‹ Les origines de la Confédération suisse: histoire et légende (volume 2)Chapitre 18 sur 39 · LES LÉGENDES ANEGDOTIQUES. LEUR FORMATION · texte numérisé non relu

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la sœur, et le comte ayant voulu les punir de cet attentat, deux autres Schwyzois, leurs parents, s'unirent à eux pour conspirer contre leur seigneur. Bientôt à ces quatre s'en joignirent dix autres, puis aux dix vingt, et peu à peu tous les habitants de cette vallée^ refusant obéissance à leur seigneur, se confédérèrent contre lui. Ils détruisirent le susdit château, dont les ruines se voient encore aujourd'hui dans un lac, et ils donnèrent ainsi naissance à la Confédération. Des montagnards voisins, appelés Unterwaldois, dont le seigneur, nommé de Landenberg, assistait aux matines le jour de Noël, envahirent son château de Same, l'empêchèrent d'y rentrer, dévastèrent sa demeure et se confédérèrent contre lui avec les Schwyzois. Après eux les Lucernois, ayant détruit le château du baron de Rothenbourg, situé dans leur voisinage, entrèrent de même dans la confédération, puis les Bernois, puis la ville de Zug, puis la vallée d'Uri, qui avait été sous la puissance de l'abbesse de Zurich, puis les gens de la vallée de Glaris, qui relevaient de l'abbesse de Seckingen, enfin les Zuriehois. »

Combien il fallait que la mémoire des événements les plus faciles, ce semble, à retenir ou à constater, se fat effacée des esprits, pour que le pays d'Uri, qui le premier avait joui de l'indépendance et autour duquel s'étaient groupés les deux autres Waldstâtten, n'occupe dans la formation de la Confédération que la sixième place, et que Zurich soit reléguée après Benie, Glaris et Zug. De quel épais brouillard n'était pas enveloppé, à cette époque, le souvenir des faits historiques, pour qu'à soixante ans de distance, la destruction du château de Rothenbourg, qui avait eu lieu en 1385, fut rapportée à l'époque, anté-

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rieure d'un demi-siècle, oùLucerne s'élak confédérée avec les Petits Cantons ?

Quel fonda peut-on faire, après cela, sur tes anecdotes auxquelles le chanaine de Znhdi se i^ait à rattacher les origines de raflranchissement des confédérés ? Elles n'ont d'aiKtre intérêt que de montrer comment sUntrodnisaie&t peu à peu les ornements légendaires, brodés sur te thème de ces violences imputées, par la tradititm vague dont Justinger s'est fait T organe, aux officiers des Habsbourg et de l'Autriche. On trouve ces mêmes anecdotes textueltement reproduites peu de temps après (1487) par un auteur qui les emprunte à liemmerlin, en sorte que cette répétition ne leur confère aucun nouveau degré de crédibilité >^ II n'est, du reste, pas dtffîdle de comprendre qu'en voyait des châteaux détnùtâ, sans qu'on sût d'où yemait leur raine, on ait cherehé la cause de celte-<i dans ces soulèvements et ces vengeances p^ulaires qui, depuis le milicsii du quatorzième sièete, en avaient fait disparaître plusieiiOs sur le sol suisse, et que, deteur destructioD, on ait concin à la révolte contre les tyrans qui les avaient habités ".

L'idée vaguement répandue des excès commis dans les Waldstatten par des bailtis autrkhiensv. et la vue de castels en ruines à Lowetz et à Sarnea devaient suggérer des rs^ {NTOchements de ce genre. C'est un des éléments qne la tradition a conservés, de même qu'elle a retenu te nom de Landenberg, qui est celui d'une hauteur voisine de ce dernier bourg sur laquelte on voit les restes d'un ancien château, mais qui, ayant été aussi porté par une famille nobte dévouée à l'Autriche, a fait prendre « le nom d'un lieu pour un nom d'homme ^^ » En revanche, U légende reçue n^a pas donné place, dans ses créations ultérieures, à Tanec-

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dote des firmes qui tirent vengeance du déshonneur fait à leur fiEonille. Si T imagination pouvait donc, au milieu du quinzième siècle, glaner à son gré parmi les incidents auxquels l'opinion commençait à rattacher T origine de la Confédération, c'est qu'aucune narration consacrée, orale ou écrite, n'avait encore acquis dans ce domaine un droit de bourgeoisie incontesté.

