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précédent; son petit-fils, fils, quand un homme parle, neveu, quand c’est une femme qui parle. Le frère du grand-père s'appelle grand-père, et la sœur du grandpère, grand-mère, Le fils d’un frère s'appelle fils quand un homme parle, maïs neveu quand c’est une femme qui parle; tandis que le fils d’une sœur s'appelle neveu quand un homme parle, mais fils quand unc femme parle. Enfin, les petits-enfants des frères et des sœurs s'appellent petits-enfants.
Ce système, à première vue, frappe comme étant illogique., Comment peut-on avoir plus d’une mère? Comment le fils du frère d’un homme peut-il être le fils de cet homme, ou larrière-petit-fils d'un oncle, son petit-fils ? En outre, tont en classant ensemble plusieurs degrés de parentés que nous séparons avec raison, ce système établit une distinction entre les frères ainés etles frères cadets, entre les sœurs ainées ct les sœurs cadettes; et, dans plusieurs cas, la parenté dépend du sexe de la personne qui parle. Toutefois, comme ce système, ou des systèmes analogues, existe dans des pays fort étendus, on ne peut le passer sous silence comme un simple arraugement arbitraire ou accidentel. Ce système, en outre, west pas seulement théorique, il entre dans la pra-
tique journalière. Chaque membre de la tribu connail
son degré de parenté exact avec tous les autres membres, et cette connaissance se perpétue par l'habitude, générale chez les tribus américaines, habitude qu'on retrouve aussi dans beaucoup d'autres endroits, ehez us Esquimaux, les Tamils, les Telugus, les Chinois,
:°3 Japonais, les Vitiens, ete., d'appeler une personne,
non pas pa les Telugu par son nc ütre de pa provient ] relative a avons par] à son Voisi « mon fils Sils ne so
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DÉVELOPPEMENT DE LA PARENTÉ. 161 non pas par son noin, mais par son titre de parenté. Chez les Telugus et les Tamils, un ainé peut appeler le cadet par son nom, mais le cadet doit toujours employer le titre de parenté pour parler à son aîné. Cette coutume provient probablement de la superstition curieuse relative aux noms propres, superstition dont nous avons parlé; quoi qu'il en soit, un Indien s'adresse à son voisin en employant les termes : « mon père, » «mon fils » ou « mon frère, » selon le cas; ou, sis ne sont pas parents, il dit « mon ami.»
Ainsi done, ce système se perpétue par l'usage journalier; et il ne faut pas croire que ce soit pour eux une simple manière de s'exprimer. Quoique sous bien des rapports ce système soit en opposition avec les idées et Les coutumes actuelles, il est, sous beaucoup d'autres, en rapport avec elles. Ainsi, chez nombre de tribus indiennes de l'Amérique, si un homme épouse la fille ainée d'une famille, il peut réclamer pour épouses toutes ses sœurs, à mesure qu’elles arrivent à ‘âge de se marier. Cette coutume existe chez es Shyennes, les Omahas, les lowas, les Kaws, les Usages, les Blackfeet, les Crees, !°s Minnitarrees, les Lrows, et quelques autres tribus. J'ai déjà dit que chez ls Peaux-Rouges, en général, le frère de la mère xerce une autorité plus que paternelle sur les en— ants de sa sœur. J'aurai occasion de parler de nouveau de cette remarquable exagération de l'autorité de l'oncle.
M. Morgan a été fort surpris de trouver dans bresque toutes Les tribus indiennes de Amérique du
Nord, un système plus ou moins semblable à celui des Lussock, Orig, de la Civil, il
Wyandots; mais il a été encore plus étonné que les races Tamil de l'Inde en possèdent un presque identique. On verra qu’il en est ainsi si l’on compare les colonnes 8 et 9 du tableau I; l’analogie est encore plus frappante dans les tableaux de M. Morgan, où il indique un plus grand nombre de parentés.
D'où vient donc ce système ? Comment l'expliquer ? Il ne s'accorde plus sous tous les rapports, avec la condition sociale actuelle des races en question; il ne s'accorde pas plus avec les affinités de la tribu. Les Indiens américains pratiquent ordinairement la coutume de l’exogamie, comme l'a appelée M. M Lennan, c’est-à-dire qu'il n’est permis à personne de se marier dans le clan. Or, comme la filiation se fait dans la ligne féminine, le fils du frère d’un homme, quoique cet homme l'appelle son fils, appartient à un clan différent; tandis que le fils de sa sœur, appartenant au mème clan que lui, n’est regardé que comme son neveu, et par conséquent moins proche parent. Ainsi, le neveu d’un homme appartient au même clan que lui, mais sou fils appartient à un clan différent,
M. Morgan, dans plusieurs passages, semble regarder ce système comme arbitraire, artificiel et intentionnel (1). Il discute assez longuement les conclusions qu’il faut tirer de sa généralité en Amérique et de st présence dans l'Inde. « Les diverses hypothèses, » dit-il, « d'invention simultanée accidentelle, d’em «prunts respectifs, d'éclosion spontanée, ne sont en
1, Voir p, 157, 992, 394, 121, 456, etc,
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«aucune façon applicables (1).» L'hypothèse d’un développement indépendant dans des pays séparés lui paraît avoir « quelque force, et être assez plau- «sible.» Cette hypothèse, ajoute-t-il (p. 501) « a donc « fait l’objet d’une étude aussi approfondie et aussi «réfléchie que le système lui-mème. Et ce n’est «qu'après une analyse et une comparaison patiente «de ses formes différentes, telles qu’elles sont indi- «quées dans mes tableaux; ce n’est qu'après une «profonde considération des fonctions du système, «comme institution domestique, et de la preuve de «son mode de propagation d'âge en âge, que ces «doutes ont enfin disparu, et que j'ai été convaineu «que cette hypothèse ne peut suffire à expliquer !# formation du système un grand nombre de fois, 1 «mème une seconde fois. »
Et plus loin: « Si les deux races (les Peaux-Rouges «et les Tamil) ont commencé, sur deux continents sé- «parés, par la communauté des femmes, avec un sys «tème de consanguinité tel que cet état doit engen- «drer et dont on ne peut se faire une idée, ce «serait pour le moins un miracle que ces deux races «aiept imaginé et adopté le même système de pa- «renté (2), » Puis il conclut en disant qu’on ne peut uxpliquer ce système que par « sa transmission avec «le sang d’une souree commune originaire, Si les «quatre hypothèses que j'ai citées, épuisent le champ « des recherches, et que les trois premières ne puis- «sent suffire à expliquer l'existenee actuelle du sys-
OC Cet, pr AU,
UCe Ctls, D, oUo,
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«tème dans les deux races, la quatrième et dernière,
«si elle suffit à expliquer sa transmission, se trans-
« forme done en une conclusion définitive (1). » Une proche alliance entre les races, Peaux-Rouges
et Tamil, serait une conclusion ethnologique fort im-
portante, mais les preuves me semblent insuffisantes, Le système Vitien, auquel ressemble presque exactement le système Tongan, est fort instructif sous ce ‘apport, et M. Morgan ne semble pas lui avoir accorde toute la considération qu'il mérite. Or les colonnes 9, 10 et 11 tableau I, prouvent que le système Vi-
tien et le système Tongan sontidentiques avec le svsième Tamil. Si donc cette analogie prouve, dans le
cas des Tamil, une proche affinité ethnologique entre
la race Tamil et la race Peau-Rouge, elle prouven
aussi une même affinité entre les Vitiens et les Ton-
gans, Or, 1l est certain que ces races appartiennent à
deux divisions bien distinctes de l'espèce humaine.
