Quesnay, Maximes du gouvernement économique, § V, p
2. Quesnay, Maximes du gouvernement économique, § XII, p. 333.
LA PROPAGANDE PHYSIOCR ATIQUE 173
Le ton devient plus agressif chez les successeurs de Quesnay ; déjà d'ailleurs, avant lui, le marquis de Mirabeau avait déploré « la mutation presque continuelle des fiefs et leur translation sur la tête d'hommes nouveaux », surtout ajoutait-il', « quand ce nouveau seigneur est le petit-fils de Jacques un tel, surnommé Lafontaine : il a beau dire que Monsieur son père s'appelait Monseigneur dans les requêtes, les paysans ont l'oreille maligne et la mémoire bonne, et toujours ils répètent que leur seigneur ne vaut pas plus qu'eux et que s'il est plus riche c'est qu'il a su mieux faire sa main ; au surplus, qu'il n'a qu'à dîner deux fois ». Il en résulte pour le pays une situation des plus fâcheuses que l'Ami des hommes nous dépeint avec tristesse.
Letrône, un autre disciple de Quesnay, reprendra plus tard le même thème et dans sa « Dissertation sur la féodalité », il n'hésitera pas à dire franchement que celle-ci est « très onéreuse, très contraire à la plénitude de la propriété et au bien de la culture » ; tous ses efforts tendront à la faire disparaître car, suivant lui, elle est un « mal social ^ ».
On pourrait s'étonner au premier abord que des dé-
1, Mirabeau (Marquis de), Ami des hommes, première partie, ch. V, éd. 175G, l. I, p. 1G4.