AVIS
Les soussignés, oufriers à Paris, témoignent dn profit intellectuel que leur a procuré le cours gratuit d'histoire et de géographie ouvert le 14 mai par un bachelier, étranger à renseignement, chez un instituteur primaire libre, M. Gonnet.
Ils appellent sur cette œuvre fraternelle Tattention de tous ceux qui comprennent lutilité et la beauté de l'instruction.
Tous les mercredis, séances de 8 heures 30 minutes à 10 heures du soir.
Entrée publique, rue Saint-Denis, 271, impasse Mauconseil, 8.
NOTA. — M. Gonnet professe lui-même, depuis U 5 juin, des cours gratuits du grammaire et de calcul» le mardi et le vendredi de 8 heures 30 minutes à 10 heures du soir.
Signé : MM. Bastien, corsetier; R\aoGe, confiseur : Gahusat, bonnetier ; Guyl, bijoutier : Denise, mécanicien ; Lefèvre sertisseur ; Mayer, tourneur ; VoisiK, sellier.
C*est pour moi un plaisir et un devoir de publier le zèle, Fassidutté et le progrès des signataires qui viennent, même de très-loin, après le travail du jour, B^asseoir devant une mappemonde et un tableau historique de M. Alvarès Lévi, achetés par eux, pour étudier deux sciences qui éclairent la philosophie, la politique et la littératunL
J'invite, au nom de la civilisation française, tout bachelier étranger à renseignement, sans distinction de professions, d'églises, ni de partis, à consacrer aux ouvriers de Paris une soirée par semaine pour la propagation des notions usuelles sur le droit, la médecine, les sciences, Tliistoire ou la littérature. Dans les congrès trimestriels, nous échangerions nos idées. — Diplôme oblige. — A bon entendeur, salut.
Signé : H. Alexandre, bachelier.
16 août 1868.
Renseignements chez M. Gonnet, instituteur. Entrée privée, rue St-Sauveur, 9.
Un autre soldat de l'instruction, parti tout seul, en enfant perdu, dont j^annonçais dans le deuxième bulletin le système de lectures publique^, à 10 centimes d^entrée, m^a adressé, le 8 octobre, la rectification suivante, à laquelle je m^empresse de faire droit :
Ce n'est pas M. E. Mulatier, premier commis d^économat au lycée de Rodez, qui veut faire des lectures et causeries coopératives^ mais M. Louis Mulatier, agent d'assurances à Rodez, promoteur en cette qualité d'une Ligue de V Enseignement ^ dont le but et les moyens d*action sont étrangers à la nôtre.
L^agence Mulatier a entrepris de fonder des êalles (£ études publiques ouvertes, — je cite une lettre publiée dans le Journal d'Annonay^ dont le rédacteur, M. Paul d^Albigny, s^est rallié dès le commencement au mouvement de la Ligue, — à toutes les personnes qui voudront venir y lire, faire leur courrier, prendre ou donner des leçons d'écriture, de calcul, de dessin, de comptabilité, sUnstruire mutuellement, instruire ou se faire instruire coopérativement, et cela à
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leurs heures, aTec faculté de rester tant qu^elIcs voudront et pour ce qu^elles voudront.
L^idëe poursuivie par M. Mulatier, c'est de faire de renseignement supplémentaire du peuple un moyen d^existence pour ceux qui voudraient s^y consacrer entièrement, comme cela se pratique partout pour renseignement officieux des classes qui ont Phabitude de le payer. Faire prendre au peuple cette habitude-là serait assurément un très grand service à lui rendre, et les dévouements, dont Faction est forcément intermittente, n^auront pas à slnquiéter de la concurrence. Us n^en trouveront que plus facilement, et d^une façon plus fructueuse, à s'exercer.
Il me reste à mentionner des dons de livres faits à la Ligue : par Mlle Hélène Fée, de 50 exemplaires de son Traité sur la coupe et la confection des vêlements^ destinés aux écoles de filles et aux cours d'adultes pour femmes : S* par M. Daniel DoUfus-Âusset, de 100 exemplaires d'une brochure, la Vigie nationale^ dans laquelle il a rassemblé des documents pleins d'intérêt
surlaquestiondel'instructionpopulaire; 3* par Mlle Marie Oberthal, de 25 exemplaires de son livre de C Education morale de la Femme^ ouvrage couronné parla Société d'instruction élémentaire, dans sa séance solennelle de 1866 ; 4P par M. Charles Kœnig fîls, le secrétaire du groupe Colmarien, de 100 exemplaires de sa brochure : Connaissances premières sur la culture des arbres fruitiers. Je tiens ces ouvrages à la disposition des personnes qui voudront les utiliser.
Enfin, M. Léon Rieder a fait mettre en vente au profit de la Ligue, des Lettres sur la coopéra-liouj publiées par lui dans Vhidustriel alsa-" cien^ pour propager les idées coopératives en Alsace. CVst d^un seul coup servir deux causes à la fois. Il est vrai qu^elles se touchent de près.
Je terminerai par un détail qui m^est personnel, si Ton veut, mais qui touche d^assez près aux intérêts généraux de la Ligue' pour que je juge à propos de le relever ici.
Un journal de Paris — le nom n^y fait rien -^ a publié les lignes suivantes :
heSièele, ptr laplame de M. Jourdan, fait appel à la bourbe des (réres et amis en faveur d'un autro compère, hamble professeur du Haut-Rhin, répondant au nom de Macé, et qui va publier à Beblenheim un buiietin mensuel du mouvement d'eaeeignemenl par Vini* tiative privée. L'argent, c'est le nerf de la guerre. La France ne comptera pas un âne de moine : mais si le4 rédacteurs du bulletin mensuel f9Qt leur pelote, l'argeut ne sera pas perdu.
Les raisons qu^on doit avoir eues pour dire cela, on les aura probablement pour le redire, et c'^est une des objections que pourront rencontrer, ici ou là, les partisans de la Ligue, Je prie instamment ceux d^entre eux devant qui elle se produirait, de mettre sous les yeux des gens la série de mes écritures de comptabilité. Je tiens, à cet effet, la collection des bulletins de la Ligue, depuis le commencement, à la dis* position de ceux qui ne Pauraient pas entière entre les mains.
Deux cercles nouveaux ont été autorisés depuis le 15 novembre, à Baugé (Maine-et-Loire) et Toul ( Meurthe).
Le Groupe Baugeoîs^ qui a pour président M. Coudreuse, avocat, étend son action sur tout le canton. Aux termes de ses statuts, il distribue des primes aux instituteurs qui auront le plus d'élèves à leurs classes d'adultes, proportionnellement à la population de la commune, encourage les fondations de bibliothèques populaires, et subventionne les caisses des écoles qui seront fondées dans le canton.
Nous sommes déjà quatre-vingts souscripteurs, m'écrivait, le 5 février, M. Gasnier, l'un des organisateurs du Groupe Baugeois. Le mouvement des cotisations volontaires s'élève à 199 fr. Sur quinze communes, dont se compose le canton, nous avons des adhérents dans six communes, et je compte sur beaucoup de personnes, et de ces communes, et des autres, pour grossir notre liste. Je dois vous faire remarquer que le plus grand nombre des souscripteurs sont ouvriers, marchands ou cultivateurs, et môme cin(| illettrés ont souscrit avec une chaleur (|ui fait bien augurer du besoin d'instruction dans le peuple.