et tout fait, prouvant une analogie entre ces races,
quelque intéressant, quelque important qu'il puiss
être au point de vue de l'identité du caractère hu-
main et de l'histoire de l'humanité, n'a cependini
aucune portée sur les affinités ethnologiques spéciales,
En outre, 1l semble certain, comme j'essayerai tout i
l'heure de le prouver, que les Tongans n’employaieit
pas leur système actuel quand leurs ancêtres ont
débarqué pour la première fois sur les iles du Pa
clique, mais qu'il n’est que le développement d'u
système beaucoup plus grossier, encore en usage dans
plusieurs îles voisines.
1) Loc, cit. p. 505, Voir aussi p.497,
Je puis 1
lroquois, « logique av ainsi qu’il bleau I, q sier systèn
pelle du
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Je crois de M. Mors l'existence
sions ethno D'où vie VONS=-NOUS
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unes des au tiens et le mes vues bleau LE, p Mais je doi maires. D mots vmdli or mot est en l'ai traduit | « Zamann & termina — sappliq ère du pè tant, nous :
père,
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rnière, trans- )) Rouges ort imisantes, exactesous ce accorde olonnes ‘me Vi- € le svsdans le ue entre )P'OUVEF les Tonennent à umaine. :S Jaces, il puisst tère hupenda péciales ai tout à »loyaieit tres on du Pa ent d'u age dans
Je puis faire observer aussi, que les Two-Mountain lroquois, dont personne ne contestera Paffinité ethno—
logique avec les Wyandots, ont un système de parenté,
ainsi qu'il est prouvé par les colonnes 3 et #, tableau 1, qui se rapproche beaucoup plus de ce grosser système du Pacifique, ou comme Morgan l’ap-
pelle du système « Malais, » que du système des tribus américaines voisines.
Je crois donc qu'il est impossible d'adopter les vues
de M. Morgan, et quant aux causes qui ont provoqué
l'existence du système hmil, et quant aux conclusions ethnologiques qu’il en ti
D'où viennent done ces systèmes et comment pou-
vons-nous expliquer des analogies aussi remarquables
entre des races aussi distinctes et aussi éloignées les unes des autres que les Wyandots, les Tamils, les Vitiens et les Tongans? Pour bien faire comprendre mes vues à ce sujet, j'ai construit le tableau (tableau 1, p. 156) sur lequel je vais appeler l'attention. Mais je dois d’abord faire quelques remarques préliminaires. Dans tous les cas j'ai donné la traduction des
mots imdigènes et de même que Morvan, quand un
mot est employé pour plusieurs degrés de parenté, je l'ai traduit par Le plus simple. Ainsi en Vitien le mot « Zamanngu, » — littéralement « Tama mon, »
M terminaison « »rgw » signifiant « mon, »
— sapplique mon-semlement au père, mais au ère du père; or comme le père est le plus important, nous disoæs qu'ils appellent, père, le frère du père,
Daus la plupart des cas il est impossible de déter-
DPF ES
miner les origines des termes de parenté ; M. Morgar a pu cependant en retracer quelques-unes.
Ainsi en polonais le terme employé pour dire « mon grand-oncle » signifie littéralement « mon grand-père froid; » le terme exprimant « épouse» chez les Crees , signifie « partie de moi-même; » le terme pour « mari » chez les Choctas, signifie « celui qui me conduit; » une belle-fille chez les Delawares s’appelle Vah-hum, » littéralement, « ma cuisinière; » mais ils rachètent cette expression peu gracieuse par le terme qu’ils emploient pour mari ou épouse, ee-chaa-oke, qui signifie littéralement « mon aïde à travers la vie. »
On pourrait supposer, 4 priori, que la question de la filiation dans la ligne masculine ou féminine afecterait considérablement la nomenclature des parentés. Il ne paraït pas en être ainsi. Dans le système de la filiation féminine combiné à l’exogamie, comme un homme doit se marier hors de sa tribu et que ses enfants appartiennent à la tribu de leur mère, il s’ensuit que les enfants d’un homme ne font pas partie de la même tribu que lui. D'un autre côté les enfants d’une femme, quel que soit son mari, appartiennent à la mème tribu qu’elle. Aussi, alors que ni les enfant d’un homme, ni ceux de son frère ne font partie de la même tribu que lui, les enfants de sa sœur en font partie et deviennent par conséquent ses héritiers. En un mot, dans la pratique,.chez la plupart des tribus indiennes de l'Amérique septentrionale un homnt regarde comme ses enfants les fils de sa sœur.
