‹ Les origines de la civilisation [microforme]Chapitre 14 sur 108 · FRANÇAIS · texte numérisé non relu

FRANÇAIS

Frère du père.

Beau-frère du père.

Frère de la mère.

Beau-frère de la mère.

Fils du frère du grand-père.

Mère.

Sœur de la mère.

Belle-sœur de la mère.

Sœur du père.

Belle-sœur du père.

Fils.

Fils de la sœur.

Fils du frère.

Fils du fils du frère.

l'ils de la fille du frère.

Fils du fils de la sœur.

Fils de la fille de la sœur.

Fils du fils de la sœur de la mère.

Fils du fils du frère de la mère.

Femme du fils du frère.

Mari de la fille du frère.

Femme du fils de la sœur.

Mari de la fille de la sœur.

Femme.

Sœur de la femme.

Femme du frère.

Femme du frère de la femme.

Femme du fils du frère du père.

Femme du fils de la sœur du père.

Femme du fils de la sœur de la mère.

Femme du fils du frère de la mère.

Mari.

Frère du mari.

Mari de la sœur,

Mari de la sœur de la femme (beau-frère

Frère de la femme,

La clefd est l’idée Ainsi :

Waheena

Toutes c pour chaq

Kaikee

et sans auc et l'enfant d s'ensuit aus pouse de so et que le be de son frère de son frère

de la sœur »

et « waheen « femme, :

Blhawaien au «lille, » & cela ne pro ils ont des t ararenté que Peut-être

on prend le:

Ainsi qua

nère.

beausfrère

MARIAGE ET PARENTÉ 83 La clefde ce système hawaïen, ou des îles Sandwich,

est l'idée exprimée par le mot waheena (femme).

Ainsi :

Femme.

Sœur de la femme.

Femme du frère.

Femme du frère de la femme,

Waheena =

Toutes ces personnes sont parentes au même degré pour chaque mari; de là le mot

Kaikee = Enfant, signifie aussi l'enfant de la femme du frère;

et sans aucun doute l’enfant de la sœur de la femme, et l'enfant de la femme du frère de la femme. D'où il s'ensuit aussi que, comme la sœur porte le nom d’épouse de son beau-frère (mais non pas de son frère) et que le beau-frère porte le nom de mari de la femme de son frère, il est par conséquent le père des enfants de son frère. De là le mot « kaikee » signifie aussi « fils de la sœur » et « fils du frère. » En un mot, « kaikee » et « waheena » correspondent à nos mots «enfant » et « femme, » et il semble n'exister dans le langage hawaien aucun mot répondant à nos mots « fils, » «lille, » « épouse » ou « mari. » Il est évident que cela ne provient pas de la pauvreté du langage, car ils ont des termes pour distinguer d’autres degrés de

parenté que nous négligeons.

Peut-être le contraste paraîtra-t-il plus frappant si où prend les mots signifiant beau-frère et belle-sœur. Ainsi quand une femme parle :

trier —

Belle-sœur — Femme du frère du mari = punalua.

| Belle-sœur = Sœur du mari = kaikoaka. Frè Mais beau-frère, soit mari de la sœur ou En | frère du mari = Kana, c’est-à-dire, mari, | | Pet | Quand au contraire un homme parle : IL est d

groupe et c père et de :

et de tante:

sieurs pères

Belle-sœur — sœur de la femme — waheena, ou épouse. Belle-sœur — femme du frère == waheema, ou épouse.

Et aussi :

Beau-frère — frère de la femme — kaikoaka. Les habit Beau-frère — mari de la sœur de la femme — punalua. crois, à ex

Ainsi une femme a des maris et des belles-sœurs, MM nomenclatu

mais pas de beaux-frères; un homme, au contraire, à D la nourritur

des femmes et des beaux-frères, mais pas de belles indépendan

employées & jugé contre aussi à retar

sœurs. La mème idée se retrouve à tous les degrés de parenté : les cousins, par exemple, s'appellent frères

et sœurs.

En outre, alors que les Romains distinguaiet timents de entre le menclature

l'état de lex | pitaine Cook

Chez les ?

un homme é tous les frèr à l'âge d’ho toutes les sœ deviennent s «le premie «cond enfar «ce système «fesser, mor «enfants, be

|| Frère du père = patruus, et frère de la mère — avunculus. | Sœur du père — amita, et sœur de la mère — matertera.

| les deux premiers chez les Hawaïens sont des nu- | kua-kana qui signifie aussi père; les deux dernière des makua-waheena qui signifie aussi mère.

Ainsi l’idée du mariage n'entre réellement pas dau | le système de parenté hawaïen. Oncles, tantes, cou- | sins, sont passés sous silence, et on trouve seulemaillé | des 1} Grands-parents, | Parents,

nalua.

ikoaka.

dir CA mar A

use.

use.

na.

S=SŒUIS, ntraire, à le bellesdegrés de ent frères

inguaien!

nculus.

terltera.

des msderuièré

t pas dan ntes, cou

seulemeïls

MARIAGE ET PARENT. 85 Frères et sœurs, Enfants et Petits-enfants.

Il est donc évident qu'ici l’enfant est parent du

É groupe et qu'il n’est pas spécialement parent de son

père et de sa mère, qui ne jouent le rôle que d'oncles et de tantes. De telle sorte que chaque enfant a plusieurs pères et plusieurs mères.

