CHAPITRE PREMIER
.: se . . ge * L'étude des races humaines dans un état de civili- =
“sation peu avancé, outre l’importance qu’elle pré-
“sente dans un empire comme le nôtre, offre, à plusieurs (points de vue, un grand intérêt. En effet, la condi- “tion sociale, les coutumes des peuples enccre sauva- “ges rappellent, sous bien des rapports, quoique non pa: absolument, celles de nos propres ancêtres, à une “époque fort éloignée ; elles expliquent, dans nos “sociéiés modernes, bien des coutumes qui n'ont évidem- “meut aucun rapport avec notre état social actuel ; dquelques idées mème, empreintes pour ainsi dire dans nos esprits, comme les fossiles sont empreints À dans le roc; nous pouvons enfin, par la comparaison, Asoulever quelque peu le voile épais qui sépare le présent de l'avenir.
HN Les sauvages qui habitent les différentes parties du Œnonde nous offrent, il est vrai, des exemples de Lussock, Orig, de la Civil, 1
condition sociale plus grossière, plus #rchaïque, qu'aucune de celle, si nous devons en croire l’histoire, qui ait existé chez les nations destinés à grandir en civilisation. Mais, chez les nations les plus civilisées même, nous trouvons des traces de barbarie ancienne. Sous ce rapport, l'étude du langage est fort instructive ; les lois, elles aussi, ont souvent une origine fort ancienne et contiennent des symboles, qui ne sont que les reliques de réalités passées. Ainsi l'usage des couteaux de pierre dans certaines cérémonies égyptiennes nous reporte à un temps où ce peuple se servait habituellement d'instruments de pierre. Le mariage par coemption chez les Romains, n’indique-t-il pas une époque dans leur histoire, où l’on achetait habituellement les femmes, comme tant de tribus sauvages le font encore aujourd’hui. Le simulacre de l'enlèvement de la femme dans la cérémonie du mariage, chez tous les peuples, ne peut s’expliquer que par l'hypothèse, que l’enlèvement des fem. mes était, autrefois, la triste réalité.
Dans des cas tels que ceux que nous venons de citer la continuité est évidente. L'emploi de couteaux de pierre dans certaines cérémonies est évidemment un ancien usage qui s’est perpétué, ce n'est pas une invention; le simulacre de l'enlèvement des femmes dans le mariage a naturellement survécu à
procède du symbole.
L'étude de la vie sauvage a en outre une impor tance toute particulière pour nous Anglais, citoyens d’un grand empire, qui possède, dans toutes les par-
« naiss.
r soins
« conn4 « dicati *« admi « satisf:
« Indes * récon L compl qu'ell « Le & Les ac & parfai Ê aryen L tions 1 * précis * par les
la pop M tude s
4 aryenn la réalité, car nous ne pouvons supposer que la réalité
quels € aryenn les cale
À (1) Hunter
erchaïque, roire l’hisnés à granles plus cile barbarie age est fort ‘nt une orinboles, qui sées. Ainsi nes CÉTÉMOoù ce peuts de pierre.
nains, n’inire, où l’on mme tant de ai. Le simua cérémonie peut s’explient des fem
nons de ci pi de couies est évitué, ce n'esl vvement des t survécu à
ue la réalitt 4
une impolis, citoyens tes les par-
me] LA
les du monde, des colonies dont les habitants indi-
dit M. Hunter (1), comme conquérant n’a jamais étudié, ou compris, une race conquise. Nous connaissons leur histoire, leurs habitudes, leurs be: « soins, leurs faiblesses, leurs préjugés même ; cette « connaissance intime nous fournit la base de ces in- « dications politiques qui, sous le titre de prévoyance « administrative, de réformes en temps utile, donnent
k satisfaction à l'opinion publique. La Compagnie des « Indes orientales ne marchandait ni honneurs, ni * récompenses pécuniaires à quiconque s’efforçait de « comprendre et de décrire les mœurs des peuples qu’elle gouvernait.…
« Le résultat pratique est évident aujourd’hui. & Les administrateurs anglais de l’Inde comprennent L parfaitement les besoins des populations de race Ê aryenne, ils ignorent absolument ceux des populak tions non aryennes. Ils savent avec une admirable * précision comment telle ou telle mesure sera reçue ‘ par les classe élevées, où purement aryennes de L la population; ils prévoient avec moins de certi-
% tude son effet sur les classes inférieures, ou semi-
aryennes ; mais ils n'osent s'aventurer à prédire quels en seront les résultats parmi les tribus non aryennes. Sans la connaissance parfaite d’un peuple, les calculs politiques sont impossibles. Mais le mal
(1) Hunter, Non Aryan Languages of India, p. 2,
k ORIGINES DE LA CIVILISATION.