(1) Bulletin n» 4.
Cest hier seulement que Ton m^a donné avis de la constitution définitive du Cercle Toulois. Elle avait été essayée une première fois au mois de décembre. Déjà M. Grébus, le principal du coUëge de Toul, qui en avait pris Tinitiative, avait réuni plus de cents adhérents et des promesses de souscriptions pour plus de 500 francs. L^on n^a pli s^entendre dans rassemblée préparatoire et la commission, qui s^était chargée d^élaborer un projet de statuts, a dû ajourner son œuvre. Elle est reprise maintenant et la séance d^inauguration du Cercle aura lieu le dimanche 28 février (1)
Le Cercle Toulois a fait entrer aussi dans son programme Faction à exercer sur les communes environnantes. Il a déjà un auxiliaire tout prôt à travailler dans la sienne, M. Petitbien, de Blénod, qui s^occupe de rassembler les livres d'une bibliothèque à Tusage de ses voisins.
L'œuvre de la Ligue a fait ses débuts à Chftlons-sur-Marne.
La commission provisoire du Cercle Chàlonnais a déjà lancé ses listes d'adhésions, réuni une cinquantaine de souscriptions et acheté les premiers livres de sa bibliothèque, qui ont été mis sur le champ en circulation. On m'apprend qu'une autre Société d'instruction s'organise simultanément dans la ville, par les soins sur-
(1) J'ai assisté à cette séance, qui s'est tenue dans la salle du théâtre» en présence des autorités de la ville et d une nombreuse assemblée, où Ton remarquait beaucoup de dames. La liste d'adhésions a été couverte de signatures à la fin de la séance.
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tout de M. Hippolyte Faure, le premier adhèrent de la Ligue à Clifllons. Le nom de son prin • cipal organisateur est un sûr garant des services qu^elle rendra à la cause commune. On ne saurait trop se le persuader : partout ob Ton ne tombera pas entièrement d'accord, deux sociétés valent mieux qu^une.
Le Cercle Orléanais aura sa première assemblée générale le 21. Son organisateur, le docteur Brierre, a eu \ine idée excellente que je recommande aux Cercles des grandes villes. Je cite le passage de sa lettre :
La bibliothèque serait divisée en un certain nombre de groupes de volumes. Chaque groupe de 10, vol., ou de 20, 30, etc. serait remis à un biblio* thôcaire de quartier, chargé non -seulement de les faire lire, mais de donner de vive voix, ou par des lectures plus étendues, les explications nécessaires, d'où acheminement à la conférence.
La Ligue a fait beaucoup parler d'elle à Bordeaux. Deux grandes réunions publiques ont eu lieu en son honneur, le 15 et le 28 décembre.
Dans la seconde, une salle qui peut contenir 4000 personnes était remplie à comble par la foule accourue pour entendre la parole éloquente de M. Jules Simon ; — j'ai reçu un croquis du coup d'œil, qui était vraiment imposant.
L'effet moral a été grand ; mais il est difficile, dans l'état actuel de nos mœurs publiques, d'obtenir un résultat effectif de ces grandes foules, habituées à se disperser dés que l'on a cessé de parler.
Les organisateurs de l'assemblée du Groupe havraisj qui s^était tenue la veille, dans une
SITUATION 4U 15 FÉVRI-ivR 1869 447
salle moins grande, ti est vrai, avalent eu une heureuse inspiration :
Je m'arnète, avait dit M. Labbé au milieu de son discours, et je cède la parole aux actes. Quand les actes auront parlé, quand ils auront pourvu à Turgence de la situation, je terminerai en vous indiquant ce que nous pourrions faire plus tard.
Les listes d^adhësions qui ont circule à ce moment dans la salle sont revenues avec plus de 600 francs de souscriptions nouvelles, et le chiiïre de plusieurs cotisations déjà souscrites s^est grossi de quelques centaines de francs,
S^il avait été possible d^ea faire autant à Bor^ deaux, le Cercle Bordelais serait assurément fondé et puissant à Theure qu^il est. Il me surfit du croquis que j'ai sous les yeux pour n'en pas douter. Ce n^est, au surplus, qu'une question de temps.
La chose a fait maintenant trop de bruit dans la ville pour en rester là (1).
Les deux cercles qui se sont fondés presque en même temps à Marseille fonctionnent à Tenvi côte à côte.
M. Tardif, le secrétaire de V Association pho' céennej m'a communiqué le rapport présenté par lui à l'assemblée générale du 30 janvier ; dans les cinq mois d^existcnce qu'elle avait alors, la société avait reçu 1958 adhésions, déduction faite des démissions données par écrit. Le nom-
(1) M. Laterrade, qui a pris l'initiative du Cercle Bordelais, annonce dans le Progrès de Bordeaux du 20 fé- T^ier que tous les adhérents à la Ligue seront appelés dans le courant de mars à constituer un comité d*or|janisation.
bre des membres effectifs se trouvait réduit le jour do rassemblée à 765, par suite d^inexactitudes dans les versements ; mais, huit jours après M. Tardif m^écrivait t : Ainsi que j'en exprimais le désir, un grand nombre sont venus payer leurs cotisations en retard, de sorte qu'aujourd'hui notre effectif s'élève à 907, sans compter que les inscriptions continuent et que d'autres retardataires viennent se mettre en règle. ^
Votre bibliothèque, dit le rapport, compte 694 volumes, dont les uns proviennent de dons fait à la Société, et les autres fîgurent à titre de prêts (1). Une quinzaine de journaux sont à la disposition des sociétaires : des cours instructifs et attrayants attirent chaque jour 150 personnes environ : enfin, et voici le plus intéressant, nous avons fondé une école au boulevard National, qui est firéquentée, après trois mois d'existence seulement, par 61 élèves, ainsi que le constate le dernier rapport du professeur qui la dirige.
Cette école est visitée chaque semaine par un membre délégué du comité, et il résulte des divers rapports hebdomadaires qu'elle est dirigée avec soin et intelligence.
La Ligue Marseillaise comptait au 8 février de
lia 1200 adhérents. Voici ce que m'écrivait le
19 janvier son secrétaire, M. Edmond Barthê-
let:
Nous avons trouvé, au centre de Marseille, à un premier étage, un beau local en partie meublé. Une
(1) C'est la seule bibliothèque populaire, à moi connue jusqu'à présent, où se trouvent des livres prêtés. L'expédient mérite d'être pris en note pour les bibliotlièques qui se fondent et dont on peut aider ainsi les débuts, sans se démunir de livres qu'on tiendrait à garder.
salle pour 120 personnes commodément assises, un cabinet de lecture et une salle de comité, le tout séparé par des cloisons mobilesl nous donnent toute la place désirable. Nous pouvons, en les enlevant, porter la contenance de la salle des conférences à 250 personnes — un peu serrées toutefois.
