‹ Les origines de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus au Canada [microforme]Chapitre 12 sur 34 · PREMIÈRE CÉLÉBRATION DE LA FÊTE DU S.-C. 4E · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CÉLÉBRATION DE LA FÊTE DU S.-C. 4E

blissement de la fête des Saintes Reliques au monastère, en 1700, continue :

‘{ Ensuite, M. Glandelet (Vicaire-Général) procura qu’un des Messieurs du Séminaire vint deux ou trois fois la semaine nous donner, une heure durant, des leçons de chant grégorien. En moins de dix jours, nous fûmes en état de chanter ce qui nous était prescrit. pour la messe, réservant à chanter les Vêpres en plain-chant le jour de la fête du Sacré-Cœur que nous devons commencer cette année à célébrer avec grande solennité, le vendredi d’après l’octave du Très Saint Sacrement, pour continuer à l’avenir chaque année à même jour.

‘{ Cette solennité consiste à l’exposition du Très Saint Sacrement, Messe solennelle avec diacre et sous-diacre, Vêpres, sermon et Salut ; mais l’on ne s’est pas voulu charger du grand office, c’est-à-dire les grandes Matines. Monseigneur de Québec en a donné la patente et a approuvé l'office qui en a été composé par M. Glandelet, avec la messe propre, permettant à tous les prêtres séculiers et réguliers de son diocèse d’en dire l’office et la messe.

‘{ Le 19 juin (1) 1700, nous fîimes pour la première fois la fête du Sacré-Cœur avec la solennité de première classe, exposition du Saint Sacrement, sermon, salut, etc., tout fut très bien. (2)

Il est regrettable que l’annaliste de l’époque ait été trop discrète pour mentionner le nom du prédicateur de ce jour mémorable. Peut-être aussi faut-il en accuser l’humilité de celui-ci. Malgré cette lacune, il est permis de conjecturer que l’orateur qui, le premier, a célébré, dans la Nouvelle- France, les louanges du Sacré-Cœur, fut Messire Joseph de la Colombière, frère du Vénérable Directeur de la Bienheureuse Marguerite-Marie. La certitude d’un tel fait donnerait à notre fête un caractère aussi glorieux que consolant.

(1) L'annaliste fait ici une erreur de date, Le jour de la fête du Sacré-Cœur tombait, en l’année 1700, le 18 juin.

(2) Annales du Monastère des Ursulines ée Québec, pp. 99, 100, 102.

4e LES ORIGINES DE LA DÉVOTION AU S.-C.

Malheureusement, cette certitude n'existe pas ; il n’y a qu’une forte probabilité qui repose sur les raisons suivantes :

Dans un des six volumes manuscrits des sermons (1) de M. de la Colombière que possède le Monastère de l’Hôtel- Dieu € Précieux-Sang, à Québec, il y a une instruction sur le Sacré-Cœur de JÉsus. Pour la première solennité, les mères Ursulines ont dû songer au frère du Père de la Colombière, dont le rôle dans l'établissement du culte du Cœur de JÉsus était bien connu au monastère, comme on le verra pts :“u dans un document contemporain.

En outre, à -ette époque, la fête du Sacré-Cœur n’était pas solenn:sée L ais les autres églises de la ville, et cela, en vertu d’une dispos't‘:n de l’Ordinaire. En effet, la populatic: étar.i alc”s for, -streinte, les Evêques avaient réglé qu'une même tête de Zév: "1 ne se célèbrerait pas publiquement dans deux églises de la ville à la fois. C’est pour cette raison que chez les Ursulines on fête solennellement la mort de leur Patron saint Augustin, à l Hôpital-Général, la translation de ses reliques, et à l’Hôtel-Dieu, sa conversion. Et dans ce dernier couvent, bien que l'anniversaire de la mort de leur Père saint Augustin soit la fête par excellence de leur Institut, les religieuses sont tenues de la chômer portes closes.

En revanche, la fête du Saint Cœur de Marie, dont la célébration solennelle, à ! Hôtel-Dieu, remonte au 3 juillet 1690, (2) suit chez les Ursulines le rite ordinaire.

Dans son sermon sur le Sacré-Cœur, Messire Joseph de la Colombière avait pris pour texte la parole du Psalmiste : ‘* Mon cœur a proféré une bonne parole.’” (3) Ce sermon,

(1) Ce volume porte le titre suivant : Sermons prèchés tant à Québec qu'à Montréal et autres lieux du Canada, par Messire Joseph de la Colombière, Grand Chantre et Vicaire-Général du diocèse de Québec, et Conseiller au Conseil Supérieur de la même ville.—Tome I.

(2: Il aurait fallu signaler, dans l'introduction de cette notice, l'existence au Canada, dès les commencements. de la colonie, de ce culte si touchant et sisalutaire qui complète admirablement;la série glorieuse de nos dévotions traditionnelles,

(3) Eructavit Cor meum verbum bonum, (Ps. XEIV, 3)

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