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De ces différentes données il résulte ;
V Qu'il a été lu en moyenne entre 16 et 19 volumes par semaine ;
2» Que c'est la jeunesse, et particulièrement les jeunes gens, qiii montre le plus de goût pour la lecture, et qu'elle préfère, à l'exception de quelques jeunes ouvriers, les ouvrages français aux ouvrages allemands ;
3« Qu'on lit en général 4 volumes français contre 1 volume allemand.
La liste ci-jointe indiquant les ouvrages qui
ont été lus, le nombre de fois.qu^ils ont été lus, et la catégorie des lecteurs pour chaque ouvrage, semble faire connaître le goût des lecteurs. Il n'en est pourtant pas tout à fait ainsi, car en général ils acceptent les ouvrages que le bibliothécaire leur choisit. Un très-petit nombre d'entre eux choisissent eux-mêmes. Je dois cependant faire observer que le goût des lecteurs se prononce tellement en faveur des contes, romans moraux, et voyages, que le bibliothécaire est forcé de limiter presque exclusivement ses choix à la seconde et à la quatrième série. J'ai remarqué aussi que dans ces séries-là (contes, romans moraux, voyages, descriptions de mœurs) on préfère, les demoiselles surtout, les traductions d'ouvrages anglais. Quant aux lecteurs allemands, ils aiment beaucoup les contes du chanoine Schmid. Ils commencent tous par lire ces contes, qui leur plaisent non-seulement parce qu'ils sont touchants, mais parce qu'ils sont faciles à comprendre. Il serait à désirer que notre Bibliothèque, qui est très-pauvre en ouvrages allemands, pût s'augmenter bientôt en livres de ce genre simple et touchant.
En jetant un coup-d'œil sur la liste des ouvrages qui ont été lus, on remarque que quelques-uns d'entre eux ont eu un très-grand nombre de lecteurs comparativement aux autres. Il ne faudrait pas en conclure que ce sont ceux qui plaisent le plus. Cela tient uniquement à cette cause qu'il y a plusieurs exemplaires du même ouvrage, ou deux volumes au moins dans la Bibliothèque, ce qui permet d'en disposer
presque tous les dimanches, et souvent en faveur de plusieurs lecteurs à la fois. Ainsi par exemple la Fou Yégof de M. Erckmann-Chatrian, a été lu 23 fois, tandis que leur Madame Tltérêse n^a été lue que 5 fois, parce que du premier nous avons 4 exemplaires, et du second seulement un. L'histoire (Tutie Bouchée de pain intéresse tout autant, sinon plus, et pourtant elle n^a été lue • que 7 fois. Cela vient de ce qu'on n'en a qu'un exemplaire, et que les lecteurs le gardent plus longtemps qu'un autre volume, parce qu'il doit être lu attentivement.
Voici maintenant la situation financière de notre Bibliothèque :
Recettes
Allocation du conseil municipal. . . • 100 »
Dons en argent 196 »
Produit des lectures (à raison de 5 centimes
par volume et par quinzaine) !^ 80
Total. . . . 318 80
Dépenses
Frais de premier établissement : armoire, rideau, timbre, registres, annonces et
affiches 50 25
Achat de livres , 84 »
Frais de reliure 61 80
Total. . . . lye 05
Balance
A la caisse d'épargne (destinés à payer
Timpression du catalogue) 100 »
En caisse . 22 75
Total. . . . 318 80
La commission d^administration de la Bibliothèque, composée de M. Risler, maire, président, et de 5 membres choisis par le conseil municipal dans sa séance du 12 février, s^est réunie sept fois. Les procés-verbaux de ses séances sont inscrits dans un registre spécial, que le bibliothécaire tient avec le plus grand soin.
La Bibliothèque qui se trouve encore dans la grande salle de la mairie, doit être transférée bientôt dans un local spécial, que Tadministration va approprier à cet effet. En attendant, la grande salle de la mairie est ouverte gratuitement, les dimanches et jours de fête, de 1 heure à 7 heures du soir, aux amateurs de la lecture,
Fait à Cernay, le 2i octobre 1864.
Le bibliothécaire^ ÀRMBRUSTER, instituteur.
Je crois inutile de rien ajouter à ce rapport si instructif et si complet, et je prends la liberté de le proposer comme un modèle à MM. les bibliothécaires du département pour ceux qu^il voudraient bien, nous adresser Tannée prochaine.
