Forsyth, IV
2. Voir les rapports de Monlchenu, 22 mai I81S et 2 juin 1818 {Affaires étrangères, 1804, pièce 170) : « Il a dégoûté deux excellents colonels, qui sont partis sous prétexte de santé.... Tous les gens que le gouverneur a amenés d'Europe l'ont quitté, et sa maison a déjà élc renouvelée deux fois... Il a manqué grossièrement au comte de Balmain... Il a eu avec le baron de Sturmer une scène de crocheteur ■*
3. Gourgaud, 4 octobre 1817 : « Le docteur n'est si bien pour moi que depuis que je lui donne mon argent. .\h! j'en suis bien sûr, de celui-là! »
4. Le docteur Henry (Bibliographie, 37) ne pense pas que O'.Meara ait été corrompu par Napoléon, « for he was of a nature to scorn a pecuniary bribe • ; mais ce sont les flatteries, les amitiés qui ont fait de lui « the admirer, agent and tool of Napoléon -».
sont bien significatifs à cet égard. Mais Napoléon le traitait avec amitié, lui témoignait de la confiance : les effets ne tardèrent pas ii s'en faire sentir. On constate dès ce moment les efforts souvent heureux de O'Meara pour créer à Napoléon un parti h Sainte-Hélène. Parmi les commissaires, il gagne presque entièrement le comte de Balmain, beaucoup plus libéral et moins « sainte alliance » que ses collègues. Balmain prend son parti lors de la discussion née de l'interruption de ses rapports au gouverneur'. Il se laisse même persuader que jamais O'Meara n'a donné à sir Hudson Lowe des nouvelles de Longwood que par manière de conversation, qu'il s'est toujours conduit en galant homme; dès lors il soutient O'Meara dans ses dépêches à Pétersbourg et dans ses conversations avec sir Hudson Lowe -. Après lui, O'Meara conquiert en partie les officiers de la garnison et des vaisseaux. La maison de Balcombe^, que Napoléon semble avoir gagné par son amabilité, par les affaires qu'il lui faisait faire, peut-être par son argent*, devint le centre d'une coterie favorable
1. Rapport du 31 décembre 1817 (Revue Bleue, 22 mai 1897). — Cf. le rapport de Sturmer (Bibliographie, 40) du 27 avril 1818.
2. Voir ses rapports des 15 et 22 avril, II mai, 18 juin 1818 (Revue Bleue, 29 mai 1897).
3. Agent à Sainte-Hélène, de la compagnie des Indes, comme agent du Trésor, banquier et pourvoyeur.
4. Il y a là une question obscure : celle de la lettre de change de 72 000 francs donnée par Napoléon à Balcombe au moment
il Napoléon. Sir Hudson Lowe avoue dans un de ses rapports ' que l'on eut beaucoup de peine à convaincre certains officiers que O'Meara avait été justement puni. A Sainte-Hélène même, il est difficile de préciser les noms de ces partisans de O'Meara : on ne voit guère que le docteur Stokoe et le lieutenant Reardon, du 66°, son ami intime. Mais on trouve quelque lumière à ce sujet dans les pièces du procès que sir Hudson Lowe intenta h O'Meara, h la suite de la publication du Napoléon en exiP. Les capitaines Fernandez et Younghusband, du 53", les lieutenants Birmingham et Reardon, du 66°, le major Poppleton, du 53'^, ancien officier d'ordonnance à Longwood, déposent en faveur de O'Meara et attaquent violemment l'ex-gouverneur. On remarque que ce sont surtout les officiers
où celui-ci quitta Sainte-Hélène (27 mars 1818). Mistress Abell, née Balcombe, a prétendu dans ses Soiirenirs (Bibliographie, 38), que les 72 000 francs n'avaient jamais été réclamés, et que la lettre de change avait été détruite. Napoléon affirme dans son Testament qu'elle a été payée. Etait-ce pur don ou simple avance? La maison Balcombe et Fowler a soutenu par la suite la première hypothèse, mais Montholon, dans plusieurs conversations avec sir H. Lowe {B. M. 20130, p. 233 sqq.), soutient énergiquenient le contraire. Qui croire .' Balcombe ne paraît pas avoir été très sûr, mais Montholon pouvait penser qu'il lui rendait service en soutenant que Napoléon ne lui avait pas fait ce don ; il lui épargnait des accusations de corruption. — Cette question est un des nombreux petits mystères de Sainte-Hélène qu'on n'élucidera que par l'étude attentive des procès auxquels a donné lieu le Testament de Napoléon.