LES « MINORES
Quand on a parlé de Las Cases, O'Meara, Montholon et Antommarchi, — qu'on a mis h part Gourgaud (pour des raisons que j'exposerai plus tard), on n'a vu que la moindre partie — numériquement parlant — des mémorialistes. Autour de ces grands personnages de l'histoire liélénoise iourmille la cohue des Minores, dont chaque année accroît le nombre : officiers de l'armée ou de la marine anglaises, qui ont accompagné ou gardé Napoléon h Sainte-Hélène; — voyageurs qui ont utilisé leur escale pour se faire présenter au captif; — industriels de la librairie parisienne tirant de leur imagination fertile des relations détaillées pour la foule avide; le nombre en est aussi grand que l'utilisation en est, dans la plupart des cas, impossible.
Je commencerai par les derniers, pour déblayer le terrain, et sans prétendre à être complet, Sainte-
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Hélène étant lune des provinces historiques les plus riches en faux documents.
La plus remarquable de ces compusitions, c'est il coup sûr le Mémorial de sir Hudsoii Lowe, relatif à la captivité de Napoléon à Sainte-Hélène '. S'il est une chose certaine, c'est que sir Iludson Lowe n'a rien publié pour défendre son rôle à Sainte-Hélène; et son scrupuleux historien, Forsyth, le lui reproche expressément". Cela seul suffirait a infirmer l'authenticité de ce Mémorial. Mais n'en eùt-on aucune preuve extrinsèque, la lecture de l'ouvraore sutKt au lecteur informé. Adroitement lait de matériaux empruntés ii O Meara et à Las Cases, il a été écrit par quelqu'un qui avait des idées personnelles sur Napoléon; et c'est une confession sous les dehors d'une apologie : sir Hudson Lowe s'y reconnaît tous les torts dont on l'avait chargé. Or, rien n'est plus contraire à la réalité des choses : sir Hudson Lowe pensa toujours avoir agi dans la plénitude de son devoir, et n'a certainement jamais connu le remords. Son Mémorial est un faux commis avec un certain talent, et rien autre.
Il est un autre faux qui, beaucoup plus grossier,
1. Paris, Dureuil, 1S30. — Il y a eu des Iradactions hollandaise, allemande, suédoise. M. Kircbeisen, dans sa Bibliographie Sapoleons (Leipzig-, Kircheisen, 1902), indique cet ouvrage sans spécifier son caractère d'écrit apocryphe.