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SEANCE ANNUELLE

DE LA mM DES NBUOTBÊOCES GOMIKALËS

3 novembre 1864.

La Société des Bibliothèques communales du Haut-Rhin a tenu sa première séance annuelle, le 3 novembre 1864, dans la grande salle de la Société industrielle de Mulhouse.

M. Jules Simon, vice-président de la Société Franklin, venu la veille pour assister à la séance, siégeait au bureau à la gauche du président de la Société, qui avait à sa droite M. Blanquart de Bailleul, le sous-préfet de Mulhouse. Une foule nombreuse, dans laquelle on apercevait beaucoup de dames, remplissait la salle, malgré la pluie battante qui semblait devoir y faire le vide.

La séance a été ouverte à deux heures un quart.

M. Jean DoUfus, président de la Société :

Messieurs,

Notre association, dont 4a mission est de chercher à développer dans ce département Tinstitution des Bibliothèques communales et populaires, se réunit aujourd'hui pour la première fois en séances annuelle. Notre œuvre, toute récente encore, a cependant pu arriver déjà à la création d'un grand nombre de Bibliothèques nouvelles. Le rapport de notre secrétaire, Phonorable professeur de Beblenheim, qui a si puissamment aidé à la création de notre société, vous fera connaître ce que nous avons fait de progrès, et tout ce que nous sommes en droit d'attendre de l'avenir.

Avec le besoin de s'instruire, si général aujourd'hui, surtout dans notre vieille Alsace, où mieux qu'ailleurs en France, nous pouvons apprécier les avantages de l'instruction, par ce qui se fait en Suisse et en Allemagne, nous arriverons facilement à propager le goût de la \ec^ ture, si nous persévérons tous dans les efforts que nous avons déjà faits.

Lorsque vous aurez entendu le rapport de M. Macé, et celui de notre trésorier sur la situation financière de la Société, nous décernerons les récompenses méritées par nos bibliothécaires qui se sont montrés les plus zélés.

Notre cher collègue, M. Jules Simon, le grand philanthrope, toujours là où il y a du bien à faire, des services à rendre à l'humanité, a bien voulu assister à notre réunion. Il vous dira, mieux qu'aucun de nous ne pourrait le faire,

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tous les bienfaits qui résultent de la propagation de Pinstruction.

Nous avons par contre à regretter de ne pas voir au milieu de nous, aujourd'hui, un autre de nos collègues, le premier magistrat de notre département, Thonorable M. Ponsard. Il n'a pu quitter Paris, où il a dû se rendre, il y a peu de jours, et il m'a chargé de vous exprimer tous les regrets qu'il éprouve de n'avoir pu venir témoigner par sa présence tout l'intérêt qu'il prend à notre œuvre.

M . Jean Macé, secrétaire de la Société : Messieurs,

Notre Société n'a pas encore tout à fait un an d'existence — elle date du 29 novembre 1863 — et les résultats qu'elle a obtenus déjà sont de nature à satisfaire pleinement tous ceux qui s'intéressent à son œuvre.

Les 813 adhésions recueillies antérieurement à la formation de la Société ne se sont pas toutes, je dois le dire, converties en souscriptions définitives. Il parait que dans plusieurs localités ceux qui avaient donné leur nom avaient cru s'engager en faveur d'une bibliothèque à créer dans la commune même. Cette erreur, en diminuant les ressources présumées de la Société, n'a pas nui toutefois au but qu'elle se propose, parce que l'argent promis est allé aux bibliothèques locales, et les adhésions nouvelles, recrutées plus tard par ses membres, ont compensé,

et au delà, je ne dirai pas ces défections, mais ces surprises involontaires. 65 adhésions ont été recueillies par M. Schmaizer, dans le canton de Saint- Amarin ; 33 par M. Gilardoni, dans la communauté Israélite d'AUkirch ; 29 à Mulhouse, par M. Auguste Thierry-Mieg ; 7 à Beaucourt, par M. Adolphe Japy; 7 à Wittenheim, par M. Maurer. M. Morin, avocat à Paris, M. Calament, employé à l'école de Grand-Jouan, et M. Jonas, de Berlin, ont écrit spontanément pour se faire inscrire sur notre liste. Enfin MM. Aimé Gros, de Reinacb, de Heeckeren et West nous ont adressé leur adhésion par Fentremise de M. le préfet du Haut-Rhin. M. Lefébure ayant envoyé son adhésion verbale, toute la députation du département se trouve aujourd'hui ralliée à notre Société, qui compte en ce moment 930 membres. Nous avons la certitude que le nombre de ses membres ira toujours croissant, à mesure que son œuvre se fera mieux connaître en se développant.

Si ses débuts ont été modestes, nul ici. Messieurs, ne s'en étonnera. Je sais devant qui je parle, et je ne crains pas d'avancer qu'il n'est personne ici qui n'ait déjà coopéré, plus ou moins, à quelque œuvre d'utilité publique. Vous devez savoir par expérience quelles résistances de toute nature rencontre tout ce qui est nouveau, quand les intérêts personnels ne sont pas directement en jeu. Mais pour avoir été lents, nos progrès n'en ont pas moins été continus, et chacune des séances de votre Comité a été signalée par l'annonce de victoires nouvelles.

