‹ Les origines de la domination angevine en ItalieChapitre 41 sur 59 · ADDITIONS ET CORRECTIONS · texte numérisé non relu

ADDITIONS ET CORRECTIONS

P. 16, 1. 20, et p. 17, 1. 13. — C'est peut-être beaucoup dire que d'appeler les Overgnaghi la faction des nobles. En réalité entre eux et leurs adversaires il ne s'agissait guère de questions de classes. Les Sonimariva étaient une famille noble. Mais je crois plus inexacte encore l'opinion qui voit dans les Overgnaghi le parti populaire. Et il reste que l'établissement du popolo à Lodi a coïncidé avec la rentrée des Sommariva et l'exil de la plus grande partie des Overgnaghi.

P. 50, 1. 6. — D'un très intéressant traité en date du 13 décembre 1252, entre le marquis Boniface de Montferrat d'une part, la commune de Pavie et Oberto Pallavicini de l'autre, contre Alexandrie et le marquis Lancia (publié par Gabotto, Documenti torinesi per la storia délie relazioni jra Monlerrato e Pâma, dans Boll. délia Società Pavese di Storia patria, V, 133 et suiv.), il résulte que la guerre entre Pavie et le marquis Lancia est antérieure à l'entrée de celui-ci à la podestatie de Milan, et qu'elle a eu pour cause première leur intervention en sens contraires dans un conflit entre Alexandrie et le marquis de Montferrat.

P. 56, n. 4. — L'expression rebelles régis Conradl est aussi dans le traité du 13 décembre 1252.

P. 60, 1. 7 et suiv. — Le même traité prouve que Pallavicini avait commencé à intervenir dans les affaires de la Lombardie occidentale dès avant l'extension de son vicariat, et le montre déjà intimement uni avec Pavie.

P. 115. — Les troubles de Milan gagnèrent Lodi, et le reclassement des partis qui se produisit dans cette ville est un autre témoignage curieux, à l'appui de ce qui est dit p. 52, des conséquences de la mort de Frédéric IL Jusqu'à la réconciliation de 1251, le parti de l'Eglise avait eu à sa tête la famille noble des Sommariva. Après

1251 et la constitution du popolo, la grande préoccupation n'est plus la lutte entre l'Empire et l'Eglise, mais la lutte entre le peuple et les nobles. Les Sommariva sont ressaisis par des intérêts de classe. Ils prennent parti pour les nobles milanais alliés d'Ezzelin, contre Martino délia Torre et le peuple milanais; après la bataille de Gassano, Martino les expulsa, et ils rejoignirent en exil leurs anciens ennemis, les impérialistes, les Overgnaghi, bannis depuis 1251; tandis qu'un membre dissident de la faction Overgnagha, Sozzo da Vistarino, était devenu le chef du popolo lodigian (cf. l'art, cité plus loin de Gallavrese, 406-408, qui me paraît seulement se tromper en attribuant aux Overgnaghi des sympathies populaires et au peuple des sympathies a gibelines »).

P. 121, 1. 27, et p. 132, 1. 28 et suiv. — Il y aurait eu lieu de préciser davantage ce qui concerne la domination de Martino délia Torre à Lodi et à Novare. A Lodi, on le voit déjà podestat en 1252 et 1253, tandis que Sozzo da Vistarino (cf. plus haut, p. 17, n. 2) est podestat du peuple (Vignati, Codice diplomatico Laudense, II, 347). C'est en 1259, après la chute d'Ezzelin, qu'il reçut la podestatie pour cinq ans (ibid., LXXIX). — Déjà très influent à Novare par suite de l'alliance traditionnelle de cette ville avec les Milanais, il en devient seigneur dans l'été de 1263, peu avant sa mort (Giulini, IV, 558).

P. 132, n. 3, et 136, n. 1. — Même après l'article de Gallavrese (cf. plus loin), je ne crois pas devoir modifier l'idée que je me suis faite de la situation de Pallavicini à Milan et de la nature de son pouvoir.

P. 161, 1. 19. — Sur la domination florentine à Volterra, cf. les documents analysés par Schneider, Regestum Volât erranum, p. 213-216; et notamment p. 238, le curieux projet de traité par lequel Florence, prenant à son compte les prétentions de Volterra sur le temporel de son évêché, essaya de les faire valoir à son profit.