Comme nous l'avons déjà vu, cette coutume remar-
quable ex mais aussi b rncrai, chez lesqu le frère de une autori biens qu'il ce droit ; :
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quable existe non-seulement chez les Peaux-Rouges, mais aussi dans d’autres parties du monde. Je me b rnerai, cependant, ici, à parler des Peaux-Rouges chez lesquels on peut établir, en règle générale, que le frère de la mère exerce sur les enfants de sa sœur une autorité plus que paternelle. Il a droit à tous les biens qu'ils peuvent acquérir, s’il lui plait d’exercer ce droit; il donne des ordres que le père véritable n'oserait pas donner ; il marie ses nièces et partage le prix d'achat. La même coutume existe chez les races à demi eivilisées; chez les Choctas, par exemple, c’est l'oncle et non le père qui envoie un enfant à l’école.
Et cependant dans ces mêmes tribus le fils de la sœur d’un homme porte le nom de son neveu, tandis que le fils de son frère s’appelle son fils.
Ainsi, bien que le frère de la mère d’un individu s'appelle son oncle, il a en réalité plus de pouvoir ei de responsabilité que le père. Le père se trouve classé au même rang que le frère du père et la sœur de la mère; et le frère de la mère exerce la vraie autonié paternelle dont il encourt aussi toute la responsabilité. En un mot, quoique les termes exprimant la parenté suivent la coutume du mariage, les idées reposent sur l’organisation de la tribu. Nous voyons donc par là que non-seulement les idées des diverses parentés, chez les races inférieures, diffèrent des nô— tres, mais que l’idée même de parenté, prise comme un tout, est pour ainsi dire à l’état d’embryon et dépend de l’idée de tribu.
En résumé, l'idée de la parenté comme celle du mariage, repose, non pas sur le devoir, mais sur la
puissance ; et ce n’est qu'avec l'élévation graduelle de l'espèce humaine que la dernière a été subordonnée à la première.
J'ai essayé au moyen du tableau I (p. 156), de démontrer les différents systèmes de parenté et j'ai placé en tête le système Hawaïen, ou des îles Sandwich.
Le langage Hawaïen est fort riche en termes de parenté. Un grand-parent s'appelle Æwpuna, un parent makua, un enfant *azkee, un gendre ou une bellefille Aunona, un petit-enfant moopuna, des frères au pluriel Aoahanau; un beau-frère ou une belle-sœur kaikoeke ; il y a des mots spéciaux pour frère et sœur selon l’âge et le sexe; ainsi un garçon parlant à un frère aîné et une fille parlant à une sœur aînée emploient le terme kaï-kuaana ; un garçon parlant d’un plus jeune frère ou une fille d’une plus jeune sœur emploie le mot faikaina ; un garçon parlant de sa sœur l'appelle ÆAaikuwahine, tandis qu’une sœur appelle son frère aîné ou cadet Aai-kunana. Ils reconnaissent aussi des parentés pour lesquelles nous n’avons pas de termes spéciaux: ainsi un fils adopti s'appelle kunai ; les parents d’un gendre ou d’une bru s'appellent puliena; un homme appelle son beaufrère et une femme sa belle-sœur, punaloa ; enfin, le mot kolai n’a pas de terme correspondant en anglais.
On observera que ces parentés sont conçues d'unt façon toute différente de la nôtre; nous ne faisons aucune différence entre un frère aîné et un frère cudet et le terme que nous employons ne dépend pas du
sexe de deux sys quand n système ture, Ai sin, oncl dis-je, te en a auct Les ca tème, si qués dan dit qu'il pour ce pour le « parent père, ils de la mr dénote au Ainsi les | tes, et un sieurs mi un homm frère et « « père »; frère du p de la mèr leurs fils comme sœ ces soi=dis
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; enfin, t en an-
es d'une e faisons frère ca-
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sexe de la personne qui parle. Le contraste entre les deux systèmes est, cependant, beaucoup plus frappant quand nous venons à considérer ce qui manque au système hawaïen, tel que nous l'indique sa nomenclature. Ainsi, onn'ytrouve aucun terme exprimant, cousin, oncle ou tante, neveu ou nièce, fils ou fille; que dis-je, tandis qu’il y a un mot signifiant parent, il n’y en a aucun, dit-on, pourexprimer père ou mêmemère. Les caractères principaux de ce remarquable système, si complet et cependant si grossier, sont indiqués dans la seconde colonne du tableau I. J'ai déjà dit qu'il »’y a de mot ni pour père ni pour mère; pour ce dernier mot ils disent « parent femelle », pour le premier « parent mäle » ; mais le terme «parent mâle » ne s'applique pas seulement au vrai père, il s'applique aussi au frère du père et au frère de la mère ; tandis que le terme « parent femelle » dénote aussi la sœur du père et la sœur de la mère. Ainsi les Hawaïens ne connaissent ni oncles, ni tantes, et un enfant peut avoir plusieurs pères et plusieurs mères. Dans la génération suivante comme un homme appelle « ses enfants », les enfants de son frère et de sa sœur, eux de leur côté l’appellent «père »; en outre, comme le frère de la mère et le frère du père s'appellent « parenis mâles », et la sœur de la mère et la sœur du père « parents femelles », leurs fils sont regardés comme frères et leurs filles comme sœurs. Enfin un homme appelle les enfants de ces soi-disant frères et sœurs « ses enfants » aussi bien que ceux de ses vrais frères et de ses vraies sœurs; leurs enfants deviennent ses petits-enfants.
