‹ Les origines de la civilisation moderne 1923 (volume 2)Chapitre 3 sur 18 · FRANCS · texte numérisé non relu

FRANCS

HISTORIENS. — Grégoire de Tours, le père de l’historiographie franque, nous a laissé un des plus précieux monuments historiques du moyen âge dans son Historia ecclesiastica Francorum. Cet ouvrage raconte l’histoire du peuple franc depuis ses premiers exploits jusqu’en l’année 591.

Grégoire de Tours a été abrégé, puis continué dans une chronique mise généralement, bien que sans raison connue, sous le nom de Frédégaire; elle est de plusieurs mains, et sert de source pour les années 584 à 642.

Le Liber Historiae, que les éditeurs antérieurs appelaient Gesta Regum Francorum, écrit en Neustrie vers l’an 727, contient un récit déjà plus légendaire, mais néanmoins sincère et pur de fraude, des mêmes événements depuis l’origine des Francs jusqu’en 727. Quant au Gesta Dabogerti, il mérite peu de confiance, n'étant d’ailleurs que du 1x° siècle.

La même observation s'applique, à plus forte raison, à l'Historia Francorum d’Aimoin (Dom Bouquet, Recueil des Historiens de Gaule et de France, t. III), qui est de la fin du Xe siècle, et au Gesta Francorum de Rorico (Zbidem,t. IT), qui est de la fin du xre.

BIOGRAPHIES. — À part le Gesta Dagoberti, toutes les biographies relatives à la période mérovingienne sont des vies de saints, et elles ont été écrites, en général, dans un but d’édification plutôt qu’en vue de fournir des renseignements

à l’histoire. On les trouve réunies aux tomes I et II des Acéa Sanctorum Ordinis Sancti Benedicti de Mabillon, et aussi dans un recueil plus récent, le Scripiores verum merovingicarum (M. G. H.), t. II, où sont les vies des saints de rang royal, et t. III, IV contenant les vies des saints du vit siècle et du. vire siècle. On les trouve encore, mais éparpillées selon la place que le calendrier assigne aux fêtes des saints, dans les divers volumes des Acta Sancioyum des Bollandistes, et dans leurs Analecta Bollandiana. Les vies des saints de la Belgique et du nord de la France pour les sept premiers siècles se trouvent dans le recueil inachevé de Ghesquière, Acta Sanctoyum Belgii, Bruxelles, 1783, 6 vol.

Une mention spéciale est due ici au précieux recueil de saint Grégoire de Tours intitulé Vitae Patrum, qui, composé au vit siècle, raconte la vie de plusieurs saints que l’auteur a connus personnellement.

MÉLANGES. — Saint Grégoire de Tours a consacré plusieurs ouvrages à la glorification des saints et au récit de leurs miracles. On y trouve, dans une série de tableaux variés, une peinture fidèle des mœurs et des idées de la Gaule mérovingienne.

Ces livres sont, outre ceux qui ont déjà été cités ci-dessus, le De Gloria Martyrum, le De virtutibus S. Julian, le Libri IV de virtutibus S. Martini et le De Gloria Confessorum.

Saint Fortunat de Poitiers, ami et contemporain de saint Grégoire, est auteur de poésies d’autant plus utiles à l’histoire qu'étant presque toujours des œuvres de circonstance, elles doivent leur principal intérêt aux faits dont elles ont conservé le souvenir. Quelques-unes sont même de vraies pages d'histoire, comme, par exemple, l’élégie sur la reine Galeswinthe, femme de Chilpéric, ou la lettre de la reine Radegonde à son cousin Amalafrid.

La littérature homélitique, si intéressante pour les aperçus qu’elle nous ouvre sur les mœurs du temps, nous fournit ici l'Exhortatio ad Francorum regem, retrouvé et publié par À. Mai, Nova Scripiorum Veterum Collectio, t. VI, et un discours intitulé De sacrilegiis, qui est l’œuvre d’un prêtre franc du vie siècle, et qui a été publié par Caspari sous ce titre: Fine Augustin faelschlich beigelegte Homilia de sacri-

legiis, Christiania, 1886. Nous devons au même éditeur le De correctione Rusticorum de saint Martin de Bracara (580), qu’il a publié à Christiania en 1883.

LÉGISLATION. — La Loi Salique a été fréquemment remaniée à partir du commencement du vit siècle, où elle fut rédigée pour la première fois, jusqu’à Charlemagne, qui en fit une dernière recension. Toutes ces versions ont été publiées et commentées dans le remarquable ouvrage de Pardessus, La Loi Salique, Paris, 1843, et plus récemment par Hessels, Lex Salica. The ten texts with the glosses and the Lex emendata, Londres, 1888. Quant au texte primitif, il a été édité séparément par Waitz (dans Das alte Recht der salischen Franken, Kiel, 1846); par Merkel, Berlin, 1850; par KR. Behrend, Berlin, 1874, 2€ édition par J.-T. Behrend, Weimar 1897.

La Loi des Francs Ripuaires (Lex Ripuaria) et celle des Francs Chamaves (Lex Francorum Chamavorum) ont trouvé un éditeur dans Sohm (M. G. H., Leges, t. V), Hanovre, 1883,

Les autres lois barbares sont signalées au chapitre suivant.

Les capitulaires des rois mérovingiens, peu nombreux, figurent dans Boretius, Capitularia vegum Francorum, Hanovre, 1880. (M. G. H., Leges, collection in-49, t. I.)

Quant à la législation religieuse, elle s’est élaborée successivement dans les conciles des évêques gaulois, dont on trouve les résolutions dans le recueil de Sirmond, Concilia Antiqua Galliae, t. I, Paris, 1629, et dans celui de Maassen, Concilia Aevi Merovingici, Hanovre, 1883 (M. G. H., section Leges, collection in-4°).

DIPLOMES ET FORMULES. — Les diplômes royaux ont été publiés par Pardessus, Paris, 1841-49, 2 vol. L'édition que K. Pertz en a donnée dans le Monumenta est si défectueuse que la société a décidé de publier de nouveau ces documents d’une manière plus digne d’elle.

On trouvera aussi, dans un certain nombre de cartulaires d’abbayes anciennes, quelques diplômes authentiques de l’époque mérovingienne, mêlés à d’autres qui sont apocryphes.

Les divers recueils de formules usitées chez les Francs, et parmi lesquels ceux d'Angers et du moine Marculf sont les

plus célèbres, ont été publiés en France par E. de Rozière, Recueil général des formules usitées dans l'empire des Francs du ve au x° siècle, Paris, 1859-71, 3 vol., et en Allemagne par Zeumer, Foymulae, Hanovre, 1882 (M. G. H., section Leges, collection in-40).

CORRESPONDANCE. — La pénurie des documents épistolaires du temps rend d’autant plus précieux ceux qui nous ont été conservés; ce sont les deux lettres de saint Remi à Clovis, celle de saint Avitus de Vienne au même, celles de saint Colomban, la correspondance entière de Didier de Cahors et enfin les lettres des papes aux rois Francs.

On trouvera la plupart de ces documents réunis dans les tomes IT, III et IV de Dom Bouquet, Recueil des Historiens de Gaule et de France et plus récemment dans l'édition critique des Monumenta Germaniae historica, in-4° (section des Epistolae, t. IIT 1892).

NUMISMATIQUE. — M. Prou, Les monnaies mérovingiennes, Paris, 1892.

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