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L^état suivant vous donnera une idée nette du terrain que nous avons gagné déjà. C^est la liste des Bibliothèques communales créées sous rinfluence des membres de la Société, quelquesunes même avant sa constitution définitive. Elles sont rangées dans Tordre de date de leur création officielle par le vote du Conseil municipal, et j^y ai joint le chiffre des volumes qu^elles possèdent actuellement, pour toutes celles du moins sur lesquelles j^ai pu me procurer ce renseignement.

Beblenheim décembre 1862 1292

Ostheim 5 mai 1863 149

Malmerspach. • . . • août 255

Rlquewihr 5 novembre 176

Domach 8 novembre 929

Sainte-Croix-aux-Mines. 9 novembre 500

SundhofTen 15 novembre 206

Hunawihr. ..... 30 novembre 165

Mittelwihr 19 décembre 95

Kingersheim 18 janvier 1864 122

Rixheim 4 février 270

Lutterbach 8 février 264

Bitschviriller 8 février 238

Wittenheim 8 février

Riedisheim 10 février

Cemay 12 février 601

Ubtach 28 février 95

Witzenheim février 286

Guémar mai 350

Tagolsheim 7 mai 136

Spechbach-le-Bas ... 10 mai 68

Steinbrunn-lerBas . . • mai 98

Ribeauvillé 26 mai 600

Andolsheim ..... 27 juillet

Heidwiller 7 août

Giromagny 10 août

Bruebach 20 août

A Mulhouse il existait depuis longtemps une Bibliothèque communale, riche de 5000 volumes. Par les soins de M. Jean DoUfus, le président de notre Société, une annexe populaire y a été jointe. Elle compte déjà 614 volumes.

Deux annexes semblables, Puneà Altkirch, Tautre à Thann, sont dues à Pinitiative de MM. Gilardoni et Rissler Kestner, membres de votre Comité. La première est en voie d^organisation ; Pautre possédait, à la date du 1 2 août dernier, 215 volumes.

A Sainte-Marie-aux-Mines, une bibliothèque créée en 1848, sous Padministration de M. Mûhlenbeck, et négligée depuis, dormait dans les greniers de la mairie. Grftce aux efforts persévérants d'un autre membre de votre Comité, M. Léon Landmann, elle a été remise en activité au mois de mars de cette année. En défalquant les ouvrages aujourd'hui dépareillés, ou hors d'usage, il lui reste 268 volumes.

Enfin un membre de la Société a fait don au hameau du Grand-Trait, commune de Lapoutroie, d'un premier fonds de bibliothèque, qu'il a mis en dépôt chez un cultivateur du pays. Ce fonds, grossi au mois de juillet, au moyen d'une subvention votée par votre Comité, se monte aujourd'hui à 87 volumes, qui sont à la disposition de toutes les fractions de la commune.

Il me reste à vous signaler une bibliothèque communale dont notre Société n'a pas à revendiquer l'honneur, celle de Pfastadt, que le maire de la commune, M. Haeffely, a créée, de ses deniers, antérieurement au mouvement que nous

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représentons, et qui possède 136 volumes. Tout cela, réuni, en négligeant la bibliothèque de Colmar dont les 40.000 volumes ne sont pas à Pusage du peuple, fait une listé de 33 communes, pourvues de bibliothèques à Pheure quMl est ; et il y a 491 communes dans le département. Gomme vous le voyez, Messieurs, il nous reste à travailler pour longtemps. Mais il ne faut pas nous laisser décourager par retendue et la durée probables de ce travail. Rien ne saurait prouver plus éloquemment Tutilité de la Société que nous avons fondée. Il ne fallait rien moins que le concours organisé de tous les dé-» vouements qu'elle a pu rallier autour d'elle, pour entreprendre utilement une tâche évidemment trop lourde pour des efforts individuels.

Du reste, quand je parle de communes pourvuésl de bibliothèques , j 'entends parler de bibliothèques propriétés de la commune, entretenues aux frais des habitants, et administrées par eux. C'est là en effet le caractère spécial et nouveau des fondations que nous provoquons ; c'est là ce qui mérite surtout d'appeler sur elles l'intérêt de tous ceux qui ont à cœur de travailler au bien de leur pays.

Ce n'est pas nous. Messieurs, qui avons inventé les bibliothèques populaires dans le département. A la Gn de l'année dernière. M. Jean Kœchlin-Dolfus, entretenait la Société industrielle des bibliothèques fondées depuis longtemps déjà par les chefs d'industrie de Mulhouse en faveur de leurs ouvriers ; et je puis parler, pour l'avoir visitée il y a quelques jours,

