PREMIÈRE CÉLÉBRATION DE LA FÊTE DU S.-C
la pieuse reine détrônée d'Angleterre, Marie Stuart, retirée en France, obtint du même Pontife, par l’entremise du Cardinal Toussaint de Forbin de Janson, ambassadeur de Louis XIV auprès du Saint-Siège, la permission de célébrer la fête du Sacré-Cœur de J£sus, le vendredi après l’octave de la Fête-Dieu, dans toutes les églises de la Visitation.
Quand donc les Ursulines de Québec supplièrent leur Ordinaire, Monseigneur de St-Valier, de leur permettre de célébrer solennellement la fête du Sacré-Cœur, elles ne se montrèrent pas lentes à répondre aux désirs de Notre-Seigneur et de ‘‘la disciple du divin Cœur de l’adorable Jftsus.”” (1)
Au reste, en s’adressant à leur Evêque, elles étaient sûres de trouver en lui un zélateur aussi éclairé que fervent du culte du Sacré-Cœur. Né à Grenoble, en 1653, un an seulement avant la mort de Marie de Valernod, une avant-courrière des plus remarquables de la vierge de Paray, le jeune Jean de St-Valier avait grandi dans la vénération de sa sainte concitoyenne, amante passionnée du Sacré-Cœur de JÉsus. Sa ville natale était embaumée du parfum de sa vie exemplaire et de sa mort précieuse devant Dieu. Tous ses contemporains, historiens, poètes, orateurs, auteurs de mémoires, sont unanimes à la regarder comme une sainte et à publier ses louanges.
Le zélé et vertueux prélat, confirmé dans sa dévotion envers le Sacré-Cœur, durant le voyage qu’il fit en France à la fin du 17° siècle, fut heureux d'accéder au désir des ferventes Ursulines, et il répondit à leur demande par le mandement qui suit : (2)
MANDEMENT POUR ÉTABLIR LA FÈTE DU SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS AUX URSULINES DE QUÉBEC
JEAN, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêque de Québec.
A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Salut et Bénédiction. Sur les très humbles supplications qui Nous ont été faites par Nos
(1) C’est ainsi que signalt souvent ia Hienheur. us:, < (2) Mer de Saint-Vallier visite 1: Fran-e en 1691, et y séjourna depuis 1694 à 1697.
très chères filles les religieuses Ursulines de Québec, de vouloir bien leur permettre de célébrer publiquement dans leur église la fête du Très Sacré-Cœur de N.-S. JÉSUS-CHRIST, dont il a plu à Dieu d’inspirer la dévotion à quelques saintes âmes, et la rendre depuis quelques années, par leur moyen, très recommandable en plusieurs lieux où la fête de ce très saint Cœur est instituée et célébrée avec une grande solennité par l'approbation ou permission des Ævêques des lieux ; Nous désirant de favoriser la piété des religieuses et de contribuer autant qu’il est en Nous à l’augmentation de la dévotion susdite, et considérant que le Saint-Esprit fait une très expresse et honorable mention de ce Très Sacré-Cœur en plusieurs endroits des Ecritures. Saintes, et qu’étant le siège de l’amour et de la charité divine, il est par conséquent l’origine de toute sainteté et la source de toutes les bénédictions qui sont répandues sur les hommes ; avons permis comme Nous permettons par les présentes à Nos dites filles les religieuses Ursulines de Québec, de célébrer tous les ans dans leur église, le vendredi immédiatement suivant après l’octave de la fête du Très Saint Sacrement, une fête particulière en l'honneur du Sacré-Cœur de N.-S. J.-C., pour laquelle elles feront célébrer en ce jour la sainte messe propre de cette fête, et chanteront pareillement les vêpres propres de l'office qui en a été avec la messe dressé, et auxquels après les avoir lus Nous avons très volontiers donné Notre approbation. Nous désirons même qu’elles célèbrent cette fête avec la plus grande solennité qu'il se pourra, voulant qu'’elies puissent ce jour exposer le Très Saint Sacrement dans leur dite église, et y faire prêcher les louanges de ce divin Cœur en la manière accoutumée et reçue en l’Eglise. Nous leur permettons de plus de faire imprimer l'office et la messe ci-dessus, laquelle pourra être aussi célébrée par le: prêtres séculiers et réguliers de Notre diocèse selon qu’ils en auront la dévotion. Nous exhortons encore les fidèles de Notre diocèse d’assister volontiers et avec ferveur. à cette solennité et d’y donner les marques d’une tendre et sincère dévotion envers le Très Sacré-Cœur de N.-S. JÉSUS-CHRIST.
Donné à Québec le 30° jour de mars de l’année 1700 sous Notre seing le sceau de Nos armes et le contre-seing de Notre Secrétaire.
t JEAN, Evêque de Québec.
LA
Munies de cette précieuse autorisation, les Ursulines se mirent à l’œuvre pour célébrer le plus dignement possible: la fête si ardemment désirée.
Voici, dans toute sa simplicité, le récit des annales du couvent à ce sujet.
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