TES pus pe tar EEE
Le terme « parent mâle » dénote done non-seulement le père d’un homme, mais aussi le frère de son père et le frère de sa mère, tandis que le terme « parent femelle » dé“note de la même façon non-seulement la mère d’un homme, mais aussi la sœur de sa mère, et la sœur de son père. Ÿ Il y a, en un mot, six classes de parents ; trois du côté masculin et trois du côté féminin.
Le terme, « mon frère aîné », implique aussi :
Le fils du frère de ma mère,
Le fils de la sœur de ma mère,
Le fils du frère de mon père,
Le fils de la sœur de mon père, tandis que leurs enfants sont tous mes petits-enfants. C'est donc là une succession de générations mais non pas une famille. Nous ne trouvons ni vrais pères, ni vraies mères, ni oncles, ni tantes, nineveux, ni nièces, mais seulement
Des grands-parents, Ù
Des parents,
Des frères et des sœurs,
Des enfanis,
Et des petits-enfants.
Cette nomenclature est encore en usage, et loin d'être tombée en désuétude, combinée qu’elle est à Viti avec l'héritage dans la ligne féminiue et la coutume d’héritage immédiat, elle donne à un neveule
droit de prendre les biens du frère de sa mère; droit
fréquen tique. €
par exe réellem qu'un | rent de mais no Car, co système qu'un | comme frère, ot donc qu nous jm] tous les la positis On trc d'avance restrictio tribu et tumes d” groupes d’autres Le sy:
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n-seule-
jte de la
trois du
1SSI :
s-enfanis.
mais non pères, nl ni nièces,
, et loi lle est à et la couneveu le ère ; droit
fréquemment exercé, quoique tempéré dans la pratique. On dira sans doute que bien que le mot «fils», par exemple, implique beaucoup d'enfants qui ne sont réellement pas des fils, il ne s’ensuit, en aucune façon, qu'un homme se considère comme également le parent de tous ses soi-disant « fils. » Cela est vrai mais non pas comme on pourrait s’y attendre & priori. Car, comme la plupart des races inférieures ont le système de l'héritage par les femmes, il en résuite qu'un homme considère les enfants de sa sœur comme plus proches parents que les enfants de son frère, ou même que ses propres enfants. Nous voyons donc que ces termes, fils, père, mère, etc., qui pour nous impliquent parenté, n’ont pas strictement dans tous les cas cette signification , mais indiquent plutôt la position relative dans la tribu.
On trouve une nouvelle preuve de ce que je viens d'avancer dans les restrictions imposées au mariage, restrictions qui proviennent de la position dans la tribu et non pas des liens de parenté, Ainsi les coutumes d’une tribu défendent le mariage entre certains groupes de frères et de sœurs et le permettent entre d'autres groupes.
Le système indiqué dans la colonne 2 n’appartient pas en propre aux îles Sandwich ; on le retrouve aussi dans d’autres îles du Pacifique. Ainsi le système de l'ile Kingsmill, indiqué colonue 3, est semblable, bien que ces insuiaires aient fait un pas en avant, car ils ont inventé des termes pour exprimer père et mère. Cependant le mème terme s'applique au frère du père et au frère de la mère, aussi bien qu’au
père, et à la sœur du père et à la sœur de la mère aussi bien qu’à la mère ; par conséquent les cousins germains s'appellent frères et sœurs, et leurs enfants et petits-enfants sont les enfants et petits-enfants des uns et des autres.
Les habitudes des insulaires du Pacifique, l'absence absolue de séparations dans leurs maisons, leurs préjugés contre les repas en commun et d’autres particularités de leur genre de vie ont, sans doute, éontribué à perpétuer ce grossier système qui ne concorde plus avec leurs relations actuelles de société et de famille, mais qui indique une époque où ces relations étaient encore moins développées qu'elles ne le sont aujourd'hui. Nous ne connaissons aucune autre partie du monde ou la nomenclature des parentés soit aussi sauvage. |
Cependant le système des Two-Mountain Iroquois s’en rapproche beaucoup; ce système est sans contredit le plus grossier observé jusqu’à présent en Amérique. Dans cette tribu un homme appelle encore «ses fils » les enfants de son frère; une femme appelle aussi « ses fils » les enfants de sa sœur; un homme, cependant, ne regarde pas les enfants de sa sœur comme ses enfants, mais leur donne un nom spécial, ce sont ses neveux. Cette distinction entre des parentés, que nous regardons comme identiques, concorde avec les coutumes matrimoniales américaines, Je n'ai malheureusement pas le moyen de savoir si ces règles existent dans La tribu en question, mais elles sont si générales chez les Indiens de l'Amérique du Nord qu cela est fort probable. Une de ces coutumes veut que,
si un ha il a le d:
qu’elles reconnu femme 1 incombe facile de ce serait qui vous garde-t-e ils peuve toute au sœur. Nc de l’'Amé de sa sœ appelle n bus elle ] donnant ] Une av dans bien se marier dans le cl ncrale da toutes les femme et mais que autre, Au
la mère cousins enfants ants des
absence UTS prés parti- , éontri- ‘oncorde té et de relations e le sont itre parntés soit
Iroquois contreen Améore «ses appelle homme, sa sœur à spécial, es parenconcorde s, Je n'ai es règles s sont Si Nord qui eul que,
si un homme épouse une fille qui a des sœurs cadettes, il a Le droit de prendre ces sœurs pour femmes dès qu’elles arrivent à la maturité (1). Ce droit est fort reconnu et ordinairement pratiqué. La première femme ne s’y oppose pas, car tout le travail qui lui incombe, se partage dès lors avec une autre, et il est facile de comprendre que, quand règne la polygamie, ce serait une insulte de ne pas prendre une femme qui vous appartient légalement. Aussi une femme regarde-t-elle les enfants de sa sœur comme ses enfants ; ils peuvent être en somme les enfants de son mari; toute autre hypothèse serait une insulte envers sa sœur. Nous trouvons donc que chez toutes les races de l'Amérique du Nord une femme appelle les enfants de sa sœur, ses enfants; dans aucun cas elle ne les appelle neveux ou nièces, bien que dans quelques tribus elle les distingue de ses propres enfants en leur donnant le nom de beaux-enfants.