de celle qui existe depuis quinze ans dans rétablissement de M. Trapp, où 1200 volumes, amassés d^année en année, offrent des ressources aussi saines qu^abondantes d^instruction et de récréation à 500 lecteurs sur 700 ouvriers. Les renseignements nous manquent sur ce qui existe en ce genre dans le reste du département ; mais vous connaissez tous assurément la bibliothèque populaire de Guebwiller, où M. Jean Jacques Bourcart a réuni plus de.2000 volumes, et M. Adolphe Japy, un de nos sociétaires, nous a envoyé des détails pleins dUntérèt sur celle de Beaucourt, où 800 volumes ont été mis par lui à la disposition de ses ouvriers. A Colmar, à Mulhouse, à Altkirch,pour citer ce que je sais, des sociétés religieuses fournissent des milliers de livres au peuple. Enfin le zèle éclairé d^un grand nombre de pasteurs, et de plusieurs curés, a doté depuis longtemps une foule de communes de bibliothèques paroissiales, qui sont loin d'avoir un caractère exclusivement confessionnel, et dont quelques-unes ont pris un développement très-sérieux. A Hunin'gue, par exemple, la Bibliothèque paroissiale possède 1300 volumes ; à Munster, 7 à 800 ; à lUzach, 400 ; à Riquewihr, à Horbourg, 350 ; à Cernay, à Massevaux, 300 ; à Beblenheim, à Ostheim, 250 ; à Mittelwihr, 200. La liste serait longue si je les connaissais toutes.

Mais quelques reconnaissance que l'on doive aux fondateurs de ces institutions, qui faisaient déjà du Haut-Rhin un département exceptionnel en France avant la formation de notre Société,

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bien qu^elles aient été un bienfait inestimable alors quelles existaient seules, et sans que rien puisse diminuer les services qu^elles sont appelées à rendre encore, elles laissent son utilité entière à la Bibliothèque communale. Il s^agit en effet de constituer à la commune une propriété d^un nouveau genre, destinée à figurer sur ses inventaires à Particle : Besoins UueUec^ tuels^ un article qui trop souvent n^existait pas. Il s^agit de fonder une institution nouvelle dans le pays, de façon qu^un jour il soit dit en France que la commune doit avoir sa bibliothèque, comme elle a son église, son école et sa mairie, et que c^est la une partie intégrante de son patrimoine. Telle est Tœuvre que nous avons entamée ici, et je croirais vous faire injure en in^arrétant à vous en développer la portée.

De simples particuliers fonder une institution nationale ! Cela pourrait paraîtra un peu ambitieux, si je n^ajoutais, pour rester dans la vérité de notre rôle, que nous ne faisons que poursuivre la réalisation d^une pensée du gouvernement. M. Rouland, dont le passage au ministère de rinstruction publique a laissé une trace que continue si vaillamment son successeur, M. Rouland s^exprimait ainsi, en 1860, dans une circulaire qui a déjà été citée, et que loutes les mairies du Haut-Rhin doivent avoir encore dans leurs cartons :

t Doter les populations laborieuses d^un fonds d^ouvrages intéressants et utiles est un besoin qui chaque jour se fait plus sérieusement sentir. Une vaste organisation de Bibliothèques com-

munales répondrait à ce but ; mais cette organisation présente des difficultés qu^un concours multiple de volontés et de sacrifices permettrait seul de résoudre complètement. •

Ce concours rmUtiple de volontés et de sacrifices dont on semblait désespérer,nous sommes venus l'offrir de nous-mêmes, et ceux d'entre vous qui assistaient Tannée dernière à la séance où M . Paul Odent a voulu inaugurer lui-même notre Société à la préfecture de Colmar, ceux-là n'auront pu oublier avec quelle bonne grâce, je dirai presque avec quelle reconnaissance, notre offre a été acceptée. Si le préfet actuel, M. Ponsard, était en ce moment dans le département, sa présence au milieu de nous serait un nouveau gage de la sympathie que nos efforts inspirent à l'administration. Il faut ici le dire tout haut, sans cette approbation bienveillante de l'autorité, il eût été inutile d'entreprendre une campagne dont l'objectif, pour parler comme à la guerre, est le vote des conseils municipaux.

Nous saurons la conserver jusqu'au bout en faisant les uns et les autres, comme nous l'avons fait jusqu'à présent, le sacrifice mutuel de nos tendances personnelles, pour ne songer qu'à ce qui les domine toutes, au progrès intellectuel et moral de ces populations laborieuses qui, laissezmoi le rappeler en passant, tiennent aujourd'hui notre sort à tous entre leurs mains. Je ne voudrais pas sortir de ce qui fait l'objet unique de cette réunion ; pourtant, en jetant les yeux sur les éléments si divers qui ont contribué à former notre société, sur toutes les nuances de positions

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et d^opinions qui viennent s^y confondre frater^ nellement dans un travail commun, je ne puis m^empëcher de saluer comme un symptôme de bon augure pour le pays, tout à Fheure encore aussi profondément trouble que le nôtre, ce commencement de réconciliation en présence de Tennemi commun, Fignorance du peuple.

