Journal de Gourgaud^ préface, I, ly
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oui u'élaieiit que la dérormation des laits réels ', ou inèiiie des faits absolument exacts-. Il a nié en bloc ses querelles avec Montholon et ses déclamations contre Mapoléon. rendant ainsi suspectes ses déclarations sur les autres |)oints.
Mais, en 1827, pouvait-il faire autrement? Rentré pleinement dans le monde bonapartiste, il ne |)ouvait, s.ins y déplaire, et choquer violemment l'opinion publique, avouer ses blasphèmes (même à bonne intention) envers la divinité du parti. Et les explications qu'il donne sur les points principaux sont plausibles.
U n'a pas dit, explique-t-il, qu'on ait reçu à Sainte- Hélène une somme d'argent au moment de la vente de [argenterie; il a pu dire seulement qu'au moment de passer du Belléroplion au Sorthuinberland, Napoléon a soustrait aux perquisitions superficielles des autorités anglaises une somme en quadruples d'Espagne, dont chacun de ses compagnons dissimula une part^. Cette explication est admissible : aucun des mémorialistes ne parle d'argent arrivé à Longwood au moment de la vente de l'argenterie ; ils nous parlent, au contraire, de l'argent soustrait aux perquisitions, lors de
1. Voir la question de la pension de 12 000 francs attribuée par Napoléon à Gourgaud, Lettre ci Réponse, p. 13 et 14; — Gourmand, 28 mai 1816, 2, 11, 16, 21, 22 juillet 1817; — la queslion des querelles avec Montbolon, et des injures prononcées contre Napoléon, Lettre et Réponse^ p. l'i-15.
2. Par exemple les paroles de madame de Montbolon. faisant sa cour à Napoléon aux dépens de la France, Lettre et Réponse, ,,. l',-l,i; Gourgaud, 27 décembre 1816, ISI janvier 1817; — la prétention de Gourgaud, de n'avoir causé avec sir Lowe qu'au moment de partir : voir Gourgaud, 2^ j"*") ^» ' juillet, 12 octobre 1817.
;i. Lettre et Réponse, p. 14, 22, .SS.'
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l'embarquement sur le NortliuiiiberlandK De plus le duc d'Osraond, dans sa lettre citée plus haut, lappelant ce que Gourgaud lui avait dit sur cette question, se borne à lui attribuer la déclaration « qu'au moment où Napoléon vendait des pièces d'argenterie, il avait à sa disposition dix raille louis en monnaie d'Espagne ». Ceci concorde fort bien avec les explications de Gourgaud ; et l'on conçoit que l'interlocuteur anglais, peu familier )ieut-être avec la langue française, et hanté de l'idée de rapports secrets entre Napoléon et l'Europe, ait transformé inconsciemment les dires de Gourgaud, leur donnant par là une portée toute différente.
Gourgaud a bien dit, explique-t-il, que Napoléon |)0uvait s'évader s'il le voulait, mais en ajoutant qu'aucune précaution ne pourrait l'en empêcher, et qu'il fallait par conséquentles supprimer toutes, puisqu'elles n'avaient qu'un résultat, celui de blesser le ca|)tif-. 11 se peut en effet que Gourgaud ait tenu ce langage, et que M. Goulburn, jugeant différemment, se soit borné à retenir le premier aveu, pour en tirer d'autres conclusions.
Gourgaud enfin n'a pas dit que Napoléon était bien portant; mais il a répondu négativement à la question tendancieuse qu'on lui posait, si Napoléon n'était pas atteint d'un squirre à l'estomac, comme son père? Question qui voulait faire attribuer la maladie de Napoléon à l'hérédité, pour en disculper le climat de Sainte- Hélène. — Cette explication est assez jilausible : tous ceux qui ont approuvé l'internement de Napoléon à Sainte-Hélène ont soutenu la thèse de la maladie héré-
1. Récits de la cnptirilc, I, 114. — Gouignud, 6 août, 28 octobre 1815.