LA LÉGENDE
des événements qui ont déterminé nne crise et comme provoqué une nouvelle naissance dans la vie des peuples. L'imagination s'empare de ces moments critiques, et elle se plaît à lev imprimer je ne sais quelle physionomie particulière, qui corresponde, tant bien que mal, à leur importance exceptionnelle. Ce n'est jamais qu'après un certain temps et lorsque la mémoire immédiate des faits a disparu, que cette imagination légendaire se met à l'œuvre. Non-seulement elle opère, par sa nature même, en dehors de toutes les règles de la critique et sans tenir compte de la réaUté, mais encore, plus est grande la distance où elle se trouve des événements et plus les moyens de contrôle font défaut, plus aussi elle se donne libre carrière.
Que ce soit l'opinion populaire qui, sous l'impression de sentiments exaltés, embellisse, poétise et transfigure le passé par des inventions de son crû ou par l'imitation de traditions étrangères, ou bien que ce soient des individus isolés qui, de leur propre fait, mettent en circulation, dans une population disposée à les accueillir, des récits imaginaires ou empruntés, ces deux procédés divers produisent des résultats semblables. Non-seulement la légende est née, mais elle «^encore trouvé un terrain favorable pour vivre et prospérer; comme elle n'a pu naître, en effet, qu'en raison même de l'ignorance où l'on était sur le vrai caractère des temps auxquels elle s'applique, elle emprunte à cette ignorance, pour se répandre et s'enraciner, une force nouvelle.
Mais, en revanche, elle devient, pour l'historien, d'autant plus suspecte, qu'elle se montre associée, lorsqu'elle paraît pour la première fois, à l'évident oubli des faits les mieux attestés par les témoignages historiques. Elle perd
alors tout droit à être envisagée comme une de ces traditions qui, bien que privées d'authenticité, demeurent cepen* liant dignes de créance, parce qu'elles sont en accord avec les autres monuments des temps auxquels elles se rapportent. Quand la légende vient, de son crayon trompeur, dessiner une image de fantaisie à côté ou à la place des portraits que des renseignements incontestables ont pamis d'esquisser, c'est l'image fantastique qu'il faut sacrifier, ce n'est pas le portrait qu'il faut travestir.
On contestera peu ces remarques générales. Gomme pour toutes les vérités de cet ordre, les divergences ne surgissent qu'à l'application. Appliquons donc à ce qui concerne l'histoire des origines de la Confédération suisse les observations précédentes, et rendons-nous compte de l'introduction, dans cette histohre, des éléments qu'a créés la légende et qu'il faut lui restituer.
Au moment où les confédérés combattaient au Morgarten, il n'existait, autant que nous pouvons le savoir, pas une seule ligne qui racontât l'histoire de leur passé. Les uniques documents où l'on pût en rechercher les traces étaient les actes qui, à diverses époques, avaient servi à régler les transactions de droit public et de droit privé relatives aux communautés des trois vallées ou à leurs ressortissants. Plusieurs de ces actes subsistent encore et for-
ment l'unique source dans laquelle rhistorien peut puiser la connaissance authentique et certaine de la période qui précéda et amena la fondation définitive de la Confédération. Nous les avons scrupuleusement consultés et suivis dans notre exposition historique, et c'est pour cela que Ton ne retrouve dans celle-ci aucune trace des faits que la tradition nationale perpétue et que les documents non-seulement ignorent, mais démentent péremptoirement.
