POPULAIRE
dont voici le programme :
1* Fonder des ligues d'instucHan dans toutes les locMtés gui n*en possèdent pas encore^ dans les villes et abord et plus tard aussi dans les villages aussi loin que son action pourra s'étendre. — Nos confédérés du Nord nous ont donné déj& un exemple magnifique sur ce terrain-là dans leurs florissantes écoles supérieures pour les paysans.
2* EtabUr un lien entre totUes les sociétés qui se sont donné pour tâche d'élever le niveau intellectuel du peuple^ afin de les mettre en état de s* entraîner mutuellement^ de faire entre elles un échange d^idées et de communications, de s^aider réciproquement et de se donner une représentation chargée de veiller au dehors sur les intérêts communs.
3* Fonder un Journal consacré aux intérêts du développement de VinstructionparVinitiatireprivéet et chargé é^en dresser la statistique. Le Journal efevra être un miroir vivant aussi Inen du mouvement général ^instruction dans le peuple allemand, que
dé la vie particulière des sociétés entrées dans la confédération. Il traitera les questions sociales^ et celle de V éducation des femmes^ dans la mesure de leur rapport avec la grande question de VinstrucUon populaire.
4* Enrôler des maîtres ambulants qui feront êtes conférences populaires sur les faits importants de la vie publique, et les sujets dHntérêt universel (1)
b* Propager les journaux populaires^
(1) Le numéro de YArbeitgeber qui accompagnait rappel du comité fondateur de la la Ligue allemande, contient des détails intéressants sur cette institution des maitres ambulants qu'il proclame supérieur à Unu les autres procédés employés jusqu'à présent^ pour doYelopper l'instruction populaire.
« Dans le Wurtemberg, où Ton a pour la première fois essayé de ce moyen à la campagne, il a donné d'admirables résultats. Secondé par d'excellentes écoles populaires, qui compti^nt parmi les meilleures de l'Allemagne, les maitres ambulants ont entrepris d'arracher la population des campagnes à sa torpeur séculaire, et dé l'éveiller à la fie intellectuelle en appelant son attention sur les avantages matériels qu*elle peut en tirer: leur entreprise a été couronnée d'un plein succès. A leur voix, on a vu s'établir jusque dans les plus petits villages des espèces de casinos, des sociétés de lecture, qui font venir surtout, il est vrai, des journaux d* agriculture, mais aussi les écrits politiques et des livres intéressants. On les place tantôt dans un local particulier,' tantôt dans une salle d'auberge, où ils sont confiés i la surveillance, soit de Taubergiste, soit des membres les plus âgés de la Société. Tous les huit ou quinze jours, on voit arriver le maître ambulant qui fait une conférence sur un sujet d'intérêt local ou se rapportant aux événements du jour, à la suite de la* quelle s'entame avec lui une conversation générale. De temps en temps, l'on va dans les champs, ou bien l'on organise des réunions plus nombreuses, dans lesquelles se traitent les questions communales. Dans la Hesse
MOUVEMENT EXTÉRIBUR 683
Suit un plan (Inorganisation, avec la liste des membres fondateurs que je reproduis tout entière. Les lecteurs du bulletin, étrangers à TAl-
et ailleurs. Ton a introduit celte institution qui a donn<^ purtout les meilleum résultats. Le maître ambulant n'est que Tinitiateur. Une fois le mouvement lancé rinstituteur de Tendroit, le pasteur ou le médecin ne lardent pas à s*y associer ; Tintervention des premiers surtout est tout naturellement indiquée. »
On me permettra de rappeler ici que, il y a huit ans déjà, un de nos compatriotes, le d' Tenting, a inauguré chex nous, dans la Cdte-d*Or, cette institution des maîtres ambulants de l'Allemagne, en allant de village en viUage faire des conférences astronomiques aux environs de Laignes, sa résidence. Seulement, je dois avouer que ses auxiliaires naturels, comme on Tentend chez nos voisins, lui ont fait défaut, quand ils n*ont pas cherché à Tentraver.
