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« rare de voir deux individus, appartenant à différen- «tou
«tes tribus, assis sur le sol, conversant facilement «fait
« par signes. Ils sent fort habiles à exprimer ainsi leurs «diqn
«idées et le jeu de leurs mains n’est interrompu qu'à «alot
« de longs intervalles par un sourire ou par un mot pro- cvre
« noncé dans l’idiome des Indiens Crow, le plus ré- «mil
« pandu encore parmi eux (1).» Fisher (2) dit aussi, en «les A
parlant des Comanches et des différentes tribus voisi- « pass
Li nes : « ils possèdent toutefois un langage par signes «fron 1p: « qui permet à tous les Indiens et aux trappeurs de se «blan
| « comprendre facilement les unsles autres. Quand les «seul «hommes causent ensemble dans leurs huttes, assis entr
« sur des peaux, les jambes croisées comme les Turcs, «prés
| & ils accompagnent chaque parole de signes manuels, «mes l « simple répétition de ce qu'ils disent, de telle sorte «d'un fi « qu’un aveugle ou un sourd assistant à l'entretien le 41 Pr | | | « comprendrait aisément. Par exemple, je rencontrai À 4 Mexi ! « un Indien; je désirais lui demander s’il avait vu six «Sil | | « voitures trainées par des bœufs et accompagnées de «comI | « six conducteurs, dont trois Mexicains et trois Améri- À (il me | «cains, et d’un homme à cheval. Je fais les signes «levée « suivants : j'indique d'abord la personne pour dire À (tons «vous » puis les yeux pour exprimer « voir »; J'6- À (ne fa «tends alors les cinq doigts de la main droite et l'in- «que « dex de la main gauche, signifiant « six » ; je forme À Bosjesn « deux cercles en réunissant les extrémités de mes À designe « deux pouces et demes deux index, puis étendant les À etquan: « deux mains en avant, j'imprime à mes poignets un rassem} A mérique
(1) Expédition to the Rocky mountains, vol, IH, p. 52. (2) J'rans. Ethm. Soc. 1869, vol. I, p. 283. « Yocab
n'est-il pas à différenfacilement r ainsileurs ‘TOMpU qu'à un motprole plus rédit aussi, en tribus voisie par signes ppeurs de se 18, Quand les huttes, assis me les Turcs, nes manuels, de telle sorte l'entretien le je rencontrai 1 avait vu six pmpagnées de t trois Amériais les signes ne pour dire «voir»; j'édroite et l'ink » ; je forme mités de mes s étendant les s poignets ul
«mouvement tel qu'il indique des roues de voitures «tournant sur le sol, signifiant « voitures » ; un signe «fait avec les mains de chaque côté de la tête in- «dique des cornes et par conséquent des bœufs; je lève «alors trois doigts, et plaçant la main droite à ma lè- «vre inférieure, je l’abaisse graduellement jusqu’au «milieu de la poitrine pour indiquer la « bazbe » ou «es Mexicains; puis, levant de nouveau trois doigts, je «passe ma main droite de gauche à droite sur mon «front, et j'indique ainsi «une face päle ou des hommes «blancs. » Enfin je lève un doigt pour indiquer un «seul homme, puis, plaçant l'index de ma main gauche «entre l’index et le médius de ma main droite, re- «présentant ainsi un homme à cheval, j'imprime à «mes mains un mouvement représentant le galop «d'un cheval. J'arrive donc de cette façon à demander «à l’Indieu : « Vous voir six voitures, bœufs, trois «Mexicains, trois Américains, un homme à cheval?» «Sil lève d’abord l'index puis l’abaisse rapidement «comme s’il voulait indiquer quelque chose sur le sol, «ilmerépond «Oui » ; si, au contraire, après l'avoir “levée, il l’agite de droite à gauche, comme nous agi- «tons quelquefois la tête, il me répond « Non. » Il «ne faut guère plus de temps pour faire ces signes «que pour faire verbalement la question. » Les Bosjesmens supplémentent aussi leur langage de tant designes qu'ils ne sontpas intelligilles dans l'obscurité, tquand ils désirent causer la nuit ils sont obligés de se rassembler autour deleurs feux. Les Arapahos de l'Amérique septentrionale, selon Burton, « possèdent uu «vocabulaire si incomplet, qu'ils peuvent à peine se
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410 ORIJISINES DE LA CIVILISATIOX,
« comprendre dans l’obscur'té ; s'ils désirent causer
« avec un étranger, il est absolument nécessaire de se #
« rendre près du feu (1). »
Tylor, dans son « Histoire de l’homme primitif, » consacre un chapitre fort intéressant au langage par signes, et s'occupe principalement de l’alphabet ci
ployé par Les sourds-muets. Mais bien qu'au moyen Î
de sigucs on puisse exprimer ses idées avec une facilité qui surprendrait ceux qui n’ont pas étudié cette
question, il faut admettre cependant qu'ils ne valent {
pas la parole, employée, comme nous l’avons déjà dit,
par toutes les races d’uommes que nous connais- à
sons.
