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En même temps, d’autres combinaisons s’ébauchent. Le 11 octobre, Carafa fait mine de se rallier à Tournon, au grand émoi des Espagnols, et devient aussitôt le
point de mire, l'enjeu que se disputent les deux factions.
Français et Espagnols lui promettent à l'envi de l'argent
et le maintien de ses frères dans les fiefs enlevés par Paul IV aux Colonna. Sforza, sondé par Carafa, a demandé un sursis; car il a partie liée avec Gonzague jusqu'au 17 octobre. Mais soudain le bruit se répand que Philippe ne laissera pas le-fief de Palliano aux mains des Carafa, et Vargas d’accourir au trou et de neutraliser l'effet d’une telle rumeur, sur le très indigne neveu de Paul IV, en Jui offrant un à-compte immédiat de 10,000 ducats sur la pension promise, ce qui lui vaut un blâme énergique de Sforza.
Rome n'est guère plus exempte d’intrigues que le
Conclave lui-même. Des prédicants suisses prêchent
ouvertement le protestantisme dans les rues de la ville ;
et, le 3 novembre, les magistrats municipaux viennent demander la permission de faire un exemple pour endiguer les désordres croissants. Vargas demande, à son
tour, une audience solennelle au Conclave; et, afin de
. détourner les récriminations qui accusent Philippe de
ces lenteurs, il exhorte les cardinaux à fatre vite, et engage en particulier Trente à persuader à Gonzague de se retirer.
Le 9 novembre, en effet, Gonzague remercie ses par-
tisans, et les prie de laisser désormais son nom en
dehors des scrutins.
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Vargas avait bien joué le jeu de son maître. Les.
lettres de Philippe IT, arrivées enfin le 11 et le 15 1 novembre, contenaient l'exclusion de Gonzague, et la 1 recommandation expresse de s’en tenir aux candidats 1 désignés précédemment par $S. M. Catholique. Vargas A était autorisé à promettre à Carafa une pension de 24 15,000 ducats, mais averti en même temps, par un sin=. s gulier scrupule, d’avoir à se garder d’encourir l’'excom- 3 munication qui frappe le commerce épistolaire entretenu “.
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avec le Conclave, et de se borner aux rapports oraux.
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Ces lettres secrètes étaient accompagnées d’une lettre ouverte aux cardinaux. |
Le 14 novembre, après le dépouillement du scrutin qui donnait 23 voix à Pacheco, Cueva fait une violente sortie contre les longueurs du Conclave. Vargas inter-
vient secrètement pour Carpi, et l'ambassadeur impérial
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écrit aux Cardinaux de se hâter. Le 19, un commencement d'incendie se déclare dans le Conclave, et, l'alerte passée, Carafa annonce d'un air dépité qu'en présence de l'opposition faite à Carpi, il renonce à soutenir davantage sa candidature. Carpi, de son côté, prévenu par Trente, déclare son désistement. |
L'intervention de Philippe donnait une nouvelle phy- he sionomie aux manœuvres; après l'échec de Gonzague et de Carpi, s'ouvre une troisième et courte période, ‘4 qui pivote autour de la candidature anti-espagnole de Ferrare (d'Este). 7
Les agents de Côme de Médicis prévoient bien que, ‘4
finalement, le cardinal Médici émergera sur l’engloutis-
sement des autres. En attendant, d'Este prend la place” de Gonzague, qu'il a si longtemps patroné. Les ducs de Ferrare et de Florence ont une entrevue sur les candidatures de leurs parents respectifs, et le second croit avoir obtenu du premier qu'il pousserait au désistement d'Este en faveur de Médici. Il n'en est rien ; et malgré la «neutralité» calculée de Carafa, Ferrare garde le premier rang.
Au milieu de ces manèges, il y a des malades à l’in-
térieur du Conclave, des rumeurs impatientes, des
discussions qui s’éenveniment. À l'extérieur, en ville, des désordres et de l'agitation. |
Le 27 novembre, une députation des magistrats municipaux vient annoncer au Conclave que les vivres commencent à manquer, et se plaint de la lenteur des cardinaux. Le 28, le Conclave délibère, et nomme deux commissions : l’une pour aviser à la pénurie des subsistances : l’autre, de trois cardinaux : Trente, Cesi et Carafa, pour remédier aux abus intra muros. Gette der-
nière décrète, dès le 29, les mesures suivantes : renvoi
de 120 conclavistes, rétablissement de la discipline
parmi les domestiques conservés, réforme de la clô-
ture, service des repas ramené aux prescriptions de
Clément VL.
Le même jour, la «pratique» pour d'Este semble
toucher au succès. On se tient pour assuré de 28 votes,
et l’on a promesse de 3 ou 4 autres. Carafa fait semblant % 4 L LAC ‘ N +! 1] A . 6 « d'adhérer; mais les Espagnols sont prévenus ; Vargas,
dans la nuit, accourt au @trou », semonce ses partisans,
et ne s’en va au matin qu'après avoir assuré l'échec de Ferrare. En effet, au scrutin suivant du vendredi.
1 décembre, celui-ci n'obtient que 12 voix. Carafa,
dont la volte-face est complète, a créé une diversion en
faveur de Tournon, qui recueille autant de suffrages que.
Ferraret.
La confusion est générale, à la suite de cet échec
que les partisans de Ferrare refusent de considérer
comme définitif, mais qu'accroit encore la mort de deux
d’entre eux : S.-Giorgio, décédé dans la nuit du 1 au |
2 décembre, et Dandini, qui sort mourant du Conclave
et succombe quarante-huit heures après. Le 4 décembre, |
Vargas reçoit de nouvelles lettres d'Espagne, pleines
de promesses un peu vagues, mais qu'il a soin de corser.
et de préciser, en faveur de Carafa, qui semble gagné.
