Grolui^, up. cit.. liv. I, ch. m, ^ VIII
l'école du droit dk la nature 1^5
a donné autorité sur elle. » Peu importe encore que tout pouvoir soit établi en faveur de ceux qui sont gouvernés et non pas en faveur de ceux qui gouvernent : « les tuteurs ont bien été établis pour le bien du pupille et cependant la tutelle donne au tuteur un pouvoir sur son pupille. » '
On essaye bien de sauver les apparences en faisant intervenir le consentement du peuple comme une condition indispensable à l'origine pour fonder le despotisme lui-même et on essaye de le démontrer en partant de ce principe, inadmissible aujourd'hui, que chaque homme en tant qu'individu peut aliéner sa liberté; « quand on dit que les hommes ou les peuples sont naturellement libres, cela doit s'entendre, d'après Grotius -, d'un droit naturel qui précède tout acte humain et d'une exemption d'esclavage, mais non d'une incompatibilité absolue avec l'esclavage, c'està-dire que personne n'est naturellement esclave mais non que personne a droit de ne le devenir jamais, car en ce dernier sens personne n'est libre ». Une fois cette prémisse posée, la conséquence en découle naturellement : « puisqu'il est permis à chaque homme en particulier de se rendre esclave de qui il veut, pourquoi donc un peuple libre ne pourrait-il pas se sou-