‹ Les origines de la diatribe romaineChapitre 71 sur 88 · UT EP · texte numérisé non relu

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Cette énumération des exemples relevant de la philosophie populaire, si riche qu'elle soit, ne doit pas nous engager à croire que l'auteur de ce recueil ait eu lui-méme des intentions sincérement moralisatrices ; il a beau nous dire qu'il écrit ut eorum (antiquorum) quoque respectus aliquid praesentibus moribus prosit !, il ne s'occupe de la morale que pour faire des phrases et aider les autres à en faire; ses réflexions « personnelles » se bornent à l'affirmation qu'il est difficile d'accomplir le bien et d'éviter le mal?. L'unique intérét de son recueil est de nous renseigner sur l'existence d'ouvrages antérieurs qui servirent, dans la secte sextienne et les écoles de rhétorique influencées par Fabianus, à populariser bien des chries diatribiques et des thémes moraux peu utilisés à Rome jusque là.

C'est aussi un rhéteur? qui écrivit la fameuse Histoire d'Alexandre.

On a beaucoup de peine à dater l’œuvre de QuiNTE-CURCE avec exactitude. Les rapprochements que nous pouvons faire avec les écrits dont nous venons de parler confirment cependant l'opinion actuellement le plus souvent admise: ils nous permettent de considérer que le roman historique de Quinte-Curce a été rédigé sous le régne de Claude.

Sa personnalité n'est guère plus originale que celle des compilateurs que nous avons passés en revue‘; ses relations avec la diatribe n'ont donc pour nous qu'un intérét: elles complètent nos renseignements sur la rhétorique de cette époque.

Rappelons tout d'abord les résultats déjà acquis par la critique des sources. Comme Trogus 5, qu'il n'utilise d'ailleurs pas, Quinte-Curce juxtapose les données de deux traditions nettement contradictoires et ne se met pas en peine de les concilier; il se sert à la fois d'un ouvrage dérivé de Clitarque *, donc trés favo-

! [I, praef. 1.

: Introd. du livre IX: Blandum etiam malum luxuria, quam accusare .

aliquanto facilius est quam vitare. Livre IV, 6, introd. : Inter coniuges stabilitae fidei opera... ARDUA IMITATU.

5 Cf, SuET. De rhetor. (Ind., Q. Curtius Rufus); NORDEN, Xunstprosa,

* Cf. SCHWARTZ, Pauly-W. p. 1872-1874 ; Quinte-Curce semble avouer luiméme cette dépendance presque compléte: P/ura TRANSCRIBO quam credo (IX 1, 34).

5 Cf. p. 223.

3 BERG (Diss. Basel, 1906) ἃ montré, aprés SCHWARTZ (Pauly-W. 1881), que l'ouvrage dont se servit Quinte-Curce était lui-méme contaminé d'éléments opposés à Alexandre. Voir aussi HOFFMANN, op. cit. p. 64.

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