Nous n'atteignons ce chiffre de 250 personnes que dans les conférences mensuelles. Les cours et conférences ordinaires n'amènent pas plus de 80 à 100 personnes. Aussi avons-nous pris le parti de ne plus faire ànotre local que des conférences attrayantes. Les véritables cours d'instruction sont renvoyés à l'école, dont il me reste à vous parler.
Nous ouvons, le 1" février prochain, une école primaire de garçons et une école primaire d'adultes au milieu des quartiers ouvriers, à côté de Tatelier des forges et chantiers do la Méditerranée. Nous allons essayer en même temps, et dans le même local, d'une école professionnelle d'adultes. Les élèves seront inscrits : on les interrogera comme dans une véritable classe. Un cours de littérature française (exercice et rédaction avec correction des devoirs) ; un cours de comptabilité ; un cours d'algèbre, suivi des éléments de la trigonométrie, sont dès maintenant assurés. Nous recevons les inscriptions qui sont encore, je dois le dire, peu nombreuses.
Voici le tableau de nos dépenses évalues au minimum :
Local. . , , 2.500
• Agent 9.960
Ecole et instituteur. . . « . . 2.500 Eclairage, chauffage, impressions, etc. 1.000
6.960 Nous n'avons pas encore un total de souscriptions, suffisant pour couvrir ces frais. Mais ce qui donne confiance» c'est qu'hier nous avons reçu 83 nouveaux membres et ordonné l'affichage au tableau de 42 autres, soit pour une quinzaine,
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75 adhérents. Noas avons confiance dans l'avenir, et avec la ferme volonté d'aller en avant on est certain d'arriver.
Nul donie que Pexistence simultanée^ à Mar^* seille, de deux Cercles, jasqu^à un certain point rivaux, ne soit an stimulant énergique pour les efforts qui se feront de part et d^autre.
Nul doute aussi que les dissidences du commencement ne finissent par tomber d^ellesmêmes devant la communauté d^action dans le même sens, par des moyens forcément semblables. Il ne saurait y avoir de frères ennemis, avec des intérêts identiques.
Je ne puis que répéter ce que j^en disais le 15 novembre dernier. Se séparer, quand on n'^est pas d^accord, c^est le seul parti raisonna^ ble qu'on ait à prendre ; c'est décupler le travail utile en rendant indépendantes des forces qui s'useraient à se neutraliser mutuellement. Viser quand même à l'unité serait un mauvais calcul dans une affaire de ce genre-là, dont l'essence est le consentement volontaire, et la liberté de mouvement.
Il en est d'ailleurs — j'en sais un pour mon compte — qui ne peuvent mettre leur cœur qu'à ce qu'ils font eux-mêmes. Ceux-là, il faut toujours les laisser aller, quitte à prendre soimême une autre initiative, si l'on ne veut pas de la leur.
Je ne vois pas d'autre moyen de sortir de ces malheureuses questions de personnes, qu'il est plus facile de déplorer que de supprimer. Il y a ici de la besogne pour tout le monde, et plus il
y aura de chefs ouvriers, plus il y aura de travail abattu. On est bien forcé de fraterniser ensuite quand on a travaille côte à côte.
A Cheviily, on travaille sur une moins grande échelle qu^à Marseille ; mais Tintérét n'est pas moindre qui me parait devoir s^attacher aus efforts du petit groupe d^hommes énergiques qui se sont constitués, les premiers de tous, en Cercle de la Ligue, dans ce village du Loiret.
Une salle d^asile laïque était réclamée depuis longtemps pour le hameau de Chapelle qui dépend de la commune. L'affaire traînant en longueur, le Cercle de Chevilly Ta prise à son compte.
Son président, M. Barillon, adressait le 14 janvier, au préfet du Loiret, la lettre suivante, dont il m'^a envoyé copie.
Monsieur le préfet,
Agissant au no&i des adhérents de CheriUy à la Li« gue de r£nseignement, j*ai l'honneur de tous Infor* mer que je cède gratuitement jusqu'au 1<* noTembre prochain à cette commune, pour y installer la salle d'asUe réclamée parle conseil municipal dans ses séances des 11 férrier, 17 mai, 18 octobre et 10 déc<>rabre der* niersy un local spacieux que j'ai loué au hameau de ChapeUe, et que nous vous demandons de faire visiter par rautorité compétente.
Je TOUS prierai, monsieur le préfet, de vouloir bien me faire connaître le jour que vous désignerei pour rinspecUon de ce local, et j'accompagnerai, si vous le désirez, le fonctionnsûre quevouB commettrez à cet effet.
L^accneil qui devait être fait à une pareille proposition n^était pas douteux. M. Barillon vient iie m'écrire :
L'offre à la commune de Chevilly par le Cercle de la Ligue d'un local au hameau de Chapelle pour rinstallation d'une salle d'asile laTque est acceptée. M. rinspecteùr primaire est venu visiter le local et Ta approuvé. Le conseil municipal a été saisi de la question aujourd'hui et a décidé l'ouverture de l'asile laïque. Nous attendons maintenant une directrice.
Quand nous aurons pris l'habitude en France de mener ainsi les affaires auxquelles nous nous intéressons, nous perdrons celle de nous plaindre de nos gouvernements, et tout le monde y gagnera.
Je cède la parole à M. Vacca pour un exemple d^un autre genre, qui nous vient de Metz :
Je vous ai parlé déjà des cours d'adultes pour femmes dont l'établissement avait été décidé par le comité du Cercle Messin, et qui devaient se faire à domicile. Ils fonctionnent avec le plus grand succès depuis deux mois.
Les cours ont lieu chez moi, et en ce moment les mardi et jeudi de chaque semaine, de sept heures et demie à neuf heures et demie du soir, 35 jeunes filles viennent très-régulièrement pour suivre des cours qui leur sont faits par M*»» Bamberger, M"« Goudchaux et M"» Vacca. M. Bamberger et moi, nous assistons ces dames.
Nous sommes donc 5 professeurs et nos élèves sont réparties, suivant leur état d'instruction, en cinq divisions, installées dans deux salles, mon salon et mon cabinet de travail. Les moins avancées apprennent à lire, à écrire et à compter ; d'autres font les quatre règles et de petites dictées françaises. Les deux divisions suivantes font les mêmes exercices, plus difHciles, avec de l'analyse grammaticale ; on y parle du système métrique et des nombres décimaux. Enfin les quelques élèves de la dernière division voient les fractions, les règles d'in»
térêt, d'alliage, etc., et sont exercées à des narrations sur des sujets faciles.
Ceci représente le travail ordinaire de chaque semaine. Il serait bon d'en étendre le programme ; cela viendra plus tard. Nous avons encore les jours de fête, où l'on ne travaille pas.
Après<demain sera un de ces jours.
Les élèves, les professeurs et quelques dames invitées se réuniront dans notre grande salle de classe, redevenue salon pour ce jour-là. Il y sera fait quelques expériences de chimie relatives à Tair, et Ton traitera les questions d'hygiène qui s'y rattachent. Pendant les temps d'arrêt de cette leçon familière, on causera en prenant quelques rafraîchissements. Puis on se séparera heureux, les uns d'avoir reçu, les autres de l'avoir été.
Trois fois déjà les choses se sont ainsi passées, et chaque séance a été consacrée à l'étude d'une question d'intérêt pratique.
