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LA DOCUMEXTATION DE NAPOLEON. 'il
vois plutôt que par suppression d'envois effectués.
Pendant trois ans (octobre 1815-juillet 1818), les journaux vinrent de trois sources : le gouverneur, l'amiral Malcolm, O'Méara.
On ne recevait pas, à Sainte-Hélène, de journaux spécialement adressés à Napoléon; mais, dès les premiers temps, l'amiral Cockburn prit l'habitude d'envoyer très régulièrement à Longwood les journaux qu'il recevait', poussant parfois la galanterie jusqu'à les envoyer avant de les avoir lus. Sir Hudson Lowe, malgré les dires de Napoléon et de O'Méara, semble avoir suivi l'exemple de l'amiral, et mis dans ses envois la même régularité : ce que O'Méara a dit dans son Napoléon en e.vil se trouve contredit par une lettre écrite par lui au gouverneur, où il parle des « séries régulières » du Times envoyées par celui-ci -.
Mais ces journaux étaient peu variés, et peu de nature à plaire à Napoléon. Seul, le Tunes arri-
1. liecUs de la captivité, t, 176, 181, 185, 202, 208, 216, 220, 222, 231, 239. — Gourgaud, 8 et 29 décembre 1815, 9-12 avril 1816. — Aajioléon en exil, 28 juillet 1816. — Mémorial,-!^ décembre 1815, 17 février, 9-12 mars, 9 avril 1816.
2. 20 juin 1817 (Forsyth, II, 288). — Pour les envois de sir H. Lowe, voir Récits de la captivité, I, 282, 293, 295, 338, 352, 403. 409, 465; — II, 27, 50, 59, 62, 86, 91, 97, 101, 129, 130, 172, 215, 216, 220, 224, 405, 483, 538. — Gourgaud, 15 avril, 22 et 30 mai, 18 juin, 26 juillet, 30 septembre, 24 novembre 1816, 24 janvier, 5 mars, 21, 26 et 30 mai, 15, 16 et 31 octobre 1817, 3 février 1818. — Sapoleon en exil, 5 mars 1817. — Mémorial, 24 et 30 mai, 18 juin, 25 juillet, 12 août, 8 octobre, 10 novembre 1816.
42 ORicixr. S niî i.a i. k i; e n d i; napoléonienne.
vait légiiIitTcnicnt ' ; et les journaux anglais plus sympatln([ucs à Napoléon, comme le Mo/-ning C/ironicle, ou les journaux français, plus directement intéressants pour lui, n'avaient à Sainte-Hélène que des représentants isolés, les seuls lecteurs dans l'île étant des fonctionnaires anglais, conservateurs par profession ".
L'amiral Malcolm, qui cherclia toujours à entretenir avec Napoléon de bons rapports, employa, entre autres, le moyen de lui apporter des journaux ou de les lui faire tenir par O'Méara. Comme O'Méara, nous le verrons, en apportait aussi pour son compte personnel, il est souvent dilficile de distinguer de la part de qui il les apporte ^ mais il n'est pas douteux que plusieurs fois il ait été commissionnaire, et non bienfaiteur'. Ces transmissions déplaisaient à sir Huilson i.owe, <[ui les interdit ' ; mais son indignation fut bien plus vive
1. Lettre de sir U. Lowc à lord Balhurst, de mars 1817 (Forsyth, II, 2:!l--232).
2. On note l'envoi par l'amiral Coekburn de journaux français {Récits de la captifité, I, 216), du Morning Ckronic/e (id , I, 239), de journiux français encore {id., I, 40'.), 465; II, 1211). — Cf. Gourgaud, 9 avril 1816. — Las Cases précise pour les journaux français : ce sont les Débats (29 mai, 12 août 1816).
3. Voir Recils de la captivité, I, 469; II, 60, 78. — A'a/ioléon en exil, 16 mai, 27 décembre 1816, 5 janvier, 28 février, 23 mars, 23 avril, 7, lu et 12 juin, 1°' septembre 1817. — Gourgaud, 5 et 30 janvier, 24 mai, 18 juin, 12 novembre 1817.
4. Récits de U captivité, I, 439. — Gourgaud, 9 janvier 1818. — Forsyth. II. 311-312.
5. Voir sa lettre à lord Balhurst du 20 janvier 1818 (Forsyth, IV, 350).
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quand il sut que OMéara communiquait aux exilés des journaux achetés par lui, et achetés parfois expressément pour eux '.
Malgré tous ces dons, Napoléon (ut en général mal renseigné sur l'Europe jusqu'au milieu de 1818 : le seul journal qu'il ait eu régulièrement est le Times, avec des numéros détachés d'autres journaux"; il reçut quelques-uns des pamphlets qui paraissaient, mais fut loin, en fin de compte, de pouvoir se faire une idée exacte de l'état de l'Europe par la presse. Aussi, que d'idées fausses! que d'espérances déçues!
Depuis le milieu de 1818, les conditions d'information s'améliorent. Sir Hudson Lowe, dès mars 1817, avait transmis à lord Bathurst la demande faite par son prisonnier d'être abonné au Morning Chronicle et à quelques journaux français ' : cette demande était demeurée sans effet. Las Cases, revenu en Europe, la renouvela auprès du ministère anglais *, et, à partir de juillet 1818, Napoléon reçut régulièrement, malgré quelques accrocs", au moins le Morning Chronicle et probablement le Journal du Commerce '. Désormais le