LA CHAPELLE ACTUELLE DU S.-C. DE JÉSUS
des Saintes Reliques. (1) L'évêque, sp ” de 72 ans, y officia pontificalement.
Après ce triduum solennel, il fallut Fénurtét le Saint Sacrement à la petite chapelle, ‘‘ y ayant encore, dit l’annaliste, beaucoup à faire dans notre nouvelle église.’ Ce fut seulement le 19 mars, fête de Saint-Joseph, titulaire de l'église, que l’on commença à y faire régulièrement le service divin.
Pour construire la chapelle, vu la rareté du numéraire, on avait accepté l'argent de certaines dettes en ‘‘ chaloupées de pierres, ’” et en ‘‘ charges de madriers et de planches,” venues même de la part de M. le Gouverneur de Montréal.
L'architecte de la chapelle s'appelait La Joue, le sculpteur de l’autel et des ornements qui décorent le sanctuaire, Le Vasseur, l’entrepreneur-menuisier et charpentier, Belleville, et l’entrepreneur-maçon, dont la note devait être la plus lourde à solder, le sieur Gratis. (2)
Quant aux ouvriers, rien de plus pittoresque que la variété de leurs noms, évidemment des sobriquets destinés
Aux Zanguay futurs à préparer des tortures.
On y trouve entr’autres Za Douceur, La Bonté, L'Oyseau, La Musique, La Vallée, La Tulippe, La Jeunesse. ‘‘ Si ces noms, dit l’histoire des Ursulines, sont caractéristiques, les ouvriers de la modeste église sembleraient avoir été choisis, presque avec autant de soin que les matériaux du temple de Solomon.’” (3)
La chapelle du Sacré-Cœur, si riche en souvenirs historiques, l’est également en reliques insignes et en tableaux
(1) La fête des Saintes Reliques, déjà célébrée au monastère en 1683, le premier dimanche de septembre, fut transférée au second dimanche d'août, par lettrespatentes de Mgr de Saint-Valier, en 1700. C’est un autre bi-centenaire à célébrer avec celui de la fête du Sacré-Cœur. Cet acte épiscopal fut provoqué par la reconnaissance officielle des reliques qne fit le Prélat, après qu'elles eussent été remises dans leurs châsses ‘‘ dont elles avaient été Ôôtéés de crainte des Anglais.’
(2) Ce nom n’est pas une plaisanterie, (3) Les Ursulines de Québec, tome II, p. 135.