La tradition a cependant fait un pas : elle a perdu sou caractère confus et indéterminé, pour prendre un corps et une phyaionomie vivante. Ce n'est plus de droits violés etde mœurs outragées qu'il est vaguement question; la légende est sortie des généralités abstraites, pour toucher terre et s'incarner dans des faits, sinon véridiques et réels, du moins précis. Toutefois la forme sous laquelle vient de se présenter à nous, pour la première fois, la légende anecdotique, a ceci de singulier, qu'Uri n'y tient aucune place. Schwyz et Unterwalden seuls semblent avoir donné naissance à la Confédération, et le premier de ces petits pays joue ici le grand râle, comme s' il avait occupé d'emblée la position qa'on ne lui contestait plus au quinzième siècle.

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Mais Un va reprendre son bien d'une manière triomphante, en revendiquant exclusivement, à son tour, la paternité de la Confédération, et en attribuant à l'un des siens l'honneur de l'avoir fondée. Au moment, en effet, où la tradition nationale fait son apparition dans le monde sous la forme qu'elle a dès lors retenue, on dirait qu'il est sorti du berceau où elle a vu le jour deux jumeaux qui se distinguent l'un de l'autre par une physionomie différente, peut-

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être faudrait-il dire pour plus d'exactitude, deux enfanta qui ne sont pas issus de la même mère. Cette double ori* gine et cette double physionomie suffiraient seules pour attester tout ce qu'il y avait encore d'indécis et d'arbitraire dans la création d'une légende qui débutait par un flagrant désaccord. D'un côté, en eflfet, nous constatons l'existence, vers l'an 1470, d'un chaut qui rapporte exclusivement au pays d'Un et à Guillaume Tell la naissance de la Confédération, de l'autre, nous trouvons à la même date une chronique qui, faisant de l'aveuture de celui qu'elle nomme « le Thall )) un épisode accessoire de l'affranchissement des Waldstatten, attribue l'émancipation nationale à une conjuration formée au sein des trois vallées, sur l'instigation d'un citoyen de Schwyz, pour tirer vengeance des actes de tyrannie commis, dans chacun des Etats forestiers par des baillis autrichiens.

De ces deux branches presque simultanées de la tradition, celle d'Uri, qui est la plus courte, mérite à ce titre, ainsi qu'en raison de sa priorité chronologique probable^ d'être examinée la première. Bien que le chant populaire où nous la rencontrons d'abord ait dû former originairement un tout distinct et complet, il n'est cependant parvenu jusqu'à nous que comme servant d'introduction à une ballade, dont le plus ancien texte connu n'est pas antérieur à l'an 1501, mais dont la composition doit remontera l'année 1474. Cette ballade est elle-même incorporée dans un chant plus étendu, dont l'ensemble n'a pu être écrit que quelques années plus tard, et qui offre ainsi un double exemple du travail d'agglomération successive, auquel étaient soimiis les chants populaires, qui se grossissaient* graduellement par l'adjonction de couplets renfermant, ou

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bien le développement du sujet principal, ou bien le récit d'incidents nouveaux. Les ballades historiques suisses présentent maints cas de ce genre, et le chant de Tell, en particulier, que nous allons reproduire sous sa forme la plus ancienne, s'enrichit très- vite de détails et d'embellissements qui lui étaient primitivement étrangers. Le voici, littéralement traduit, en conservant toute la gaucherie et l'incohérence du texte original **.

tt C'est de la Confédération que je veux parler : jamais homme n'a encore rien entendu de pareil. Us ont singuhèrement bien réussi ! Us possèdent une sage et soUde alliance. Je veux vous chanter la véritable origine, comment est née la Confédération.

i( Un noble pays, vraiment bon conmie l'amande, et qui se trouve enfermé entre des montagnes beaucoup plus sûrement qu'entre des murailles, c'est là qu'a, pour la première fois, commencé l'alliance; ils ont sagement mené l'affaire dans un pays qui s'appelle Uri.

« Apprenez donc, chers braves gens, comment, pour la première fois, conmiença l'alliance et ne vous en laissez pas ennuyer. Apprenez comment tm père dut, de sa main, abattre une pomme placée sur la tête de son propre fils.

a Le bailli dit à Guillaume Tell : a Prends garde maintenant que ton art ne te faillisse pas, et écoute bien ce que je te dis : Si tu ne la touches pas du premier coup, il fen reviendra certes tm petit profit, et cela te coûtera la vie. »

a Alors il pria Dieu jour et nuit de permettre qu'il touchât la pomme du premier coup. Cela pourrait les ennuyer si fort 1 II a eu, par la grâce de Dieu, le bonheur de pouvoir tirer, conume il l'espérait, avec tout son talent.