Les habitudes sociales de ces insulaires tendent, je crois, à expliquer la persistance de cette antique nomenclature. La douceur du climat, l'abondance de la nourriture, font que les enfants deviennent bientô indépendants; l'habitude d’avoir de grandes maisons employées seulement comme dortoirs, le curieux préjugé contre les repas pris en commun, ont dû tendre aussi à retarder beaucoup le développement des sentiments de la famille. Cependant le système de nomenclature rapporté plus haut ne correspondait plus à l'état de leur société telle que la trouvèrent le ca-

{ pitaine Cook et les anciens voyageurs.

Chez les Todas, des collines du Nilgherry, quand un homme épouse une fille, elle devient la femme .e tous les frères de son mari, à mesure qu'ils arrivent à l'âge d'homme, et eux aussi deviennent les maris de toutes les sœurs de leurs femmes, à mesure qu’elles deviennent assez âgées pour se marier. Dans ce cas «le premier enfant, a pour père le frère aîné, le se- «cond enfant le frère cadet, et ainsi de suite. Malgré «ce système, contre nature, les Todas, il faut le con- «fesser, montrent beaucoup d’attachement pour leurs «enfants, beaucoup plus même qu'on ne le suppose-

« rait avec ce système de communauté de la fem. « me (1). »

Nous trouvons « chez les Tottiyars de l'Inde mn « autre exemple semblable; chez ce peuple les frères, « les oncles et les neveux possèdent leurs femmes en « commun (2). » Selon Nicolaus (3), les femmes étaient « communes chez les Galactophages « qui donnaient « le nom de père à tous les vieillards, de fils à tous les « jeunes gens, et où tous les hommes du même âge « s’appelaient frères. Chez les Sioux et quelques a: «tres tribus de l'Amérique septentrionale, quand w « homme achète la fille aînée du chef, toutes les autres « lui appartiennent et il les prend comine femmes « quand il lui plaît (4). »

De semblables conditions sociales tendent à expliquer la fréquence de l’adcption chez les sauvages «t le fait qu'on la regarde souvent comme un lien aus sacré que la paternité même. Le capitaine Lyon nou dit que chez les Esquimaux « cette parenté curieux « lie Les parties aussi fermement que les liens du sang « et si le fils adentif est plus âgé que le fils naturel, | « hérite de toutes les richesses de la famille (5). »

Denham constate que dans l'Afrique centrale «li « coutume de l’adoption est très-développée chez lei « Felatahs, et bien qu’ils aient des fils et des filles, l'en

« fant dovtif hérite ordinairement de tous leunkk

« biens (6). »

(1) Shortt, Tans. Ethn. Soc., nouvelle série, vol, VIT, p. 240, (2) Dubois, Description du peuple de l'Inde, p. 8.

(3) Bachofen, Das Mutterrecht, p, 21.

(a) Ethn. Journal, 1869, p. 286.

(5) Journal, p. 353.

(6) Denham, Travels in Africa, vol, IV, p, 131,

Biter (2). Diod

« Les fe «tent des e «le but de «de toutes « fait souve «vit encore « dérée au

L'adoptio Romains et:

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| complète. Ce qu'au temps féra la cérér

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La même ic la curieuse co

Mariner, To:

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la fem.

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femmes

à exple vages el ien aus von nou curieuse du sang aturel, | 5). »

rale «h chez lei Iles, l'en:

vw

MARIAGE ET PARTNTÉ, 87

« Les femmes des iles Tonga. dit Mariner (1), adop- «tent des enfants, fort grands déjà quelquefois, dans «le but de pourvoir à leurs besoins, et de les entourer «de toutes les commodités de la vie. Cette adoption se «fait souvent, même pendant que la mère naturelle «vit encore, auquel cas la mère adoptive est consi- «dérée au même titre. »

L'adoption jouait aussi un rôle important chez les Romains et s’accomplissait par le symbole d’un accou-

chement simulé, sans lequel l'adoption n'était pas

complète. Cette coutume semble s’être continuée jusqu'au temps de Nerva qui, en adoptant Trajan, transféra la cérémonie du lit nuptial au temple de Jupi-

Bter (2). Diodore (3) nous peint en traits curieux la

us leur

même coutume, telle qu’elle existait chez les Grecs, et raconte que Junon adopta Hercule en simulant un accouchement.

Dans d’autres cas, le symbole de l’adoption représente non pas la naissance mais le lien du lait. En Circassie par exemple la femme offre le sein à la personne qu’elle adopte. En Abyssinie, selon Parkyn (4), «si un homme désire se faire adopter comme le fils «d'une personne d’un rang supérieur, il lui prend la main et, lui suçant un des doigts, se déclare son « fils adoptif; son nouveau père est alors forcé de l’as- «sister dans la mesure de ses moyens. »

La même idée a peut-être été le point de départ de la curieuse coutume des Esquimaux, qui ont l’habi-

(1) Mariner, Tonga Islands, vol. IT, p. 98, (2) Das Mutterrecht, p. 254.

(3) IV, 39, Voir les notes,

(4) Parkyn, Abyssinta, p. 198.

ro + re

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