La Bibliothèque populaire fondée à Thann, grâce à rimpulsion donné par un des membres les plus sincèrement dévoués de votre Comité, M. Risler-Kestner, est logée provisoirement au collège, dans le local de la Bibliothèque par abonnements, dont elle partage les rayons. Pré-
sentement elle est la propriété de la Société des cours populaires de Thann, qui a réuni par souscription 2700 fr. destinés à la fois à rétablissement des cours et à celui de la Bibliothèque ; mais il y a tout lieu d^espérer qu^elle prendra plus tard un caractère communal. On prépare à la mairie un projet de construction de. maison d^école, avec salles spéciales pour la Bibliothèque et les cours populaires, et Ton peut compter pour cette œuvre dUnstruction publique sur le concours empressé du maire de Thann, M. Henriet, qui, dès Porigine de notre Société, s^est mis à sa disposition pour lui recueillir des adhèsions, et dont le nom figure sur notre liste. Votre Comité a cru qu^il pouvait considérer comme sien ce germe de Bibliothèque communale, et il a accordé une mention honorable au bibliothécaire, H. Mûller, receveur municipal qui a eu tout le soin du travail d^organisation, et dont le dévouement lui était signalé de plusieurs côtés en même temps.
Derrière Thann, la vallée de Saint-Amarin nous offre deux bibliothèques communales en plein exercice, celles de Bitschwiller et de Malmerspach.
La première est Tœuvre, du maire, M. Godefroy Schlumberger, qui s^en est occupé avec un zèle et une activité dont les cartons de votre secrétaire peuvent témoigner. Au mois de février 1863, le conseil municipal avait voté une bibliothèque scolaire, et Parmoire oflicielle de 60 fr., qui avait reçu une dizaine de volumes, venus de la préfecture. Dans la session de février 1864,
DES NBLIOTHÈQUES COMMUNALES bU HAUT-RHIN 165
le conseil, sur la proposition de M. Schlumber* ger, a nommé une commission chargée de gérer cette bibliothèque, qui est devenue communale. Elle compte aujourd'hui 238 volumes. Le rapport du bibliothécaire, M. Gasser, instituteur, porte qu'à la date du 27 septembre, 128 ouvrages avaient été demandés en lecture, savoir : 16 de sciences, 24 d'histoire et de géographie, et 88 de récréation. Les livres sont installés dans l'armoire primitive, gui occupe un coin de la salle des délibérations à la mairie ; mais les dons qui continuent à affluer, ne tarderont pas à la rendre insuffisante.
La Bibliothèque de Malmerspach est celle de toutes dont les origines sont les plus reculées, sans aller loin pourtant : elle a débuté* en avril 1862. Le maire de la commune, M. Schmalzer, aujourd'hui notre délégué pour le canton de Saint-Amarin, imagina alors de consacrer l'argent destiné tons les ans aux livres de prix à des achats de livres qui serviraient à tous, et les enfants de l'école acceptèrent de grand cœur la proposition. Quelques volumes furent achetés d'abord, et mis en circulation sans beaucoup de succès ; 49 prêts seulement furent faits en 1862. Au mois d'août de l'année suivante, quelques jours après la première publication de nos statuts, M. Schmalzer obtint du conseil le vote d'une bibliothèque communale sur les bases qui s'y trouvaient posées. Une commission fut nommée, une souscription de 109 fr. recueillie dans la commune, et l'œuvre prit un rapide développement : le chiOre des prêts s'éleva à 289 cette
166 sèânxe annuelle de la société
année-là. Aujourd'hui la bibliothèque de Malmerspach possède 255 volumes, et 290 prôis avaient déjà été faits le 11 août dernier. On demandait d'abord au lecteur 5 c. par volume ; le prêt est gratuit depuis le 1" avril. Nous retrouvons ici les lectures en commun, mais dans d'autres conditions qu'à Sundhoffen. Il se forme des groupes de 12 à 15 personnes, et le livre est confié au plus lettré de la société. Cela s'est d'ailleurs établi tout seul, sans que la commission s'en soit mêlée. Votre comité a décerné une médaille de bronze et 50 fr. au bibliothécaire de Malmerspach, M. Prévôt, instituteur, le doyen de nos bibliothécaires, si l'on veut remonter aux commencements de son entrée en fonctions.
