions du monde que par rapport au bien que l’on en tire dans l’état civil, soit que je parle de celle qui a sa racine dans le ciel, ou bien de celles qui ont la leur sur la terre. » Les difficultés que j'ai eu à surmonter étaient d’une nature différente, mais j'ai voulu donner ces quelques mots d'explication nour qu’on ne suppose pas que j’approuve ce que je condamne expressément.

Klemm, dans son « Allgemeine Culturgeschichte der Menschen, et plus récemment M. Wood, lune manière plus populaire (Natural History of Man), ont décrit consécutivement les différentes races d'hommes, système qui, sans contredit, a ses avantages, mais qui ne fait pas bien ressortir les différentes phases du progrès de la civilisation.

Plusieurs autres ouvrages, au nombre desquels je dois particulièrement citer : Müller, Geschichte der Americanischen Urreligionen; M'Lennan, Primitive Marriage; et Bachofen, Das Mutterrecht, traitent quelques parties du sujet. Maine, dans son intéressant ouvrage; Ancient Law, prend l’homme dans un état de civilisation plus avancé que je ne l'ai fait.

Le plan que suit Tylor, dans son remarquable ouvrage, Early History of Mankind, ressemble plus à celui que je me suis tracé; mais le sujet est si vaste que mon ami, j'en suis certain ,.ne m’accusera pas d’avoir empiété sur un domaine que ses magnifiques travaux ont presque rendu sien.

Je ne dois pas oublier non plus de citer lord Kames, History of Man, et l'Esprit des lois de Montesquieu, ouvrages qui présentent un

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oient, s’augmentent tous les jours. Personne plus que moi ne comprend toutes les qualités qui me manquent pour embrasser une question aussi vaste; cependant, sprès dix ans d'étude, je désire publier cette partie de mon ouvrage dant l’espoir que ce livre contri- “buera aux progrès d’une science, qui offre le plus profond intérêt et que les moyens si rapides de communication rendent plus importante encore, puisque nous sommes, pour ainsi dire, journellement en apport avec des races arrivées à tous les degrés de la civilisation.

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