Une autre règle très-générale en Amérique, comme dans bien d’autres endroits, est que personne ne peut se marier dans son propre clan ou famille, J'ai prouvé dans le chapitre précédent que cette coutume est générale dans l'Amérique du Nord et fort répandue dans toutes les autres parties du monde. Il s’ensuit qu'une lemme et son frère appartiennent à une même famille, mais que le mari de la femme doit appartenir à une autre, Aussi, tandis que le frère et la sœur du père d'un individu appartiennent à son clan et que la sœur de sa mère, étaut une des femmes de son père, est
d) Voir Archévl, Americ., vol, IL, p. 109,
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un membre de la famille, appartient au foyer, si je puis parler ainsi, le frère de sa mère n'appartient ni au cercle de famille, ni même au clan. La sœur du père et la sœur de la mère portent donc le nom de mères, et le frère du père, celui de père ; mais comme dans toutes les tribus Peaux-Rouges les coutumes du mariage excluent le frère dela mère, on le distingue alors par un terme spécial, celui d'oncle. Nous comprenons donc comment il se fait que, dans les six classes de parents mentionnés ci-dessus, le frère de la mère est le premier qu'on ait désigné par un terme spécial. On verra cependant par le tableau que chez les Two- Mountain Iroquois son fils porte le nom de frère, son petit-fils celui de fils et ainsi de suite. Cela prouve qu’autrelois, de même qu’en Polynésie, il portait le nom de père, car on ne peut expliquer autrement un tel système de nomenclature. On verra, d’après le tableau, que toutes les parentés sont identiques à celles reconnues dans le système Hawaïen et le systéme Kingsmill. Ainsi le système des Two-Mountain lroquois ne diffère de celui du Pacifique que sous deux points seulement qu’on ne peut expliquer d’une facon satisfaisante que par les coutumes du mariage. Il est vrai que ces deux différences en impliquent quelques autres qui ne sont point indiquées dans le tableau. Ainsi, tandis que le fils de la fille de la sœur du père d’une femme est son fils, le fils de la fille de la sœur du père d'un homme est son neveu, parce que la lille de la sœur de son père est sa sœur, et que le fils de sa sœur, comme je l'ai déjà expliqué, est son neveu. Il faut ajouter aussi que les Two-Mountain roquois
indiquer de paren tifs aux | Le sys sente, So Two-Mou appelle le donne le hommes « neveux contraire, et « fils pellations alors que ensemble commun, épousaien remarqua la mère s mère, Sou un progrè tribus Pea non-seule et que la s se distingu Les habitu nous avon suflisamme ainsi, tand portent en mère, En
Jepuis ni au Lu père ères, et s toutes nariage Lors par ns donc parents Je precial., On 5 Twoère, 501 | prouve ortait le ment un après le tiques à le sys- Jountain que sous 1er d’une mariage.
ipliquent s dans le la sœur fille de arce que ue le fils Du HeVeU:
Lroquois
indiquent un progrès quand on compare leur système de parenté à celui des Hawaïens dans les termes relatifs aux parentés par mariage.
Le système Micmac, indiqué dans la colonne 5, présente, sous trois rapports, un progrès sur celui des Two-Mountain Iroquois. Non-seulement un homme appelle le fils de sa sœur son neveu, mais une femme donne le même nom au fils de son frère. Ainsi, les hommes appellent « fils » les fils de leurs frères, et « neveux » les fils de leurs sœurs ; les femmes, au contraire, appellent « neveux » les fils de leur frère, et « fils » les fils de leur sœur; ces différentes appellations indiquent certainement une époque où, alors que frères et sœurs ne pouvaient pas se marier ensemble, les frères possédaient leurs femmes en commun, tandis que les sœurs, comme nous le savons, épousaient ordinairement le même homme. Il est fort remarquable aussi que le frère du père et la sœur de la mère soient distingués du vrai père et de la vraie mère. Sous ce rapport le système Micmac constitue un progrès sur les systèmes existant dans les autres tribus Peaux-Rouges. C’est pour la mème raison que non-seulement le frère de la mère devient un oncle, et que la sœur du père ne s'appelle plus mère, mais se distingue par un terme spécial et devient une tante, Les habitudes sociales des Peaux-Rouges, auxquelles nous avons déjà brièvement fait allusion, expliquent suflisamment pourquoi la sœur du père se distingue ainsi, tandis que le frère du père et lasœur de la mère portent encore respectivement le nom de père et de mère, En outre, de même que chez les Two-Mountain
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Iroquois où, bien que le frère de la mère porte le nom d’oncle, son fils porte encore celui de frère, nous reportant ainsi à une époque où le frère du père portait le nom de père, nous trouvons chez les Micmacs que, bien que la sœur du père porte le nom de tante, son fils est encore regardé comme un frère, ce qui nous reporte aussi à une époque où elle portait le nom de mère. En conséquence, comme le fils du frère d'un père, le fils du frère d'une mère, le fils de la sœur d’un père et le fils de la sœur d'une mère, sont considérés comme frères, les mäles appellent leurs enfants « fils »; mais comme une femme donne le nom de neveu au fils de son frère, elle donne aussi le mème nom à tous les fils de ces soi-disant frères.
