‹ Les origines de la Ligue de l'enseignementChapitre 87 sur 89 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

15 juîUet 1871.

yoici une pièce qui m^a été envoyée, le mois dernier, par M. Wirth, rédacteur de VÀrbeitgeberj à Francfort. Elle vient compléter très heureusement ce qui avait été dit de rAllemagne, au chapitre qui lui est consacré dans ce bulletin :

APPEL En faveur de la fondation d'une Société

POUR LA PROPAGATION DE L^UfSTaOCTION POPULAULE

« La paix revenue doit nous trouver prêts à un sérieux retour sur nous-mêmes et à une reprise énergique des travaux de culture intellectuelle, que la guerre a interrompus brutalement contre notre volonté.

« En première ligne se présente le travail de Téducation universelle du peuple.

« Depuis que la grande assemblée législative de TAllemagne procède du vote universel et direct, la question de la liberté est devenue une question d'éducation des masses. Ayons le courage de nous i*avouerà nous-mêmes: bien que le nombre des esprits cultivés puisse paraître grand chez nous» comparativement» U reste encore petit, pris en luimême. La grande masse de notre population est encore ignorante et paresseuse d'esprit; incapable de juger et d*agir par elle-même, elle se laisse emporter indifféremment par les courants qu'elle rencontre, soit qu'ils la conduisent au bien, soit qu'ils remmènent au mal. Le succès qu'ont eu les prédications communistes d'une poignée d'hommes sans conscience nous en est une preuve évidente. La France vient de nous apprendre où peuvent mener ces prédications.

« Le temps d'école est trop court pour l'homme du peuple et trop souvent interrompu pour lui

donner autre chose que la base première et ce qu'on peut appeler les germes de rinstnictiôn. Si l'on ne va pas plus loin, si l'on abandonne ces germes à eux-mêmes, ils avortent et la mauvaise herbe étouffe tout. L'important n*est pas que le peuple sache lire et écrire. Ce qui importe bien davantage^ c'est qull lise et avant tout, c'est ce qu'il lira. Aussi les statistiques scolaires et le recensement de ceux qui, dans leur jeunesse, ont appris à Hre etâ écrire, ne donnent-ils qu'imparfaitement la mesure du niveau de l'instruction populaire dans un pays.

« Il faut sans doute que l'enseignement donné à l'école réponde au but à poursuivre : faire des hommes libres, des êtres pensants et l'Allemagne libérale a inscrit dans son programme la nécessité d'une réorganisation de l'éctc^e dans ce eens-ià. Mais à côté de cela il faut encore que la libre Initiative des citoyens intervienne pour élever Tédifice de l'instruction populaire sur les fondements jetés par Tenseignemect scolaire, et cela est d'autant plus nécessaire que l'école n'est pas le véritable terrain où puissent se donner certains enseignements. Les questions sociales et politiques, en particulier, sont de nature telle que lliomme adulte peut seul s'y intéresser et les comprendre.

« Il s'est fait déjà quelque chose en Allemagne dans cette direction. Depuis un certain temps se sont fondées dans beaucoup de villes, d'année en années, sous des noms différents, des ligues d'instruction populaire qui sont devenues pour une grande partie de leur membres une source précieuse de développement intellectuel et moral. Oui, plus d'une fois déjÀ, nous avons entendu dire à des ouvriers d'une des plus grandes villes de fabrique de notre pays : « Avant l'existence de la Ligue, il « n'y avait rien pour nous dans cette grande ville ; « c'est seulement depuis qu'elle est là que la vie à « commencé pour nous. »

« L'exemple de Berlin, de Hambourg, de Brème, d Ëlberfeld, de Barmon, etc., nous montre quelle

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extension peuvent prendre ces ligues construction populaire. Mais on ne les rencontre encore que dans les grandes villes, et dans un petit nombre de vil* les moyennes ; il n'y a pa3 de relations établies entre elles, de sorte qu'il leur est impossible jusqu'à présent de se communiquer les expériences faites par chacune» et de se prêter un secours mutuel dans leurs efforts.

« Nous faisons donc appel à tous les amis du développement intellectuel et moral de l'Allemagne, à tous ceux qui reconnaissent la solidarité des intérêts entre les classes, et qui veulent opposer aux enseignements matérialistes et communistes le trésor commun des connaissances acquises dans le pays, à ceux surtout qui sont déjà entrés de leur personne dans les ligues d'instruction populaire, et nous les invitons tous à se joindre à nous pour fonder une

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