CesX là, Messieurs, ce qui fait notre force, c'^est là ce qui nous permet d^espérer que nous finirons par venir à bout de la lourde tâche que nous nous sommes donnée. Les communes déjà pourvues sont, il est vrai, pour la plupart celles qui étaient les plus faciles à gagner, et il semblerait presque, à ce point de vue^que nos meilleures chances de réussite soient épuisées maintenant. Mais pour qui a pu étudier de prés Pesprit des campagnes, ce n^est pas le plus facile que nous venons de iaire, c^est le plus difficile. Beaucoup auront craint de partir les premiers qui ne voudront pas rester en arriére. La frayeur du nouveau se complique d^ailleurs des incertitudes de la marche à suivre. Pour ceuxlà mêmes qui ont Phabitude du livre, une bibliothèque communale à créer, cela parait tout un monde à soulever, et Von recule involontairement. Les expériences faites sont suffisantes aujourd'hui pour rassurer les plus timides, et guider les plus novices. J'espère ne pas lasser votre attention en vous les détaillant ici pour les mettre au grand jour, et je vous demande la permission de faire avec vous une promenade à travers les bibliothèques déjà créés. Nous suivrons Tordre de leur distribution géographique, afin de

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VOUS faire connaître successivement tous les points du département où votre action s^est fait sentir, et de signaler ainsi à votre dévouement les côtés de la place qui sont restés jusqu^à pré* sent inabordables. Pardonnez à la comparaison ; c^est un siège en règle que nous avons à faire.

Commençons par la frontière du Bas-Rhin.

Nous trouvons là, pour débuter, dans la vallée de Sainte-Marie, la bibliothèque de Sainte-Groixles-Mines,unede celles qui se présententdans les meilleures conditions. MM. Léon et Alfred Landmann, qui en ont été les promoteurs, ont donné les premiers volumes au mois de juillet, immédiatement après la publication de nos statuts. La commune a voté 400 fr. en novembre, et pen* dant la période d^organisation, qui s^est prolongée jusqu^au 14 février de cette année, de nouveaux dons particuliers sont venus compléter ses 400 volumes, rangés aujourd'hui à Taise dans une triple armoire qui occupe le coin d'une salle spacieuse de la mairie, la salle des enchères. Le bibliothécaire, M. Alphonse Jaegei, greffier de la mairie, se propose d'y organiser des lectures publiques cet hiver. Le 25 septembre, 491 volumes avaient été mis en circulation, tant à Sainte-Croix que dans les hameaux voisins. Il y un prix de location de 5 cent. ; mais on prête les livres gratuitement quand il y a lieu. Le catalogue a été imprimé et distribué à tous les lecteurs, qui sont enregistrés par ordre alphabétique. Livres et registres sont tenus dans un ordre parfait par le bibliothécaire, qui a déployé le plus

grand zèle depuis le commencement. Votre comité Fa jugé digne d^une de ces récompenses, et Ta inscrit sur la liste pour une médaille de bronze et 50 fr. Il est juste de donner ici sa part d^éloges à M. Prosper Ancel, bibliothécaire-adjoint, qui a secondé son collègue avec beaucoup de dévouement.

La Bibliothèque ressuscitée de Sainte-Marie est logée provisoirement dans le cabinet de M. Floquet, le directeur de Técole professionnelle. Peu riche encore en ouvrages populaires, elle n^'avait au 25 septembre fourni que 55 volumes à la circulation ; mais on peut lui prédire hardiment un avenir sérieux. Les cours populaires du soir, dont M. Floquet a pris )a charge avec un dévouement au-dessus de tout éloge, et qui comptaient l^iver dernier 135 élèves inscrits, enverront forcément de nombreux lecteurs à la Bibliothèque communale, et Ton a tout lieu d^espérer que la nouvelle administration municipale prendra à cœur de la tenir au niveau d^une commune aussi importante que Sainte- Marie.

Dans la vallée voisine, Ribeauvillé a donné un exemple qui sera très-certainement imité. Là une souscription particulière a produit une somme de 100 fr., sans parler des dons importants de livres qui se continuent encore aujourd'hui. La commune a voté 600 f. pour couvrir les frais d'installation de la Bibliothèque, à laquelle on a affecté dans la mairie un local spacieux disposé pour recevoir des lecteurs, et qui sera ècûiré et chauffé le soir pendant Phiver. M. 4<b-

raiison, à qui Ribeau ville doit son usine à gaz, s'est offert pour fournir réclairage gratuitement. La Bibliothèque a été ouverte au public le premier dimanche d'octobre, et 38 lecteurs et lectrices se sont présentés le jour même. Le prix de location est de 5 cent, par volume, mais on a établi des abonnements à Tannée, qui sont considérés en môme temps comme des souscriptions, et dont le taux varie de 5 à 2 fr., au gré du souscripteur. La liste de ces abonnementssouscriptions compte déjà 190 noms. Ces résultats inespérés sont dus surtout à Pénergie persévérante de M. Edouard Weisgerber, qui a pris l'initiative de cette fondation, retardée longtemps par des craintes mal fondées. Pour donner garantie entière contre tout essai de propagande confessionnelle aux trois cultes qui se partageât la population de Ribeauvillé, on a divisé le service entre trois bibliothécaires, MM. Hoffmann, instituteur catholique; Burger, instituteur protestant ; Bloch, instituteur Israélite ; et ces trois éléments se retrouvent aussi dans la composition de la commission. Comme on devait s'y attendre, ils y vivent dans la meilleure harmonie et rivalisent de zèle entre eux pour faire prospérer la Bibliothèque, qui deviendra sans aucun doute, avant peu d'années, ce que doit devenir toute Bibliothèque communale, une source de jouissances intellectuelles et un moyen d'étude pour la bourgeoisie aussi bien que pour le peuple.

Immédiatement après Ribeauvillé vient un groupe compacte de 6 communes qui se sont entraînées les uns les autres dans la voie de ce

nouveau progrès. Ce sont : Hunawihr, Mittelwihr, Beblenheim^ Ostheim et Guémar.

