‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 174 sur 286 · Instructions à Gourgaud · texte numérisé non relu

Instructions à Gourgaud

X A P O L li O X AMI DE LA PAIX. 243

Napoléon avait donc été conduit malgré lui, par l'hostilité anglaise et les provocations du continent, à dominer l'Europe. Mais ici, une objection se pose : Napoléon offrait toujours la paix, soit : à quelles conditions? Il voulait la paix, mais en occupant l'Italie, en démembrant l'Autriche, en mutilant la Prusse, en mettant ses frères sur les trônes d'Espagne, de Hollande, de Westphalie. Comment la Prusse, l'Autriche, la Russie, l'Angleterre, pouvaient-elles accepter une politique pacifique dont la condition nécessaire était leur ruine? Ce n'est pas tout que de vouloir la paix : il faut la vouloir telle que le vaincu puisse l'accepter, ou du moins s'y résigner. En un mot. Napoléon voulait la paix, mais avec ses conquêtes.

Napoléon a prévu l'objection et y répond : non, à aucun moment, il n'a voulu garder la monarchie universelle que la force des choses avait mise entre ses mains; il n'eut pas d'autre ambition « que celle d'employer l'ascendant de ses armes à la réorganisation de l'Europe dans l'intérêt des nations qu'elle renferme... Toutes ses conquêtes, il les destinait à des arrangements conciliateurs entre tant d'intérêts rivaux, lors de la négociation pour la paix générale ' ». — « La France a des bornes naturelles que je ne voulais jioint franchir - » :

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