‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 179 sur 286 · W., 17 août · texte numérisé non relu

W., 17 août

252 ORIGINES DE I, a" L É (; E N D E X A P O L É O X I E X X E .

ment, « et cela m'est arrivé d'aussi bonne heure qu'à treize ans », les rétlcxions et les arguments favoris des philosophes du xviii'" siècle, qui écartent les religions positives pour conserver la religion naturelle. Ces arguments, qui ont ébranlé la foi de l'adolescent, le Napoléon de 1816 leur donne encore crédit, et les expose comme des trouvailles personnelles. C'est avant tout la mutabilité des religions dans le temps, leur variété dans l'espace : «Pourquoi, se dit-on, celle de Paris n'est-elle pas celle de Londres ni de Berlin? etc. Pourquoi celle des temps anciens n'est-elle pas celle d'aujourd'hui'? » — «Toutes nos religions sont évidemment les enfants des hommes. Pourquoi y en avait-il tant ? Pourquoi la nôtre navait-elle pas toujours existé?... C'est que les hommes sont toujours les hommes, c'est que les prêtres ont toujours glissé partout la fraude et le mensonge"... » — « Si une religion avait existé dès le commencement du monde, je la croirais la véritable'... »

Napoléon, conservant les croyances de la religion naturelle, a donc rejeté la religion positive : « Je suis l)ien loin d'être athée, mais je ne puis croire tout ce qu'on m'enseigne en dépit de ma

1. Mémorial. 17 août 1876. — Cf. Récits de la captivité, I, 354 (identique).

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