T. I, p. 405. Paris, Pion, 189i
motif pour les révoquer en doute. Sa conduite en 1814 fut ce qu'elle devait être : il refusa de se croire délié envers Napoléon jusqu'à son abdication régulière. Libre ensuite, il avait le droit de chercher h continuer sa carrière. Repoussé ]iar les Bourbons, il ne leur devait plus rien, et pouvait reparaître au conseil d'Etat des Cent Jours.
Mais, pour expliquer la résolution qu'il prit de partir pour Sainte-Hélène, il fallait plus que la correction d'un bon serviteur, il fallait les sentiments d'un admirateur enthousiaste. Ces sentiments, le Mémoiial et ses notes intimes les attestent ; il en est d'autres garants : dix-huit mois passés à Sainte-Hélène, quatre années d'exil au Cap, en Allemagne, en Belgique, ses soins prodigués, pendant cet exil, aux intérêts de Napoléon, h un moment où il n'était pas sans danger d'être bonapartiste, cent mille francs prêtés à Napoléon en quittant Sainte-Hélène, dette dont il ne voulut pas accepter le titre', et qui faillit ne pas lui être
remboursée, sa santé endommagée Si l'on
admet que Las Cases a rsiqué tout cela pour recueillir des anecdotes de la bouche de Napoléon et en tirer de l'argent, il faut reconnaître que c'était une spéculation bien hasardeuse. Il aurait eu tort aussi d'escompter la générosité posthume