Rappelons d'abord, en quelques mots, les traits généraux de cette tradition, telle que l'ont faite les développements successifs qu'elle a reçus :
a Les habitants des Waldstatten appartiennent à une race du Nord distincte des populations voisines, et ils ont possédé de temps immémorial une pleine indépendance, dont ils ont joui, sauf les concessions qu'il leur plaisait de faire à TEmpii-e, jusqu'au moment où le roi Albert d'Autriche a tenté de la leur ravir, en soumettant les trois vallées d'Uri, de Schwyz et d'Unterwalden à une intolérable oppression. Un bailli, nommé Gessler, par ses entreprises et par ses menaces, a semé le mécontentement au milieu de ces populations paisibles, et, poussant même la tyrannie jusqu'à la démence, il a forcé Guillaume Tell d'Uri, qui s'était refusé à lui rendre un puéril hommage, à décocher une flèche contre une pomme placée sur la tête de son enfant ; mais il a payé de sa vie ce malfaisant caprice. Un autre bailli autrichien, nommé Landenberg, a fait, par un caprice semblable, crever les yeux à un paysan de l'Unterwalden dont il voulait s'approprier les bœufs ; son lieutenant Wolfenschiess, ayant tenté de déshonorer la femme d'un paysan, a péri sous la hache du mari. L'irritation contre tant de méfaits a donné naissance à une conjuration où trois confédérés,
Walter Fûi-st d'Uri, Werner Stauflfach de Schwyz, Arnold de Melchthal d' Unterwalden ont juré, dans une réunion secrète tenue au Grûtli, de rendre à leur pays son antique indépendance. Leurs concitoyens excités par eux ont, en un même jour, le premier de l'année 1308, détruit les châteaux qui servaient de citadelle aux tyrans, et chassé les tyrans eux-mêmes. De ce soulèvement national est sortie la Confédération suisse. »
Si l'on a prêté quelque attention à la première partie de ce volume, on ne peut qu'être frappé de la divergence qui existe entre les faits qui y sont racontés et le sommaire qu'on vient de lire. Car la légende a contre elle tout à la fois le témoignage et le silence de l'histoire. L'histoire ne dit rien de ce que dit la légende, mais surtout elle dit des choses qui, si elles sont vraies, rendent la tradition reçue nécessairement fausse. La légende suppose que les habitants des Waldstàtten ont eu une autre origine que les populations avoisinantes ; l'histoire montre que, comme tout le reste de cette partie de la Suisse, les trois vallées ont été occupées et colonisées par des hommes de race allémanique. La légende suppose que, de temps immémorial, les Waldstàtten ont été libres et qu'ils n'ont rendu à l'Empire que des devoirs momentanés auxquels ils s'étaient euxmêmes astreints; l'histoire montre que la condition politique de chacune des vallées n'était point la même, que toutes ont été longtemps soumises, non-seulement à la suprématie générale de l'Empire, mais encore à des conditions particulières de dépendance et d'assujettissement» et que c'est depuis le commencement du treizième siècle seulement, que l'on voit apparaître, pour l'une plus tôt, pour les autres plus tard, les rudiments de l'indépendance.
La légende suppose que les Waldstatten, violemment dépouillés par la maison d'Autriche de leui*s antiques^ libertés, sont tombés dans un état de servitude avilissante^ auquel un soulèvement populaire a pu seul mettre fin, et que c'est de là qu'est issue leur confédération; l'histoire ne laisse entrevoir aucune trace de la tyrannie brutale qu'auraient exercée des agents de l'Autriche sui- les populationsdes États forestiei-s. Elle atteste, au contrah'e, que, sous les règnes des rois Rodolphe de Habsbourg et Albert d' Autriche, leur maison a pu jouir en paix des droits de suzeraineté qu'elle possédait dans les vallées. Elle atteste, en outre, que le premier pacte, dont l'original subsiste encore^ était conclu bien avant qu'eût éclaté la prétendue révolution, qui, selon la légende, aurait donné naissance à la Confédération. Elle atteste enfin, que c'est lentement, mais ouvertement, par des succès graduels, mais prudenunent acquis, couronnés par une victoire éclatante et non par uu soulèvement secrètement comploté, que les Waldstatteu sont entrés, à des intervalles distincts, et les uns après les autres, en possession des libertés et des franchises particu- Uères qu'ils ont fini par placer sous la sauvegarde de leur commune fédération.