La Bibliothèque de Hunawihr est due à Tinitiative de Pinstituteur catholique, M. Zubler, qui en a obtenu le vote le lendemain même de notre séance d^inauguration, dont il s^est fait Phistorien dans le journal de Ribeauvillé. Elle est installée maintenant dans une salle spéciale de la mairie, la salle des archives et de la Bibliothèque ; mais les lenteurs des travaux de construction de la mairie ont retardé cette installation jusqu^au mois de septembre, à l'époque la moins favorable pour la lecture dans un pays de vignobles. Aussi le registre des prêts ne cohtenait-il que 30 inscriptions au 16 octobre. Jusqu'^à présent les prêts ont été gratuits ; mais la commission de Hunawihr se propose d^adopter le système en vigueur à Ribeauvillé.

A Riquewihr, Pinitiative est venue d^un des propriétaires du pays, M. Jœranson, et c'est le pharmacien, M. Artopœus, qui s^est chargé des fonctions de bibliothécaire, dont il s'acquitte avec le plus grand zèle. La Bibliothèque n'a été ouverte que le 6 août, c'est-à-dire dans la mortesaison pour la lecture, et la faible quantité de volumes lus jusqu'à présent — II y en avait 54 le 18 octobre — n'a rien par conséquent d'inquiétant. Riquewihr, qui compte un si grand nombre d'habitants aisés et amis de Pinstruction, est assurément une de nos communes dont la Bibliothèque a le plus d'avenir. Elle est installée en ce moment dans une partie des rayons de la salle des archives, à la mairie, et ouverte au

public de 6 à 7 heures du soir, le mercredi et le samedi, du 1*' octobre au 1*' avril, le samedi Feulement, du 1^ avril au t^ octobre. Le prix de location est de 5 cent, par volume pour quinze jours, de 15 cent, pour les collections du Magon sin pittoresque et du Mtuée des FamiUes qu^on peut garder un mois. La commission de Riquewihr a cru devoir prendre une mesure de précaution à laquelle on n^a pas pensé ailleurs jusqu^'àprésent : chaque lecteur doit au début déposer comme garantie une somme de 1 fr.^ qui lui est rendue quand il cesse de prendre des livres.

La Bibliothèque de Mittelwihr dont le pasteur, M. Kromayer, a été le promoteur, ne fonctionne pas encore. La saison des travaux delà campagne une fois venue, on a jugé préférable d'attendre les premiers jours d'hiver pour mettre les livres en circulation : ils sont rangés dans une armoire de la salle d'école. Le bibliothécaire est M. Ferber, instituteur.

La fondation de la Bibliothèque de Beblenheim a été le point de départ du mouvement dans le département. C'est peut-être celle dont les commencements ont été le plus modestes, et dont l'histoire est la plus encourageante pour ceux qui pourront être tentés d'essayer d'une fondation du même genre. Ses 12 premiers volumes, rangés à terre sur une planche, en attendant mieux, et offerts de suite à la circulation, ont plus que centuplé en moins de deux ans, grâce aux dons qui sont arrivés de partout, et l'intérêt assez médiocre qu'elle inspirait d'abord, est allé toujours en augmentant. La commune.

qui n'^a acheté encore que pour 16 fr. 10 cent, de livres, aura payé bientôt plus de 400 fr. pour reliures. De décembre 1862 à la fin de juillet 1863, 50 volumes seulement avaient été lus : on. en compte aujourd'hui 860. Une grande armoire faite au printemps de 1863 pour recevoir les livres, et placée dans un corridor de la maison d^école pour ne rien déranger, a fini par devenir insufiisante. Il a fiaillu en commander une autre, et le corridor devenant trop petit à son tour, on a fait une place dans la grande salle de classe, où la Bibliothèque a trouvé enfin un domicile sérieux. Elle finira probablement par être un jour chez elle ; mais c'est un détail accessoire dont elle peut se passer pour Tinstant. Un premier catalogue avait été distribué dans la commune au mois de novembre dernier. Un second est devenu nécessaire : il vient d^étre impriiné ces jours-ci. Il est question d'établir à Beblenheim le système de Ribeauvillé. Présentement on s'en tient à une taxe de 5 cent, par volume prêté, avec faculté d'emprunt gratuit pour ceux qui le réclameraient : personne ne Fa encore réclamé. Du reste, c'est là l'article unique du règlement. On vient prendre les livres quand on veut, et on les rapporte quand on les a lus. La commission- a voulu attendre qu'il se produisit des abus pour les réprimer par une réglementation, et comme il ne lui est venu jusqu'à présent aucune espèce de réclamation, comme il n'y a pas eu un seul volume égaré ou gâté, elle attend encore. Je dois dire que le bibliothécaire a les livres sous la main, et pour

ainsi dire chez lui ; mais il n^en fallait pas moins poiir qu'un tel régime demeurât possible, avec une population raisonnable, un bibliothécaire qui joignit à beaucoup d^ordre un zèle et une complaisance à toute épreuve. Beblenheim a été assez heureux pour le trouver dans la personne de M. Schmidt, Tinstituteur catholique, et votre Comité, appréciant la portée exceptionnelle des services qu^il a rendus à la cause des Bibliothèques communales. Ta placé en tète de sa liste de récompenses, pour une médaille d^argent et 50 francs.