S'il est vrai que le système de parenté soit sujet à un développement et s'approche par degrés de la perfection, on doit naturellement s'attendre à ce que les différences d’habitudes et de coutumes empêchent les diverses races de suivre exactement le mème développement. Les Micmacs et les Wyandots nous en fournissent un exemple. Ces derniers ont en somme fait le plus de progrès, et cependant ïes premiers sont en avance sur un point, car, bien que les Micmacs désignent le frère du père par le nom d'oucle, les Wyandots l'appeilent encore père; d'un autre côté, les Wyandots appellent « cousin » le fils du frère de leur mère, tandis que les Micmacs l’appellent encore «frère, »
Examinons actuellement les systèmes de deux nlions asiatiques, les Birmans et les Japonais, qui, bien que considérablement plus avancées en civilisation
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qu'aucun des peuples dont nous venons de parler, sont cependant singulièrement en retard dans leurs systèmes de parenté. Commençons par les Birmans.Un Birman appelle le frère de sa mère, soit père, soit oncle; il regarde le fils de son oncle comme son frère: son petit-fils comme son neveu et son arrière-petit-fils comme son petit-fils. La sœur de son père est sa tante, mais son fils est son frère; son petit-fils, son fils, etson arrière-petit-fils,son petit-fils.Il regarde le frère de son pèrecomme son père;son fils,çcomme unfrère;son petitfils comme un neveu, et son arrière-petit-fils comme un petit-fils. La sœur de sa mère est sa mère; son fils son frère; son petit-fils, son neveu et son arrièrepetit-fils, son petit-fils. Les frères et les sœurs de son grand-père sont ses grands-pères et ses grand'mères. Les fils et les filles de ses frères et de ses sœurs sont ses neveux et ses nièces, que ce soit un homme ou une femme qui parle; mais les enfants de ses neveux et de ses nièces sont ses petits-enfants.
Chez les Japonais, le frère de la mère porte le nom de « second petit-père » ; la sœur du père celui de «petite-mère », ou « tante » ; le frère du père celui de « petit-père » , ou « oncle » ; et la sœur de la mère celui de « petite-mère », ou « tante ». Les autres parentés indiquées dans le tableau sont les mêmes que celles des Birmans.
La colonne 8 indique le système de parenté des Wyandots, descendants des anciens Hurons. Ce sysème montre quelque progrès sur celui des Micmacs. Tandis que ces derniers appellent encore frères le fils du frère de leur mère et le fils de la sœur de leur
Lussock, Orig. de :a Civil, 12
père, les Wyandots les appellent cousins. Les hommes cependant appellent encore fils les enfants de ces cousins, nous reportant ainsi au temps où ces cousins portaient le nom de frères. Un autre signe de progrès est que les femmes regardent les petits-fils du frère de leur mère comme des neveux et non pas comme des fils, quoique, dans tous les cas, les arrièrepetits-fils des oncles et des tantes soient encore regardés comme des petits-fils.
J'appelle tout particulièrement l'attention sur ce système qu'on peut regarder comme le système-type des Peaux-Rouges, bien que, comme nous l’avons vu, quelques tribus aient une nomenclature plus grossière et que nous devions bientôt parler de quelques autres qui sont plus avancées. Le frère de la mère d’un Wyandot est son oncle; son fils, son cousin; son petit-fils, son neveu, quand une femme parle, son fils quand un homme parle; dans les deux cas, son arrière-petit-fils est son petit-fils. La sœur de son père est une tante et son fils un cousin; mais son petit-fils et son arrière-petit-fils sont ses fils et petitfils; nous rappelant ainsi qu’il fut un temps où il regardait la sœur de son père comme sa mère. Le frère de son père s’appelle son père; son fils, un frère; son petit-fils, un fils, et son arrière-petit-fils, un petit-fils. La sœur de sa mère s'appelle sa mère; son fils, un frère; son petit-fils est un neveu, pour une femme, un fils pour un homme; son arrière-petit-fils, un petit fils. Il appelle grand-père et grand’mère le frère ct la sœur de son grend-père,
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Enfin les fils et les filles du fils d’un frère, les fils et les filles du fils d’une sœur, portent le nom de petits-fils et de petites-filles. Nous voyons ainsi que, dans chaque cas, on en revient à la ligne directe à la troisième génération.
Les deux colonnes suivantes représentent le système Tamil et le système Vitien, auxquels ressemble beaucoup le système des iles des Amis. J'ai déjà parlé de ces systèmes et donné mes raisons pour ne pas adopter l’explication suggérée par M. Morgan.
On observera que les seules différences entre le système de ces races et celui des Wyaudots consiste : l’en ce que chez les Wyandots le petit-fils du frère
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hommes et comme un fils par les femmes, tandis que chez les Tamils et les Vitiens le contraire a lieu, c’esti-dire qu’il est regardé comme un fils par les hommes et comme un neveu par les fermes; 2 en ce que chez les Wyandots le petit-fils ie la sœur du père est regardé comme un fils, tandis que chez Les Tamils ct ls Vitiens il est regardé comme un neveu. Cette dernière différence indique un état plus avancé chez les Tamils et les Vitiens. L'autre différence est plus diffiile à comprendre,
Mais, bien que ces trois systèmes Peau-Rouge, Tamil et Vitien, si différents du nôtre, concordent Si parfaitement l’un avec l’autre, nous trouvons, dans quelques cas, des différences remarquables
parmi les races Peaux-Rouges elles-mêmes. Ces différences affectent principalement les lignes du frère de la mère et de la sœur du père. C’est tout naturel, Ce sont les premiers à distinguer des vrais parents, et on a eu à adopter de nouveaux moyens pour désigner les parentés ainsi reconnues. Dans plusieurs cas on à essayé de vieux termes, ce qui a produit des résultats fort comiques. Ce moyen de surmonter la difficulté a été si peu satisfaisant, que lon semble avoir senti la nécessité de créer de nouveaux termes, dès que le fils de la sœur du père a été reconnu pour un cousin.
