TROISIÈME BULLETIN DU CERCLE MESSIN
petite salle, presque en cachette, pour jeter les bases de notre Société et en rédiger les statuts.
Quelqu^un manquait à ce triomphe de la Ligue, le capitaine Farjon, l'ancien secrétaire du Cercle, le compagnon dMnitiative et de tra* y ail de M. Yacca dans sa première organisation, appelé cet hiver à Calais par Tordre de ses chefs. L^assemblée lui a voté des remerciments qui se» ront renouvelés, je Pespère, à notre première Assemblée générale. Les Cercles de la Ligue ne sauraient oublier, cejour-là, leur dette envers les deux hommes qui leur ont ouvert la voie.
Lesuccesseur deM. Farjon dans ses fonctions de secrétaire, M. Jules Lejeune, qui compte aussi parmi les fondateurs du Cercle, a envoyé sa démission, à la suite d^un mandement de Tévêque de Metz dans lequel Tœuvre du Cercle était condamnée. Le bulletin publie sa lettre dV dieu à ses collègues, comme un témoignage non suspect. C'est à ce titre que je juge utile de la reproduire ici. Elle fait trop honneur à celui qui Ta écrite pour qu^il puisse le trouver mauvais :
Messieurs,
Notre discussion franche et mesurée d*avanthier augmente encore le regret que j'éprouve de la détermination que je crois devoir prendre aujourd'hui.
Des considérations de famille, et non d'autres motifs, me décident à vous prier d'accepter ma démission de membre du Cercle messin de la Ligue de lEnseignementy et des diverses fonctions de membre du Comité, de secrétaire, de professeur d'économie industrielle, dont votre confiance et celle de nos adhérents m'avaient honoré.
J'étais convaincu de n'avoir rien à abdiquer de
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mes ciroyances religieuses en entrant dans la Ligne» où je venais unir mes eH'orts à votre zèle pour la lutte contre Tignoranco, unique but de Tinstitution.
Cette conviction, je l'ai conservée, et je dois loyalement affirmer que j*al toujours vu le Cercle messin fidèle aux statuts que j'ai signés en parfaite connaissance de cause.
Ma retraite ne pouvait donc avoir d'autres motifs que ceux d'ordre privé que j'ai eu l'honneur de vous indiquer.
Veuillez, messieurs, agréer, avec l'expression de mon vif regret, l'assurance de ma sympathie pour vous et votre œuvre.
Jules Lejeune.
La société de Metz est une société-mère, dont les statuts ont servi de type jusqu^à présent, dans leurs dispositions fondamentales, aux cercles de la Ligue qui se sont constitués depuis, et peuvent en servir encore à ceux qui vont se constituer. Je vois dans son Bulletin qu'on s'estadressé à elle de Périgueux, de Roanne, de Château- Thierry, de Saint-Dié, de Bar-le-Duc, pour des essais d^organisation que j^ignorais. Il signale^ à Sarreguemines, un cinquième cercle dans la Moselle, dontje n'avais pas connaissance. C'est un commencement de décentralisation dans la correspondance de la Ligue queje suis heureux d'avoir à constater, pour l'œuvre d'abord, qui ne doit pas, sous peine d'avortement, graviter autour d'un seul homme, et pour l'homme ensuite, si l'on veut bien lui permettre d'en faire l'aveu.
Une dernière observation sur ce Bulletin. Il contient la liste, par ordre alphabétique, des 206 membres nouveaux entrés dans le Cercle, du