Avant de quitter la vallée de Saint-Amarin, je vous signalerai une bibliothèque à moitié faite déjà, à laquelle il ne manque plus que le vote municipal. C'est à Hùsseren-Wesserling, où une quarantaine de volumes sont déjà rassemblés dans une armoire de la mairie, attendant le mo-» ment d^ôtre mis en circulation. Ce moment ne peut tarder du reste, et le maire de Hùsseren, M. Roman, a donné un gage de ses intentions à cet égard en promettant 150 fr, pour la future bibliothèque de sa commune.
Nous arrivons enfin à Mulhouse, le centre principal du mouvement. Autour de la ville se groupent déjà 12 bibliothèques communales, dont 10 créées cette année, grâce au zèle infatigable de deux membres de votre comité, MM. Charles Thierry-Mieg et Ernest Zuber, qui sç sont partagé les environs de la ville. Ces 12 bi-
blioihëqiies sont celles de Dornach, Rixheim, Kiagersheim, Lutterbach, Wittenheim, Illzach, Riedisheiin, Tagolsheim, Heidwiller, Bruebach, Niedersteinbrunti et Spechbach-le-fias , plus Pfastadt dont je vous ai parlé en commençant. La plupart sont encore en voie d^organisation, ou fonctionnent depuis peu de temps, et pour ne pas soumettre votre attention à une trop rude épreuve, je ne vous entretiendrai que des quatre premières, dont votre comité a récompensé les bibliothécaires.
La première, celle de Dornach, mérite à juste litre une mention toute spéciale. Celle-là ne procède pas de notre Société ; c'est notre Société au contraire qui en procède. C'est dans les pourparlers auxquels a donné lieu sa création que nos statuts ont été conçus, et la résolution prise de faire appel à vos dévouements. En avant de tous les noms que je viens de vous citer. M, Engel-Dolfus me permettra bien de mettre celui du fondateur spontané de la bibliothèque de Dornach, celui sous lequel notre œuvre s'est abritée en naissant. Â part ce souvenir, que je ne pouvais négliger sans ingratitude, la bibliothèque de Dornach reste encore la plus importante de toutes jusqu'à présent par les résultats obtenus. Ouverte le 8 novembre de l'année dernière avec 800 volumes, installés dans une vaste armoire de la mairie, et dont le catalogue était déjà imprimé, elle en comptera près de 1000 à son premier anniversaire, ainsi que l'annonce le bibliothécaire, M. Aodran, fabricant, dans son rapport trimestriel à la date du 13 octobre. Mais
168 SÉANCE ANNUELLE DE LA SOaÊTÊ
ce n^est pas seulement au nombre des volumes que doit se mesurer Pimportance d^une bibliothèque : le nombre des lecteurs, les sacrifices qu^ils sMmposent, Torganisation du service sont autant d^éléments qui méritent d^entrer en ligne de compte. 186 prêts ont été faits à Domach dans le seul mois de septembre; la liste des cartes d^abonnement à 3 fr. par an était arrivée le 13 octobre au n^ 127, et les registres tenus par le bibliothécaire et son aide, avec un luxe de détails qui fait le plus grand honneur à leur dévouement, permettent à M. Audran 'adresser tous les trois mois à la commission des rapports qui ne le cèdent en rien à celui de M. Armbruster. Votre comité a décerné une médaille de bronze à H. Âudran, et 50 fr. au sous-bibliothécaire, M. Diehly, instituteur.
La bibliothèque de Rixheim fonctionne depuis le 10 juillet. Ses 270 volumes proviennent surtout de dons particuliers, et d^une souscription qui s^est montée à 359 fr. 60 c. Ils sont instaldans une salle de la mairie consacrée à cet usage, et le catalogue doit être imprimé maintenant : des exemplaires écrits à la main circulaient dans la commune le 17 août. Du 10 juillet au 20 septembre, 241 volumes ont été mis en circulation, et je dois vous signaler un fait que je tiens du bibliothécaire, c^est Fintérêt tout particulier pris à la bibliothèque par la population israélite de Rixheim. Elle fournit ses lecteurs les plus assidus. Voici la combinaison imaginée par la commission pour le service des livres. Il y a un registre de demandes ouvert à tous ceux
DES B:BLI0THÈQUES communales du HAUT-RHIN 169
qui désirent un livre pour le moment en circulation. Le prix de location est de 5 c. pour la première quinzaine, de 10 c. pour les autres. Au bout d^un mois, le lecteur est tenu de représenter le volume, et si celui-ci n^est pas inscrit sur le registre des demandes, il peut le remporter. On peut dire que la Bibliothèque de Rixheim est Tœuvre de la famille Zuber. M. Ernest Zuber en a été le promoteur, et M. Ivan Zuber, maire de Rixheim, est le président de la commission, dont M. Emile Zuber est le secrétaire. C^est sur le rapport fait par lui le 27 septenlbre que votre Comité a décerné une mention honorable et 25 fr. au bibliothécaire, M. Schuhmacher, instituteur, dont on lui attestait le zèle.