Ostheim est la première commune du département qui, grâce à Pinitiative prise par son maire, M. Ostermann, ait répondu à l'appel fait par ses voisins de Beblenheim. Quand je suis allé y cher^ cher sur place lesrenseignements.queje voulais vous donner, j'étais accompagné de deux honorables habitants de Nîmes, MM. Paul Mourier et ili Margarot, venus tout exprès dans le Haut-Rhin pour voir de leurs yeux ce qui s'y fait, et en rapporter Pexemple dans leur pays. J'ai été heureux de pouvoir leur montrer là avec quelle facilité s'établit et fonctionne une Bibliothèque communale, quand on ne se préoccupe que de la chose essentielle, la circulation du livre. Les 149 volumes de la Bibliothèque d'Ostheim ont trouvé l'hospitalité dans l'armoire des archives de la mairie, lesquelles ont descendu de trois rayons pour leur faire de la place. Ils y sont un peu gênés maintenant, car l'armoire n'est pas bien grande ; mais elle sera désencombrée assurément cet hiyer. En dépit des faibles ressources

de lecture qu'elle contenait au commencement, on est déjà venu y chercher 232 volumes, dont beaucoup empruntés depuis la reprise des travaux des champs. Deux simples cahiers de papier ordinaire suffisent au bibliothécaire, M. Meyer, instituteur, pour les écritures, qui n'en sont pas moins nettes et parfaitement en ordre. Il y aura plus tard une salle réservée à la Bibliothèque dans la maison d'école que la commune se propose de bâtir, mais combien de volumes seront lus d'ici-là qui ne l'auraient pas été, si Ton avait attendu la fin de cette construction future !

A Guémar, la Bibliothèque est l'œuvre de M. Witz, le fils du maire, qui l'a commencée en puisant dans la sienne, et qui s'en est fait le bibliothécaire. Quelques livres ont été mis déjà en circulation ; mais le service, régulier va commencer seulement maintenant. L'armoire, qui n'était pas encore livrée le 19 octobre, doit être placée dans la salle de la mairie, et l'excellent choix des livres nonibreux déjà rassemblés ne permet pas de douter de l'empressement que mettront les habitants de la commune à en tirer parti. Quant au règlement, il n'est pas encore arrêté ; mais la commission penchait pour le système de la gratuité. Peut-être se ralliera-t-on à celui de Ribeauvillé, qui a été aussi proposé.

Les six communes que nous venons de passer en revue forment, avec celle de Ribeauvillé, comme un grand cercle, au centre duquel s'élève sur sa colline Zellenberg, la seule commune des environs qui n'ait pas encore sa Bï^

bliothèque. En attendant une création, devenue maintenant inévitable — le Conseil municipal à déjà voté un premier fonds pour achat de livres — Beblenheim mettra ses livres à la disposition de ses voisins, et plusieurs exemplaires du catalogue de sa Bibliothèque viennent d^étre distri-* bues dans Zellenberg à cet effet.

Nos tentatives pour établir des relations sérieuses dans les conseils municipaux de la vallée dX)rbey n^ont pas été couronnés du succès, et je ne puis vous montrer là que la Bibliothèque extra-municipale du hameau de Grand-Trait^ dont je vous ai déjà entretenus. Celle-là est la plus humble de toutes ; ce n^est pas la moins intéressante. Les 28 volumes avec lesquels elle a été commencée, au mois de mars, ont pu se passer facilement d^armoire, car, au 7 août, ils avaient donné lieu à 165 inscriptions sur le registre, je me trompe, sur la feuille des prêts. A la suite du don de la Société, le Bibliothécaire, se voyant momentanément trop riche, a débarrassé un petit bufTet de ses verres etîie ses assiettes, et Pinstallation s'est trouvée faite en un clin d^œil. Le hameau du Grand-Trait, dont les maisons, éparses sur la montagne, renferment 400 habitants, a fourni cette année des livres à des lecteurs du Bonhomme et de Lapoutroie. On viendra en chercher cet hiver de Lagoutte, de Ribeaugoutte, de Fréland et même d^Orbey. Votre comité a jugé convenable de dé*» cerner une de ses médailles au bibliothécaire, M^ Jean-Baptiste Ancel, qui a pris sa tâche très à cœur. Bien que cette Bibliothèque bénévole

de montagne soit en dehors de notre programme officiel, elle est trop dans Pesprit de notre œuvre pour qu'il s^élève, je crois, aucune objection contre la récompense qu^elle a motivée.