P. 210, 1. 9. — De cette préoccupation témoigne une singulière demande du chapitre de Volterra; craignant que la ville ne fût considérée comme interdite, pour avoir reçu des agents de Manfred, il adressa à ce sujet une supplique au pape, alléguant que les gens de Volterra étaient fils dévoués de l'Eglise, et n'obéiraient pas contre elle à Manfred. — Cette démarche est antérieure, il est vrai, à la conclusion officielle de la ligue gibeline (Schneider, op. cit.. p. 241).

P. 213, 1. 16. — C'est peut-être là contre que Volterra entendait protester (Schneider, p. 240).

P. 222, n. 3. — C'est l'accusation que portent contre lui, ajouter la CJironica pontilicum et imperatorum S. Bartholomœi in Insula Romani, MG., SS. XXXI, 225.

P. 282-286. — Le très curieux portrait de Manfred inséré en marge de la Chronica pontilicum et imperatorum, S. Bartholomœi in Insula Romani (MG., SS. XXXI, 221) qui m'avait échappé lorsque j'ai rédigé le passage ci-dessus, et sur lequel mon attention a été attirée par Hampe, Urban IV und Manfred, 58, confirme, dans toute sa malveillance, mon appréciation sur ce prince : plus de ruse et de prudence, que d'énergie et de courage; beaucoup d'ambition, mais dans l'action une certaine timidité, ingénieusement dissimulée; fier avec ceux qui le craignent, aisément rebuté par la résistance; prompt à menacer, non à combattre, et prêt à négocier, là oi!i les menaces ne servent à rien; en somme un diplomate, habile à se plier aux circonstances et bien servi par elles.

P. 370. — Le chapitre V était iniprimé lorsqu'à paru l'intéressant travail de M. Hampe, Urban IV und Manfred. Je ne vois d'ailleurs rien à y modifier; mais je dois indiquer brièvement les raisons pour lesquelles je persiste à comprendre les choses un peu autrement que ne le fait ce savant. Je suis pleinement d'accord avec lui sur deux points : le consentement de saint Louis était indispensable et toute la politique d'Urbain ÏV a tendu à l'obtenir; saint Louis s'est toujours placé avant tout au point de vue de la croisade. Mais il me paraît résulter avec la dernière évidence de P. 18440 (BPW. 9297), que je date comme M. Hampe, que les premières objections de saint Louis ne concernaient que Conradiii e( Edmond, non Manfred; — de R. HI, 494, que dans l'été de 1262 saint Louis avait été convaincu (et non pas seulement à moitié, comme le dit M. Hampe, p. 24), et qu'il ne changea d'avis que par suite de l'arrivée de Jean de Valenciennes, porteur de lettres apostoliques, sur le contenu desquelles je suis d'accord avec M. Hampe; — enfin, du rapport des ambassadeurs siennois (document que M. Hampe ne paraît pas avoir connu), qu'en novembre 1262 encore le pape n'était pas fixé sur les intentions du roi de France, et espérait une lettre lui annonçant que celui-ci acceptait pour son frère l'offre de la Sicile. Le désir de donner satisfaction à saint Louis n'est donc pas, comme le dit M. Hampe, p. 21, le motif qui a décidé Urbain IV à entamer avec Manfred de nouvelles négociations. BFW. 14920 fait allusion à la lettre de saint Louis arrivée vers la fin de no-

vembre 1262, peut-être à des démarches postérieures (hiver 1262- 1263), et aux pourparlers qui traînèrent entre le Saint-Siège et le roi de Sicile au moins jusqu'à Pâques 1263. Le véritable auteur de la reprise des négociations, vers le milieu de 1262, fut Baudouin.

Je suis donc amené à dater autrement que ne le fait M. Hampe la lettre publiée par lui p. 82, d'après le formulaire de Richard de Pofl. Pour moi, elle est de l'hiver 1262-1263. Je ne vois pas que la mention qui y est faite du péril tartare oblige à la placer avant le 5 juin 1262; M. Hampe lui-même reconnaît qu'il continue à être question des Tartares dans la correspondance pontificale. On pourrait trouver plus curieux que saint Louis ait attendu si longtemps pour se plaindre de n'avoir pas reçu l'encyclique d'Alexandre IV relative aux Tartares; s'il l'fétait naturel que dans une lettre où il devait insister beaucoup sur son zèle pour les affaires d'Orient et son droit à être consulté et entendu en cette matière, il ait rappelé les petits griefs qu'il pouvait avoir à ce sujet contre le Saint-Siège.