On me dispensera de relever la portée, à tous les points de vue, d^un enseignement donné dans ces conditions. L^exemple des dames de Metz peut se passer de mes éloges ; je me conten titrai de lui souhaiter celui de limitation.
Le docteur Jules Pâté m^écrivait le 20 décembre, en m'en voyant Paffiche des conférences (1)
(1) LIGUE DE L'ENSElGNBlIBirr. CERCLE DE SOLONB
Le Cercle de Soigne fera l'inauguration de ses Cours le dimanche 22 courant, à trois heures de l'aprèsmidi, dand la salle de la mairie.
Programme des Conférences organisées par le Cercle
pour l'hiver 1868-69
1» Géomitrie appliquée (arpentage), par M. Hazagot, vérificateur des tabacs à Soigne ;
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du Cercle de Soigne (400 habitants), suivies par une quarantaine de personnes en moyenne, dont les professeurs habituels sont fournis par la localité, que le recrutement du Cercle se continuait toujours. Le chiffre de ses membres était monté à 71, et Ton comptait sur une dizaine d^adhésions nouvelles.
Les détails donnés à peu près à la môme date par M. Sévoz sur le Cercle d^Ars (Moselle), sont des plus satisfaisants. Le chiffre des lectures, qui avait été de 5232 pour les neuf premiers mois d'exercice de sa bibliothèque, a dépassé 3600 en moins de trois mois, du 1^"^ octobre au 24 décembre; de 976, chiffre accusé dans le bulletin du 20 septembre, le nombre des volumes était allé à 1133. Une conférence faite à Ars, sur la demande du Cercle, par M. Frédéric Passy, avait attiré plus de 500 auditeurs c qui se rappelleront longtemps, m^écrit M. Sévoz, les bons conseils que Péminent économiste leur a prodigués. •
29 Hygiène publique et privée, par M. Jules Pâté, docteur-médecin.
3* Hygiène du bétail, par M. Parant, médecin vétérinaire à Faulquemont.
i^ Histoire de France, par M. Perdriset, vérificateur des tabacs.
Ces conférences auront lieu le dimanche, à Soigne, dans la salle de la mairie, à Tlssue des Tépres,
D'autres conférenres ou lectures sur les mêmes sujets pourront avoir lieu un jour de la semaine, à sept heures du soir.
Le président du Comité^ Jules Pâté.
Vu et approuvé, le i9 octobre 1868 :
Le préfet de la Moselle^ Paul ODSirr.
SnUATION AU 15 FÉVRIER 1869 455
i^assistais à la première assemblée générale du Cefcle Naiieéien qui a eu lieu, le dernier dimanche de décembre, dans la salle de PUniversité, et à la suite de laquelle une foule de personnes, venues là en partie par curiosité, s^est portée au bureau pour y signer les listes d^adhésion. Voici les renseignements que m^envoie H. Larcher, le président du Cercle, sur ses premiers travaux :
Nous avons organisé tout d'abord, dans une des salles de l'Université, un cours public de dessin appliqué aux arts et métiers, et spécialement destiné aux jeunes ouvriers qui sont retenus toute la semaine dans les ateliers, et ne peuvent, pour cette raison» suivre le cours municipal.
Ce cours a lieu le dimanche, de 2 à 4 heures, sous la direction d'un professeur et de deux maîtres adjoints, qui ont spontaném*ent offert leur concours. Une commission de trois membres, choisis dans le sein du comité, est chargée de tous les détails de l'organisation du cours, qui fonctionne depuis trois semaines et compte déjà quatorze élèves, pour la plupart Hls d'adhérents. Nous sommes très-surs d'une augmentation notable de ce nombre.
Notre intention pour nos conférences populaires était de les faire le soir, dans les salles d'école de la ville. Nous avions pensé qu'il serait meilleur de nous mettre en relation directe avec la population de chaque quartier, et que nous aurions plus de chances de réussite en allant chercher nos; auditeurs chez eux. La municipalité a préféré mettre à notre disposition la grande salle de l'Université, où nous avions eu notre séance d'inauguration. C'est là que nous ouvrirons nos conférences populaires du dimanche, le 21 février (1).
(1) Une lettre du 9 mars donne des détails intéressants sur ces conférenses :
456 BULLETDI DE LA LIGCB
Le Cercle Roueiinais cherche encore sa voie, empêché quHl s^est trouvé dans le choix de son mode d^action par les facilités de toute nature que rencontrent déjà à Rouen ceux qui veulent s^instruire.
L^enseignement n^a pu encore s^organiser dans rimportante prison de la ville, par suite de circonstances indépendantes de la volonté de M. Raoul-Duval qui en avait pris Pinitiative. Ce n^est que partie remise.
Un projet d^établissement dMne école à Tusage des enfants déguenillés, comme celles qui existent en Angleterre (ragged school) a été abandonné. On a pensé, avec raison je crois, qu^il valait mieux leur fournir les moyens de se présenter aux écoles entretenues par la ville, et le comité a voté, dans sa séance du 5 février, une somme de 1000 francs mise à la disposition de la commission des écoles pour être distribuée en vêtements et secours en nature aux familles indi-
« La première à été faite par M. Liégeois. Il a traité de l'état des classes ouvrières avant 1789. Il a eu 150 a SOC auditeurs. L'impression a été bonne.
« Dans la seconde (28 février), le docteur Pariaot a fait une causerie médicale sur Thygiène. Succès plus accentué, 300 à 350 auditeurs.
« Dimanche dernier, M. Larcher, a fait une conférence sur Jeanne d'Arc. Salle comble: tout le monde n*apu entrer. Auditoire très mêlé ; des ouvrières en foule, à côté de petits bourgeois et de grandes dames. Excellente journée pour la Ligue. On en parle encore.
ft II est évident que notre Cercle compte maintenant dans Nancy, et qull y a conquis une place honorable. Cela nous encourage. Nous avons assuré le service des conférences jusqu'à Tété. »
gentes dont les enfants sont empêchés de fréquenter régulièrement les écoles.
Une allocation de 50 francs a été faite pour le même objet à Pinstituteur de Buchy, une commune des environs de Rouen ; mais Taction d'un Cercle de la Ligue ne peut pas évidemment se borner à ces distributions de secours qui en feraient quasi, si elles restaient seules, une société de charité, et celui de Rouen aura bientôt trouvé autre chose à faire, cela n'est pas douteux. On peut s'en fier aux hommes qui sont à sa tête.
Le Cercle Yersaillais, auquel des dévouements antérieurs laissaient peu de chose à faire dans la ville, va rayonner sur la campagne. Son promoteur, madame Hippolyte Meunier, à qui la Société Franklin vient de décerner une médaille d'argent pour son excellent livre de lecture populaire, le Docteur au village^ et pour avoir fondé, à elle seule, vingt et une bibliothèques de campagne, m'écrit que les professeurs du lycée de Versailles viennent de s'offrir pour aller faire le dimanche des conférences dans | ses villages, comme elle les appelle.