A rentrée de la vallée de Munster nous trouvons la Bibliothèque de Wintzenheim, dont Piniiiative a été prise par M. Gilliot, le juge de paix du canton. Elle date du mois de février, mais elle avait été précédée par une Bibliothèque scolaire, qui, réduite aujounThui aux livres de classe proprement dits, subsiste encore à cAté d^elle, dans un compartiment de la même armoire. Cest dans la salle d^école qu^est cette armoire, et r instituteur M. Jehl, prend soin des deux Bibliothèques en même temps. Ici la lecture a commencé presque immédiatement à la suite du vote municipal, grâce à la mesure prise par M. Gilliot de faire venir une des caisses de circulation de la maison Hachette. Cest la seule qui soit venue dans le département, et je ne puis laisser échapper cette occasion de vous donner à juger par les faits des avantages et des inconvénients du système. 61 volumes, presque tous excellents pour les lecteurs de Wintzenheim, arrivant catalogués et reliés, ont permis, passezmoi Pexpression, de battre le fer pendant quMl était chaud, et de réaliser sur-le-champ Pinstitution votée par le conseil municipal. D^autre part, ces 61 volumes ont coûté de février à juillet, époque où ils sont retournés à Paris, environ, 49 fr. Ce n^est certainement pas trop cher pour cinq mois de gagnés ; mais il est clair que Taffaire sarait devenue mauvabe à la longue pour la

commune, qui n'aurait jamais rien eu pour son argent. Elle possède aujourd'hui 286 volumes, et le 20 octobre il était entré en tout dans la caisse de la Bibliothèque 11 fr. 55 cent., pour 231 volumes lus, à raison de 5 cent, par volume. La déception eût été grande si l'on avait compté sur le produit de la lecture pour couvrir les frais de location. On a proposé d'établir des abonnements de 3 fr. par an : il ne s'est présenté personne. Ce qui réussit dans une commune peut très-bien échouer dans une autre. II faut dire que la |Société alsacienne, dont vous avez tous entendu parler, a ouvert concurremment à Wintzenheim une souscription qui a rapporté 68 fr. Elle a déposé dernièrement 50 volumes dans la Bibliothèque de la commune. Elle on annonce d'autres, et ces ressources de passage, venant se joindre au fonds communal, permettront aux besoins de lecture de se satisfaire plus largement. Toute cette complication de Bibliothèques communale et scolaire, de caisse de circulation et de livres placés en dépôt, a notamment aggravé, comme vous pouvez le penser, la tâche du bibliothécaire, qui, de plus, a pris le soin de pourvoir la commune de catalogues écrits à la main. M. Jehl était sans contredit un de ceux qui avaient droit à une récompense. Aucun rapport n'ayant signalé au Comité ces faits, dont nous n'avons eu connaissance que trop tard, son nom ne figure pas sur notre liste; mais je crois pouvoir lui annoncer que ce n'est qu'un ajournement.

L'exemple de Wintzenheim n'a pas encore

rencontré dlmitateurs dans la vallée de Munster. Pourtant j'ai de bonnes nouvelles à vous en donner. A Munster même, où à côté de la Bibliothèque paroissiale, si considérable déjà, il s'en trouve une autre, établie dans la maison curiale, la nécessité d'une Bibliothèque communale était plus difficile à faire comprendre. Elle va se créer néanmoins très-probablement. J'ai reçu du maire, M. Fritz Hartmann, qui a tant fait déjà pour l'instruction dans sa commune, l'assurance positive qu'il allait prendre en main l'affaire de cette création. M. Ostermann, le flls du maire d'Ostheim, qui dirige un grand établissement dans la vallée, m'a promis également d'user de toute son influence à Gùnsbach pour y faire voter une Bibliothèque, et nous avons vu ensemble le maire de Walbach, qui s'est engagé à demander au conseil municipal un vote du même genre dans la session qui s'ouvre en ce moment.

De l'autre côté de Colmar^ à mi-chemin du Rhin, est la Bibliothèque de SundhofTen, une de celles qui se sont créées spontanément avant la formation de notre Société. C'est là que la circulation des livres a été la plus importante, même sans proportion gardée. Du 15 novembre au 1'' mai, 122 familles y ont demandé 1303 volumes, et le bibliothécaire, assailli à de certains moments, a imaginé un mode d'inscription,, aussi sûr que rapide, que j'ai retrouvé du reste ailleurs. Chaque lecteur a sa moitié, ou son tier5^ de page, et au-dessous du nom s'inscrivent sur une même ligne les numéros des livres demandés.

Un trait de plume biffe le numéro à la rentrée du livre. Je ^ous ai dit tout à Pheure : 122 familles^ c^est qu'en effet les lectures se sont faites on famille. On se rassemblait d^habitude chez les grands parents, et Tun des enfants, une jeune fille la plupart du temps, lisait le livre à haute voix. Au printemps, ces réunions ont cessé, et la Bibliothèque s'est fermée au l*' mai pour se rouvrir au 1*' octobre. Le prêt des livres a été gratuit Fhiver dernier ; mais on va faire passer au commencement de celui-ci une liste de sou9* criptions, qui assurément se couvrira de noms. L'initiateur de cette œuvre si intéressante a été M. Runtz, instituteur, qui s'est chargé du soin de la Bibliothèque, placée dans une armoire de la salle d'école. Il a été puissamment secondé par le maire, H. Schuler^ et le pasteur, M. Schœll, quia fourni les premiers livres de sa propre bibliothèque. Votre Comité a accordé sans discussion à M. Kuntz une médaille de bronze et 50 francs.

