‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 77 sur 286 · LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE · texte numérisé non relu

LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE

s'il avnit dicté la même pièce justificative à deux de ses collaborateurs, l'aurait dictée identique; Montholon, s'il avait pris la lettre dans le Mémorial, n'en eût pas modifié le texte. Mais, si l'on sait cjue la Bibliothèque historique a la première donné les pièces, tout s'explique : nous savons que la collection de la Bibliothèque liislorique a été envoyée à Sainte-Hélène, et que le tome qui contenait la lettre à Murât a dû arriver avant l'époque où Napoléon fit à Montholon la dictée où cette lettre reparaît'. Napoléon n'avait pas besoin de forfver des pièces justificatives : des amis inconnus d'Europe le faisaient pour lui. Et qui sait? peutêtre a-t-il été ic premier à lescroire atillientiques ; une erreur est possible dans une correspondance comme la sienne. C'est certainement dans la Bibliothèque historique qu'il a puisé la lettre dictée il Montholon. 11 suffit pour expliquer les quelques modificatio'.'.s du texte, que la dictée ait été un peu lapide, ou que Montholon ait copié un peu négligemment une pièce que tout le monde pouvait

tables... » Dans Montholon : « qui sont ini'incihles ». — Dans Las Cases : « L'.\ng]eterre expédie journellement ttes arisos aux fiirces... » Dans Montholon : u des renforts au.r croisières... )i — Dans Las Cases : « Exercerai-je l'acte d un grand prolectorai?... » Dans Montholon, a d'un ^raiid protecteur ». — Dans Las Cases : « son gouvernement et son favori ». Dans Montholon ; « son joug' et son favori ».

1. La dictée est du 21 novembre 1820. Le tome VIII, parti de Londres le 7 janvier 1820, a dû arriver bien avant novembre.

retrouver dans le journal qui l'avait publiée. Après cet examen, j'avoue, pour ma part, tenir pour eiïacée la « barre d'illégitimité » dont parle lord Rosebery. Reste la question des remaniements : ils ne semblent pas avoir été considérables : l'inventaire des papiers de Las Cases nous a déjà permis de constater que les phrases initiales ou terminales sont restées telles quelles pour plusieurs chapitres. 11 V eut pourtant des remaniements. Las Cases en a fait parfois afin de rassembler en un seul corps plusieurs conversations sur le même sujet. îl nous indique plusieurs de ces ensembles composites, sur les origines, la famille, l'enfance de Napoléon ', sur la campagne d'Egypte-, le Directoire^, le retour de l'Ile d'Elbe*, les prisonniers français en Angleterre", le jugement du duc d'Enghien''. Cette façon de procéder a pour inconvénient que souvent elle ne nous permet pas de dater tel renseignement intéressant reçu par Las Cases. Du moins avons-nous la quasi-certitude que ces remaniements, en aucun point, n'atteignent le fond des choses'.

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