‹ Les origines de la civilisation [microforme]Chapitre 9 sur 108 · CHAPITRE HIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE HIL

« Les idées des sauvages sur la parenté et le mariage, Pont peut-être ce qui nous permettra le mieux de com: rendre quelle est leur vraie condition sociale ; en étu- Miiant ce sujet, nous verrons aussi les immenses avan- Biges de la civilisation, au point de vue de la relation cs deux sexes.

* Le mariage, les rapports de parenté d’un enfant avec “fon père et sa mère, nous semblent si nature! si évi- Aonts, que nous sommes tout disposés à les : nsidéer comme faisant partie de l'essence même de la

face humaine. [l est loin d'en être ainsi. sauva-

| pes ne connaissent pas l'institution du mamage ; l’a-

Hour leur est presque entièrement incoumu ; et le

: ariage, où plutôt laceouplement, n’est en aucune icon une affaire d'allection.

Les Hottentots, di Kolben (1), « sont si froids,

Bi si indiflérents les uns envers les autres, qu’on eu

l) Kolben, Histoire du cap de Bonme-Espérance, vol, 1, p. 162.

op a pee om ES ES RER —

«est amené à penser que l'amour n'existe pas chez | «eux.» Lichtenstein (1) affirme que chez les Cafres 1 « naireme] Koussas, 1l n'entre dans le mariage aucun sentiment VU d'amour. Les Indiens Tinné, dans l'Amérique D « midiki (r nord, ne possédaient pas de mot pour exprime} ‘une fortu | L« mot, ils p

«tiques et

«cher » ou «bien-aimé ; » et le langage des Algon- «l'autre, et <ple plus u «natal.» C

quins ne renfermait pas de verbe signifiant « aimer,» de telle sorte que, quand les missionnaires traduis rent la Bible en algonquin, il fallut inventer un mu ayant cette signification. ment et sir Bien que les chants des sauvages parlent ordinair-Bffemme ne : ment de chasse, de guerre, on de femmes, il est foie Je deman are qu'on puisse leur appliquer le nom de chants d'fftjouissait p: mour, Le docteur Mitchell, par exemple, présidenBiicpondit que pendant plusieurs années du comité du sénat des États obéir, car ic qu'il leur |

Les tribus

Unis pour les affaires indiennes, constate que « ni cha «les Osages, ni chez les Cherokees, on ne pourris «trouver une seule expression musicale, ou poctiquii®fnde, regar Bic comme un.

#4 commodité «diner, Ils n Cvoucment (| Chez les Ga

« basée sur une passion tendre eutre les deux sexes

Et il ajoute : «Rien qu’on le leur ait demandé sor

« vent, ils n’ont jamais produit un chant d'amour (2). Lander ditqu'au Yariba (3) (Afrique centrale) «li «indigènes se marient avec la plus grande indil

‘rage sont

« rence ; il importe aussi peu à un homme de prend

(ne se con

« une femme que de couper un épi de blé ; Faffectiu

«n’a rien à voir dans l'affaire, » Quand le roi M Céremomre.

Boussa (4), nous dit-il, dans un autre endroit, cos'itcune not

«s'occupe pas des affaires de l'État, il consacre on de l'espèce 1

lent compléts

(1) Travels in South Africa, vol. 1, p, 261,

(2) Archwol, Americand, vo). I, p. 317.

(8) R, et J, Lander, Niger eæpedil'on, vol, E[, p, 161, (4) Abid., vol, LH, p. 100, Voir aussi p, 197,

1) Voyages, vol.

2) Hill tracts of 2 (9) Charlevoix, 4 D (4) Loc, cit, p, 3

è MARIAGE ET PARENTÉ. 69 pas chez M , Me Care BR ‘ nairement ses heures de loisir àsurveiller ses domes- »s Caire à ; atiment@é ‘ tiques et à confectionner ses propres vêtements. La DANTON SE fine. ne ique d D « midiki (reine) et lui, ont des établissements distincts, ; Q Q Q r A . 0 . ÿ.: a LE! * 4 C2 x primer] (une fortune distincte, des intérêts distincts; en un D Le Mc ne Lie a fe s Algon-W mot, ils paraissent n’avoir rien en commun l’un avec

aimer,» (8 «l'autre, et cependant nous n’avons jamais vu un cou- € [RE |

traduis-BM « ple plus uni depuis que nous avons quitté notre pays c-un mi «natal.» Chez les Mandingues, le mariage est pure-

“mont et simplement une forme d’esclavage. Mari et

rdinatrc BR “iemme ne rient ou ne ploisantent jamais ensemble.

l'est tot 4 Je demandai à Baba, dit Caillié, pourquoi il ne se ré-

hants d'u jouissait pas quelquelois avec ses femmes; il me réle ù € ÿ L

présiden Mc pondit que, s’il le faisait, il ne pourreit plus se faire des État c obéir, car elles se moqueraient de iv: chaque fois qu'il leur ordonnerait quelque chose (1). »

Lestribus habitant les collines de Chittagong, dans

» « ni ch

pourri fs “{Ù 1 n a) H de JR) « € 1 a » à 1 poëtiqu'fit d'inde, regardent le mariage, dit le capitaine Lewin,

1x sexes ic comme une simple union animale et comme une Mc commodité, comme le noyen de faire cuire leur «diner, Ils n’ont aucune idée de tendresse et de dé-

«yvouement (2). »

andé sotr ut {5)\ nour (2).

rale) «cl de indil

Chez les Guyacurus du Paraguay « les liens du mae prend criage sont si légers, que, quand les deux parties l'affectii le roi t [roit, «1

«ne se conviennent pas, ils se séparent sans autre cérémonie. À tous égards ils ne paraissent avoir caucune notion de la pudeur, si naturelle au reste

acre ordi de l'espèce humaine (3). » Les Güaranis leur ressem-

lent complétement sous ces rapports (4).

