‹ Les origines de la réformeChapitre 171 sur 198 · A. M., Amiens, BB. 14, r 5 V (li8l · texte numérisé non relu

A. M., Amiens, BB. 14, r 5 V (li8l

3. A. M., Dijon, B. 168, ^61 V. — Beaune (A. D.,Côte-d'Or,B. 1811; 1500). Le roi donne 1 200 livres. —Melun : Saint-Jacques (A. D., E. 4). Enquête

dans le Sud-Est et le Midi. A Lyon, la ville a pris à sa charge, en 1482, Thospice du Pont du Rhône, destiné aux voyageurs et aux pauvres ; elle fait restaurer Saint-Eloi en 1499. A Romans, un hospice spécial des (( infects » a été créé en 1510; à Marseille, l'hôpital Saint-Lazare est réformé dès 1485'. En Languedoc, c'est le parlement qui surveille les œuvres d'assistance. Sous son impulsion et celle des municipalités, celles-ci se réorganisent. Nîmes a reconstitué ses hospices en 1483, créé un avocat des pauvres Tannée suivante. Figeac est réformé en 1490; à Rodez, l'hôpital Saint- Jacques est reconstruit en 1512, et agrandi en 1516; celui de Notre- Dame du l^as soumis à un contrôle. A Toulouse enfin, dès le règne de Louis XI, des commissaires ont été nommés pour mettre un terme » aux faultes, désordonnances et abus ». Le parlement renouvelle cette mesure en 1500 et, cinq ans plus tard, rend un arrêt pour la réforme des hôpitaux de la ville. En 1515 et les années suivantes, il établit une taxe sur Tarchevêque, le chapitre, les couvents, les collèges et les officiers de la cour pour la subsistance des pauvres*. Cette réorganisation de l'assistance est un fait général. Dans toutes

sur les désordres (1508). Dès iSOi, le roi avait introduit à Thôpital Saint- Nicolas les sœurs grises hospitalières (/d., E. 3). — Meaux. /d., £. 1. Enquête sur l'administration de Thâpital (1518). L'hôpital a été fondé pour « le logis, alyment et... entretenement des pauvres ». Le maître en a dilapidé les revenus : le roi nomme des commissaires pour la réforme.

1. Lyon. A. M., BB. 17, r* 1 (7 juill. 1482). — CréaUon d'un hôpital pour les maladies contagieuses en 1496 (BB., 24, 10 juillet). — I^ ville décide de restaurer l'hôpital Saint-Éloi (Id., ^ 225, 30 déc. 1499). — A. D., Drôme, E. 3803 (1510). — Marseille. A. M., Rcg. des délib. (1469-1485), r* 156 v*. Règlement relatif à l'hôpital Saint-Lazare (10 août 1485).

2. A. M., Nimes, EE. 1 (31 août 1484), H. 1. Réorganisation des hôpitaux (14 juin 1483). Les dépenses pour la charité montent en 1484 à 163 1. En 1512, l'hôpital est réparé {Id., KK. 1). — Figeac. A. D., Haute- Garonne, B. 8, r» 224 (25 mai 1490). — Rodez (A. M., BB. 7, 151Î). /(/. (avril 1516). Cf. FF. 12. Révocation par les consuls du dom de l'hôpital N.-D. du Pas. Le parlement de Toulouse intervient (Haute' Garonne, B. 16, f 111, 21 mars 1515). — Toulouse (A. D., B. 6, f 70, 18 juin 1482). B. 11, f- 198 (19 mars 1500). B. 12, T 525 (26 février 1505). B. 16, r 417 (15 mai 1516).

les villes comme dans la plupart des bourgs, des asiles sont affectés à l'entretien des malades ordinaires et des indigents.

Ces mesures ne suffisaient pas. Les villes durent multiplier les remises d'impôts ^ Ces concessions furent complétées elles-mêmes par une aide directe aux misérables. Comme les couvents ou les chapitres, Téchevi nage et le consulat firent des distributions de vivres et d'argent. En 1484, par exemple, Nîmes donne 165 livres aux pauvres et 34 livres pour les enfants trouvés. Lyon votait également des subsides complémentaires en faveur de THôtel-Dieuet de l'hospice du Rhône '. Ces dons ajoutés aux produits des quêtes ou des indulgences formèrent une grosse part du revenu des maisons hospitalières. En cas de disette, il fallut faire plus encore, nourrir gratuitement une partie des habitants. A Amiens, Lyon, Dijon, Paris, etc., nous voyons h plusieurs reprises des chargements de blés achetés par l'échevinage et revendus à vil prix ou cédés aux pauvres menacés de mourir de faim '.

Et pourtant, malgré ce grand effort de solidarité sociale, aux débuts du xvi« siècle, le paupérisme augmente toujours. C'est qu'en réalité ces mesures n'étaient que des palliatifs insuffisants I Sous la loi d'airain des faits économiques : agglomération des artisans, insuffisance des salaires, le prolétariat urbain se multiplie et, par sa mobilité même, devient pour les villes une charge et un danger. A Nîmes, déjà en 1483, le nombre des assistés dépasse 1100; à Amiens, en 1482, il y a « grant cantité de povres et d'enfans trouvés »; à Dijon, à la même époque, il y a plus de 1 600 pauvres : leur nombre va en augmentant. En 1510, on con-

1. Lyon, BB. 34. r* 229 (4 septembre 1516). Dijon (A. M., L. 108, 109, 110). Nombreuses décharges de tailles accordées par la ville.

2. A. M., Nîmes. RH. 8 (1484). —Lyon, BB. 23, f- 101. En 1507, la ville obtient un pardon général pour son hôpital.

3. Achats de blé par les villes. Lyon, BB. 20. Envois en Bourgogne pour acheter des blôs • au prouffitdu pauvre peuple • (22 février 1501). M., 24, r îilO. Traité avec des marchands (23 mai 150B). BB. 25, f 176 (24 août 1507).

state qu'une partie de la population est misérable '. A Paris, en 1505, le nombre des enfants trouvés s'est tellement accru que le chapitre ne peut plus suffire à leur entretien '. A Toulouse, la masse des mendiants pullule : ils s'assemblent dans les carrefours, dans les rues, dans Thôtel du parlement, vont s'asseoir jusque sur les bancs des officiers royaux. En 1514, on les expulse; ils reviennent l'année suivante : force est de les enfermer et de les nourrir '.

On juge à ces faits, des maladies, des vices, des désordres qui fermentent dans ces bsrs-fonds de la misère. — La peste d'abord, qui depuis la fin du xv* siècle a réapparu timide,

hésitante, bientôt effroyable. Dès 1500, chaque année, la sinistre visiteuse déploie son aile. Elle s'abat sur les plus riches villes ou régions du royaume : Rouen, Paris, Amiens, Lyon ; en Bourgogne, de 1516 à 1518, en Languedoc, de 1515 à 1520 *. A Nevers, en 1517, une partie des habitants s'enfuit: la ville presque déserte est en danger d'être pillée *. A Amiens, en 1519, plus de transactions possibles : le commerce dépérit, les fermiers des aides réclament une réduction de leurs fermes. A Beauvais, en 1520, les barbiers refusent de saigner les malades. Dans ces rues étroites et sales, ces bouges infects, échoppes, tavernes, chambres basses et noires où s'entasse la population, le fléau fait rage". Les municipalités

4. A. M., Amiens, BB. 14, f' 38 (17avril 1482). —Dijon, A. M., E. 25(U82:i. Sommes allouées aux pauvres des hôpitanx.

Page 1