Ces mêmes lettres de Philippe, — lequel a été vivement sollicité par le duc de Mantoue et d'autres encore, —
prescrivent à Vargas d’avoir extérieurement toutes les
déférences pour Gonzague, mais de s’en tenir en réalité
aux candidats désignés : Carpi, Puteo, Morone, Aracæli
et Médici.
Vargas, pour cacher et soutenir son jeu, se fait rece- :
voir, le 8 décembre, pour la troisième fois, à l'audience
du Conclave. Il proteste, dans un long discours, du
1 La relation un peu confuse de Gualdi semble placer le scrutin qui consacre l’échec du cardinal d’Este au 29 ou au 30 novembre. Mais un rapport de l’agent de Florence et le Panvinius de Munich donnent la date du 12° décembre, ce qui fixe en même temps celle du «nocturne » de Vargas à la nuit du 30 novembre au 1°" décembre.
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le seul intérêt de l'Église et de la république chrétienne, et qui insiste seulement pour qu’on hâte l'élection. Du
Bellay, qui lui répond en qualité de doyen, se montre
mettre d'accord, et ils y parviennent d'autant moins que des influences étrangères entravent leur liberté. Vargas se cabre sous l’allusion, et réplique que son roi est le plus humble et le plus déférent des souverains ;
qu'il n'a aucune responsabilité touchant l’action du
Conclave, car ses lettres se bornent à souhaiter l’élec-
tion du plus digne. Du Bellay prend acte de cette déclaration, tandis que Farnèse, pour calmer les … susceptibilités de l'ambassadeur, lui affirme que le - doyen n'a pu songer au roi d'Espagne, lequel est le meilleur des princes et le plus catholique. Sur quoi
leur adresse son maitre, se retire, persuadé qu'il a @
grandement avancé ses affaires.
Mais Carafa, sur lequel il compte, l’a déjà lâché. Le . même 8 décembre, il propose délire un Français, —
lequel, il est vrai, est un dissident parmi ses compa- .… triotes, — son ami personnel, Reumanos, Archevêque
nuit suivante : on l'entend crier qu'il faut élire un Jtalien, et non un étranger, capable de transporter sa
- cour hors de Rome.
. Après cet incident, s'ouvre une quatrième et dernière période durant laquelle on reprend les principales can-
légèrement ironique. Les cardinaux, dit-il, ont à se
Vargas, après avoir remis aux cardinaux la lettre que
‘à de Reims. Cette fois, le peuple romain s’agite toute la
désintéressement du roi catholique, qui n'a en vue que
didatures vainement ballotées antérieurement, pour
arriver enfin, à travers des éliminations successives, au
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seul candidat possible : Médici, qui seul figure à la fois
sur la liste des rois de France et d'Espagne.
Pendant que les Espagnols maintiennent Carpi, les Français essaient vainement Pisani et Cesi. Le 12, les. magistrats municipaux et le Majordome du Palais Apos-
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tolique avisent les cardinaux du manque d'argent. Cependant, la candidature de Gonzague reprend consistance. L’équivoque, causée par l'attitude prescrite à : # Vargas, est exploitée par ses partisans comme un retrait. d'exclusion. Le 13, le bruit se répand que l'élection est chose faite; le 15, les cardinaux français félicitent déjà le futur Pape; mais Vargas et Farnèse veillent, et la nuit suivante Guise s'aperçoit qu'il est de nouveau lâché 4 par Carafa, et, malgré ses efforts, par les amis de celui-ci, Crispi, Truchsess et Reumanos. Là-dessus, et pendant toute la nuit, l'agitation est à son comble. Les deux. partis ayant à leur tête Ferrare pour Gonzague, et Carafa pour Carpi, se réunissent en groupes distincts à la Sixtine. Un instant, Carpi paraît élu, et les conclavisites commencent déjà à déménager sa cellule. En fait, il n’a pas obtenu la majorité requise, et les combattants se séparent, le 16 au matin, sur un double échec.
D'aucun côté cependant, on ne renonce à la lutte; mais on essaie de part et d'autre de nouvelles combi-. naisons : les Français avec pRCe et les “Pos ED
élu : 32 se lui ont promis leurs voix avant d’en-”
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trerà la chapelle ; mais là, Farnèse demande qu'on vote à bulletins ouverts, d’où discussion avec Tournon, et finalement retrait des Français qui se retirent sous leur tente. Maloré leur départ néanmoins, on tente l’adoration et les conclavistes en profitent pour dévaliser la cellule de Pacheco après celle de Carpi; mais cette fois encore, ils se sont trop hâtés ; au dernier moment, Savelli, un Romain, refuse de quitter sa place et de s’agenouiller . devant l'élu. «Puisqu'on n'a pas voulu d'un Français (Reumanos), déclare-t-il, on doit par le même mouf.: repousser un Espagnol : il faut trouver un Italien.» La journée se passe en vains efforts pour racoler les voix nécessaires à Pacheco. Le soir, Vargas accourt au «trou» ; mais tandis qu'il s’échauffe pour échauffer ses partisans, 1l est surpris en flagrant délit par Guise, qui, F après une scène assez vive, lui fait murer le trou devant le nez. ; Le lendemain 19 décembre, les Français reconnaissants essayent, mais en vain, de poser la candidature de Savelli.
La situation cependant s'est simplifiée, et deux