Le pasteur d'Andolsheim^ M. Scherb, a suivi l'exemple de son confrère de Sundhoffen, et de plus, il a pris l'initiative des premières démarches auprès du maire de la commune, M. Ritzenthaler, qui s'est empressé de demander au conseil municipal un vote, aussitôt obtenu que demandé. La Bihliothèque d'Àndolsheim est de création toute récente, et son organisation n'est pas encore terminée. Tout ce que je puis vous en dire, c'est que les premiers livres ont déjà une armoire à eux dans la mairie, que l'argent pour en acheter d'autres est prêt, et qu'ils

DES BIBUOTHftQUES C0BIMUMALE5 DU HAUT-RHIN 157

seroni distribués deux fois par semaine aux lecteurs. Il est toutefois une particularité, relative à cette Bibliothèque, que je ne puis passer sous silence. A la commission ordinaire a été joint ici un comité de dames, et je crois la mesure excellente pour deux raisons quHl me suffira d^indiquer. Les femmes lisent comme les hommes, et il est bon d^avoir aussi leur avis. Les causes auxquelles on parvient à les intéresser sont d^avance à moitié gagnées. L'on peut être sur en tout cas qu^^elles seront bien servies, et ce n'est pas à Mulhouse que je me permettrai d'insister là-dessus.

D^Andolsheim à Gemay il y a loin. Je n'ai malheureusement rien à vous signalei' entre ces deux communes, bien que Guebwiller possède la plus riche à l'heure qu'il est de toutes nos Bibliothèques populaires ; mais c'est une création à part, qui n'est plus de notre ressort. Une chose pourtant doit nous rendre moins regrettable cette lacune si humiliante pour nous — Il faut bien convenir de nos échecs. La Société alsacienne, qui est venue joindre ses efforts aux nôtres pour répandre les habitudes de lecture dans nos campagnes, a commencé à organiser son service de livres de circulation dans les cantons intermédiaires. Elle arrivera certainement à faire pénétrer ses livres dans les communes où notre action n'a pu encore se faire sentir, et y préparera ainsi les voies aux créations de Bibliothèques communales. Qu'elles se fassent par nous, ou par d'autres, quand elles seront faites il n'y paraîtra pas. C'est un terrain neutre

sur lequel toutes les polémiques doivent abdiquer.

Il y avait à Cernay une bibliothèque d'environ 200 volumes appartenant au comice agricole, et pour ainsi dire sans usage. Le comice en a fait Fabandon, sur la proposition du maire, M. Risler, qui s'est employé avec le plus grand zèle pour doter Cernay d'une Bibliothèque en rapport avec l'importance de la commune.

Il a trouvé un aide aussi dévoué qu'intelligent, M. Armsbruster, instituteur, dont le rapport, retardé par les délais d'impressions du catalogue, n'a pu parvenir en temps utile à votre Comité. Son nom ne figurait donc pas sur la liste de récompenses arrêtée le 12 octobre ; mais le bureau de la Société, dans sa séance de jeudi dernier, a cru devoir prendre sur lui d'y ajouter M. Armbruster pour une médaille de bronze et 50 fr. Des mesures de ce genre demandent toujours. Messieurs, à être justifiées. Voici la justification de votre bureau.

RAPPORT

sur la situalion de la Bibliothèque communale de Cernay à la fin du 1"' semestre.

La Bibliothèque communale de Cernay, dont Ja création a été décidée par le conseil municipal dans sa séance du 12 février 1864, a été solennellement ouverte aux lecteurs le 24 avril suivant. Elle compte f)ar conséquent jusqu'au 23 octobre, 26 semaines ou une demi* année d'existence.

Elle renferme 601 volumes inscrits au catalogue et classés ainsi qu^il suit :

Catalogne français

Histoire. Mémoires et chroniques. Biographies 120 vol.

Littérature. Contes et romans moraux. 139

Industrie. Agriculture. Sciences natureHes 125

Voyages. Géographie. Descriptions de mœurs 49

Revues illustrées, scientifîques, etc. Ouvrages divers 48

Langues et classiques 7

Total. . . 488

Cataiog^ne allemand

Geschichte. Deutschriften. Biographien. 18 vol. Literatur. Erzœhlungen und morallsche

Romane 65

Industrie, Ackerbau. Naturlunde. • . . 2i

Reisegeschichten. Géographie .... 14

Total. . . 113

Le catalogue va être imprimé incessamment à 300 exemplaires par M. Risler de Mulhouse. La première épreuve en est déjà tirée et soumise actuellement à la correction du biblothécaire.

Outre ces 601 volumes, notre Bibliothèque en renferme encore plus de 100 autres, que la commission de surveillance n^a pas jugé devoir faire figurer dans le catalogue.

Pendant le i*' semestre, du 24 avril au 23 octobre 1864, la Bibliothèque communale de Cer-

nay a eu 88 lecteurs, dont les trois quarts au moins, c^est-à-dire 66, appartiennent à la classe ouvrière. Ces lecteurs se répai tissent de la manière suivante :

Hommes

Femmes. • • . • Jeunes gens. . . .

Demoiselles (ou filles)

Total.

423 volumes ont été donnés en lectures à domicile, savoir :

338 français

85 allemands.

Les 13 hommes ont lu 47 y. finançais et 2 ( v. allemands Les 9 femmes 47 » 4 »

Les 47 jeunes gens 146 » 48 »

Les 19 demoiselles 98 » 9 n

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