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Etre le berceau du culte du Sacré-Cœur de JÉsuS dans le Nouveau Monde ; avoir devancé dans la célébration de la fête de ce Cœur divin la plupart des pays du monde ancien, ce n’est pas là, certes ! une mince gloire. Or, cette gloire revient à la capitale de la Nouvelle-France, en cela, comme en d’autres privilèges non moins précieux, héritière et émule du royaume très chrétien qui la fonda pour la conversion des âmes à la foi de JÉSUS-CHRIST.
Cette gloire revient en particulier aux apôtres, évêques et missionnaires, qui ont implanté dans le sol qu’ils arrosaient si généreusement de leur sang et de leur sueur, le germe de toutes les grandes ‘’votions catholiques. Plus spécialement encore, ellr artient à la ‘‘ Thérèse du Nouveau- Monde,” (1) qui, prévenue dès le début de sa carrière religieuse, (2) des faveurs de JÉSUS, apporta à la Nouvelle- France le feu sacré de la dévotion à son Cœur adorable. Cette divine étincelle, elle la conserva soigneusement dans le sanctuaire de son propre cœur, la confiant suavement et discrètement à ses filles spirituelles, destinées, après sa mort, à l’entretenir, jusqu’à ce que le souffle embrasé de celle que JÉSUS élut pour être l’apôtre de son culte rédempteur, se communiquant aux pays de l’Europe, et traversant l’océan qui sépare les deux hémisphères, eût enflammé et avivé ce feu latent, lui donnant presque l’éclat du foyer luimême.
Le Canada est vraiment une terre privilégiée de Dieu. Pendant que la mère-patrie de la Nouvelle-France prodiguait à sa fille aînée, avec l’élite de son clergé et de sa noblesse, le sang de ses missionnaires et l’or de ses bienfaiteurs, Dieu, d’une main non moins généreuse, y déposait une
(1) C'est le grand Bossuet qui a ainsi désigné la Vén, Marie de l’Incarnation.' (2) Dès l’année 1635.
semence de foi destinée, dans la suite des siècles, à s’épanouir et à fleurir pour la gloire et la consolation de l’ épouse de son Fils, la Sainte Eglise catholique.
Pionnier du culte du Sacré-Cœur de JÉsus dans le Nouveau Monde, le Canada l’est également d’autres dévotions étendues successivement à l’ Eglise universelle.
Une voix non moins autorisée que celle du Vicaire de Jésus-Cxrisr, le Souverain Pontife Léon XIII, l’a naguère solennellement reconnu dans sa Lettre Encyclique, élevant le rite du jour consacré à la Sainte Famille, et en étendant la fête à tout l’univers catholique.
Or, c’est à Québec, en 1664, qu’un humble missionnaire, le Père Chaumonot, avec la haute approbation du Vén. François de Laval, (1) jeta les bases d’une dévotion aujour- -d'hui si justement populaire.
Cette dévotion est plus que jamais salutaire, dans un siècle où l’Etat rationaliste, recevant de près ou de loin le mot d'ordre des Loges maçonniques, travaille à violer le sanctuaire de la famille, en s’arrogeant les droits naturels des parents sur l'éducation de leurs enfants, et sape par la base cette société primordiale, en détruisant, par le divorce, le lien qui en fait l’essence.
Ce quiest vrai de l’origine de la dévotion à la Sainte Famille de JÉsSUS, MARIE et JOSEPH, l’est aussi du culte du saint qui en fut le chef. Notre bien-aimée patrie n’a-t-elle pas eu comme premier patron, dès son berceau, l’auguste Père nourricier de JÉSUS, avant que le Pape Pie IX, de sainte mémoire, l’ait proclamé Patron de l’Eglise universelle ?
(1) Les lettres patentes de l'Evêque sont du 14 mars 1664. L'année précédente, + étant à Montréal, le P. Chaumonot avec d'autres personnes pieuses, avait recommande son entreprise À saint Ignace, et redigé à cette intention une prière qui porte les signatures suivantes : SUART, prêtre ; PIERRE-JOSEPH-MARIE CHAUMO- .NOT, Jésuite ; JUDITH DE BRESSOLES, supérieure de l'hôpital ; MARGUERITE BOURGEOYS, institutrice des filles de la Congrégation, en Canada; BARBE DE BOULOGNE, veuve de M. D'AILLEBOUST.
On sait que Mgr de Laval avait déjà dédié à la Sainte Famille son séminair :fondé en 1663.
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