‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 78 sur 286 · IV, 253. — Cf. I · texte numérisé non relu

IV, 253. — Cf. I

7. Je note un dernier remaniement, probablement involontaire; la lettre à Lucien Bonaparte, saisie sur Las Cases et

« LE MEMORIAL DE S A I N 1 E - Il 13 L E X E )) . 113

Napoléon, après avoir parcouru le journal de Las Cases, s'en était montré satisfait, et l'on conçoit qu'il le lut : l'ouvrage était ii sa louange, et l'auteur présentait au public des garanties de véracité : « On dira : après tout, il devait bien le savoir, (tétait son conseiller d'Etat, son chambellan, son compagnon fidèle. On dira : il faut bien le croire, il ne ment pas, c'était un honnête homme '. » Las Cases, dans ses notes intimes, parle fièrement de son œuvre. « Le Mémorial de Sainte-Hélène suljsistcra désormais toujours. Le temps le rehaussera loin de l'abaisser, parce qu'il perdra jouinolicment sa teinte de circonstance pour demeurer purement historique. » Sans ratifier de tous points cet Exegi monumenlum , on peut dire, après l'examen qu'on vient de lire, qu'un ouvrage écrit par un honnête hoiiimc, intelligent, soigneux de tout noter, qui a rédigé presque immédiatement ses notes et publié presque immédiatement sa rédaclion, est une des sources les plus sûres qu'on puisse espérer. L'auteur étant passionné, son interprétation des faits demeure contestable; mais il est honnête, et on peut compter sur sa

publiée par Forsyth (IV, 2i) est curieuse ù comparer avec celle fine donne Las Cases lui-même ^IV, 303) : Las Cases a dû la recomposer de mémoire, et, suivant ses goûts amplificateurs, il l'a allonf^ée beaucoup, enrichie de réflexions éloquentes : mais le fond, de l'une à l'autre, reste exactement le même.

1. VJ-2i septembre 1815. JJapoléon parle là des Mémoliex; mais cela s'applique à merveille au Mcinoriat.

ll'i ouicixKS I) i; i.A i.ii(;i;xDi; n a l'o leoxi i;nne.

lidéliti' (Lins 1(' liippoil des Mrmtiires oraux do Niipolcoii, et c'est cela surtout que nous recherchons chez Uii. Ex.Tniiné en lui-même, le Mémorial nous ;i|ip;ii;iît comme un document de premier ordre.

Xote aiîtlitionnelte, — Pour les éditions du Mémorial^ voir le catalogue de la Bibliothèque nationale. Lb** 1954; voir aussi, pour le parti qu'en ont tiré les écrivains napoléoniens, Lb*' 1957, 1958, 1959.

Remarquons en passant le succès extraordinaire obtenu dans la littérature historique par la lettre à Murât. Elle a pénétré jusque dans les histoires populaires de Napoléon (par exemple, Histoire populaire de Sapoleon pai" Chauvet, Reims, Quentin Daillv, 1848). et les ouvrag^es les plus sérieux l'ont adoptée : Lacretelle(///s^)(>s du Consulat et de V Empire, Paris, Amyot, IS'ilS), Norvins (Histoire de ,\a/Jo/éon, Paris, Dupont, 1827), Tbibeaudeau [Le Consulat et V Empire, Paris, Renouard, 1844). De liausset et Savary lu donnent dans leurs Mémoires. Des éditeurs d'oeuvres choisies de Napoléon l'ont aussi publiée (Pujol, Paris, Belin- Leprieur, 1843; — Martel, Paris, Savine, 1888).

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