Le dévouement des professeurs de lycées va s'ajouter, dit-elle, à celui de mes tant braves instituteurs, Desperrols, Prévost, madame Prévost,
« D'un autre côté, M. Nicklès, le professeur de chimie de la Faculté et de notre collègue du comité, Tient d'ouvrir, dans son amphithéâtre l'Académie, des conférences de chimie populaire, spéciales pour chaque corps d'état, qui rentrent tout nalurellement dans l'œuvre de la Ligue ; les afliches du Cercle Nancéen les ont annoncées. Elles ont eu, dés le débat, le plus grand succès. »
Trou vain, Rivera. Je vous en ferais une liste très longue. Et Klein, et Roger, et Schmit ! 8*11 y avait place au bulletin.
Il n^y aura bientôt plus de place malheureusement, au train dont vont les choses; mais M^ Duruy va être jaloux si on lui prend ainsi ses instituteurs. Je suis toutefois sans crainte pour ceux-ci. Ce témoignage extraofTiciel, saisi au vol dans le sans-gèue de sa forme spontanée, ne peut pas leur faire de tort, et j^étais bien aise d^avoir cette occasion de montrer aux dames qui ont du temps à donner à leur pays qu^elles n^ont besoin d^aucune loi pour remplir des fonctions publiques.
11 y a maintenant un an, à la suite de la première réunion des adhérents de la Ligue à Paris, avortée, faute d^un but déterminé, M. Ernest Hendlé, le promoteur de la réunion, avait mis en avant le projet d^une société pour la création d'une Ecole professionnelle de la coopération^ dont il a été fait mention au bulletin du 15 mai. Celui du 15 juillet donnait, à titre de pièce historique, Taffiche de la réunion publique présidée le 29 juin par M. Antide Martin, qui a inauguré en France le droit nouveau de réunion et dont Tordre du jour portait: Création à Paris d'une école professionnelle coopérative.
L'école coopérative est enfin fondée, grâce à Pénergie persévérante de M. Ernest Hendlé que rien n'a pu rebuter dans la longue poursuite du but qu'il s'était donné. Elle ouvrira, le 22 de ce mois, dans un local fourni gratuitement par M. Barthélémy, l'un des sept signataires respoa-
sables de la déclaration exigée pour la réunion du 19 juin.
Voici le programme des cours :
EtLstoire des associations ouvrières, M. Dréo. Bconomie sociale, M. Horn.
Histoire moderne, M. Hendlé
Littérature ûrtnçaise, M. Louis Herbette.
Sciences physiques et chimie, M. Stoppin
Arithmétique et géométrie» M.Pichenot,etc.
Le Cercle Parisien à la fondation duquel M. Emmanuel Vauchez met la même ténacité que M. Hendlé a mise à celle de son école coopérative, sVhemine lentement, mais sûrement, vers le développement sérieux qu^il est appelé à pren« dre.
Depuis le dernier bulletin il s^est grossi de 118 nouveaux membres, ayant souscrit ensemble pour 720 fr. 25 c. de cotisations annuelles.
Il a envoyé :
100 francs à un instituteur de la Haute-Marne, aujourd'hui inGrme, qui fait dans sa commune depuis vingt-cinq ans un cours d'adultes à ses frais.
50 francs à un autre instituteur du même département pour le couvrir des frais de son cours d'adultes.
Un nouveau secours de 150 francs à Yaruchassis (Aube), pour Torphelinat-école normale de filles du canton d'Estissac, cité au Bulletin du 15 juillet, dont les frais de premier établissement avaient épuisé les modestes ressources de sa fondatrice.
40 francs pour aider à la fondation d'une bi-
bliothèque populaire à Coilmonsec (Hérault).
Créer à Paris, en dehors de toute influence politique ou reli^^euse, un point d^appui désintéressé aux soldats volontaires de Tinstruction dans la campagne, désarmés par Tisolement, il n^y avait qu^un citoyen obscur, dont le nom n^eût aucune signification, qui pouvait le tenter, et il fallait, pour le tenter dans ces conditions, une de ces fois robustes qui ne reculent devant rien ; pour y réussir, une dose égale de dévouement et de sagesse.
Les hommes se trouvent toujours quand les choses sont mûres, et la Ligue a trouvé le sien à Paris. Il est parvenu enfin à réunir un comité d^organisation qui va recruter sur une plus grande échelle ; et Tun des chefs d'une des maisons de banque les plus honorables de Paris, Guilloteaux-Bouron et C'*, 32, rue de Trévise, où les fonds de la Ligue sont actuellement en dépôt, vient de donner une consistance plus sérieuse à son entreprise^ en s^y associant activement.
LMmportance du rôle a jouer par le Cercle parisien, quand ses ressources seront à la hauteur de la mission qu^il s^est donnée, ne saurait échapper aux nombreux adhérents de la Ligue dans la capitale du pays, et ils me permettront de les engager encore ime fois à concentrer là leurs efforts.
C'est, à mon sens, ce qu'ils peuvent faire de plus utile en ce moment, et de plus facile, s'ils veulent y réfléchir. Mais il faut qu'il soit bien entendu entre tous ceux qui se grouperont au-
tour de cette œuvre d^encouragement universel, qu^on tendra la main aux hommes des départements pour les servir, et non pour se servir d'eux, et que le point d^appui n'aura pas la prétention d'être un gouvernail. Ceux qui l'entendraient autrement feront mieux de ne pas venir, ils n'apporteraient pas une force, mais un embarras.
Les bons vouloirs à soutenir ne manquent pas, et tous les jours il s'en produit de nouveaux.
Cette bibliothèque de Gournonsec, par exemple, dont le groupe parisien a favorisé la création, est le fait d'une société qui est parvenue à réunir, dans un village de six cents âmes, une trentaine d'adhérents, lesquels ont trouvé entre eux pour s'acheter des livres une première somme de 139 fr. 35 c, et M. Jean-Pierre André, le bibliothécaire, m'écrit que leurs voisins de Cournonterral parlent déjà de les imiter. On ne voulait d'abord que des livres de récréation ; à peine les avait-on reçus qu'on s'est aperçu qu'il fallait aussi des livres d'histoire.
C'était le début de l'Hérault dans la Ligue. Un mois après la première lettre de M. Jean-Pierre André, j'en recevais une de M. Malaret, avocat à Béziers, m'annonçant son intention de travailler à des créations de bibliothèques populaires dans les communes des environs de la ville, et je viens de transmettre une commande de livres de 120 francs venue d'Hérépian, un village du même département.
Là, des conférences du crû, si l'on veut me passer l'expression, vont se fonder à la bibliothèque.
Les principaux adhérents au projet, m'écrit M. Auguste Bessières, ceux qui se chargent de faire les conférences, sont :
MM. Mouisset (Alphonse), docteur en médecine : Pastu (César) fils, médecin vétérinaire ; Gaiihard (Philippe), chef dlnstruction libre ; Giraud, ancien chef d'institution.
Tel est le personnel des maîtres. Quant aux élèves futurs, ce seront les habitants du village qui voudront s'instruire.
