Grotius, op. cit., liv. II. cli. xxii, § XI
mettre à une ou plusieurs personnes en sorte qu'il leur transférât entièrement le droit de gouverner sans s'en réserver aucune partie ' ».
Chose curieuse, on fait intervenir ce consentement du peuple pour la perte de la souveraineté même au cas de conquête, « car dit, Burlamaqui -, celle-ci considérée en elle-même est plutôt l'occasion d'acquérir la souveraineté que la cause immédiate de cette acquisition. La cause immédiate de l'acquisition de la souveraineté est toujours le consentement du peuple ou exprès ou tacite : sans ce consentement l'état de guerre subsiste toujours entre deux ennemis et l'on ne saurait dire que l'un est obligé d'obéir à l'autre. Tout ce qu'il y a c'est que le consentement du vaincu est extorqué par le consentement du vainqueur. »
On se préoccupe donc de mettre les théories enseignées d'accord avec les faits existants, préoccupation fort légitime à l'époque, mais somme toute les principes sont saufs puisqu'on en arrive à dire que le prince le plus despotique ne tient ses pouvoirs que du peuple .
Le même souci de respecter les idées dominantes va nous apparaître en ce qui concerne le droit de
1. Grotius, op. cit., liv. I, ch. m, § VIII ; Paffendorf, op. cit., liv. VIII, ch. VIII, § VI; Wolf, op. cit., pars VIII, ch. ii, §§ 270 et suiv.