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TABLEAU DES COURS DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT

Salle Michau, rue Duquesne, 8

Lundi soir. Lecture el écriture, de 9 à 10 h. M. Jeanny.

Id., tous les quinze jours. Géographie, de 8 à 9. **" M. S. Hardy.

Id., tous les quinze jours. Lecture, de 8 à 9 h. Plusieurs membres de la Ligue.

Mardi, Grammaire, de 8 à 9 h. M. S. LéfebTre.

Id.» Lecture et Ecriture, de 9 à 10 h. M. Jeanny.

Mercredi,^ Histoire de France, de 8 à 9 h. M. A. Bouteiller.

Id., Lecture et Ecrilure, de 9 à 10 h. M. Jeanny.

Jeudi. Aritlimétique, de 8 à 10 h, M. La Tour.

Vendredi, Lecture et Ecriture, de 8 à 10 h. M. Jeanny.

Samedi, Lecture et Ecriture, de9 à 10 h. M. Jeanny.

Id., Géométrie élémentaire, de 8à9h. M. La Tour.

Salle de dessin de FEcole de la place aux Veaux

Vendredi, Dessin linéaire, de 8 à 9 h. MM. Senties et Lorrain.

Ces cours ont commencé le 9 novembre avec vingt-neuf inscriptions. II y a place pour cent élèves dans la salle Michau.

La bibliothèque du Cercle a été ouverte à la même époque. Elle comptait sept cents volumes le jour de l'ouverture.

La reprise des conférences a eu lieu le

octobre. (1) A la troisième, donnée sur la télégraphie par le directeur du télégraphe à Dieppe, les deux cent cinquante auditeurs qu^il avait attirés dans la salle du tribunal, s^y sont trouvés tellement entassés quUl a fallu faire la suite de <ette conférence dans la grande salle de Péta- -blissement des bains qui contient six cents personnes.

Le Cercle dieppois comptait au 10 novembre cent quatre-vingt sept adhérents, ayant souscrit ensemble pour 1350 fr. de cotisations annuelles.

On commence, m'éc.nvait ce jour-là, M. Emile Lebon, le promoteur du Cercle, à demander d'élever les souscriptions de 5 ft*., qui à 10 fr., qui à 20, etc.

Les dames viennent souscrire à leur tour sur la liste du Cercle. Nous en avons déjà douze, dit M. Emile Lebon. Encore autant et nous ferons un Comité de dames qui s^occupera des filles.

L'existence au Havre d'une Société d'instruc^ tion mutuelle^ qui a déjà organisé dans la ville une bibliothèque et des cours populaires et qui peut être considérée comme un Cercle de la Ligue à laquelle elle a donné son adhésion, a décidé le comité du Cercle havrais à ne s'occuper d'abord au Havre que de la fréquentation des écoles et à porter son action sur les campa-

(1) Le compte-rendu de la séance de réouirerture a été imprimé et mis en Tente à iO centimes, dans la Tille. On a donné ainsi une publicité bien plus grande aux excellentes choses dites par M. Féret, le président du Cercle, et M. Roger, le conférencier. C^est un moyen de propagande dont on peut prendre note dans les autres Cercles.

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gnes de l'arrondissenient afin d'y développer rinstitution des bibliothëqnes populaires et des cours d^adultes par des dons de livres et des en* couragements donnés aux instituteurs*

Un premier pas a déjà été fait dans cette voie par la distribution à toutes les communes de Parrondissement de la carte llanier de la Seine- Inférieure Jointe à trois autres cartes du même auteur : PEurope^la Francesachantlire et écrire, la France de 1833 à 1867. Le Comité, dans sa séance du 24 juillet, a décidé que les quatre cartes seraient collées ensemble sur une toile et envoyées à toutes les écoles où elles pourront être affichées, aux termes de la lettre de M. Duruy que j^ai citée plus haut.

Une autre lettre du ministre de rînstruction publique, à la date du 24 août, mettait à la disposition du Cercle havrais^ pour en gratifier une des bibliothèques populaires de Farrondissement, f une des concessions de livres dues à une généreuse libéralité en faveur des bibliothèques populaires par S. À. S. Charles P', prince régnant des Principautés-Unies de Moldavie et de Valachie. > Elle a été attribuée à la bibliothèque d^Etretat dont Finstituteur, M. Seigneuré, avait obtenu la médaille d^or pour les cours d^adultes en 1867.

Une commission composée de MH. Bazan, Baudry, Caron, Edouard Robert, a été nommée pour aviser aux moyens d^organiser des groupes de la Ligue dans les cantons de Parrondissement.

