‹ Les origines de la question du Tong-kinChapitre 19 sur 24 · A SON EXCELLENCE LE VICE-ROI DU TÛN-NAN · texte numérisé non relu

A SON EXCELLENCE LE VICE-ROI DU TÛN-NAN

J'ai appris, avec la joie la plus vive, le succès de Votre Excellence sur les mahométans rebelles, et je lui en adresse mes félicitations les plus sincères. Elle sait déjà sans doute tout l'intérêt que je porte à la belle province qu'elle gouverne.

C'est avec mon assentiment que le commandant de navire Ngan (Garnier), qui a déjà visité le Yûnnân, il y a cinq ans, comme envoyé du gouvernement français, lui avait offert son concours pour la prise de la ville de Taly, et j'étais disposé à aider Son Excellence de toutes mes forces pour atteindre un but si désirable.

Aujourd'hui, c'est avec une grande satisfaction que je vois des relations commerciales fructueuses sur le point de s'établir entre le Yûn-nân et l'empire d'Annam, dont une partie appartient à la France.

J'ai appris que des difficultés s'étaient élevées entre le sieur Dupuis, Français au service de Votre Excellence, et le gouvernement annamite, et je vais immédiatement travailler à les aplanir.

Il est inutile que Votre Excellence se préoccupe d'une question qu'il est de mon devoir de résoudre, ni qu'elle envoie des troupes pour soutenir le sieur Dupuis. J'envoie au Tong-kin le même officier Ngan (Garnier), pour faire rendre justice à vos envoyés et en même temps pour rechercher les moyens d'établir sur le pied le plus équitable un commerce qui doit être si avantageux aux peuples dont le gouvernement nous est confié.

Je prie Votre Excellence d'avoir égard à ce que lui communiquera cet officier. Je la prie de m'informer de tous ses désirs. Je suis prêt à m'entendre avec elle, tant pour les choses de commerce que pour les choses de guerre, si des gens pervers suscitaient encore dans le Yûn-nân de nouvelles rébellions.

Que Votre Excellence agrée l'assurance de ma haute considération.

Signé : Contre-amiral J. Dupré.

COCHINCHINB FRANÇAISE

Page 1