La bibliothèque de Kingersheim a été fondée aux frais de M. Gaspard Weiss, fabricant, le président de la commission, dont il est aussi le secrétaire, car le rapport adressé à votre comité est écrit de sa main. Il constate que du 1**^ mars au 1" septembre il avait été lu à Kingersheim 160 volumes, dont 140 allemands et 20 français, et rappelle qu^il faut attendre Phiver^ la saison des lectures à la campagne, pour apprécier la marche de la bibliothèque, i Quoique les six mois écoulés niaient pas encore donné un grand résultat, dit M. Gaspard Weiss, il est cependant certain que le goût de la lecture a commencé à prendre racine dans notre petit village, principalement parmi la classe ouvrière. Nous comptons 25 lecteurs assidus qui, donnant le bon exemple aux autres habitants, finiront peu à peu par propager parmi eux le goût de la
lecture. • Sur le bon témoignage rendu par un homme qui a pris son œuvre si à cœur, votre Comité a décerné une mention honorable et 25 f.^ à M. Ott, instituteur, le bibliothécaire de Kin« gersheim.
Le curé de Lutterbach, M. Bœhler, pour veiller de plus près sur la composition et le fonctionnement régulier de la bibliothèque, a demandé qu^elle fût placée à la cure, et son vicaire, M. Arnold, s^est chargé des fonctions de bibliothécaire, auxquelles il s^intéresse vivement. J^ai vu moi-même ses registres, sur lesquels sont inscrits 110 lecteurs ayant chacun leur page* La lecture est gratuite, et la circulation active déjà, bien qu^elle ait commencé depuis peu ; mais la préférence donnée partout aux livres de récréation se montre ici exclusive, c Diaprés mes observations et les questions que je me suis quelquefois permises, m^écrivait dernièrement M. Pabbé Arnold, je puis conclure que laplu-r part des lecteurs et lectrices de la localité, cherchant dans la lecture un délassement aux travail de fabrique, préfèrent les contes, ou, si Ton veut, les romans honnêtes. Les livres qui ont trait à Pagriculture, aux arts, sont quasiabandonnés. Si j'ai placé Pun ou Pautre de cette dernière catégorie, je les ai presque imposés ; on n'en a jamais demandé aucun, malgré le soin que j'avais pris de les annoncer pompeusement, et de les recommander pour leur utilité pratique. • C'est sur ma proposition que votre Comité a décerné une mention honorable à M. l'abbé Arnold.
