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Jui-même qui, avant de mourir, a désigné ces noms à
Catherine de Médicis, et celle-ci, devenue régente, . espère obtenir l'appui du Florentin pour l’un des deux
premiers. La France exclut surtout Carpi.
Philippe IT exclut tous les Français, et en général te
4 quiconque n'est pas à la dévotion de l'Espagne, mais | ea Este tout particulièrement. Vis-à-vis de Gonzague, il Joue double j jeu, et finit par l'exclure après avoir laissé
3e croire qu'il l'agréait. [l recommande Carpi, évêque de
Porto et ancien légat du Pape auprès de Charles-Quint ; 3 Puteo de Nice, archevêque de Bari; Médici, de Milan ; . Morone, de Milan; Aracæli, de Gênes, Franciscain. Il Ê semble avoir agréé. aussi Pacheco, ancien évêque de
Saragosse, et vice-roi de Naples. D'après de fins observateurs, les ambassadeurs Vénitiens, Philippe ne
| voulait pas de pape jeune, de peur qu il ne füt top | entreprenant: pas de prince italien, parce qu'il ne serait 1 . pas assez déférent ou dépendant ; pas d'espagnol né, L: pour n'avoir pas d’embarras intérieurs avec sa famille; if
pas de Pape trop méticulens ou trop zélé touchant les . : droits de l'Église, de crainte qu'il ne trouvât à redire de 0 aux prétentions du roi catholique. Il voulait un vieux cardinal, de basse extraction, dont on obligerait à peu
304 Les ORIGINES DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS … de frais les parents, et qui se montrerait lui-même suff- <4 samment malléable. Les Vénitiens, Tiepolo et Soranzo, ajoutent qu'à ces divers titres Philippe ne voulait ni Gonzague, ni Pacheco, et l'on a cru longtemps que, si Vargas favorisait ce dernier, c'était en raison de ses sympathies personnelles. 11 résulte néanmoins des. lettres récemment publiées par Hinojosa, que Philippe, à la date du 20 octobre, a réellement recommandé Pacheco. Mais s’il a fait alors une exception à son principe: pas d'espagnol né, en faveur d’un de ses fonctionnaires, dont il avait, comme vice-roi de Naples, éprouvé la docilité, il ne s'ensuit pas, bien au contraire, qu'il ait jamais consenti à pareille concession en faveur de Lainez.
Pour réussir, Philippe comptait sur Forhose Carafas et Sforza sur Fiora. Le premier repoussait Gonzague, le second Ferrare et le troisième Carpi. Il comptait aussi sur l'appui des impériaux, Ferdinand ayant donné 5 à ses représentants, et en particulier au cardinal de Trente, l'instruction d'agir de concert avec les Espagnols. En fait néanmoins, l’empereur se montrait favo= ï rable à Gonzague, que les cardinaux allemands soutin= rent avec persévérance, en à l’exclusion formelle de Philippe IT. nu
Les petits princes italiens ss ‘employaient pour leurs parents. Urbin et Mantoue, pour Gonzague ; : Ferrare,s pour d'Este; Plaisance, pour Farnèse, À Florence, le duc Côme louvoyait et gardait son arrière-pensée ; sou= \ tenant aujourd'hui Gonzague, demain un candidat de
Philippe; mais comptant bien user les uns par les autres et arriver enfin à faire élire Médici. Les Véni-
tiens seuls ne se mêlaient pas à la lutte; leurs ambassa-
deurs se contentaient de regarder, d'envoyer leurs observations narquoises, et de compter les candidats qui s’élevaient, selon eux, à 22 ou 24, la moitié du Conclave, — car les candidatures purement religieuses se faisaient jour à côté des candidatures politiques. Commencé le 5 septembre 1559, le Conclave, qui durera jusqu'au 26 décembre, peut se diviser en quatre __ périodes distinctes. La législation, que fixera le nouvel élu, était flottante, et plus encore inobservée; aussi, ce Conclave fut-il un des plus relâchés, surtout au point k. de vue de la clôture, des rapports avec le dehors, et des diverses influences qui s'exercèrent librement. Les . ambassadeurs Vénitiens en tracent un tableau fort cri- ; tique et peu flatteur.