Le premier et le deuxième bulletins du Cerck

havrais ont été publiés en juillet et en octobre. Je puis les envoyer aux personnes qui m^en feront la demande ; mais la note qui termine le premier me parait si instructive que je tiens à la mettre sous les yeux de tous mes lecteurs*:

LISTE DES PAYS D'eUROPE OU L'iNSTaOCTION POPULAIRE EST A PEU PRÈS PARTOUT RÉPANDUE, ET QUI, A CET iOARD. ONT PRÉCioi LA FRANCE DANS LA VOIE DU PROGRÈS.

(Extraie des légendes de la carie de l*inslruclion populaire en Europe^ par M. Manier.)

i* Saxe. — Depuis longtemps tous les habitants du royaume de Saxe savent lire, écrire, et possèdent les connaissances indispensables. L'^instruction est obligatoire. On ne trouverait pas un seul enfant dans tout le royaume n'ayant jamais fréquenté l'école.

2** Suisse. — Tout le monde sait lire et écrire et possède d'autres connaissances indispensables. Presque tous les enfants de douze à quinze ans reçoivent une saine éducation. L'instruction est obligatoire. C'est le pays de l^urope où l'Etat iait, relativement à ses ressources, le plus de sacrifices pour l'instruction primaire,

3« Petits Etats de l'Allemagne du Nord. — Dans tous ces Etats, Tinstruction est universelle et obligatoire. Il est rare d'y trouver un indlvidn illettré. Tons les entants fréquentent l'école.

4* Danemark. — Tous les Danois, à peu près d'exceptions près, savent lire, écrire et compter. Tous les enfants vont à l'école jusqu'à quatorze ans. L'insU^ction est obligatoire.

5» Prusse. — Presque tous les enfants, sauf dans quelques districts de l'Est, fréquentent régulièrement l'école. — Un officier chargé de l'instruction militaire de la Landwehr n avait reçu en douze années que froiff jeunes soldats ne sachant ni lire ni écrire. Une enquête fut ordonnée. Elle démontra que c'étaient trois fils de bateliers qui, nés sur le fleuve, avaient passé leur vie à en descendre et remonter le. cours sans s'arrêter nulle part. — L'instruction est obligatoire.

6® Suéde, — La proportion des habitants qui ne sc- Tent ni lire ni écrire est en Suéde de 1 sur 1000 («» sur mille). L'instruction est obligatoire.

l*Bade, — Tous les enfants reçoivent l'instruction.

8<> Wurtemberg. — Il n'est pas un paysan, une fille de basse-cour ou d'auberge qui ne sache parfaitement lire, écrire et calculer. Tous les enfants vont à l'école. L'instruction est obligatoire.

^ Hollande, — Les secours publics sont retirés à toutes les iamilles indigentes qui négligent d'envoyer leurs enfants à l'école. On porte le nombre des personnes entièrement illettrées à trois sur cent habitants.

lO Norwège, — Presque tous les Norwégiens savent convenablement lire, écrire et calculer. L'instruction est obligatoire.

ii"^ Bavière, — Sur cent conscrits on n'en compte que sept dont Tinstruction soit nulle ou incomplète. L'instruction est obligatoire.

La France, avec ses vingt-trois conscrits illettrés sur cent, occupe le douzième rang, EUle est suivie par la Belgique, l'Angleterre, l'Italie, l'Autriche, la Grèce, l'Eut pontifical, l'Espagne, le Portugal, la Moldo-Yala. chie, la Russie et la Turquie.

Le Cercle Rouennais a tenu, le 13 août, sa première assemblée générale, présidée par M. Raoul-Duval, avocat général à la courde Rouen. Il comptait, ce jour-là, près de trois cents adhérents dont les cotisations, variant de 1 à 100 fir.. lui assuraient pour les trois premières années un budget de 3000 fr. environ. Ce budget ira, selon toute apparence, en augmentant, comme à Dieppe, quand le Cercle sera entré dans la période (inaction.

Son premier bulletin (1), publié au mois de

(1) J'en ai reçu des exemplaires qui sont à la disposition des membres delà Ligue.

SIUTATION AU 15 NOVEMBRE 1868 437

septembre, annonce la formation au sein du co« mité de deux commissions chargées, Tune d^organiser la bibliothèque, Tautre de mettre à Tétude la question des enfants ne fréquentant pas les écoles. Il sera certainement facile au Cercle Rouennais^ avec Tappui de son président, d^entreprendre Pœuvre si importante de renseignement dans la prison.