Le langage, tel qu’il existe, à bien peu d'exceptions près, chez tous les peuples, est loin d’être parfait, et
cependant toutes ces langues sont si riches en expres-
sions, elles possèdent des formes grammaticales si #
complexes, qu'iln’y a guère lieu de s'étonner que quel- À
ques penseurs aient attribué au langage une origine f
divine et miraculeuse. On peut admettre ce point de
vue comme correct, mais dans le sens seulement où on @
l'appliquerait à un vaisseau ou à un palais: les lan-$
gages sont humains en ce seus qu’ils sont l'ouvrage de $ l'homme; divins, en ce sens que l'homme en les{
eréant s’est servi d’une faculté dont la Providence l'a doué (2).
(1) City of the Saints, p. 151.
(2) Lord Monboddo, en combattant ceux qui regardent le lançasc &
comme une révélation, exprime l'espoir qu'on ne l’accusera pas, à ce Site 4
jet, de n'avoir aucun respect pour le récit fait par les livres sacrés de l'origine de notre espèce; « mais il ne m'apnartient pas, ajoute-t-il, comme
philosophe ou comme grammairien, de m'enquérir si, selon l'opinion @
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LANGAGE. h11
M. Renan (1) établit une distinction entre l’origine
des mots et celle du langage; quant à ce dernier, il
dit: « Je persiste done, après dix ans de nouveites
«études, à envisager le langage comme formé d’un
«seul coup, et comme sorti instantanément du génie
«de chaque race ; » théorie qui implique la pluralité
de l'espèce humaine. Sans aucun doute la nature com-
ylexe de la grammaire, sa perfection apparente chez
les races inférieures, peuvent, à première vue,paraitre
tès-surprenantes, mais nous devons nousrappeler que
le langage des enfants est plus régulier que le nôtre.
L'enfant dit : j'allerai, je voirai, plus bon, le plus bon,
ete. En outre, la conservation d’un système gramma- , d te]
tical compliqué chez les tribus sauvages, prouve que
e système leur est naturel et que ce n’est pas la
simple épave d'un temps où ils étaient plus eivilisés.
Nous savons, au contraire, que la civilisation tend à la 2 9
simplification des formes grammaticales.
il ne faudrait pas supposer non plus que la compli-
cation impliqae un langage excellent ou mème com-
pet. Elle provient souvent, au contraire, d’un détour ncommode employé pour suppléer à un défaut radicl, Adam Smith a fait remarquer depuis longtemps
que le verbe « être » est « le plus abstrait et le plus
«métaphysique de tous les verbes, et, qu’en consé-
«quence, ce ne peut être un mot d’une fort antique
i quelques commentateurs, il faut comprendre ce récit comme une allétrie. » Il oublie cependant que ceux qui regardent le langage comme ine révélation, le font à l'encontre des paroles mêmes de la Genèse, où il stdit que « Dieu présenta les animaux à Adam pour que ce dernier “urdonnât un nom, et le nom qu'appliqua Adam à chaque créature vi- “te est celui qu'il porta depuis.
1) De l’origine du langage. p. 18.
« origine. » Îl suppose que l'absence de ce verbe à été probablement la cause des conjugaisons complexes, € Mais, ajoue-t-il, dès qu'il fut inventé, comme © il possédait tous les temps et tons les modes des «autres verbes, il suppléa, par son adjonction au parti- « cipe passé, à toute La voix passive et rendit cette « partie de la conjugaison des verbes aussi simple et « aussi uniforme que lemploi des prépositions avait « rendu les déclinaisons uniformes (1). » Puis il ajoute « que les mêmes remarques s'appliquent au verbe possessif « avoir, » qui a modifié la voix active des verbes aussi profondément que le verbe « être » à modifié la voix passive. Ainsi l'invention de ces deux verbes a permis à l'espèce humaine de s’épargner un grand travail de mémoire, et de simplifier considérablement la grammaire.
La langue anglaise porte beaucoup plus loin l'application du même principe, par l'emploi de nombreux auxiliaires outre «avoir » et « être, » auxiliaires qui permettent la formation du passé, (lu fitur, du conditionnel et du subjonetif, sans changement de la lerminaison du verbe, ce qui nécessairement simplifie beaucoup les conjugaisons (2). Toutefois Adam Smith se trompe quand il suppose que le verbe « être » existe dans toutes les langues (3), c’est au contraire son absence qui rend si compliqués les langages de l'Amérique septentrionale. En effet, le verbe auxiliaire « être » manque à presque tous les langages des
(1) Smith, Moral sentiments, vol. IT, p. 426. (2) Smith, Moral sentinents, p. 432.
(3) Lce, cit., p. 426.
sauy faisa pres tout sonn
Le conJl nina
mie