A Mulhouse même, Pannexe populaire à la bibliothèque de. la ville, établie par M. Jean DoUfus dans le bâtiment de Padministration de U cité ouvrière, s'annonce comme devant prendre, avant qu'il soit peu, le rang qui lui revient de droit. Ouverte le 1* septembre avec 614 volumes, dont 396 allemands et 218 français, elle avait délivré le 9 octobre 803 volumes, et jeudi dernier, le bibliothécaire appelait au secours : il ne lui restait plus un volume français entre les mains pour satisfaire aux demandes toujours croissantes. Une nouvelle commande de livres a été faite ; mais il se sont fait att^dre, et il est probable que ce renfort ne suffira pas longtemps : les personnes de Mulhouse ici présentes m'excu- ^ront si je profite de cette réunion pour faire appel à leur concours. Les Iccteiu^ appartiennenl à toutes les conditions, mais la proportion des ouvriers et enfants d'ouvriers est d'environ les deux tiers. Un fait à relever, c'est que la population de la cité ouvrière a fourni la majorité des lecteurs, dont la moitié se compose de jeunes gens de 16 à 25 ans. J'ai puisé ces détails dans le rapport de M. Hœlling, un vétéran de l'œuvre des lectures populaires, qui dessert depuis bientôt quinze ans la bibliothèque de la fabrique de M. Trapp. L'embarras où il s'est vu, au bout d'un certain temps, pour retrouver dans se mémoire les livres déjà donnés à chacun des 500 lecteurs de la fabrique, lui a fait imaginer un système d'inscription extrêmement ingénieux, qui permet d'embrasser d'un coup d'œil tous les livres de la bibliothèque qui ont passé déjà par
172 SÉANCE AN!>nJELLE DE LA SOCIÉTÉ
les mains du lecteur. Son premier soin a été de rappliquer à la bibliothèque de la cité ouvrière où les efforts de mémoire nécessaires n^auraient pas tardé à devenir extrêmes. Notre collègue, M. Bader, nous a lu dans la dernière séance du Comité une note très détaillée sur ce système d^ingpription, note dont Pimpression a été votée. Je la recommande aux bibliothécaires qui sont menacés de se trouver l'un après l'autre en présence des mêmes perplexités que M. Hœiling. Une récompense avait été réclamée pour le bibliothécaire de Mulhouse, si recommandable d'autre part en raison de ces anciens services. Le Comité a jugé que les nouveaux, les seuls que nous soyons appelés à récompenser, sont encore de date trop récente. C'est une raison quin'exis^* tera plus l'année prochaine.
Au-delà de Mulhouse et de ses environs, presque tout reste à faire. Je n'ai à constater dans toute cette partie du département qu'une seule création de bibliothèque communale, à Giromagny, où le maire, M. Louis Boigeol, s'en est fait le promoteur. Une salle disponible à la mairie lui a été affectée dés le premier jour, et une souscription qui se prépare en sa faveur va grossir l'allocation municipale. Elle ne tardera pas assurément à fonctionner, et nous pouvons compter, pour faire profiter les communes voisines de l'exemple du chef-lieu, sur les efforts de M. le docteur Benoit, qui a bien voulu accepter les fonctions de délégué de la Société dans le canton.
M. Adolphe Japy, le maire de Beaucourt, a
mis également au service de notre œuvre, son influence dans le canton de Délie. A le bien prendre, la bibliothèque organisée chez lui peut être considérée comme une sorte de bibliothèque comnptunale, car elle est à la disposition de tous \è% habitants de la commune.
Nous avons pu croire un moment qu^une bibliothèque communale s^était créée à notre insu à Dannemarie. Une note insérée dans les journaux du département annonçait que le maire, M. Krœll, venait de faire cadeau de 300 volumes à la bibliothèque communale de Dannemarie. Les journaux avaient été induits en erreur, ainsi que rétablit une lettre envoyée en réponse à notre demande de renseignements. Les 300 vo* lûmes ont été donnés à la Société alsacienne. Cela ne leur fait rien perdre de leur utilité ; mais e^est selon toute probabilité une bibliothèque de plus à conquérir.
Altkirch possédait depuis quarante ans une bibliothèque communale, qui reçoit une allocution annuelle de 200 fr. sur les fonds municipaux. Elle compte aujourd'hui 813 volumes, très-bien choisis d'ailleurs, mais à l'adresse des lettrés, et de nul usage pour le peuple. Grâce à notre collègue du Comité, M. Gilardoni, une annexe populaire, qui partagera désormais avec Tautre bibliothèque Pallocation municipale, va s'établir dans une salle spéciale de la mairie, et pour couper court à toute raison financière qui aurait pu faire obstacle à cette création, M. Gilardoni y a consacré une somme de 500 fr. Vous penserez avec moi que je ne pouvais clore par
ûn meilleur exemple cette revue du concours multiple de volontés et de sacrifices que Porganisation des bibliothèques communales a reacontré dans le Haut-Rhin.
Cette revue, Messieurs, vous aura paru peut* être un peu longue, et je pressentais l'écueil ei^ la commençant ; mais je n^ai pas voulu reculer, car il y avait là à la fois un enseignement pour ceux qui se préparent à faire, et un bien juste remerciment pour ceux qui onl fait. Encore a-t-«lle été trop courte, car je n^ai pas tout dit, et j^ai émis plus d^un nom qui méritait aussi d^ètre cité, ne serait-ce que ceux des nombreux donateurs de livres et d^argent, tant aux bibliothèques particulières qu^à la Société. Dans Fimpossibilité de faire un choix, j^ai dû les laisser tous : ils sont trop. Je réclame votre indulgence pour avoir été si long ; je réclame celle des autres pour avoir été si court.
