Lctrône, Disscrlation sur la féodalitt'-, Introduction
fenseurs aussi convaincas du droit de propriété s'attaquent à ce qu'on avait considéré jusqu'à eux comme la propriété des seigneurs, mais l'objection ne leur a pas échappé et la réponse ne leur semble pas difficile ; c'est qu'en elïet, dit Letrône ', « d'un côté, se présente le possesseur de l'héritage qui a intérêt d'avoir une propriété libre, pleine et entière ; de l'autre, le seigneur qui réclame un droit sur ce même héritage. De ces deux intérêts lequel paraît le plus favorable ? J'ose croire que c'est celui de la propriété foncière. Elle parait préférable à une propriété factice qui tend à la diminuer et à la grever. »
Aussi l'hostilité pour le régime féodal est-elle profondément ancrée dans le cœur des Physiocrates : on la retrouve chez Turgot, l'ennemi de tous les privilèges et l'on pourrait citer maints passages du « Mémoire sur les municipalités » écrits dans cet esprit ; qu'il nous suffise de rappeler que Roncerf, premier commis des finances sous le ministère de Turgot, avait publié un livre sur les inconvénients des droits féodaux; le Parlement fit brûler l'ouvrage et l'auteur ne dut qu'à la protection de son ministre d'échapper au décret de prise de corps qu'on avait décerné contre lui.