- L'histoire ne laisse, par conséquent, aucune place pour cette série d'épisodes dramatiques, dont le caractère forme d'ailleurs un si frappant contraste avec les habitudes, les mœurs, la réelle physionomie des premiers confédérés-^ L'impression que laisse l'étude des documents historiques est en pleine contradiction avec la peinture que fait la légende nationale de la situation politique des vallées et des dispositions morales de leurs habitants. La couleur du. tableau n'est pas, sous le pinceau de la tradition, plus vraie que le dessin.
« Mais, » dira-t-on, « cette contradiction que vous signalez entre les documents et le récit traditionnel n'est a{^rès tout qu'une appréciation personnelle sujette à contestation, et vous ne pouvez même point invoquer contre la légende le silence de ces mêmes documents, qui est effectivement incontestable ; car on sait assez que Tabsence fortuite de pièces relatives à tels ou tels faits ne suf&t pas pour qu'on puisse légitimement conclure à la fausseté die ces faits. Les documents authentiques ne sont pas tout dans l'histoire ; il y a d'autres sources et d'autres preuves qui sont admises en témoignage et dont on peut accepter les allégations avec confiance : tels sont les récits dus à la plume d'historiens bien informés. »
Nous tombons d'accord de tout cela; nous admettons que le silence ou l'absence des documents ne peuvent pas toujours être envisagés comme un argument suffisant contre la réaUté des faits. Il y a des événements qui se sont accomplis sans qu'aucune pièce officielle en ait jusqu'à nos jours gardé le souvenir. Mais il est, dans ce cas, une classe de témoignages qui servent à les attester, et> si ces témoignages leur manquent également, la crédibilité historique <les faits traditionnels ne repose plus sur aucune base. Les témoignages dont nous voulons parler sont les narrations <;ontemporaines, composées par des auteurs dignes de créance, qui, se trouvant rapprochés de l'époque et du lieu des événements, ont dû nécessairement être appelés i en parler, lorsque ces événements rentraient dans le cadre des faits qu'ils se sont donné la tâche de raconter. Nous m pensons pas qu'on puisse chercher ailleurs, ni plus tard, ce qu'on appelle des «historiens bien informés. »
Or, ces témoignagnes contemporains relatifs aux origines
LES TÉMOIGNAGES GONTEMPORAUSS. 189
de la Confédération suisse, nous les possédons, et, quoique postérieurs à la bataille du Morgarten, ils n'en sont pas moins dus à des écrivains qui étaient nés avant 1315, et qui, par conséquent, peuvent être envisagés comme appartenant à l'époque même touchant laquelle il y a dissenti» ment entre Thistoire et la tradition. Leur silence sur les épisodes recueillis par la légende est aussi absolu que celui des documents authentiques.
L^un des narrateurs habite, il est vrai, loin du théâtre des événements. C'est en Carinthie que Jean, abbé du couvent de Victring, compose, vers l'an 1345, une chronique consacrée à l'histoire d'Allemagne et qui s'étend sur tout le treizième siècle et la première partie du quatorzième K Cet auteur parle avec un sentiment de sympathie de l'émancipation des Waldstâtten; mais il en rattache l'origine à l'ambition déplacée des ducs d'Autriche, et non à des actes de tyrannie, qui, s'ils eussent été vrais, auraient été une explication bien plus naturelle encore du soulèvement des montagnards. Les énormités imputées aux baillis autrichiens, et qui résument en quelque sorte toutes les iniquités commises d'âge en âge par les plus mauvais tyrans, ne pouvaient pas s'être accomplies et comme concentrées sur un seul point de l'Empire, du vivant même de l'écrivain, sans que le retentissement en fût venu aux oreilles d'un homme qui accorde un si bienveillant intérêt à ceux qui en auraient été les victimes. Pour l'abbé de Victring, les confédérés sont simplement des hommes libres qu'une politique mal inspirée veut iiyustement asservir, et qui défendent avec un heureux succès leur indépendance. D suffit de hre son récit pour y reconnaître la vraie physionomie de l'histoire.