Le Cercle parisien s'occupait d'organiser tout un service de conférences dans les environs de Paris, au moment où la guerre a éclaté. C'est une des plus sérieuses préoccupations, à mon avis, que les Cercles français aient présentement à s'imposer, et nos aînés de la Ligue belge nous y ont invités depuis longtemps par leur exemple. Partout où l'on pourra avoir des maîtres ambulants en titre, c*est assurément le mode à préférer; mais en attendant cela, le devoir de la conférence de village me parait incomber à tout bon citoyen qui se sent capable d'aller à la campagne, chei des amis, au besoin, pour commencer, traiter en iorme de conversation un sujet, soit d'intérêt local, soit d'instruction gérale. Plus l'auditoire est neuf, et plus il est facile de piquer la curiosité, sans être soi-même un érudit bien profond. La ressource de la conférence, un livre à la main, est toujours li, pour ceux qui n'ont pas l'habitude de la parole publique et qui comprennent la nécessité de se la donner enfin, s'ils veulent fonder dans leur pays ce à quoi il aspire depuis si longtemps, la liberté.
lemagne, y retrouveroni des noms qu'ils connaissent déjà*
Ammon, conseiller de justice en retraite, Caio-
fftte.
D' Marq-barth, membre du Reichstag, Mwûch.
E. Bbrmel, fabricant, président de la Sodécé bavaroise des feuilles volantes, Mofi
Bqhmert» professeur^ Zurich.
D'^ DuDEN, directeur du gymnase, Schleiz. Franz-Dunckbr, membre du Reichstag» BerUn. O. FiSHBR, directeur de la RealSchule, Otna*
bmck.
Hehgenhahn, président de la cour d'appel.
fViesbaden.
HoLTZBNDORF, profcsscur, Berlin.
D' M. Kirsch, homme de lettres, BerUn.
F. Kalle, fabricant, membre du Comité des fabri(iants du Rhin central.
A. Klein, journaliste (de la X.igue d'Instruction
de Danzig), Dantig.
J. Knorr, membre de la chambro bavaroise.
Munich.
D' W. LoBWE (Galbe); membre du Reicfastag,
Berlin.
D' J. Natord, président de TUnion rhénane-
westphalienne» Essen.
Odernheimer, conseiller des mines en retraite,
président de la Société industrielle de Nas- .sau, Wiesbaden.
A. Ohly, avocat général, Iktrmstadî.
Opzoomer, professeur, Utrechi.
D» Ed. Pfeiffer, ShUlçard.
E. Ritterhaus, Barmen.
A. Schlieper, négociant, président de comité
scientifique de la Ligue dInstructioR d'Elber*
feld, Elberfeld.
Schulze-Delttzsch, membre du Reichstag, Postdam.
D' ScHWABE, directeur du bureau statistioue de Berlin.
MOUTEMEUT EKTkRIfiUR 687
T. TwiNNiNO, vice-président Ab lu Société des Arts, Tioickenham^ Londres^
La pièce est signée:
D' Frakz Leibino, 2, RiUer'^traê^e. BerUn.
Nous aussi, nous pouvons bien dire, comme
ceux qui cherchent en ce moment à organiser la
ligue allemande :
La paix revenue doit nous trouver prêts à un sérieux retour sur nous-mêmes et à une reprise énergique des travaux de culture intellectuelle que la guerre a interrompus brutalement, contre notre volonté.
Et quand nous voyons des hommes, qui comptent asstfrément parmi les plus compétents de leur pays, proclamer hautement que Tinstructîon des masses est insuffisante en Allemagne, que renseignement donné dans leurs écoles n^a qu^me valeur préparatoire, et que Pintervention de la libre initiative des citoyens, que renseignement des hommes faits, après celui des enfants, est chez eux une question de salut public, qu^aurions-nous donc à dire, nous autres Français ?
Que Ton se maudisse ailleurs ! Le dernier mot de ce bulletin sera un mot de bienvenue à la nouvelle Ligue qui se fonde en Allemagne, et puisse son exemple devenir un stimulant énergique pour notre Ligue française, qui va pouvoir maintenant se remettre à Tœuvre ! Pensons qu^il va falloir tenir dignement notre rang dans la grande confédération qui se prépare, au sein de tous les pays civilisés, entre les hommes qui ont entamé la bataille contre Pennemi commun du genre humain, Tignorance.