Fa 1) Voyages, vol. I, p. 350.

# 2) Hill tracts of Chitta ng, . 116.

3) Uharlevoix, Histoire du Puraguay, vol, T, p. 91, à) Loc, cit,, p. 352,

7 Lrrée >) po een eme énnetréeier ag à" 5 coté ere ve tee

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an meteo nr ls

Chez les Samoyèdes (1) de Sibérie, les maris témoi.

gnent peu d'affection à leurs femmes et, selon Pallas ls « daignent à peine leur dire une parole de douceur. BR

En Australie, « peu d'affection réelle existe entr « maris et femmes; les jeunes gens apprécient une « femme principalement en raison de ses service « comme esclave; quand on leur demande pourqu cils désirent prendre femme, ils vous répondent or- « dinairement : pour qu’elle se charge de me procuru « du bois, de l’eau, des aliments et pour porter ce qu «je possède (2).» La position des femmes en Austre lie semble en effet horrible, On les traite avec la ph grande brutalité, on les bat, on leur perce les men: bres de coups de lance, pour la plus petite raisoi « Si on examine les femmes indigènes, dit Eyre, ol «en trouvera fort peu qui n'aient pas de terribla « cicatrices sur la tête, ou des traces de coups {| « lance sur tout le corps. J'ai vu une jeune fem « qui était absolument couverte de cicatrices. Si | « femme est quelaue peu jolie, sa position devient e « core plus horrible s’il est possible, »

Notre système de famille, d’après lequel Penh est également parent de son père et de sa mère, not semble sinaturel, que nous éprouvons comme un sen! ment de surprise en nous trouvant face à face avi d’autres systèmes. Cependant nous aurems lieu, | pense, d'en arriver à ces conclusions : que d’abord considère l'enfant comme parent seulement de : tribu ; puis de sa mère et non de son père :

(1) Pallas, Voyages, vol. IV, p. 94.

(2) Eyre, Discoveries, vol. II, p. 321 (Voir les notes).

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MARIAGE ET PARENTÉ. 1 son père et non de sa mère; et enfin de son père et de sa mère. Chez les Romains même, le mot «fa milia » signifiait « esclaves », et la femme ef.les enfants d’un homme ne faisaient partie de sa famille que parce qu'ils étaient ses esclaves ; de telle façon

, qu'un fils émancipé, c'est-à-dire rendu libre, n'avait ! droit à aucune part de l'héritage paternel, ayant "cessé d'appartenir à la famille. Mais nous pourrons ! micux comprendre ectte partie de la question quand

nous aurons eXaminé les différentes phases que présente le mariage, car il n’a pas un caractère uniforme. Dans quelques cas le mariage parait ne pas exister du tout ; dans d’autres, il est essentiellement

| temporaire et ne dure que jusqu’à la naissance de l’en- : fant, l’homme et la femme recouvrant alors leur li—

beuté absolue ; dans d’autres, l’homme achète la lemme qui devient sa propriété tout comme son chcval ou son chien.

Il y avait anciennement à Sumatra trois espèces de

| mariages parfaitement distincts : le «Jugur, » par le- | quel l’homme achetait la femme ; « l’'Ambel-anak, »

par lequel la femme achetait l’homme ; et le « Semando, » par lequel ils se mariaient dans des termes

} d'égalité. Dans le mode de mariage par l’Ambel-anak,

dit Marsden (1), « le père d’une vierge choisit pour «son mariquelque jeune homme appartenant à une fa- «mille, le glus souvent inférieure en position, qui re- «nonee à tous droits sur lui. On le conduit alors à la « maison de son beau-père, qui tue un buffle à cette oc-

(1) Marsden, History of Sumatra, p. 262.

« casion et reçoit vingt dollars des parents de son « gendre. Après quoi le buruk-baïik’nia {le bon et le « mauvais qui peuvent être en lui) appartient à là « famille de sa femme. S'il se rend coupable d'un « meurtre ou d’un vol, c’est à elle de payer le bañ- « gun, ou amende ; s’il est assassiné, c’est elle qui reçoit le bañgun. Les dettes qu’il a pu contracter avant « son mariage restent à la charge de ses parents; celles qu’il contracte après le mariage, sont à la charge de sa nouvelle famille. Il occupe dans cette famille une position qui tient le milieu entre celle d’un fils « et celle d’un débiteur; il partage comme fils tout ce

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