Ici tout le monde sait lire. Seulement, à part quel* ques rares exceptions, une fois sorti de Técole,
personne ne s'occupe plus de lire et de s'instruire
Il arrivera là comme ailleurs. On y aura bien-» tôt la démonstration de la vérité du vieux proverbe : Poccasion fait le larron^ et je puis citer Pexemple de Chaville, près de Paris, où, malgré la proposition du maire, M. Courot, le conseil municipal s^était refusé d^abord à voter au mois de novembre une subvention pour rétablissement d^une bibliothèque dont on n^éprouvait pas le besoin. M. Emile Marmo a fait don à la com-( mune du corps de bibliothèque, garni d^un pre^ mier fonds de livres. Le 4 janvier a eu lieu Pouverture, c annoncée par des affiches, des cala* logues et le tambour public, i et le donateur m'écrit :
Le succès a dépassé toutes les espérances. Le nombre des livres, grâce à divers donateurs, s'est élevé rapidement de 70 à 1:1^; 60 volumes sont entrés déjà en circulation; les sympathies les plus actives se sont déclarées; bref, on peut considérer l'institution comme fondée maintenant. »
Il ne faudrait pas croire, du reste, que les promoteurs de ces créations nouvelles aillent se
snuATio:« AU 15 février 1869 463
heurter partout contre Pindifférence au début. Au commencement de janyier, M. Saint-Martin, un jeune avocat d^Apt (Yauclusé), a entrepris, de la vraie façon, en allant parler aux gens, de faire créer une bibliothèque par association dans la ville voisine de Pertuis. Les lignes suivantes de sa lettre du 6 janvier sont faites pour donner confiance à ceux qui voudraient Pimiter :
Vous avez reçu ma circulaire. Elle réussit admirablement. Nous avons, je crois, 350 ou 400 adhésions; il y en a de 25 cent, et même de 15 cent.; mais il y en a aussi de 3 et 4 fr. Et cela en trois jours parmi des artisans, des ouvriers, des cultivateurs. 11 y a des chambrées où Ton a accueilli ma propagande en langue provençale avec une sympathie extraordinaire, avec enthousiasme; des enfants de douze ans se sont inscrits.
Le 24 janvier courant, assemblée générale dans la salle du petit théâtre de Pertuis ; le soir, représentation dramatique par les jeunes gens de la ville au profit de Tœuvre de la bibliothèque populaire.
Et vingt jours après :
Nous avons eu, dimanche 2i janvier, notre réunion publique, et tout s'est passé pour le mieux. Nous avions, hommes ou femmes, plus de six cents personnes. Et si vous saviez avec quel ordre, quel calme, quelle respectueuse émotion I J'ai essayé de faire pénétrer dans Tesprit de cette foule sympathique la grande idée des bibliothèques populaires, et je crois y être parvenu. En sortant, les nouvelles souscriptions nous arrivaient avec un véritable entraînement ; notre œuvre est pour le moment la grande affaire du pays. Espérons que de ce mouvement sortira quelque chose de bon et d'utile. Pour moi, je ne saurais vous dire combien j'ai été heureux ce jour-là. J'avais pour assesseurs deux jeunes gens de la ville très-intelligents et très-dé-
voués à ridée, MM.Louiset Arnaud et Mary Payan : ils m*ont parfaitement secondé.
Je comprends les découragements de ceux qui vont étudier la jeunesse française sur les champs de course, et autres lieux du même genre. Ils com* prendront qu^on y échappe quand on a les yeux tournés du côté des généreux et des Taillants, qui feront une foule aussi quand ils auront où se réunir.
La bibliothèque populaire est le point de départ naturel du mouvement d^instruction, surtout à la campagne, où Porganisation des cours et des conférences présente au début plus de difficultés ; encore, en cherchant bien, trouverait-on à peu près partout les éléments qu^on a su trouver dans les villages de Dieppe,, de Soigne et d'Hérépian. — Le livrées* un professeur^ un conteur toujours prêt, que chacun a sous la main, à chaque instant, et comme il n^a pas de réponse à donner aux demandes d^explications^ son enseignement conduit forcément au désir d^un autre qui ne soit pas muet.
La première œuvre dMn Cercle de la Ligue qui entre en fonctionnement doit donc être, à moins de circonstances spéciales dont il demeure juge^ bien entendu, la création d^une bibliathèque populaire, et, partant, toute bibliothèque populaire qui se crée doit être considérée comme le commencement d'un Cercle.
Aussi je me crois en droit de porter au compte de la Ligue les nouvelles qui m'arrivent à chaque instant de bibliothèques créées ou à créer.
M« Daliphard, artiste peintre à Poissy, me
demandé des renseignements pour celle qu^il s^occupe de faire établir dans son village natal, à Blangy-siuvBresle (Seine-Inférieure) :
Je compte, dit-il, décider le maire et le conseil municipal, par ia promesse d'une souscription immédiate de 300 francs fournis par ma famille, et un don de 100 volumes distraits de ma bibliothèque personnelle.
Je connais une commune, prés de chez moi, où Ton n^a jamais pu parvenir à faire accepter par les autorités municipales Toffre d^un don annuel de 50 francs, provenant d^un habitant de Strasbourg qui voulait aussi doter son village natal d^une bibliothèque communale. Mais on a trop de bon sens en Normandie pour être dédaigneux à ce point, et la proposition de M. Daliphard sera la bien-venue à Blangy, j^en suis très certain. Il ne manque pas de gens, établis dans les villes, qui ont quelque part un village natal. Pourquoi n'essayeraient-ils pas de cette manière d^y rafraîchir le souvenir qu'on peut garder d'eux.
M. le capitaine Farjon, qui continue à Calais, sa nouvelle résidence, le noble métier qu'il faisait à Metz, m'a écrit le 27 décembre qu'il venait de faire introduire dans les statuts de la boulangerie de Saint-Pierre, près Calais, un article affectant 10 pour 100 des bénéfices à la création d'une bibliothèque qui serait mise à la disposition des 250 membres de la Société. C'est une mesure qui tend à se généraliser dans les sociétés coopératives, et elles ne tarderont pas à reconnaître tout ce qu'elles ont à y gagner^ au
point de vue même de leur prospérité matérielle.
M. le docteur Yannaire, à Urannat (Allier), m^apprend qu^aui 1200 francs réunis déjà par souscription, pour fonder une bibliothèque populaire dans la ville, vient de s^ajouter un legs de 2,000 fr. fait par un des membres du conseil provisoire d^administration à Toeuvre qu'il ne lui a pas été donné de voir en cours d^exécution. Des formalités administratives en ont retardé jusqu^à présent la mise en train ; mais à mesure que les choses iront, on s'habituera très-certainement de part et d'autre à s'effaroucher moins, l'administration de la libre action des citoyens, ceux-ci des garanties réclamées parfois par l'administration, lesquelles sont moins gênantes, on s'en apercevra bien à la pratique, qu'on ne se le figure de prime abord. Un président honoraire de plus ou de moins changera-t-il quelque chose à la somme de travail intellectuel à déterminer dans la ville par les 3200 francs de livres que la société de Gannat est dès à présent en mesure d'y mettre en circulation ? En montrer le catalogue n'est pas une servitude bien terrible, puisqu'une des conditions de succès est de le faire imprimer. Tel qu'il convient d'ailleurs qu'il soit composé, on doit pouvoir le montrer de confiance à qui désire le voir.