« ne s'arrête pas là. Les préjugés ont rempli le vide « laissé par l'ignorance, et le malheur des races non « aryennes n’est pas seulement qu'on ne comprend pas « leurs besoins, c'est surtout qu’on les juge mal. » Aussi M. Maine, dans son excellent ouvrage sur les «lois anciennes, » dit-il avec beaucoup de raison que « le travail füt-il plus fatigant qu'il ne l'est réel- « lement, ce ne serait cependant pas un travail inu- « tile que de retrouver les germes d’où sont assuré- « ment sorties toutes les considérations morales qui «contrôlent nos actions et dirigent noire conduite « dans nos sociétés modernes. En tant que nous con- « naissons les rudiments de l’état social, ajoute-t-il, «cette connaissance nous vient par trois sortes de « témoignages : Les rapports que nous font les obser. « vateurs contemporains sur les peuples moins civi- « lisés que ceux auxquels ils appartiennent eux. « mêmes ; l's souvenirs qu'ont gardés certaines races « sur leur histoire primitive; et enfin les lois an- « ciennes. Les témoignages de la première sorte sont «les meilleurs. Les sociétés n’avançant pas concur: «remment, les progrès, chez chacune d'elles, étant « différents, il y a eu des époques où des homme « habitués aux observations méthodiques ont pu réel « lement voir et décrire l'enfance de l'espèce hu-
« maine (1). » Puis il cite particulièrement Tacit ociale e « qu'il loue de n'avoir pas négligé une occasion sen « blable, et ajoute: « mais le «De Germanià » n’a pa
« ressemblé à presque tous les livres célèbres, en 4
(1) Maine, Ancient Law, p. 120,
RE ee s p ident miles nas 5%
« SCNS % eu d
L « malh t [Jcind toute
'espècd
Nous de freter ne se s0 connais
prir
4 la fan
bientôt,
W'ailleur œume la Mes parti
Mais
“oient be
. Main:
ues, a
“voyageu “plus facil
npli le vide S TACES non mprend pas »>e mal. »
uvrage sur 1p de raison ie l'est réeltravail inuont assurémorales qui re conduite 1e nous Con- 1, ajoute-t-il, is sortes de nt les obsermoins Civinnent eux:
rtaines races les lois anre sorte son pas concurelles, étant des homme ont pu réel l'espèce hu
ment Tacit M ;
ccasion sen-
nià » n’a pa lèbres, en ti
à fr.
« sens que l'exemple donné par son auteur n’a pas % cu d'imitateurs et ces sortes de témoignages sont
« malheureusement en fort petit nombre. »
[ei nous différonscomplétement d’avis avec M. Maine. A toutes les époques, des observateurs méthodiques ont été en position de voir et de décrire l’enfance de J'espèce humaine et le témoignage de nos voya- Beurs modernes est de la même nature que celui que Mous devons à Tacile. Il est, d’ailleurs, beaucoup à re- Brctter que M. Maine, dans son admirable ouvrage, Me se soit pas plus servi de ces témoignages, car la “Connaissance des loiset des coutumes des sauvages modernes l'aurait mis à même de renforcer considé- Yablement ses arguments sur certains points, tandis ue, je le crois, elle aurait profondément modifié ses Vues sur d’autres points. Ainsiil établit comme pro- Mbosition évidente que « l'organisation des sociétés pri- % mitives eût été impossible, si les hommes n’avaient
% considéré comme leurs parents que les membres de * la famille de leur mère, » tandis que je prouverai
“bientôt, comme Mac Lennan l’a déjà fait remarquer W'ailleurs,
que la parenté par les femmes est la cou-
Æume la plus ordinaire des tribus sauvages dans toutes Mes parties du monde.
Mais bien que nos connaissances sur la condition bociale et la condition morale des peuples non civilisés oient beaucoup plus considérables que ne le suppose
. Maine, elles sont loin cependant d’être aussi étenues, aussi certaines, que nous le désirerions. Les
“Noyageurs trouvent naturellement qu’il est beaucoup
“plus facile de décrire les habitations, les embarcations,
la nourriture, les vêtements, les armes et les instru- M ments des sauvages, que d'arriver à comprendre leurs M pensées et leurs sentiments. La condition mentale du M sauvage est si différente de la nôtre qu’il est souvent 1 fort difficile de suivre ce qui se passe dans soa esprit, M ou de comprendre les motifs qui le font agir. Bien des choses lui paraissent naturelles, presque évidentes, 4 alors qu’elles nous produisent une impression toute 4 différente. « Comment! disait un nègre à Burton, faut. | « il donc que je meure de faim, quand ma sœur a
« des enfants qu’elle peut vendre ? »
Les sauvages, il n’en faut pas douter, ont toujours 4 une raison pour faire ce qu'ils font et pour croire «M qu'ils croient, mais il convient d'ajouter que leurs raisons sont souvent fort absurdes, En outre, la dif. 1 ficulté de savoir ce qui se passe dans leur esprit s’aug- 1 mente considérablement de la difficulté des communi- 1 cations avec eux. Ceci a causé bien des méprise risibles. Ainsi, quand Labillardière demanda aux in. digènes des îles des Amis le mot de leur langue# signifiant 1 000 000, ils semblent avoir pensé que hk question était absurde et lui répondirent par un mot} qui apparemment n’a aucune signification; quand 1% demanda le mot exprimant 10 000 000, ils lui dirent}
« laoalai » que je n’expliquerai pas; pour 100 000 (00, « laounoua », ce qui signifie « absurdits; » pour les nombres plus élevés, ils lui répondirerit par certaines expressions grossières qu'il a gravement publiées dans sa table de numération.
Une méprise faite par Dampier eut de plus sérieux
résultats. Il avait rencontré quelques Australiens ethl
redout:
geai tuer qui milid que quel appr | nous était tuer 1 s'arreé pour joindi côté, je pat décide « Pooh, le nom aux fusi Les s.
là une & en nous « habitr me g savoir langu ils me fréqu
(1) Pink (2) Tran,
les instru- 4 endre leurs A mentale du À est souvent # so esprit, Ë agir. Bien M e évidentes, M 2ssion toute urton, faut. ; ma Sœur à ;
nt toujours M ur croire ce 1 * que leurs itre, la dif.M esprit s’aug- M s communi- À s méprises M da aux in eur langue nsé que hÈ par un not} ; quand ii s lui dirent!