Calvin à Bucer 12 janv, 1538). Op., XI, n
idées. Visiblement dans cet exposé primordial de sa foi, c'est le réformateur allemand que Calvin a pris pour guide et pour modèle ^^
Influence profonde qui fera d'abord de Calvin un disciple. Comment se traduit-elle? D'abord, par cette doctrine de la nature et du péché sur laquelle Luther a édifié sa théologie : l'homme totalement corrompu, incapable de s'élever au vrai et au bien, dénué de toute justice propre, justifié uniquement par la Foi. Lisez cette forte page de Vlnstitution. « Dans l'homme, si on ne regarde que les dons naturels, on ne trouvera pas du sommet de la tête à la plante des pieds la moindre étincelle de bien. Tout ce qui en lui mérite quelque louange vient de la grâce de Dieu... Toute notre justice est iniquité, notre mérite, ordure, notre gloire, ignominie. Les meilleures choses qui naissent de nous sont toujours infectées, viciées par l'impureté de la chair et mêlées de boue. Pourrait-il arriver qu'une de nos œuvres fût pure et juste, un seul péché suffit à détruire, à éteindre jusqu'au souvenir de notre justice antérieure ^^... » Et comparez maintenant au pessimisme de Luther tel qu'il s'exprime dans les Sermons sur les Bonnes œuvres, la Triple Justice et le Commentaire sur l'Épître aux Galates. Comme Luther, Calvin rejette non seulement toute idée de mérite, la distinction des fautes, la possibilité pour l'homme d'accomplir la loi. Il accepte sa théorie fondamentale de l'identité du péché et de la nature, et de la nature active pour le mal. « Cette perversité ne cesse jamais en nous, mais produit continuellement de nouveaux fruits. Non seulement notre nature est vide de tout bien, mais si fertile en maux de tout genre qu'elle ne peut être en repos ^^ » Ce sont les expressions mêmes de Luther.
Ce principe initial admis, Calvin suit Luther presque pas
15. Sur cette influence luthérienne, cf. Wernle, Calvin, pp. 8, 14.