J'apprends de Saint-Maixent (Deux-Sèvres) que, grâce à l'initiative intelligente d'un membre du Conseil municipal, une bibliothèque populaire est enfin fondée dans la ville. Elle débute avec 400 volumes, qui sont à la reliure ; sa commis^
sion est nommée : elle fonctionnera au commencement du mois prochain.
Il venait de s^en établir une à Breloux, une commune située à 10 kilomètres de Saint* Maixent. Des questions de personnes ont surgi : il y en a deux maintenant. Tant mieux !
H. De ville me donne de nouveaux détails sur sa bibliothèque de Paray-le-Monial (Saône-et- Loire), dont je lui ai fait raconter Phistoire dans le dernier Bulletin Elle compta présentement plus de 300 volumes, et 57 lecteurs ont fait déjà plus de 350 emprunts. Rajouterai que M. Deville n^habite pas Paray-le-Monial. C'est un cultivateur des environs qui, sans rien demander à personne, y a loué un cabinet où il s'est mis, le dimanche, lui et ses livres, à la disposition du public, ainsi qu'on a pu le voir dans sa lettre du 16 février 1868.
Je n*ai pas manqué un seul dimanche, me dit-il cette fois, de me mettre à la disposition du public» de trois à quatre heures du soir, et je ne suis que très-peu d'instants seul dans mon cabinet. Je vois avec plaisir venir des jeunes gens et des ouvriers que je ne connais pas encore. Avant peu j'espère arriver au moment où Tidée sera comprise, et alors j'aurais un concours plus sérieux, si je ne suis pas remplacé par un comité.
Mes livres rentrent assez régulièrement. Un ami du progrès a bien voulu se charger de voir les personnes négligentes.
Habitant toute la semaine à la campagne, je sais peu ce que Ton dit de moi, et m'en inquiète médiocrement. Je suis indépendant; je crois faire un peu de bien, et je persévérerai tant qu'il me viendra des lecteurs, n'en aurais-je qu'un par dimanche.
Je vous suis doublement reconnaissant de vos
conseils. Vous m*avez fourni une distraction trèsagréable tout en me mettant à même d'être utile.
M"* Girault-Lesourd a imaginé, Tété dernier, un moyen d^une imitation plus facile, pour préparer rétablissement d^une bibliothèque communale à Saint-Georges-le-Thoureil (Maine-et- Loire) où elle va passer la belle saison. Elle a fait un choix de livres dans sa propre bibliothèque, les a inscrits sur un registre, et a commencé à les mettre en circulation dans la commune en les prêtant aux^enfants :
En attendant, me dit-elle, que notre instituteur devienne le bibliothécaire communal, c'est notre jardinier qui est chargé de prêter les livres, de les enregistrer à leur sortie et à leur rentrée. Les lecteurs n*ont pas été nombreux pour commencer» mais ceux qui mordent à la lecture préfèrent Thls^ toire au roman.
M. le docteur Thomas, le président du Comité Rémois de la Ligue, me signale un fait du même genre, en me donnant des nouvelles d^une création pour laquelle j^avais été consulté.
Vous sou venez- vous de la bibliothèque de l'usine de Villeminot Huard et Rogelet ? La plupart des livres, y sont, non pas lus, mais dévorés. On que* relie celui qui parait les garder trop longtemps. Les femmes y mettent la même ardeur que les hommes» J'attends la première réunion générale des actionnaires pour demander le doublement des livres. Symptôme bien intéressant : les romans seuls sont délaissés. La faveur est aux livres d^histoires» voyages, sciences, etc.
D'où je conclus que le comité Rémois trouvera sans peine Pemploi de ses moyens d'action au sein d'une population ainsi disposée.
Le besoin d'un cercle, écrit ie docteur Thomas, avec bibliothèque, etc, est accusé déjà parla classe ouvrière. Beaucoup le désirent très-vivement.
C^est un désir facile à satisfaire.
M. Micard s^adresse à moi pour une bibliothèque quHl travaille, de Paris, à faire établir dans la commune de Bult, au fond des Vosges. Il y réussirait plus facilement que s^il était dans la commune, je n^en serais pas étonné.
On ne sait pas assez, dans notre pays, la force de Faction individuelle à distance, faute d^en avoir suffisamment essayé.
Des amis de Remiremont m^apprennent la création récente, à Rupt, une commune de Parrondissement, d^une bibliothèque populaire par MM. Pinot et Forel.
Cette bibliothèque, disent-ils, prête déjà de 30 à 40 volumes par semaine, et son développement, qui 8*accroit tous les jours, prouve que la population des campagnes est bien plus désireuse qu'on ne le dit de s'instruire par la lecture.
M. Edouard Georges, un des membres du Cercle de Remiremont, m^envoie une commande de livres se montante 154 fr. 50 c, produit de la souscription ouverte par lui pour fonder la bibliothèque du Val d^Ajol, qu^annonçait la chronique du 15 novembre, et qui fonctionne depuis la fin de janvier.
Enfin, M. Alfred Girard me fait savoir que le groupe des adhérents de la Ligue à Valenciennes s'occupe de fonder dans la ville une bibliothèque populaire, qui • devra, dit-il, se compléter le plus tût possible par des cours, ou plutôt
des instructions familières à Pusage de ses lecteurs, sitôt que nous aurons pu en réunir un certain nombre. •
Ce sera le premier acte de vie de notre Ligue dans le département du Nord, où jusqu^à présent, je suis honteux dele dire, elle n^avait rien à montrer à ses émules de Tautre côté de la frontière.
A la suite d^un appel en faveur de la Ligue, fait dans le Siècle du 22 janvier par M. Louis Jourdan, un grand nombre de lettres m^ont été adressées de divers points delà France, témoignant toutes d'une vive sympathie pour Tœuvre qu'elle poursuit, et qui va grandissant, comme Paura prouvé, je l'espère, ce bulletin déjà trop long.
Je ne puis le terminer cependant sans parler de deux faits que j'emprunte encore au volumineux dossier de ma correspondance. Ceux que j'aurai oubliés me pardonneront. Je n'y suflirais pas, s'il fallait tout dire.
Le premier, c'est la création, au mois de décembre du Cercle Savemois pour la propagande de Pinstraclion populaire^ qui a ceci de particulier qu'il est l'œuvre d'une demoiselle de Saverne, et que l'élément féminin y domine. En tète de la liste figurent à peu près toutes les dames, filles ou veuves de fonctionnaires, qui habitent le château impérial.
C'est le programme de Giromagny qui a été adopté :
La Société, disent les statuts, se donne pour mission d*encourager la fréquentation régulière des écoles et de rechercher les enfants qui ne les fréquentent pas.
Il n^y a pas d^autre engagement pris ; mais on ne s^arrëte pas où Ton veut quand on est entre dans Pengrenage du bien commencé. Des enfants d'ouvriers se trouvaient empêchés de fréquenter Pécole par Pobligation de veiller à la maison sur les petits frères et les petites sœurs. Il fallait, pour leur rendre la liberté, une garderie de pourpœis^}(i ne trouve pas de meilleure expression. On rétablit maintenant. La pensée des adultes ne pouvait manquer de venir après celle des enfants. On parle déjà dlnstaller une bibliothèque à leur usage dans une des pièces disponibles du château. L'enseignement oral aura son tour ensuite, c'est à peu près convenu, et Texemple des dames de Metz ne tardera pas, j'en suis très-certain, à être imité à Saverne — d'où nécessité pour les hommes d'en faire autant, cela va sans dire.