<( Dès qtCU eut tiré son premier coup, U avait placé une

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flèche dans son powrpùmt : « Si f avais tué mon enfant, féiais bien résotu, je te dis la vérité pure, à te tuer aussi toi-même. »

« Là-dessus se fait un grand choc. Alors se montra le premier confédéré. Os vonlnrent punir les baillis qui ne craignaient ni Dieu, ni amis ; qoand à Ton d'eux plaisait une femme ou une fille, ils voulaient dormir aqprès d'elles .

<t Bs usaient d'arrogimce dans le pays. — Mauvais pouvoir ne dure pas longtemps. — C'est là ce qu'on trouve écrit. Voilà ce qu'ont fait les baillis du prince. Aussi a-t-il perdu sa seigneurie et a-t-il été chassé du pays.

« Je vous ai donc fait connaître la véritable origine. Tous jurèrent une fidèle allianice, les jeunes et aussi les vieux. Que Dieu les maintienne longtemps en honneur mieux encore que jusqu'à présent 1 Nous voulons nous en remettre à ce que Dieu décidera. »

Voilà, sous sa forme originelle, ce qu'on peut a^iel^ le manifeste des prétentions d'Uri pour la revoidîcatiim du premier rôle dans l'enfantement de la Confédération. Prétentions légitimes, s'il s'agit de la ^ace qu'asâgne rédlement l'histoire à celle des trms vallées qui, la inremi^ reçut des rois d'Allemagne un di^Sme d'affiranchissement, présentions futiles, si on les ^pnie sur les fûts ima^naires qui leur servent id de fondement H serait difficile, «i effet, de trouver aucune œuvre qui, jAus que la ballade qu'on vient de lire, porte la marque et comme le sceau de l'invention légoidaîre : d'une par^ sur l'oH^ressiim des bailUs, des assertions aussi vagues et aussi peu justifiées que les allégatifli» aaalogues reproduites par Jnstinger, et des notions plus busses encore sur l'état pcrfîtîque des WaMstitteu; d'autre part^ oomne exen^e de tyrannie,

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une anecdote qui, pour avoir acquis la célébrité la plus iUi* initée, n'en demeure pas moins le produit d'une conception fabuleuse.

C'est précisément la possibilité de saisir dans son germe et à sa période d'éclosion l'embryon de la légende de Tell, qui donne au chant où celle-ci se montre sous cette forme primitive une valeur toute particulière. Nous arriverons ainsi à nous rendre mieux compte <de sa formation, quoi* qu'on ne doive point perdre de vue que, dans les ques* Uons de ce genre, il est plus aisé de constater le caractère d'une fable que d'en retrouver la généalogie. Par cela même que ces questions se posent dans le monde de la fic< tion et de l'invention poétique, leur solution échappe aux moyens d'investigation qui sont de nûse pour les pro* blêmes historiques proprement dits. Les fantaisies de l'ima* gination naissent dans des conditions qui permettent bien rarement de remonter jusqu'à la source d'où elles sont sorties. En ce qui concerne la ballade de Tell, toutefois, il est difficile de méconnaître l'origine du premier germe autour duquel se sont groupées plus tard toutes les autres parties de la légende du héros suisse. La ressemblance entre l'anecdote que ce chant renferme et l'aventure analogue racontée par un vieil auteur du moyen &ge est trop frappante, pour que l'on puisse se refuser à voir dans l'histoire de l'archer d'Uri autre chose que la pure et simple transposition sur le sol suisse de l'histoire d'un archer da* nois. Qu'on en juge par la lecture du texte même de la légende Scandinave à laquelle nous faisons allusion.

« Un certain Tokko, soldat du roi Harald, avait, à cause de son mérite, beaucoup de rivaux. Il dit une fois devant ses camarades, dans un repas, qu'il était si habile à tirer de

l'arc, qu'il frapperait de sa première flèche une pomme, quelque petite qu'elle fftt, qui serait placée à bonne distance sur un bâton.

a Ses rivaux rapportèrent cette parole au roi, qui, oubliant les services de ce guerrier, ordonna méchamment que, au lieu du bâton, ce fut stur la tête du propre fils de TokJco que Von plaçât la pomme. Si le père ne la touchait pas dupre* mier coup, il devait perdre la vie^ en punition de sa jactance : condition plus qu'injuste, à laquelle s'ajoutait pour le père le danger de tuer son fils.

« Tokko, contraint d'obéir à cet ordre inique, exhorta donc son enfant, tout jeune encore, à laisser, sans remuer la tête, la flèche siffler à ses oreilles, et, pour diminuer sa peur, il lui fit tourner le visage. Ayamt tiré de son carquois trois flèches^ il frappa avec la première la pomme posée sur la tête de Venfant.

