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sauvages américains et ils suppléent à son absence en faisant des verbes de presque tous les adjectifs et de presque tous les substantifs et en les conjugant avec toutes les inflexions de mode, de temps et de personnes (1).
Les Esquimaux, au lieu d'employer des adverbes, conjuguent le verbe ; c’est-à-dire qu'ils ont des terninaisons spéciales pour exprimer, « mieux », « rare- «ment,» «à peine », «fidèlement», etc. ; de là des mots tels que «aglekkigiartorasuarniarpok », il s’en va rapidement et se hâte d'écrire (2).
Le nombre des mots dans les langues des races civilisées est sans contredit immense. Le chinois, par exemple, comprend 40000 mots; le dictionnaire de Johnson, édité par Todd, en contient 58 000; celui de Webster, 71) 000 ; et celui de Flugel plus de 65 000 (3). Mais la grande majorité de ces mots dérivent de cerlains mots cginaux ou racines qui sont en très-petit nombre. Il y a environ 450 racines, dans le chinois, 00 dans l'hébreu, et Müller doute qu'il y en ait plus dans le sanscrit.
M. D'Orsey nous assure même qu'un paysan ordiinire ne connait guère plus de 300 mots.
Le professeur Max Müller (#4) remarque que « ee fait “simplifie considérablement le problème de l’origine ‘lu langage. Il a enlevé toute excuse à ces descrip- «tions enthousiastes qui précèdent invariablement
1) Voir Gallatin, Trans. Aimer. Antig, Soc, vol, If, p, 176. 2) Crantz, ist. of Greenland, vol. |, p. 224.
3) Saturday lieview, 2 novembre 1861. Lectures on language, p. 268,
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à 14 ORIGINES DE LA CIVILISATION.
« l'argument que le langage doit avoir une origine « divine. Nous n'entendrons plus parler de cet instru- « ment étonnant qui nous permet d'exprimer tout ce ‘ que nous pouvons voir, entendre, goûter, toucher ct -« sentir; qui est l’image vivante du monde entier: « qui donne une forme aux sentiments éthérés de « notre âme, et un corps aux rêves les plus fantastiques de notre imagination ; qui nous permet de « placeren perspective le passé, le présent et le futur, « et de revêtir chaque chose des teintes varices de la « certitude et du doute. »
Ce n’est pas là, d’ailleurs, une théorie nouvelle, elle était généralement adoptée par les philologues du siècle dernier, et les recherches modernes n’ont fait que la justifier.
Il faut se rappeler, en considérant l’origine des mots-racines, que la plupart d’entre eux sont fort ancicus et qu'ils ont été très-déligurés par l'usage, ce qui augmente de beaucoup la difficulté du problème.
Cependant il y a beaucoup de mots pour lesquels le doute n’est pas permis, ceux qui proviennent, par exemple, du cri de certains animaux; d’autres provenant de quelques sons humains, qui se retrouvent dans presque toutes les langues; de la collision des corps durs; des sons dénotant certains mouvements, ete.
Dans ces circonstances, je crois que bien des mots sont encore les descendants, faciles à reconnaitre, de racines, simples onomatopées à leur origine, et je suis heureux de voir que le professeur Max Müller, dans sa seconde série de leçons sur le langage (1), ne s'oppose
Loc. cit, p. 92,
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LANGAGE. 415 pas absolument à cette théorie, bien que, pour le pr\ent, «il considère les racines comme des types ph::- «nétiques. »
D'un autre côté, on peut dire, et dire avec vérité, que bien des idées ne peuvent s'exprimer ni aussi fa-
lement, ni aussi naturellement, par des sons corres-
pondants, et que les termes abstraits ont rarement unc
dérivation aussi évidente. Mais il faut se rappeler,
d'abord que les termes abstraits manquent dans les
hngages inférieurs, et, en second lieu, que la plupart des mots sont fort altérés par l'usage et par la différnce de prononciation. Chez les races les plus civili-
tes même, quelques sièclessuffisent pour produire un
and changement ; comment pouvons-nous donc
upérer que les racines (excepté celles que la sugges-
ion constante d’une similitude évidente préserve de
but changement matériel) aient conservé leur son
wiginel à travers l'immense période qui s’est écoulée
kpuis l’origine du langage ? En outre, quiconque &
observé les enfants a dû remarquer avec quelle facilité ks sobriquets, dérivant souvent de légers traits de imilitudes, se forment et passent dans la langue.
\ussi,en admettantmème que les mots-racines se soient
unservés avec peu de changements, nous serions sans
lbute souvent fort embarrassés pour expliquer leur igine,
Sans supposer, donc, avec Farrar, que tous le: uts-racines aient des onomatopées pour origine, j: “is qu'ils se sont produits comme se produisent à ire époque les sobriquets ou les termes d’argot. luix-ei proviennent, nous le savons, de quelque simi=
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litude de sons, de quelques rapprochements d'idées, si extraordinaires souvent qu'ils nous serait impossible de nous rappeler la vraie origine de mots créés même à notre époque. Il ne faut donc pas s'étonner que les dérivations de mots-racines, vieux de milliers d’anuées, soient entièrement perdues, ou, tout au moins, ne puissent plus se déterminer avec certitude.
En outre, les mots le plus fréquemment employés, ceux surtout dont se servent les enfants, représentent les sons les plus simples et les plus faciles, tout simplement parce qu’ils sont les plus simples. Ainsi, en Europe, nous avons papa, maman et baby, poupée, ete. Quelques autorités ont fait dériver pater et papa d'une racine pa, chérir, et mater, maman, de ma, produire ; les écrivains soutenant les théories les plus opposées, comme, par exemple, Renan, Müller et même Farrar, acceptent cette dérivation.
Selon le professeur Max Müller, le faitquele «mot « père, » existe depuis une fort ancienne période, « prouve que le père reconnaissait l'enfant de sa « femme comme le sien propre, car cette reconnais- « sance seule lui permettait de revendiquer le titre « de père. Le mot «père» vientd’une racine «pa,» qui « signifie non pas engendrer, mais protéger, soutenir, « nourrir, Le père, considéré comme gezttor, s'appe- «lait en sanserit ganitar, mais comme protecteur «et soutien de son enfant, s'appelait pitar; aussi « dans les Védas, emploie-t-on ces deux mots, pour «exprimer l'idée complète de père. Ainsi le poüt « dit :
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1) Comparative mythology.
LUbto3k, Orig, de la Civil,
Langage
l'Afrique).
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