Xnpoléon en exil, 23 janvier, .^) mars, 22 mai
encore'. Ur, ]\'a|)olL'oii, un |)eu plus lard, a cru devoir décharger Talleyrand de cette accusation tant répétée. Le 25 juillet 1818, O'Meara est rappelé en Angleterre. Pendant qu'il fait ses adieux à Napoléon, Montliolon court à la pharmacie- « prendre son journal qu'il avait
caché à tout événement Je lui ai fait passer ce
journal en Angleterre, après l'avoir lu à l'Empereur, qui y signala plusieurs erreurs », et, entre autres, l'histoire de !a lettre interceptée.
Cette contradiction flagrante est la njarque d'un revirement dans l'esprit de Napoléon. Et ce revirement a été assez sensible |)our que Gourgaud s'en soit aperçu et l'ait noté au passage. » L'Empereur, écrit-il le 24 septembre 1817, me semble bien en colère contre Fouché, et bien changé à l'égard de Talleyrand. » Le contexte montre que le changement consiste en une indulgence plus grande. C'est qu'en écrivant les Lettres du Cap, Napoléon a beaucoup parlé, beaucoup réfléchi sur Talleyrand. Il a compris qu'en 1814 il ne l'a pas proprement trahi, c< il a laissé faire et profité des circonstances^ ». C'est le courtisan du succès, et il a fait volte-face en même temps que la fortune. Son habileté en fait un allié précieux; sachant se tirer d'affaire à travers toutes les révolutions, « il mourra dans son lit », tandis que les traîtres vulgaires, comme Eouché, « pourraient bien mourir sur l'échafaud* ». Un tel homme est à ménager. Aussi Napoléon, qui n'a que mépris pour les traîtres et les déserteurs de petite