. Le Cercle Ponl-Audemérien a déjà fait quelque chose dans cette direction-là. Sur la demande du procureur impérial, il a voté, au mois de juillet, des abonnements à la bibliothèque de la ville pour les prisonniers. •

Cette bibliothèque municipale de Pont-Audemer, qui comptait au delà de 4000 volumes, presque sans emploi, comme il arrive trop souvent, a été transformée par un vote du conseil municipal, au mois de mai dernier, en une bibliothèque populaire de circulation, dont Padministration a été confiée à une commission de conseillers, membres du Cercle de la Ligue. C^est un exemple qu^on pourrait imiter dans beaucoup de petites villes, au grand profit de la population.

A Versailles, le comité de dames dont il était question au dernier Bulletin s^est constitué de lui-même dans le Cours normal^ ouvert gratuitement aux jeunes filles de la ville par M^^Blanckley. Les élèves du cours se sont organisées en Société d^instruction. Elle se sont donné une bibliothèque à elles, avec un règlement de leur façon, et les encouragements qui leur sont venus de tous les côtés sont de bon

augure pour Pavenir des Sociétés de ce genre. Des dons de livres ont promptement enrichi leur bibliothèque, bien modeste au début. M. Ber* trand, le directeur de l'école libre, leur a ouvert, aux heures où ses élèves sont absents, le cabinet de physique qu^il a créé pour eux. M. Deschanel, Péloquent professeur de littérature, lésa conviées gracieusement aux conférences qu^il est venu faire à Versailles. On ne sait pas assez combien les choses deviennent faciles, une fois commencées.

Des tentatives de Sociétés d^instruction entre jeunes filles ont été faites, à ma connaissance, à Brumath, àSaverne, à Wissembourg. M"*^ Hippolyte Meunier m^écrit qu^on en a parlé à Reims. Les obstacles sont plus grands, à ce quUl parait, pour ces sociétés-là que pour les autres ; mais on y viendra, et avant qu^il soit longtemps, je n^en suis pas inquiet. Les ! progrès nécessaires répondent toujours à Tappel, quand il a été fait.

J^ai peu de choses à dire de Paris.

Le Cercle de Censeignement scientifique^ qui est appelé à rendre de si grands services, et qui ne peut guère avoir son siège que là, s^est trouvé retardé jusqu^à présent dans son organisation. Ce n^est heureusement que partie remise.

Les ressources du Cercle parisieti pour lapro^ pagation de l'Instruction dans les départements sont eneore trop restreintes pour le vaste champ d^action qu'il s'est donné. Je réitère ici l'invitation, déjà faite à plusieurs reprises, aux adhérents de Paris qui se sont engages à des cotisa-

tiens annuelles, demeurées jusqu^à présent sans emploi, de les porter là.

Le siège du Cercle est chez M. Emmanuel Vauchex, 51, rue Yivienne, et les versements se font chez MM» Guîlloteau Bouron et C'"*, banquiersi 32, rue de Trévise.

1 00 francs ont été versés au mois d^août, provenant d^une collecte faite entre ouvriers, employés et patrons, à la manufacture d^orgues Gavioli et C'% 3, rue de Citeaux. Bien des créations utiles pourraient être provoquées et soutenues dans nos campagnes, si dans tous les ateliers on en faisait autant.

Les Sociétés d^enseignement, dont les fondateurs ont inauguré en France le droit de réunion, étaient constituées dés la fîn de juillet. Je n^ai pas appris depuis qu^elles soient entrées en exercice.

L^association est un moyen d^action tout puissant, et ce n^est pas moi qui la déprécierai, iti surtout. Mais peut-être est-il bon de savoir partir sans elle quand elle s^attarde trop, ne fûtce que pour lui frayer la voie. Ce qu'on fait tout seul à ravantage de se faire tout de suite, comme on Tentend, et d^échapper d'emblée aux cartons administratifs, cartons trop assiégés, entre nous, et qui ne demanderaient pas mieux, la plupart du temps, que d'être moins bourrés, si l'on avait le bon esprit de ne pas aller à eux quand oa pourrait passera cêtë.

J'avoue mon faible pour les intrépides qui se taillent la besogne à eux-mêmes, et le grain d'exaltation qui leur est parfois nécessaire n^a

jamais euqnc mes respects. J^ai reçu, le 26 septembre, une lettre qui commençait ainsi :

Publiée par le Siècle une seule fois, Tavis ci-joint m'a déjà valu des auditeurs et des collaborateurs.

Voici cet avis. Je le reproduis sans y toucher, avec Pespoir que la seconde publication ne sera pas moins efficace que la première*

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