« Le duc Léopold, » dit-il, « frère du roi Frédéric, pour être en mesure de parer aux événements, se porta avec une forte et brillante armée, composée de soldats et de nobles, contre la peuplade des Schwyzois (gentem Smcmsium) qui, placée au cœur des montagnes et ne subissant le joug d'aucun maître, ignorait l'usage des armes et se livrait uniquement à la vie agricole et pastorale. Il se flattait de les subjuguer et de les faire passer sous sa domination et sous celle du roi son frère. Mais, résolus à défendre leur Jiberté et ligués par un pacte avec les autres montagnards qui les avoisinaient, ils attendirent l'ennemi, le surprirent et le mirent en déroute. »
Dira-t-on que, de cette brève narration, et du silence absolu que Jean de Victring garde sur les faits odieux qui, selon la tradition, auraient quelques années plus tôt amené la rupture entre les Waldstatten et l'Autriche, on ne saurait rigoureusement conclure que ces faits n'ont pas eu lieu? Mais ne trouvera-t-on pas bien plus vraisemblable encore que, si les incidents racontés par la légende s'étaient réellement accomplis, l'abbé de Garinthie l'aurait su et Taurait dit, car il se donne à connaître conmie un écrivain aussi impartial qu'exactement renseigné? Chacun peut à lion gré faire la réponse. Passons à un autre.
Matthias de Neuenbourg, en Brisgau, secrétaire de l'évoque de Strasbourg, est un historien inférieur en talent et en <aitique à Jean dje Victring, mais il a, dans le cas qui nous occupe, l'avantage d'avoir vécu plus près du théâtre des événements, dont il fut aussi contemporain, car c'est vers l'an 1350 qu'il rédigea sa chronique, qui embrasse à peu près le même champ et la même durée que celle du narrateur précédente On peut dire de lui, à plus forte
raison que de ce dernier, que si les faits transmis par la tradition eussent été vrais, il les aurait certainement connus, puisqu'ils se seraient passés de son vivant dans des lieux qu'enfermait nécessairement ce qu'on peut appeler son horizon naturel. B suffit de lire, dans sa chronique, les passages où il est question de la Haute Allemagne, pour comprendre que le soulèvement des Waldstatten contre les baillis autrichiens et les actes de tyrannie qui en eussent été la cause ne lui auraient pas échappé. Mais, quand il parle des trois vallées, c'est seulement, comme l'annaliste de Carinthie, à propos de leur résistance contre le duc Léopold, a qui s'avançait avec une grande aimée pour les soumettre à la domination de son frère, quoiqu'elles relevassent directement de l'Empire, et qui fut forcé de prendre la fuite en versant des larmes sur sa défaite. Dès lors les vallées, » ajoute le narrateur, « sont demeurées invaincues. »
Le secrétaire de l'évêque de Strasbourg est trop friand d'anecdotes apocryphes ou véritables, pour n'avoir pas enrichi son recueil d'un aussi précieux butin que les aventures de Guillaume Tell ou les scènes tragiques de l'Unterwalden, si elles s'étaient accomplies peu de temps auparavant parmi ces mêmes peuplades dont il raconte avec complaisance la victoire. Or, non-seulement il ignore absolument que rien de semblable ait eu lieu dans les vallées, mais il assigne expressément à leur lutte avec l'Autriche une cause toute difiérente. On peut être néanmoins certain que les épisodes dramatiques^ s'ils eussent eu la moindre réalité, auraient pris le pas, dans sa narration, sur les raisons politiques.