Pendant la première période, qui se termine au 25
septembre, date de l’arrivée de l'ambassadeur d'Espagne,
‘ 3 Vargas, les divers groupes essayent leurs principaux . candidats, et pour passer le temps donnent de part ou . d'autre à certains cardinaux quelques-uns de ces «votes
de considération», qui servent à tirer en longueur
» lorsqu'on ne veut pas conclure. D'où résulte une grande
. dispersion dans les votes des premiers jours, sauf l’in-
| des Français, et Carpi pour les Espagnols, qui prennent
le pas. L'arrivée des Français, Guise et Strozzi, le 15 septembre, met un peu plus d'animation. Carpi, qui n'avait eu jusque-là que 5 voix, monte subitement à 18, le 18 septembre. Pour le 22, d’Este, prépare l'élection de Tournon : 24 votes lui étaient acquis et il comptait rallier les autres, mais Carafa, sous prétexte de se rallier lui-même, en réalité pour faire manquer l'élection, demande l’ajournement au lendemain; ce qui aboutit à une dispersion des votes laborieusement groupés. Tournon n’a plus, aux scrutins suivants, que 15 et 22 voix; tandis que Pacheco en obtient 18. Sur ces entrefaites, le nouer Pisani, ami des Français, est presque élu, grâce à son neveu Cornaro qui renouvelle le strata- … gème du conclaviste de Cueva, et lui prépare 37 voix; : mais une indiscrétion le fait échouer à la dernière heure. D'Este organise alors avec Sforza «la pratique» de Gonzague. Ils prétendent le faire élire par adoration ; Farnèse les appuie, mais Carafa résiste ét demande | l’ajournemént, selon sa tactique habituelle. Les parti- : sans de Gonzague se sont d’ailleurs montrés trop sûrs ] de la victoire: elle leur échappe. Le cardinal de Reims, Reumanos, et un ami de Gonzague, Vitelli, déclarent ne
pouvoir se séparer de Carafa; et Truchsess, en dépit È des instances des impériaux, refuse son concours. Il « faut renoncer au coup de l’adoration, et en revenir aux À scrutins. Les tenants de Gonzague espèrent encore réussir par cette voie: ils comptent sans Philippe IL lequel, il est vrai, n’a pas encore démasqué ses batteries. 4
Ce jour-là, 25 septembre, l’arrivée de l'ambassadeur *
d’Espagne ouvre la seconde et la plus longue période
du Conclave, puisqu'elle va jusqu'au 20 novembre; elle
évolue presque tout entière autour de la candidature de Gonzague.
Le 27, Vargas est reçu en audience solennelle, au.
Bellay les discours officiels, où l'hostilité latente entre
espagnol et français se dissimule sous la banalité de la
phrase. Aussi bien, n'est-ce pas au guichet de la grande
dans le mur de la clôture, qu'il va réchauffer le zèle de |. ses partisans. Le 3 octobre, du Bellay, qui a sans doute des soupçons, propose quelques réformes au régime trop libre du Conclave ; mais le lendemain (4 octobre) la populace fait une démonstration contre l'ambassadeur de France, et tente de mettre le feu à son palais. Grande agitation dans Rome : l'ambassadeur demande satisfaction; les pourparlers s'échangent, et les magistrats, mandés au guichet, y reçoivent une verte mercuriale des cardinaux et de du Bellay. Celui-ci obtient ensuite le vote de quelques points de réforme, et la nomination D. d'une commission de huit membres, — où figure
Truchsess, — pour les appliquer. Tentative peu efficace, et qu'il faudra renouveler quelques semaines plus tard. | . Vargas cependant ne reste pas inactif: il a trouvé, en arrivant, la candidature de Gonzague posée au premier
. plan. Sans découvrir son jeu, il adopte les moyens dila-
guichet du Conclaye. Il échange avec le Doyen du |
porte, mais au Ctrou», subrepticement percé pour Lui
toires, sous prétexte qu'il n'a pas reçu encore les.
instructions complètes de Philippe. Son attitude équi- #4
voque, qu'ils attribuent à sa politique personnelle,
inquiète les partisans de Gonzague, qui décident d'écrire aux diverses cours afin d’ obtenir leur agrément. |
Les cardinaux français écrivent à (Catherine. de Médicis, et la réponse favorable arrive sans tarder. L'ambassadeur d'Allemagne et le cardinal de Trente #3 ont écrit, dès le 30 septembre, à l'Empereur, et lui ont | signalé l'attitude du cardinal d’Augsbourg, dont il importe de faire cesser l'hostilité déclarée contre Gonzague. Ferdinand s’est exécuté : aussitôt, le 14 octobre, d'Este écrit à son frère le duc de Ferrare, pour le prier
d'agir dans le même sens auprès des cardinaux sur ©«
lesquels il peut avoir une influence, et avec Truchsess il désigne Dandini. D'autres écrivent au duc de Florence ; lequel répond en découvrant son arrière-pensée: «Si tous sont impossibles, qu'on en arrive à Médici.» Cependant cinq des cardinaux ont écrit à Philippe II, dont Sforza, Madrucci (Trente), — ce dernier écrit une seconde fois le 20 octobre, — et Gonzague lui-même. Mais Farnèse a écrit de son côté pour combattre Gon- à zague, et recommander Carpi. | En attendant les réponses du roi tatiolique. lequel
ne se hâte point, on essaie les candidats dans les scru- +4
Uns, etV argas, qui vient tous les soirs &au trou» cho tenir ses cardinaux, pousse discrètement Carpi, Puteo, Pacheco, et enfin Médici. Mais chacun recueille peu de votes, sauf Pacheco qui, le 14 novembre, fait encore