Présentement le Cercle Savernois compte déjà 63 membres, et on lui a confié la surveillance de 69 enfants, portés tous sur un registre qui m'a été montré, où l'on tient note, pour chacun, des résultats obtenus depuis qu'on s'occupe d'eux. Us ont déjà de quoi payer la dépense de courage faite pour se mettre en avant, et ce n'est assurément que le commencement du salaire.
Le second fait que j'avais à citer a aussi quelque chose de particulier. C'est un cercle flottant de la Ligue qu'a établi à bord de la Grenade^ un bâtiment de l'Etat en station sur la côte de Cette, son corps d'officiers, inscrit tout entier sur la liste des adhérents de la Ligue.
Nous tenons tous, m'écrit Tun d*eux,M. Louis Kœnig, lo frère du secrétaire du Groupe Colmarien^
nous tenons tous la main à ce que tous les jours, pendant une heure, les matelots qui désirent slnstruire et travailler aient un cours élémentaire, et j^espôre bien que d'ici à peu de mois tous nos hommes pourront lire, écrire et chiffrer, résultat qui, je crois, leur sera bien plus sensible, quand ils seront rendus à leur famille, que d'avoir appris à bien présenter les armes et à tirer un coup de canon.
M. Louis Eœnig me permettra d^ajouter, pour couvrir ce que sa phrase peut avoir d'irrévérencieux à Tendroit guerrier, que Tintelligence est aussi une arme de guerre, aussi bonne à perfectionner que les autres, et que ce ne serait certes pas un équipage à dédaigner, même au point de vue de l'abordage, que celui dont tous les hommes en sauraient assez pour être officiers.
Mais c'est là un ordre de considérations étranger au sujet de ce Bulletin. Ce qui ne lui est pas étranger, c'est l'exemple donné par les officiers de la Grenade à leurs camarades, qui doivent se trouver quelquefois si embarrassés de leur temps.
STATISTIQUE DE LA LIGUE Au i5 février 1870 (1)
L^état qui suit est loin de représenter Pensemble des résultats obtenus depuis le commencement de la prédication de la Ligue. Beaucoup de ses membres, après s^étre mis en correspondance avec moi pour organiser des Cercles dans leurs localités, ont reculé, au moment de Texécution, devant les anathèmes lancés contre elle par ceux qui ont jugé à propos de se faire ses ennemis. Pour rassurer les consciences alarmées^ ils ont cru préférable de ne pas mettre sous son invocation les sociétés qu^ils fondaient, et qui n^en fonctionnent pas moins utilement pour cela^ Quelques-uns même y ont été forcés après coup, par les répugnances mal raisonnées de leurs coassociés.
Nous avons au nombre des membres du conseil d^administration, m'écrivait au mois de mai un adhérent de la première lieure, quelques personnes timorées, auxquelles le frère Macé ~ permettezmoi Texpression — fait peur. Non-seulement elles ont retranché de notre enseigne le mot : Ligue de VEnseignementy niais le président, se faisant leur organe, adéclaré publiquement et officiellement qu'il n'y avait plus rien de commun entre notre Société et la Ligue de Jean Macé.
(1) Bulletin n*" 5, l'* partie.
Tai sous sous les yeux les statuts de cette Société, qui n^a rien de commun avec notre Ligue, et qui sVst donné pour but c de favoriser et de propager a%Uour d'elle Cinstruction par tous les moyens possibles i. Ils ont été à peu près copiés, dans leurs dispositions essentielles, sur les statuts du Cercle Messin, qui ont servi de type pour presque tous nos Cercles ; ei en tète est inscrit textuellement, à son numéro dWdre, ce fameux article 3 qui a provoqué les malédictions devant lesquelles on s^incline :
Art. 3. — La Société n'est l'œuvre d^ aucun parti. EUe ne $* occupera ni de politique^ ni de religion.
Il est difficile de prendre au sérieux ces défections-là, et je consentirais de grand cœur à voir disparaître sur Pheure le nom mal sonnant, à ce qu^il parait, de notre Ligue, si la France pouvait, à ce prix, se couvrir d^associations acceptant aussi franchement son programme, dussent-elles répudier hautement toute accointance avec le F.'. Jean Macé LMntérèt du pays mis à part, je ne me verais pas, j^imagine, embarrassé de mon temps, sUl m^était rendu pour faire autre chose.
Maintenant, si notre Ligue est en droit de revendiquer comme siens ceux qui acceptent et exécutent son programme, tout en se défendant de lui appartenir, elle est bien forcée, en revanche^ de ne pas ouvrir ses rangs à d^autres, qui prennent son nom et renient ses principes. Je n^ai pu faire figurer dans sa statistique une Ligue de U Enseignement qui vient d^ètre annon-
cèe dans un département du Midi, et dont le manifeste contient ces lignes :
Nous ne sommes pas d*avis de permettre à nos adversaires de prendre pied dans cette œuvre nou* yelle, démocratique dans son essence, et qui doit garder dans ses résultats son origine première.
. U est bien positif que ce groupe-là, s^il s^organise sur une pareille base, ne fera pas route avec nous, quUl s^appelle Ligue, ou non. Nous ne connaissons d'adversaires, nous autres, que les ennemis de Pinstruction, et nous ne croyons pas nécessaire de veiller à ce que ceux-là ne prennent pas pied chez nous : il n'auront garde de nous apporter l'appoint de leurs noms et de leur argent (1). Ne sj^hant rien de plus démocratique défaire montera la science les intelligences en retard, nous nous contentons de ce résultat, nous fiant à lui, les uns et les autres, pour produire le reste.
Après cela, l'on peut bien se dire que toute Société d'instruction, quelles que soient sa composition et la teneur de ses statuts, se trouve dans les mêmes conditions pratiques d'enseigne-
(i) Nous soumettons aux auteurs du manifeste ce passage du Bulletin de rAssociation phocéenne, qui répond à leur frayeur de la mauvaise compagnie :
En secondant nos concitoyens qui se trouvent en danger d'ignorance, nous ne risquons pas d'être en* trainéa, car la force estacluellement du côté de ceux qui raisonnent et s'instruisent. Le devoir nous commande donc un sauvetage sans péril pour ceux qui Tentreprennent. Si pour former a chaîne de secours, une main vient serrer la nôtre, ne regardons pas notre carnet de visite avant de Taccepter. »
ment que les autres, vis-à-vis les illettrés, quand elle arrive à Texécution. G^est là qu^on peut attendre quiconque se présentera avec Pintention sérieuse de travailler à Finstruction du peuple. Le sentiment de la réalité vient tout seul à qui se met aux prises avec elle. Il ne faudrait donc pas s^elfaroucher outre mesure des effervescences de langage antérieures à Faction.
« Les plus ardents se calment quand ils se sentent pria dans Tengrenage d'une œuvre utile. C'est une loi d'ordre physique aussi bien que d'ordre moral : la loi de conversion delà chaleur en mouvement (1). »