‹ Les origines de la Ligue de l'enseignementChapitre 72 sur 89 · LA LIGUE À REIMS · texte numérisé non relu

LA LIGUE À REIMS

Je n^ai pas à discuter ici, c'^est entendu, les actes de Tadministration. D^autres le feront assez sans moi, quand il y aura lieu, et les nombreuses marques de bon vouloir qu^elIe a données jusqu^à présent à notre Ligue pacifique ont de quoi rassurer pleinement ceux qui pourraient s^nquièter d^une mesure accidentelle prise en sens inverse. Toutefois, le refus d^autorisation officielle que vient de rencontrer, pour la seconde fois, le groupe des adhérents de la Ligue à Reims, a été relevé d'nne façon trop bruyante dans la presse, et a fait trop de sensation dans les Cercles existants déjà, aussi bien que dans ceux qui sont en voie de formation, pour qu^il me soit possible de le passer sous silence.

Voici ce que je puis répondre aux demandes d^explication qui m^ont été adressées de différents côtés.

G^est sur Pavis défavorable des autorités locales que Tautorisation officielle a été refusée par le ministre au Comité rémois de la Ligue, qui en est bientôt à sa seconde année d^existence. La municipalité aurait déclaré, paralt-il, qu^elle se propose de faire elle-même ce que la Ligue deçiande à faire.

Les choses n^en sont pas restées là. Une réunion des adhérents a eu lieu le 6 novembre dans

Bolletin n«3, 15 novembre 1868.

la salle des cours de la Société Industrielle, au sein de laquelle le Comité rémois s^est largement recruté. Il a été décidé qu'une nouvelle demande serait adressée au ministre, lignée cette fois de tous les adhérents rémois de la Ligue, Un projet de lettre au ministre a été lu, adopte â Tunanimité des membres présents et revêtu, séance tenante, de plus de 100 signatures. II eu restait au delà de 300 à recueillir, si tous ceux qui ont mis leurs noms sur les premières listes d'adhésions consentent à s'associer à cette nouvelle démarche qui aura un résultat utile, on ne saurait en douter.

J'ai eu l'honneur de me rencontrer plusieurs fois déjà avec les hommes qui se sont mis à la tête du mouvement de la Ligue à Reims. Par leur position, leur caractère, la droiture de leurs idées, ils échappent de plein droit, à tout empêchement d'agir persistant. Je sais d'ailleurs qu'ils n'abandonneront pas la partie. Us considèrent comme leur devoir de citoyens de travailler au développement de l'instruction populaire dans leur ville, et l'on est tenu à l'action personnelle quand on a conscience de ce devoir-là. Ce qui peut se faire à côté de vous ne vous en décharge pas.

m TROISIÈME ILLETIN DU CERCLE mm W

Le cercle Messin vient de publier son troisième bulletin trimestriel daté du 1.5 avril.

La liste de ses membres s'arrêtait au V avril au n° 1144, et le total des souscriptions montait à 4446 fr. 25.

Sa bibliothèque, riche, à la même date, de 1706 volumes, avait fait en moins de 8 mois — elle a été ouverte le 1 1 août 1867 — à 387 lecteurs, 4481 prêts, répartis dans Tordre de progression suivant :

1" trimestre 289 volumes.

Ses cours (2) ont un succès d'assiduité que le bulletin relève avec une légitime satisfaction :

A chacun d'eux, Ton trouvait presque toujours la même assistance, de telle sorte qu'à vrai dire il s'établissait, dans les différents cours, entre les professeurs et leurs auditeurs, une communication habituelle, un lien presque intime. Et c'est là une des bonnes conditions de l'enseignement, tel que nous Tavons compris.

(i) Bulletin nM — 15 mai 1868.

(2) Voici le projrramme des cours du cercle Messin, tel qu'il a été approuvé le 4 décembre dernier par le ministre de Tinstruction publique :

A huit heures du soir Les lundis, dessin graphique, chimie ; Les mardis, géométrie^ comptabilité ; Les mercredis, grammaire, mécanique ; Les jeudis, arithmétique (i^ division) économie

industrielle.

Les vendredis^ dessin graphique, hygiène.

Une assemblée générale, convoquée le 5 arril, réunissait près de six cents personnes, dans la grande salle de Phétel-de-ville^ où la Société de Sainte-Cécile était venue oflrir son concours musical à la solennité, et je crois devoir citer, à Tadresse des fondateurs futurs de Cercles, les paroles arrachées à M. Yacca, Pintelligcnt et courageux fondateur du Cercle Messin, parce commencement d^éclat.

Combien nous somme8loin|déjà|de l'origine de notre Cercle, quand, il y a neuf mois, le 25 juin dernier, quarante à cinquante membres de la Ligue, sans influence ni notoriété (2), se sont réunis dans une

Les samedis, physique,

A deux heures.

Tous les dimanches, littérature et sujets divers.

Les cours de mécanique, de physique et de chimie se font dans une salle du lycée, qui a mis son cabinet de physique et son laboratoire de chimie à la disposition des professeurs. Les autres se font au siège du cercle, 7 place de Chambre.

Les élèves des cours et les lecteurs de la bibliothèque sont membres du cercle. Un cours nouveau est établi toutes les fois qu'il est demandé par un groupe de vingt membres. C'est ainsi que les cours de grammaire et d'arithmétique élémentaire ont été ajoatès au programme dès le début par le comité, qui avait décidé d'abord de le réduire à l'enseignement technique.

Une commission spéciale vient d'être chargée d^étudier un projet de cours pour les femmes, à l'imitation de ceux de Sedan, qui ont été suivis l'hiver dernier par près de 300 femmes, de 17 à 46 ans.

(2) n Quand nne idée porte un cachet bien évident a d'utilité publique, le premier venu peut la servir, s'il « n*a pas peur ce se mettr e en avant, et il acquiert, « en la servant, Tautorité personnelle qu'il n'avait pas. « {Morale en action, p. 47.)

Page 1