‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 158 sur 286 · Campagne d'Italie, Négociations de 1796, VHI · texte numérisé non relu

Campagne d'Italie, Négociations de 1796, VHI

chiens h Venise, grâce y celle des Français dans l'ouest de la péninsule, l'esprit de localité disparaissait devant la passion de l'unité, condition nécessaire de l'indépendance nationale. Napoléon, arrivé au terme fixé, n'attendait que la naissance de son second fils pour le mener à Rome, le couronner roi d'Italie, proclamer l'indépendance et l'unité de la péninsule'.

Ce que Napoléon a fait pour l'Italie lui permet de répondre à un reproche qu'on lui a souvent adressé : nul, a-t-on dit, n'a trafiqué plus cyniquement des peuples, transférés comme des troupeaux d'un souverain à l'autre au hasard des traités : Allemands de Westphalie, Italiens de Venise peuvent en témoigner. Mais, à ce reproche, Napoléon répond comme h l'accusation de despotisme : comment juger une œuvre qui n'a pu s'achever? c'est prendre les moyens pour le but. Il fallait la dictature pour arriver à la liberté; de même, pour constituer les nationalités, des transitions parfois dures étaient nécessaires. Qu'on en juge par Venise! Lorsque le général Bonaparte, en 1797, brisait sa nationalité et sa liberté pour la livrer à l'Autriche, voulait-il tuer définitivement une vie

1. Voir : Campagne d'Italie, Campo-Formio, VI; — Quatrième noie sur les Quatre Concordats; — Vingt-quatrième note sur le Manuscrit de Sainte-Hélène, édition de 1822, t. IV, p. 243; — Mémorial, 11 novembre 1816; — Réciis de la captif ité, II, p. 277; — Derniers Moments, 26 janvier 1821 ; — Napoléon en exil, 27 jan- Tier 1817.

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n.Ttionale? Au contraire : aux dépens de la petite Venise, c'était la grande Italie qu'il préparait : « Les divers partis qui divisaient Venise s'éteindraient : aristocrates et démocrates se réuniraient contre le sceptre d'une nation étrangère... Si jamais le moment de créer la nation italienne arrivait,... les années que les Vénitiens auraient passées sous le joug de la maison d'Autriche leur feraient recevoir avec enthousiasme un gouvernement national quel qu'il fût, un peu plus ou un peu moins aristocratique, soit que la capitale fût ou non fixée à Venise. Les Vénitiens, les Lombards, les Piémontais,... avaient besoin pour devenir Italiens d'être décomposés et réduits en éléments; il fallait, pour ainsi dire, les refondre '. » Il en était de même, mutatis mntaiidis, des régions italiennes annexées à l'Empire français : cette réunion, qui pouvait paraître h l'observateur superficiel « l'injure de l'envahissement », n'avait d'autre but que de « surveiller, garantir et avancer l'éducation nationale des Italiens ^ ». Les injustices apparentes n'étaient donc qu'un moyen de préparer la justice finale, etle trafic des peuples assurait leur libération future ; mais, cette foisencore, Napoléon, qui demandait vingt ans, n'en a eu que quinze.

1. Campagne d'Italie, Campo-Formio, YI. — Voir les mêmes expressions dans la Quatrième note sur les Quatre Concordats.

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