MÉDAILLES DE BRONZE
Domach^ M.* Aildi*an, négociant.
SundhofferijVl, Kuntz, instituteur.
Sainte^CroiX'aux'MineSj M. Jœger, secrétaire de la mairie
DES BIBLIOTHÈQUES COSllUNÀLES DU HAUT-RHIN 18T
Malmerspach^ M. Prévôt, instituteur.
Hameau du GrandrTraU^ M. Jean-Baptiste Ancel, cultivateur.
Omay, M. Armbruster, instituteur.
BtllNTIONS HONORABLES
Rixheim^ M. Schumacher, instituteur.
Kingersheim^ M. Ott, instituteur.
Thann^ M. Mûller, receveur municipal.
LuUerbaehj M. Tabbé Arnold, vicaire.
Une prime de 50 fr. était jointe à chaque médaille, sauf pour la commune de Domach, où elle a été allouée au sous-bibliothécaire, M. Diehly, instituteur.
La mention honorable accordée aux instituteurs de Rixheim et de Kingersheim était accompagnée d^une prime de 25 francs.
De longs et sympathiques applaudissements ont salué chacun des noms de ces courageux travailleurs de Tœuvre de la Société, dont le succès dépend surtout du dévouement des bibliothécaires.
L^agitation produite par cette distribution de récompenses si bien méritées s^étant calmée peu à peu, M. Jules Simon a pris la parole.
C'est un regret universel parmi ceux qui ont entendu son éloquente improvisation qu'un sténographe ne se soit pas trouvé là pour la fixer sur le papier. Ne pouvant la reproduire ici, nous empruntons au Courrier du Bas^Rhin du 5 novembre les lignes suivantes, écrites au sortir même de la séance :
• Je prends la plume encore tout ému des paroles éloquentes prononcées par M. Jules Simon, venu tout exprès de Paris pour rehausser, par Pëclat de son talent et Pautorité de son caractère, la fête anniversaire de la fondation de tiotre Société des bibliothèques communales. La grande salle de la Bourse, où s^est tenue la réunion, suftisait à peine à contenir Paffluence des auditeurs, attirés sans doute par Pintérét qu'ils portent à cette œuvre, mais grandement aussi, il est permis de le penser, par Tattrait si rare en province d^un beau talent oratoire mis au service d^une noble cause. Vous pensez bien que pour entendre Pautcur de rOuvrtere, les dames mômes avaient bravé la pluie qui n'a pas cessé de toute la journée...
f Mais j^arrive à Févénement de la séance, au beau discours de M. Jules Simon. Combien je voudrais vous en envoyer le texta, même dépourvu de ce charme de la parole émue, vivante, qui des lèvres de Porateur va faire vibrer les cordes les plus intimes dans tous les cœurs. Mais ce qui fait la grâce et la puissance de Pimprovisation fait aussi le désespoir de ceux qui ont le goût passionné de Péloquence. Tant de belles choses, tant d'aperçus ingénieux, tant d'expressions heureuses pour de nobles pensées, tant de sentiments exquis et profonds tirés tout palpitants du cœur qui les a conçus, tout cela se perd et s^évanouit à mesure que la parole de Porateur cesse de retentir aux oreilles ravies de Pauditoire. Je me trompe toutefois. D'un discours tel que celui de M. Jules Simon,
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s^il est perdu pour ceux qui n^ont pas^ eu le bonheur de Tentendre, il reste du moins, pour tous ceux qui ont été sous le charme de sa parole honnête et convaincue, une impression profonde et salutaire. Quand après avoir parlé en termes magnifiques de cette révolution dans les conditions du travail qui s^est, pour une part importante, accomplie sous nos yeux dans ce centre industriel, et de cette autre révolution qui a rendu au pays ses droits et qui durant Pépopée impériale a promené ses idées et la gloire de la France dans toute PEurope, Péloquent académicien a tracé le programme de cette troisième révolution, qui nous reste à accomplir, celle des mœurs, de la réforme des âmes.<}uand il a convié toute Passistance & prendre rang dans la grande armée du dévouement, à laquelle sont réservées des conquêtes plus glorieuses encore que celle du premier empire, qui donc n^était prêt à s^écrier comme les héros d^un autre âge : — Marchons ! Dieu le veut ! — Cette semence n^aura pas été jetée en vain. Elle germera dans bien des cœurs, et la grande cause du progrès intellectuel des masses populaires aura fait aujourd'hui un pas en avant.
• Après le discours de M. Jules Simon, la séance était levée de fait. M. Jean DoUfus le remercia en quelques paroles émues, et Péloquent orateur reçut de tous côtés de chaleureuses félicitations, auxquelles nous aimons à le constater, se sont jointes celles des autorités administratives. >