Enfin M. Hampe me paraît trancher trop vite une question douteuse et sans doute insoluble, quand il afhrme que tous les torts, dans la rupture des négociations, incombent au Saint-Siège, et qu'Urbain IV n'a pu les rejeter sur Manfred que par « une falsification impudente de la vérité » (p. 29). Outre que nous ne connaissons pas avec certitude le détail des faits, l'appréciation en serait très délicate. La situation de Manfred offrait ceci de très particulier, que très forte en fait, elle était très faible en droit; en sorte que telle proposition émanée de lui, qui d'un certain point de vue, — le sien — pouvait paraître le comble de la condescendance, d'un autre point de vue, — celui du pape — pouvait très sincèrement être qualifiée de comble d'impudence. M. Hampe (et c'est ce qui, à notre avis, l'empêche de bien juger l'attitude d'Urbain IV, et aussi celle de saint Louis) ne s'est pas défait de l'habitude des historiens allemands de donner une place à Manfred dans la série légitime des Hohenstaufen (habitude dont témoignent entre autres les Regesta Imperii de BPW.). Mais d'après le droit public en vigueur au XIIP siècle, et les idées alors admises sur la légitimité, il n'y avait au moment oii Urbain IV entama les négociations avec Charles d'Anjou, que deux prétendants au trône de Sicile dont les titres pussent supporter l'examen : Edmond, si l'on admettait que le pape avait pu, en vertu du droit féodal, confisquer le fief d'un vassal rebelle; Conradin, si l'on faisait passer avant tout le droit héréditaire. Manfred, qui avait supplanté son neveu par la plus basse des manœuvres, après avoir essayé de supplanter son frère, n'était qu'un imposteur et un aventurier sans scrupules.

P. 378, 1. 6. — C'est cependant seulement du 23 mars 1262 qu'est daté un projet de traité dont Muratori, Antiquitates Italicœ, VI, 105, a conservé une brève notice (P. 18256 a). Il paraît perdu. BPW. 9324 suppose, peut-être à tort, qu'il y a là simple confusion avec le projet du 17 juin 1263.

P. 485, 1. 21. — Je ne crois pas cependant, comme le veut Gartellieri, Peter von Aragon und die Sizilianische Vesper^ 10, que Manfred ait envoyé des troupes au secours de Marseille, alors en nouvelle révolte. Hampe, op. cit., p. 45, a montré que Cartellieri a mal daté le passage des Annales Siculi (MG., SS. XIX, 499) sur lequel il s'appuie, et ainsi s'écroule son hypothèse, d'entendre de Manfred ce qu'on avait jusqu'alors entendu d'un prince aragonais.

P. 568. — Ce chapitre était imprimé quand m'est parvenu l'article de Gallavrese, La riscossa dei guelfi in Lomhardia dopo il 1260, e la politica di Filippo délia Torre, dans VArchivio Storico Lombardo, 1906, 1 et suiv., avec lequel naturellement je me rencontre sur bien des points. Il a insisté beaucoup sur ce que la procédure suivie dans la conclusion des alliances apprend sur l'histoire constitutionnelle des villes, question dans laquelle je n'avais pas lieu d'entrer avec autant de détails.

Il a notamment publié une formule de serment pour les recteurs de la Ligue, de laquelle semble résulter qu'on avait songé à donner à celle-ci une organisation fédérale analogue à celle de l'ancienne Ligue lombarde. En fait, cette organisation ne paraît pas être entrée en vigueur dans la période qui nous occupe. Les seigneurs sont désormais l'élément dirigeant.

P. 572, 1. 1. — Podestat du peuple de Milan, ajouter : et dans les podestaties à long terme de Novare, Côme et Lodi.

P. 574, n. 1. — Ajouter : et beaucoup mieux par Gallavrese, loc. cit., 431.

TABLE ALPHABETIQUE

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