Mais, si l'on trouve que le silence de l'abbé de Victring
et celui du chroniqueur alsacien ne suffisent pas à jeter un invincible doute sur l'existence d'événements qu'ils auraient dû connaître et rapporter, puisqu'ils s'étaient précisément passés au sein d'une population dont les destinées à cette même époque ont trouvé place dans leur rédt, que dira-t-on du silence bien autrement persuasif d'un troisième narrateur, également contemporain, mais vivasl plus près encore du berceau de la Confédération suisse, et chez lequel l'amour du détail et de l'historiette est la disposition dominante ? Nous voulons parier du moine Jean de Winterthur. Ce reUgieux avait environ douze ans lors de la bataille du Morgarten. C'est à l'occasion de celle-ci que, pour la première fois, il parie, dans sa chronique, de « cette race rustique habitant les vallées de Switz, et qui, retranchée derrière ses montagnes, refusait au duc Léopold la soumission et les services qui lui étaient dus '. »
Le rédt qu'il nous a laissé de la bataille révèle, par la nar ture même des informations qu'il renferme, un esprit de recherche et d'investigation qui permet de conclure que tout ce qui, dans les fait^ contemporains, méritait quelque attention, a dû être recueilli par loi, sinon avec beaucoup de critique, du moins avec une curiosité et un intérêt tout particuliers ; à bien plus forte raison ce qui se passait à sa portée et conmie sous sa main, a Je veux, d dit-illui-même en commençant son livre, a raconter ce qui est advenu de mon temps, soit que j'en aie été moi-même témoin, soit que je Taie appris directement, ou que la voix publique et la renommée me l'aient fait connaître. Et, comme je suis de l'Allémanie, c'est principalement de ce qui s'est passé en Allémanie que je m'occuperai. » D ne pouvait pas faire pin» expressément entrer les Waldstatten dans son champ d'observation.
Mais ce ne sont pas seulement les événements importants et les personnages considérables de Phistoire qui trouyent place dans le récit du religieux. Sa chronique est remplie d'une foule d'incidents de la vie commune. Dans une seule page on rencontre le récit d'une vengeance conjugale, où l'adultère est assassiné et coupé en petits morceaux, d'une querelle de famille, dans laquelle, au milieu d'une noce, l'époux est tué par le frère de l'épouse, d'un triple homicide commis par des citoyens sur des citoyens du paili contraire*. Les incendies, les fléaux, les possessions diaboliques, les suicides, les parricides, sont consignés avec autant de soin que les grandes catastrophes politiques, et Jean de Winterthur montre une prédilection particuUère pour tous les incidents empreints d'un caractère sombre et tragique.
Se représente-t-on cet esprit éveillé et curieux, qui a glané de tous côtés sa gerbe d'anecdotes, ignorant des épisodes qui se seraient accomplis pendant son enfance, à quelques heures de distance de sa ville natale, et qui, plus que tous les faits étranges qu'il a recueillis dans sa chronique, auraient dû remplir sa jeune âme d'épouvante et sa mémoire du désir de les retracer ?
Si un père a, sur la place d'Altorf, risqué la vie de son tils pour abattre une pomme ; si un fils a vu dans le Melchthal son père aveuglé pour venger la blessure d'un valet ; si, dans la baignoire d'Altzellen, un nouveau Tarquin a trouvé la mort, tandis que, plus heureuse que Lucrèce, la paysanne d'Unterwalden conservait tout à la fois la pudeur et la vie, — et qu'à Winterthur on n'en ait rien su, et que, si on l'a su, les enfants n'en aient ouï parler ni au foyer paternel, ni dans les conversations de l'école, ni sur \rè
place publique, oo que, s'ils en ont oui parler i dix ans, ils l'aient oublié à quarante, — et si le mience du chnmiqueur doit s'expliquer par cette série d'iavraisamUsiceB, alors nous ne pouvons rien conclure, il est vrai, du motiniie de Jean de Wintertfaur, rie n, sinon que de tous ks teamgnages connus, antérieurs i l'an 1^50, il n'en est aucun qui atteste, de près ou de loin, directement ou par allusion, la réalité des incidents auxquels la tradition rattache l'affiranchissement des Waldst&tten.
Au silence des documents authentiques est donc vemi s'ajouter le silence des historiens contemporains. Pas la plus petite pierre d'attente ne se laisse entrevoir, à laqudle puisse s'appu]!«r l'édifice de la légende. Comment donc cette légende, qui a contre ette, répétons-le, tout à la fo» le témoignage et le mutisme de l'histoire, comment cette légende a^t^eHe pu naître, se glisser, s'établir, s'incruster dans les aimales du peuple suisse? C^est la question qœ nous reste à étudier.