Le tableau IT (page 158) indique, pour quatorze tri. bus, le résultat des essais faits pour distinguer ces parentés. Prenons, par exemple, la ligne indiquant les termes employés pour désigner le petit-fils du frère d’une mère, nous trouvons les expressions suivantes : fils, beau-frère, petit-fils, petit-enfant, beau-fils et oncle; les termes employés par un homme pour désigner le petit-fils de la sœur de son père sont : petit-enfant, fils, beau-fils, frère et père ; quand une femme veut désigner le méme parent, elle emploie les termes: petit-enfant, fils, neveu, frère et père. Nous trouvons done six expressions pour désigner le même parent, et un écart de trois générations, du grand-père a fils. L'emploi de ces termes peut, à première vu, sembler arbitraire, mais un examen plus approfondi prouvera qu’il n’en est pas ainsi.
La colonne 2 indique le système des Red Knives, une des tribus américaines le plus en retard pour hi nomenclature des parentés. Chez eux, bien que L
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frère de la mère et la sœur du père portent respectivement le nom d’oncle et de tante, les enfants de ces degniers sont regardés comme des frères, leurs petits-enfants comme des fils, et leurs arrière-petits-enfants comme des petits-fils. Le système des Munsee indique un léger progrès. Là, bien que les femmes donnent le nom de fils aux fils de leurs sœurs, les hommes au contraire leur donnent le nom de neveux, et appliquent par conséquent le même terme au fils de la fille du frère de leur mère et au fils de la fille de la sœur de leur père, parce que, comme dans le cas précédent, les filles du frère de leur mère et les filles de la sœur de leur mère s'appellent sœurs. Les Micmacs (colonne 3) présentent un nouveau progrès. Là un homme non-seulement donne le nom de neveu au fils de sa sœur, mais une femme donne le même nom aux fils de son frère ; par conséquent les fils de la fille du frère de la mère, si un homme parle, et les fils du fils du frère de la mère si une femme parle, et les parents au même degré du côté de la sœur du père, portent le nom de neveu.
Chez les Delawares, le fils du frère de la mère et le fils de la sœur du père se distinguent des vrais frères par un terme correspondant à celui de « beaufrère.» Ils semblent aussi avoir senti la nécessité de distinguer le fils d’un beau-frère d’un vrai fils; mais, ne possédant pas de terme spécial, ils ont adopté le même mot, aussi le fils d’un beau-frère porte-t-il le nom de beau-frère. Plusieurs autres tribus, comme nous le verrons, ont adopté ce principe, qui a pro-
duit les inconséquences frappantes qu’on peut remar. quer dans le tableau. Nous le retrouvons chez les Crows : la sœur du père s'appelle mère, sa fille porte aussi le nom de mère; mais comme son fils ne peut pas, bien entendu, porter ce nom de mère, il à reçu celui de père. Les Pawnees, ainsi que l’indiquent les colonnes 7 et 8, suivent le même système; et les Grand-Pawnees le poussent une génération plus loin et appellent « père » le petit-fils de la sœur de leur père; ils appellent cependant « frère » le fils de ha fille de la sœur de leur père. Les Cherokees ont aussi adopté ce principe, et appellent « père » le petit-fils de la sœur de leur père. Ce cas est d'autant plus intéressant que la cause de ce système n'existe plus, car, comme on peut le voir, la sœur du père porte le nom de tante. Il ne parait pas évident, à première vue, que le nom de mère donné à la sœur du père explique le nom de père donné à son fils; mais avec le système Crow et le système Pawnee sous les yeux, nous comprenons facilement que les Cherokees n’appelleraient pas « pères » les fils de la sœur de leur père, s'il n’y avait pas eu une époque où ils regardaient la sœur de leur père comme leur mère.
Les Indiens Hare nous offrent l'exemple d’un peuple où les frères de la mère et les sœurs du père, étant distingués du père et de la mère, leurs enfant ne s'appellent plus frères, mais cousins, tandis que leurs petits-enfants et leurs arrière-petits-enfants, au contraire, portent encore le nom de fils et celui de petits-fils,
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Le système des Omahas et celui des Sawks et des Foxes sont identiques. Le frère de la :nère porte le nom d’oncle, et pour la cause déjà indiquée, en parlant des Delawares, ses fils, les fils de ses fils et même les petits-fils de ses fils, portent aussi le nom de petits-fils. Les fils de sa fille, au contraire, portent encore le nom de frère. La sœur d’un père s'appelle tante, ses enfants, neveux ; et les descendants de ces neveux des petits-enfants.
Chez les Oneidas, le frère du père s'appelle oncle, son fils cousin; les fils de son fils cependant portent encore le nom de fils. Le fils de sa fille est un fils, quand c’est une femme qui parle; mais, pour les raisons déjà expliquées, en parlant des Munsees, les hommes Les appellent neveux. Les parentés du côté de la sœur du père s’établissent de la même façon, si ce n’est que la sœur du père porte encore le nom demère.
Le système Otawa ressemble au système Micmac; basé sur le même plan, il présente cependant un progrès en ce sens que les enfants des oncles et des tantes portent le nom de cousins et qu’un homme appelle le fils de son cousin, non pas son fils, mais son beau-fils. Le système Ojibwa est identique, si ce nest qu’une femme appelle aussi le fils de la fille du frère de sa mère et le fils de la fille de la sœur de
son père, son beau-fils au lieu de son fils. Dans quel-
ques parentés créées par le mariage, les mêmes causes ont conduit à des différences encore plus frappantes, Ainsi une femme appelle, généralement, le mari de la fille de la sœur de son père, son beau-frère; mais chez les tribus du Missouri et du Mississipi elle
l’appelle son gendre; chez les Minnitarees, les Crows et quelques clans Choctas, son père; chez les Cherokees, son beau-père ; chez les Republican Pawnee et quelques autres clans Choctas, son grand-père; et chez les Tukuthes, soi petit-fils!
Tels sont les curieux résultats auxquels sout arrivés quelques races inférieures, en essayant de distinguer les parentés. Je reviens actuellement au principal argument, après avoir ainsi essayé d'expliquer les faits indiqués par le tableau II.
