‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 212 sur 286 · O U R G A U D ET SON JOURNAL · texte numérisé non relu

O U R G A U D ET SON JOURNAL

Béni', et avait pour frère le comédien Dugazon -. Il entra en 1799 à FKcole polytechnique, en 1801 à l'Ecole d'artillerie de Cljâlons; lieutenant en 1802, au 7° d'artillerie, il prit part aux campagnes d'Austerlitz, d'Iéna, de Friedland; en décembre 1807, il se, battait en duel avec un ex-colonel prussien qui avait mal parlé de Napoléon'; capitaine en 1808, il servit en Espagne, puis dans la campagne de Wagram et fut ensuite détaché à la manufacture de Versailles; il devint, le 3 juillet 1811, officier d'ordonnance de Napoléon*; les réels services qu'il rendit pendant la campagne de Russie lui valurent d'abord le titre de baron, puis le grade de chef d'escadron, le 27 mars 1813, en même temps que la place de premier officier d'ordonnance était créée spécialement pour lui ^. Officier de la Légion d'honneur après la bataille de Dresde, il sauva la vie à Napoléon à Brienne et reçut après la prise de Reims le grade de colonel et le titre de commandeur de la Légion. Napoléon h Fontainebleau le congédia avec

1. Gourmand, 28 mai 1816. — La capihité de Sainle-t/elcne (Bibliographie, 42), p. 146.

2. Rapport de Montclienu, du 12 mars 1818 (.-1^. ctranf;., 1804, p. 301, pièce \hîL). — Rapport de Balmuin, du 8 septembre 1816.

3. Mémoires de d'Espi'nchal. Paris, Ollendorff, 1901, t. I, p. 160.

4. Pour cette nomination et les suivantes, voir B. X., Mannscrits, Papiers relatifs au Premier Empire, (t. 6578, fol. 105, 135, 141.

5. Voir Mùneval, Napoléon et Marie-Louise. Paris, Amyot, 1843-1845, t. I, p. 432.

28S ()ni(;iM;s de la lécende napoléonienne.

uno Ictlrc Ologieiiso ', le J 'i avril 1814, mais Gourgaïul ne le quitta que le 20 avril, jour du départ pour lîle d'Elbe -.

Bien traité sous la Restauration, par la protection du duc de Berri, que sa mère avait contribué h élever, Gourgaud se rallia sans hâte à Napoléon revenu; il reçut à Fleurus le grade de général; il suivit Napoléon à Rochefort, puis obtint, par une scène faite à Bertiand, de le suivre à Sainte-Hélène, de préférence a Planât, antérieurement désigné'.

Nous avons vu qu'il quitta Sainte-Hélène en mars 1818 et nous discuterons longuement pour essayer d'établir dans quelles conditions ce départ s'est effectué. La solution la plus plausible est que la mission en Europe existait réellement, mais tomba à propos pour tirer à la fois Gourgaud et

1. Lettre de sir IF. Scott et réponse du général Gourgaud (Bibliographie, 86), p. 50.

•2. Voir le General Gourgaud (Bibliographie, 87); — et Vaulabelle, Histoire des deux Restaurations, I, p. 429. — Il faut noter pourtant que Planât de la Faye {Vie de Planai de la Faj/e, etc., Bibliographie, 111), officier d ordonnance comme Gourgaud, présente tout autrement les choses; d'après lui, Gourgaud avait promis d'accompagner Napoléon à l'ile d'Elbe, mais demanda la permission d'aller embrasser sa mère, et ne revint plus, quitte, au retour de Napoléon, à crier et à menacer de se tuer pour rentrer en grâce auprès de son maître (p. 108-201). — Celte affirmation très nette embarrasse : à aucun moment, dans son journal, Gourgaud ne semble avoir à cet égard la conscience chargée, et Napoléon ne semble pas le lui avoir jamais reproché. Laissons un point d'interrogation.

3. Vie de Planât, p. 245. — Peut-être faut-il voir dans cett& préférence l'origine de la mauvaise humeur de Planât contre Gourgaud (voir la note précédente).

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