Il faut maintenant que je vous rende les comptes de votre comité, et que je vous expose quelle a été sa part dans le mouvement imprimé par la Société. Son rôle lui était tout ti*acé par nos statuts : il s'est réuni dix fois dans la salle de séances disposée tout exprès dans sa maison par M. Jean Dolfus, notre président, chez qui la Société a fait élection de domicile, et certes elle ne pouvait nulle part ailleurs en trouver un plus sûr et plus honorable. Les journaux du département ont publié, de mois en mois, les comptes-rendus de nos séances : vous avez pu juger tous si elles ont été bien remplies*
DES MBUOTHÈQUES COMMrNiVLES DU HAUT-RHIN 175
Un des premiers soins du comité a été d^organiser le service des commandes de livres faites par les communes, et je dois dire que sa tâche lui a été rendue facile par Tempressement que Ton a mis à le seconder dans son œuvre.
Pour les livres français, la chose était déjà faîte à vrai dire. M. Hetzel, un des noms qui honorent la librairie française, s^était mis déjà depuis un an à la disposition des communes qui étaient parties les prenfiéres et servait leurs commandes, en leur faisant Pabandon complet de sa remise de librairie. Il a continué jusqu^à présent, sans songer à se plaindre d'aune tâche qui s^alourdit tout les jours, et c^est assurément parmi les membres de la Société un de ceu; qui lui ont été le plus utiles.
Pour les livres allemands, la question se com« pliquait de la dispersion des éditeurs sur toute rétendue du territoire germanique. M. Hachette, de regrettable mémoire, le premier peut-être qui ait bien compris Pavenir réservé aux bibliothèques de campagne, M. Hachette avait proposé à M. Charles-Thierry-Mieg, notre trésorier, de mettre la Société en rapport avec son correspondant de Leipzig, qui aurait fourni les livres commandés avec une remise de 25 0/0, les frais de port et d^entrée demeurant à la charge des destinataires. Si avantageuse que pût paraître cette proposition, comme elle renfermait un inconnu, on a préféré s'en tenir à celle de M. Schmidt, libraire à Strasbourg, qui s^est chargé de la commission des livres demandés en Allemagne, avec une remise de 10 0/0 sur les prix de catalogue.
Il avait été décidé, le jour même de notre séance dHnauguration, que la Société rembourserait aux communes le port des livres commandés, sur présentation du bulletin d^cxpédition. M. Charles Thierry-Mieg a simplifié dernièrement ce détail du service en s^entendant avec les expéditeurs. Ils envoient franco, et ajoutent le prix du port aux factures, qu^il s^est chargé dès le commencement de régler, les communes* n^ayant dHutre souci à prendre que de faire parvenir leurs commandes, avec le montant, au président de la Société.
Le comité avait également à s^occupcr de la répartition de la prime de livres offerte par 17 d^abord, aujourd'hui par 42 souscripteurs aux 26 communes qui auraient les premières^ à partir du 29 novembre 1863, établi des bibliothèques communales (1). Il a été décidé qu'elle-^
(i) Voici Thistorique de cette prime.
A It séance d'inauguration du 29 novembre les sous* cripteurs étaient :
M"" Verenet, Un Souvenir de Solférino.
MM. Jean Macé, Histoire d'une bouchée de pain. Hetzel, Le Fou Yegof.
Engel-DoUfus, Contes populaires (allemand). Davin, Les Bluets.
Charles Thierry-Mieg, Six semaines en Algérie
(lOOex-V La librairie agricole, L^Éleveur de hétes à cornes
(bibliothèque du eullivateur).
Jean-Jacques Bourcarti Manuel de l*agriculteur
commençant (idem).
Ambroise Bœhler, Choix des vaches laitières
(idem). Léon Landmann, Achat du cheval (idem).
ne serait délivrée qu^aux commissions communales chargées de Tadministration des biblio* théques, sur le vu d^un extrait du registre des délibérations, faisant foi du vote municipal, et que le droit de priorité des communes serait déterminé par la date même du vote.
Alfred Ltndmann, Engrais et amendements
(idem).
Société de la Bibliothèque nationale, Voyage autour de ma chambre.