La colonne 12, tableau I, indique le système Cafre (Amazulu). Là, pour la première fois, nous trouvons le frère du père regardé comme un oncle, et la sœur de la mère comme une tante. Sous d’autres rapports cependant ce système n’est pas plus avancé que celui des Tamils, des Vitiens ou des Wyandots. Le frère de la mère porte le nom d’oncle, son fils celui de cousin, son petit-fils celui de fils, et son arrière-petit-fils celui de petit-enfant. La sœur du père porte le nom assez singulier de père, le mot cafre exprimant père, ubaba, ressemble assez au nôtre. Le frère du père, comme je viens de le dire, porte le nom d’oncle; mai son fils porte celui de frère ; son petit-fils celui de fik et son arrière-petit-fils celui de petit-fils. La sœur de la mère s'appelle tante, mais les descendants portent le même nom que ceux du frère du père. Comme dans tous les cas précédents, les frères et les sœurs du grand-père sont considérés respectivement comme grands-pères et grand’-mères. Les fils des frères et des sœurs portent le nom de fils, et enfin les fils de ces derniers celui de petit-fils.
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La colonne 13, tableau I, indique la nomenclature en usage chez les Mohicans, dont le nom signifie «peuple demeurant au bord de la mer, » à cause de leur position géographique sur l'Hudson. Ce peuple appartient à la grande famille des Algonquins. Là, pour la première fois, on trouve une distinction entre le père et son frère. Ce dernier, cependant, n’est pas reconnu comme un oncle; c’est-à-dire que le frère du père et le frère de la mère ne sont pas considérés comme parents à un égal degré; le premier porte le nom de beau-père. Cette particule distinctive forme le trait caractéristique de ce système, et, comme on peut le voir, on trouve les termes de belle-mère, de beaufrère et de bel-enfant (à l’exclusion de cousin), qui découlent naturellement du terme beau-père. Cependant, la sœur de la mère porte encore le nom de mère, et son fils celui de frère.
Les Crees et les Ojibwas ou Chippewas (du lac Michigan), qui appartiennent aussi à la grande famille des Algonquins, ont un système à peu près identique à celui des Mohicans. Sous quelques rapports, cependant, ils sont un peu plus avancés, et on peut dire que ces tribus possèdent le système le plus complet qu'on ait encore trouvé chez les Peaux-Rouges de l'Amérique septentrionale. Le frère de la mère est un oncle, et son fils, un cousin; quant à son petit-fils, la tendance à l’emploi de différents termes, selon que la personne qui parle est un homme où une femme, est indiquée par l'usage, par les premiers du terme beaufils, et par les seconds du terme neveu, comme dans les tribus plus grossières. Dans les deux cas, les ar
rière-petits-enfants du frère de la mère portent le nom de petits-enfants. La sœur du père s'appelle tante, et la nomenclature pour ses descendants est la même que dans le cas précédent. Le frère du père est un beaufrère; les Crees appellent encore son fils, un frère, mais les Ojibwas l’appellent beau-fils. Les autres parentés dans cette ligne ressemblent aux précédentes.
Aucun Peau-Rouge ne regarde la sœur de sa mère comme une tante, mais les Crees et les Ojibwas la distinguent :.e la vraie mère en Jui donnant le nom de belle-mère, et ses descendants portent le même nom que ceux du frère du père.
Si nous comparons actuellement ce système avec celui des Two Mountain Iroquois, nous verrons que sur vingt-huit parentés indiquées dans la table, dix seulement sont restées les mêmes. Sur ces dix, dus indiquent un progrès fait par les Two Mountain Iroquois, c’est-à-dire les termes employés pour désigner le frère de la mère et le fils de la sœur; les autres huit sont des preuves d’imperfection existant encore dans la nomenclature Ojibwa; ces imperfections, d’ailleurs, n’appartiennent pas en propre aux races américaines, elles se retrouvent aussi, comme nous l'avons vu, dans le système des Hawaïens, des Kingsmill, des Birmans, des Japonais, des Tongans, des Vitiens, des Cafres et des Tamil, et nous les retrouve. rons encore chez les Hindi, les Karen et les Esquimaux. En un mot, elles sont communes à presque tous les peuples barbares, et même à quelques races civilisées.
La colonne 14, tableau I, indique le système de
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nomenclature tel qu'il existe chez les Hindi, et on peut ajouter que celui des Bengali, des Marathi et des Gujerathi est essentiellement le même, bien que les mots diffèrent. Tous ces langages sont sanscrits, quant à leurs mots, aborigènes, au contraire, quant à leur grammaire. L'Hindi contient 90 0/0 de mots sanscrits, le Gujerathi 95 0/0. A trois ou quatre exceptions près, tous les termes de parenté paraissent empruntés au sanscrit.
Là, pour la première fois, nous trouvons que le fils d'un frère et le fils d’une sœur portent le nom de neveux, que ce soit un homme ou une femme qui parle. Cependant les enfants des neveux s'appellent encore petits-enfants. Pour la première fois aussi le frère de la mère, le frère du père, la sœur de la mère et la sœur du père sont considérés comme parents au mème degré, ct les termes qui désignent leurs descendants sont semblables. Les deux premiers reçoivent le nom d’oncles, les deux derniers celui de tantes. Cependant, pour les générations suivantes, le système est moins avancé que celui des Ojibwas, car les fils des oncles et les fils des tantes s'appellent frères, leurs petits-fils, neveux, et leurs arrière-petits-fils, petitsls. Il faut observer cependant que dans les trois premiers langages, l'Hindi, le Bengali et le Marathi, outre le simple terme de frère, on emploie aussi les expressions : « frère par oncle paternel, » « frère par oncle «maternel, » «frère par tante paternelle,» « frère par (tante maternelle, » expressions qui sont moins fasüidieuses que notre traduction littérale ne semblerait l'indiquer. Le système est donc transitoire sur ce
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