Iil., 27 décembre
« La science, qui nous prouve que la terre n'est pas le centre des mouvements célestes, a porté un grand coup à la religion. Josué arrête le soleil ! On verra tomber dans la mer les étoiles... Voilà comment on abuse les hommes M » Il conclut enfin il la supériorité de l'islamisme : « La religion de Mahomet est la plus belle ■... J'aime mieux la religion de Mahomet, elle est moins ridicule que la nôtre '. »
Il est très probable que, dans ces attaques vives et répétées, il y avait, comme on l'a dit, une part de taquinerie à l'adresse de Gourgaud, que Napoléon, on ne sait trop pourquoi, se représentait comme dévot, et la conversation du 17 décembre 1817, recueillie par Gourgaud et Montholon, semble bien l'attester. Napoléon s'y déclare spinoziste : il n'y a pas de Dieu, car les honnêtes gens sont malheureux, et les coquins heureux ; l'homme est égal aux animaux, tout n'est que matière. — Gourgaud proteste : sans religion, que devient la morale? — Bah! répond Napoléon, « de la morale pour les classes élevées, la potence pour la canaille ». Sur quoi Montholon, invité à dire sou avis : « Je crois fermement que Votre Majesté ne pense pas un mot de tout ce qu'elle vient de dire.
1. Gourgaud, 28 août 1817. — Cf. le 2îl août, discussion sur les miracles de Moïse.