(( Alors le roi lui aycmt demandé pourquoi U avait sorti trois flèches, puisqu'il ne devait en décocher qt^une ? « Cetait, répondit-il^ pou/r te tuer toi-même, toi qui donnes aux autres des ordres odieux, s^il m'était arrivé de manquer mon premier coup. » Cette franchise était tout à la fois la preuve de son propre courage et la condamnation du gouvernement du roi ". »

Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on a signalé la ressemblance qui existe entre ce récit et l'épisode de Guillaume Tell ; cette ressemblance a servi de tout temps d'argument contre l'histoire de l'archer d'Un. Mais, comme on prenait celle-ci dans son ensemble et telle que la légende suisse l'a définitivement constituée, on repoussait une conclusion qui, ne portant que sur un détail de la narration traditionnelle, ne semblait pas de nature à en infirmer toutes les autres

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circonstances. On était prêt à sacrifier l'accessoire de la pomme pour sauver le reste du récit. Or il se trouve que, loin d'être un détail secondaire arbitrairement introduit dans une narration préexistante, l'anecdote de la pomms est, au contraire, le fait primordial autour duquel sont venues se ranger successivement et sous diverses formes, comme nous le verrons plus loin, les autres aventures de Guillaume Tell. Ceci réhabilite entièrement la valeur des conclusions que l'on peut tirer, sur la légende tout entière, de la nature et du caractère de son premier rudiment.

Mais l'imitation flagrante dont cet épisode porte les traces lui enlève toute crédibilité, et il est impossible d'envisager comme s' étant passé deux fois un fait, d'une part aussi étrange en soi, et de l'autre, aussi visiblement emprunté, que la prouesse de Guillaume Tell. Et même l'aventure fût-elle naturelle, l'un des récits n'en serait pas moins, pour tout œil non prévenu, la pure copie de l'autre. Dis deux côtés, en eflfet, c'est un méchant homme, le bailli anonyme dans le pays d'Uri, le roi Harald en Danemark, qui, sans autre mobile qu'un malfaisant caprice, exige d'un habile archer qu'il abatte avec une flèche une pomme placée sur la tête de son enfant, sous peine de perdre lui-même la vie, s'il ne réussit pas du premier coup; des deux côtés, c'est un père, qui, pourvoyant à sa vengeance dans le cas où il viendrait à manquer le but si cruellement désigné, prépare une, flèche destinée à occire le tyran; des deux côtés, c'est le tyran qui, une fois le coup réussi, apprend dans les mêmes termes à quoi devait servir la flèche réservée, sans qu'il sévisse contre celui qui lui adresse cette déclaration provocante ; des deux côtés, c'est une révolution politique qui est la conséquence de cet acte de tyrannie.

î£ 1 4 SECONDE PARTIE.

On ne recontre pas de telles coïncidences, surtout, redisons-le, h propos d'un fait si exceptionnel en Im-même, sans être invinciblement conduit à en conclure que l'une des deux versions a servi de fondement à l'autre. Or, il est certain que ce n*est pas sous les yeux du chroniqueur danois, qui écrivait un siècle avant la fondation de la Confédération suisse, qu'a passé la ballade de Tell. Il faut donc admettre que c'est l'auteur de la ballade qui a eu connaissance du récit du chroniqueur, lequel, du reste, ne mérite pas plus de créance que la pièce à laquelle il a servi de modèle. L'on sait, en effet, que l'anecdote qui leur est commune est loin de leur appartenir exclusivement. On retrouve, en des âges et en des lieux divers, sous bien des formes différentes, cette même histoire de l'archer, de son fils et de la pomme, dans laquelle quelques érudits modernes veulent voir, peut-être ajuste titre, une des variétés des traditions mythologiques relatives aux divinités solaires '*. Mais, dans le cas particulier de Guillaume Tell, nous pensons que la mythologie est tout à fait hors de saison, et qu'il suffit de s'en tenir, pour expliquer l'origine de la légende suisse, à l'imitation de la légende danoise. La connaissance de celle-ci s'est-elle répandue par voie de propagation orale, au milieu du peuple d'Uri avant de prendre corps dans la ballade, ou bien l'auteur de la ballade l'a-t-il, le premier, introduite dans la créance populaire? C'est ce qu'il est difficile de déterminer ; mais ce qu'on peut, en tout cas, tenir pour certain, c'est qu'il faut chercher dans Tokko, et non pas ailleurs, le prototype de Guillaume Tell.

De toutes les formes, en effet, sous lesquelles se sont produites les légendes sagittaires, la version danoise est la seule qui soit parfaitement semblable à celle que l'on

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