Forsyth. IV
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inférieurs, tandis que ceux d'un plus haut ran<>;, les hommes en place, déposent en faveur de sir Hudson Lowe '.
Le gouverneur crut saisir sur le fait ces intrigues de O'Meara en faveur de Napoléon quand ce dernier, par l'entremise du docteur, offrit aux pasteurs Boys et Vernon des tabatières, au docteur Henry un service à thé, pour les remercier de leurs services lors de la maladie et de la mort de Cipriani. La vérité, difficile à démêler en cette affaire, est au reste d'assez peu de prix, mais l'incident alarma et irrita davantage encore le gouverneur-.
Un fait est à remarquer : c'est pendant cette fin de 1817 que paraissent h Londres, sans qu'on ait rien su à Sainte-Hélène de l'envoi, les Observations sur le discours de lord Bathurst et les Lettres du Cap, ainsi que les Letters from Saint Helena où l'on expose la question du huste (celles-ci en
1. Les colonels Wynyard, Lascelles. — sir G. Bing:hain, ancien gouverneur de l'île, elc. — Une letti'e de O'Meara à Joseph Bonaparte, datée du 15 novembre 1832, recommande au frère de Napoléon le capitaine Reardon « comme un homme qui a rendu des services à votre frère, et par conséquent bien maltraité par le gouvernement, et finalement obligé de quitter son régiment.... ■> {Chronique médicale, 15 mars 1903). — Poppleton, d'après une lettre de sir H. Lowe (8 juin 1823, à M. Clarke, B. jV. 13, Addenda 1823, pièce 2) aurait favorisé des correspondances secrètes de Napoléon. Autre crime, il avait l'habitude " of going fishing -when he was orderly officer at Longwood », laissant ainsi à O'Meara le soin de surveiller Napoléon {B. N, 18, fol. 14).
2. Forsyth, II, 431; IV, 432. — Henry, Events. Il, 37; — B. M. 20213.
1818). Aucune œuvre de Sainte-Hélène n'avait pu être envoyée auparavant, aucune ne le fut après ' : O'Meara et Balcombe ont été probablement les expéditeurs- ; sir Hudson Lowe en était persuadé; c'était aussi la conviction de Gors, secrétaire du marquis de Montehenu ^.
O'Meara se rendait ainsi précieux à Napoléon ; mais sa rupture avec le gouverneur rendait sa position de plus en plus difficile. A la suite de l'affaire des tabatières, il avait été soumis aux mêmes restrictions que les Français de Longwood (10 avril 1818). Napoléon ayant refusé de recevoir ses soins dans ces conditions, et le commissaire russe ayant fait des observations à sir Hudson Lowe, l'ordre ne fut pas exécuté'. Mais le gouver-
1. Si ce n'est par rintermédiaire de ceux qui s'en allaient, Gourgaud, O'Meara, madame de Montholon.
2. Ceci ne contredit pas l'assertion de Montholon (Récits, lî, 97), que les Lettres du Cap furent portées en Europe par un officier de la garnison qui retournait en Angleterre : il est fort probable que cet officier était de la coterie de O'Meara, et que celui-ci fut l'intermédiaire. — Même observation sur le passage de Balmain (rapport du 14 août 1818; — Rei'ite Bleue du 29 mai 1897) où Montholon déclare : « C'est en abandonnant le profit de nos rédactions à des voyageurs, à des officiers, à des marchands, à des capitaines de store-ships, que tout passe et s'imprime en Europe. Les Observations sur le discours de lord
Bathurst y sont arrivées de cette manière O'Meara, Anglais
et libre de ses mouvements, était le courtier tout désigné entre Napoléon et ces voyageurs.
3. Rapport du 29 août 1819 et du 9 février 1820 [Af. etrang., 1804 bis, pièces 27 et 53).
4. Forsyth nie formellement l'intervention de Balmain (II, 444). Il se trompe en cela : voir le Rapport de Balmain du 11 mai 1818 {Revue Bleue, 29 mai 1897).
13'l on ir. INES DK LA LEGENDE N A P O L E O M E N N E.
neur, qui n'avait pas obtenu le rappel de O'Meara', le dut bientôt après à une circonstance inattendue. Gourgaud, à son départ de Sainte-Hélène et h son arrivée en Angleterre, tint sur Napoléon des propos sur la nature desquels on peut discuter, et que nous aurons à examiner de près, mais qui furent regardés h Londres comme très défavorables à Napoléon et contenant des révélations importantes : Gourgaud aurait déclaré que la maladie de Napoléon était pure comédie. Le gouvernement anglais ne maintenait O'Meara à Sainte-Hélène que par crainte d'être accusé d'avoir enlevé son médecin à un prisonnier gravement malade : il envoya immédiatement l'ordre du rappel , que O'Meara dut exécuter le 25 juillet 1818". Il quittait l'île dévoué à Napoléon et mortellement hostile à sir Hudson Lowe.
Ce qui l'attendait en Angleterre devait l'aigrir davantage. II comptait encore sur la protection de l'Amirauté, et, h peine revenu, adressa à ses supérieurs un véritable réquisitoire contre sir Hudson Lowe (28 octobre 1818)'. Il y insinuait que le gouverneur l'avait engagé à empoisonner Napoléon. Cette accusation parut mériter un châtiment sévère, et il fut rayé du corps de la marine, sans pension ni